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30 mars 2012

Tentative de travestissement de l’Histoire – Entre Wade et Gbagbo, il n’y a pas photo !

 

 

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Le blogueur sénégalais Félix Atchadé réagit ici aux amalgames étranges qui s’opèrent essentiellement en France entre Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo. Pour mieux accabler le second. Avec talent, il éventre un «mythe» bien opportun.

 

Le président Laurent Gbagbo déporté à La Haye – son épouse et son fils embastillés dans le nord de la Cote d’Ivoire, ses principaux collaborateurs contraints à l’exil ou emprisonnés – n’en continue pas moins de hanter les nuits de ses adversaires politiques. Toutes les occasions sont prétextes pour eux d’essayer d’écorner son image de digne fils de l’Afrique, résistant aux assauts des forces impérialistes françaises, américaines regroupées sous la bannière de l’Onu. La dernière occasion en date, est cette tentative de le diaboliser en le présentant comme un mauvais perdant qui aurait dû faire comme le président  Wade  l’a fait le 25 mars 2012 : appeler son adversaire et le féliciter. Ce coup de fil  de dimanche dernier à 21h30 GMT vaut à Wade d’être présenté comme «l’anti Gbagbo».  A priori une telle opposition entre les deux hommes ne pose pas problème si elle s’inscrit dans un processus de comparaison de leurs parcours, leurs formations, leurs  options idéologiques et politiques. Ce qui est inacceptable, c’est que par un subtil amalgame de situations fortement différentes, certains éditorialistes veuillent présenter le président Wade comme le seul, et ceci contrairement au président Gbagbo, à accepter le verdict des urnes comme expression de la volonté populaire. 
De la victoire de Macky Sall à l’appel de Wade

Le verdict des urnes a été sans équivoque le 25 mars dernier. Très tôt, en début de soirée, il était apparu aux observateurs de la chose politique au Sénégal et à tous ceux qui connaissent les données démographiques et les comportements électoraux des populations, qu’on s’acheminait vers un plébiscite de Macky Sall avec un score qu’on avait plus observé depuis la présidentielle de 1983. Cette année-là, le président Abdou Diouf avait été « élu » à la suite d’un scrutin marqué par des votes multiples et des tripatouillages de toutes sortes qui lui ont donné un score soviétique (83%). Depuis cette date, à la faveur d’une meilleure surveillance des scrutins,  les scores ont été plus serrés. C’est donc une raclée électorale mémorable que Macky Sall a infligée à Abdoulaye Wade. 
Dans la tradition électorale sénégalaise, il y a un aspect qui peut paraître folklorique à l’observateur étranger, c’est la longue énumération par les stations radio mais aussi les sites internet et jusqu’à l’Agence de presse sénégalaise(APS) des résultats bureau de vote par bureau de vote. Dimanche dernier, invariablement les résultats que donnaient les stations radio plaçaient Macky Sall en tête avec le double voire le triple des voix de Wade. C’est dans ce contexte qu’a surgi l’appel de Wade. Certes on ne peut dénier que c’était un geste de fair-play mais il permettait tout autant de rendre sans intérêt la soirée électorale sur la bande FM avec son lot de résultats  proclamés. Le président sortant s’épargnait ainsi la honte que le pays tout entier, sache que lui et son fils par exemple ont été laminés dans leurs  bureaux de vote.
Scrutin référendaire

Monsieur Abdoulaye Wade n’aurait jamais dû être candidat à cette élection présidentielle. L’esprit et la lettre de la constitution de 2001 ne permettent pas à quelqu’un qui a fait deux mandats présidentiels de se présenter à un nouveau scrutin. Il a réussi par diverses manœuvres à imposer sa candidature au Conseil constitutionnel. Et c’est à l’honneur de l’opposition sénégalaise d’avoir accepté, au grand désespoir de Wade, le verdict du Conseil constitutionnel et d’être allé aux élections alors que certains en appelaient à la rue pour régler ce contentieux. Dès lors, il est apparu aux Sénégalais que ce scrutin était destiné à savoir qui  était pour ou contre Wade. La preuve en est qu’à la fin du premier tour, sans avoir eu à négocier quoi que ce soit, Macky Sall s’est retrouvé auréolé du soutien de tous les candidats recalés. Ce consensus de la classe politique autour du candidat de l’opposition a pris corps au sein de la société au point qu’au cours du second tour le report des voix a été quasi parfait.
En définitive la candidature d’Abdoulaye Wade  a été un coup de Jarnac porté à la démocratie sénégalaise en ce sens qu’elle a empêché l’expression d’un débat fécond au sein de la société et la possibilité d’un véritable choix.
Le faux mythe

Maître Abdoulaye Wade a souvent entretenu la légende selon laquelle, il a fait vingt-six ans d’opposition. S’il est vrai que son parti en était à son vingt-sixième anniversaire lorsqu’il a été élu en 2000, la vérité veut que l’on rappelle qu’entre avril 1991 et novembre 1992 puis de nouveau entre 1995 et 1998, il a participé aux gouvernements de la  «majorité présidentielle élargie» du président Abdou Diouf.  Et entre 1974 et 1977, Abdoulaye Wade a présenté son parti le PDS comme un parti de « contribution » et non d’opposition au pouvoir du président Léopold Sédar Senghor. Avant de créer son parti en 1974, Abdoulaye Wade a tenté de se faire une place au sein du parti de Senghor sans grand succès.
Par deux fois au moins Abdoulaye Wade a été tenté par l’aventure de l’utilisation des moyens non conventionnels en démocratie pour accéder au pouvoir. Au début des années quatre-vingt, il a envoyé des cadres de son parti en Libye pour y chercher des armes et de l’argent. A la fin de cette même décennie, il a tenté par des groupuscules terroristes qu’il contrôlait d’embraser Dakar par des attentats à la voiture piégée. De guerre lasse, Abdou Diouf qui dirigeait le pays s’est résolu à l’idée que «tant que Wade ne sera pas au gouvernement il ne nous laissera pas travailler».
Le seul élément commun au président Gbagbo et au président sortant sénégalais Abdoulaye Wade est qu’ils ont incarné successivement les figures de l’opposition puis du pouvoir dans deux pays phares de ce que l’on appelle le pré carré français en Afrique. Ainsi est-il surprenant pour l’observateur sénégalais que l’on veuille pour mieux diaboliser Laurent Gbagbo présenter Abdoulaye Wade comme un démocrate ayant grande capacité «d’adaptation» alors qu’il a été un fossoyeur de la démocratie sénégalaise et qu’il a fait prospérer la gouvernance néo-patrimoniale et affairiste de l’État. Pour nous, il n’y a pas photo entre l’humaniste de gauche Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade. Entre le père de la démocratie ivoirienne et celui qui au cours des douze dernières années a tenté avec succès parfois de remettre en cause les acquis des luttes démocratiques sénégalaises.


Par Félix Atchadé

Source : Le Nouveau Courrier : Dernière Mise à jour : 30/03/2012

TELEDIASPORA

 

06 mars 2012

Démocrates occidentaux contre démocrates russes

Les démocrates occidentaux sont de grands donneurs de leçons et de grands bienfaiteurs de l'humanité, eux du moins le croient. D'ailleurs, ils ne pensent qu'à imposer partout... leur démocratie !  Même en Russie, où ils tentent de promouvoir les oligarques milliardaires ou les blogueurs fascistes, même dans les pays arabes où ils complotent avec les Islamistes fanatiques extrémistes ayant la démocrate en aversion !

Et en Russie, la démocratie est loin d'être exemplaire, évidemment. Mais la Russie sort du tsarisme et du communisme, et le tempérament russe est plus porté sur l'homme fort que sur la démocratie à la sauce occidentale.  Il y a certainement eu des fraudes, mais à la marge, pas suffisantes en tous cas pour invalider l'élection de Poutine au demeurant très aimé des Russes ayant besoin de sentir qu'on redresse le pays et qu'on lui rend sa dignité (enlevée, justement, par les... démocrates occidentaux avec leur candidat Eltsine et Co). Il est incontestablement élu avec plus de 50 % des voix. Notre Président en serait heureux, et ne tolèrerait pas qu'on s'ingère dans son business électoral ! Et puis, il faut ajouter que les sondages donnaient largement vainqueur Poutine, comme d'ailleurs (petite piqûre de rappel) Gbagbo en Côte d'Ivoire face à Ouattara l'ami personnel de Sarkozy (marié à Neuilly par lui) et ancien du FMI - tout un programme pour la Côte d'Ivoire et la Françafrique !

Donc, nous devons nous Occidentaux accepter que les Nations avancent à leur rythme vers la démocratie, et qu'elles choisissent leur Système. Au lieu de nous ingérer bien peu démocratiquement dans les affaires et... sans hasard, pour contester les régimes non-alignés sur les diktats de Washington ! Il faut se faire une raison, les Russes ont le culte de l'homme fort : Respectons-le !  Au fait, puis-je me permettre de rappeler que justement, par ma mère, je suis d'origine russe, et que je connais la mentalité russe mieux que ceux qui se permettent de juger de l'extérieur !

Quant aux Occidentaux, au nom de la démocratie, ils s'attaquent aux Etats souverains et tentent d'imposer leurs valeurs (Ultra-libéralisme, loi du plus fort, compétition, endettement, délocalisations, flexibilité, privatisations à la tronçonneuse, marketing agressif, etc) au besoin par la force en bombardant, en ruinant, en faisant assassiner même sauvagement ceux qui les gênent (Kadhafi, scientifiques iraniens etc). La CIA et le MOSSAD, comme les Services Secrets français, sont très actifs, de façon opaque ce qui me semble-t-il est loin d'être démocratique ! Et la "grande" démocratie américaine commence même à se débarrasser des blogueurs dérangeants en les liquidant ! § Celle-là même qui proteste contre l'assassinat, en Russie, d'une journaliste fort dérangeante pour le Pouvoir...

Ce sont aussi nos grands démocrates occidentaux qui, après avoir imposé leur démocratie, tentent de l'annuler par exemple à Gaza, parce que le résultat de l'Election leur déplaît ! Ou qui imposent leur candidat, celui du Cartel bancaire en Italie ou en Grèce, sans élections,  ou celui de la Ploutocratie, via Médias aux ordres ou Sondeurs collabos (et bidons), comme Sarkozy, et demain Copé, ou DSK-Hollande et demain le beau client de Bilderberg Manuel Valls ! Ou qui en 2007, ont promu Super-Sarko au détriment, souvenez-vous, de "Bécassine"-Royal ! Après une propagande, via les Médias prostitués, digne des Républiques bananières ! C'est elle, d'ailleurs, qui m'a déterminée à m'engager sur le NET, au nom de la vérité...

Et que dire de l'imposition du Traité de Lisbonne dont les citoyens ne voulaient pas (véritable coup de force, coup d'Etat contre les peuples), ou de son aggravation et de son inscription dans le marbre des Constitutions, à la hussarde même, sans aucune concertation - ou encore de l'ingérence des démocrates irréprochables de l'UE (à la tête de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Angleterre, de l'Espagne), dans nos affaires intérieures, en boycottant le candidat du PS Hollande - chut, à la demande même de Sarkozy-Pinocchio - pour faire pression sur les Electeurs ? Vous avez dit démocratie, ou démoNcratie ?

Au fait, nos démocraties qui nous disent comment voter imposent la bipolarité, l'alternance - et encore, en faisant tout pour l'éviter - entre 2 partis aussi libéraux, l'un certes plus brutal que l'autre... Suivez mon regard, UMPS ou Républicains-Démocrates... Et que dire de notre Campagne électorale dessinée par, encore lui, Saint-Sarkozy, qui met en avant des thèmes dont tout le monde se fout (halal etc) pour détourner l'attention des vraies préoccupations des Français, économiques et sociales, et des nécessaires débats de fonds ? Que dire aussi de cette pseudo démocratie qui empêche (Barrages, menaces pour les 500 signatures) les candidats réellement alternatifs de s'exprimer devant les Français pendant la Campagne électorale ? Je vais plus loin, que dire du black-out total réservé à François Asselineau, la coqueluche des internautes, parce qu'il  ose dire la vérité aux Français ? Même le CSA s'en est ému, et il a donné raison au candidat boycotté par les Médias aux ordres de l'Empire Anglo-Saxon ! (Voir ici, 2012: Scandale Médias qui doit être maintenant réparé. Décision du CSA . Il faut pourtant que celui-ci fasse entendre sa voix, différente, honnête, compétente ! Aidez-le à finir de trouver ses 500 signatures, pour que le débat soit enrichi !)

Et à l'instant, nos médias "démocrates" comme FR2, parlent du complot contre Hollande, "inexpérimenté" sur la scène internationale, bien martelé, mais sans laisser la parole aux calomniés... ou à ceux qui, comme Bayrou, fustigent l'ingérence étrangère dans les élections françaises ! Pareil partout, comme à C dans l'Air où seuls les partisans des déstabilisations des pays non alignés ont la parole, et aujourd'hui l'émission sur la Russie s'intitule, en toute bonne foi, et modération, "le tsar de la triche".

Alors, "démocratie" russe qui aujourd'hui se bat pour un monde multipolaire, ou "démocratie" occidentale qui se bat, elle, pour imposer la domination, pardon, la dictature des Anglo-Saxons sur le monde ?

A vous de choisir...

Moi, je choisis "l'homme fort" du Vénézuela, Hugo Chavez qualifié de dictateur par les jolis jolis Médias occidentaux, alors qu'il est plus démocrate que les pseudo démocrates de notre Occident donneur de leçons !


source : eva R-sistons

ABIDJANDIRECT

05 mars 2012

Soyons réalistes, exigeons le possible!

Il est aisé de porter un regard rétrospectif sur l’histoire contemporaine de l’Afrique noire, de dresser bilans et constats accablants portant sur les agissements de tel ou tel dirigeant corrompu, agent de la globalisation se dissimulant derrière un progrès économique illusoire et étouffant son peuple.

Il est loisible de condamner un Occident prédateur et violent, obérant le développement du continent, et condamnant une large part de l’humanité, si ce n’est à la misère, du moins à  la précarité.

Reconnaissons-le, cela est loin d’être suffisant. S’opposant à l’asservissement, à la violence et la prédation occidentale, que sont devenues les forces de proposition des élites africaines ?

Face à une mondialisation, expression de la volonté normalisatrice des élites occidentales et établie selon l’arithmétique criminelle des marchés financiers, quelle est l’alternative économique et civilisationnelle proposée par l’Afrique ?

Quelle est la réponse, la contre-révolution mise en œuvre, d’un point de vue conceptuel, découlant des postulats de la pensée africaine?

Il est malaisé d’en dresser un tableau didactique qui se dressant comme un horizon subversif, s’opposerait à une vision de l’homme, réduite à la simple expression d’agent consumériste et imposée par la pensée dominante émanant de paradigmes occidentaux.

Il serait judicieux de dépasser le simple bilan de l’emprise multiséculaire, fondée sur un avantage technologique (à bien des titres superficiel), manifestation d’une volonté nietzschéenne de pouvoir, que les plus «réalistes» exhibent comme raison unique et principale du retard paralysant le continent africain.

Ne nous voilons pas la face: la soumission des peuples africains, est aujourd’hui pour bonne partie, à mettre au débit d’élites inconséquentes et peureuses, n’ayant pas acceptées les responsabilités qui étaient les leurs.

Face à un Occident défendant ses intérêts, la logique eut été l’opposition d’intérêts divergents.

Cette opposition, traduction de rapports de pouvoirs, certes disproportionnés dans leur globalité, ne peut se réduire à la description de rapports de forces défavorables à l’Afrique noire.

La véritable explication est à trouver dans la démission d’une élite, incapable d’assumer ses prérogatives naturelles. L’Afrique postcoloniale ne peut se résumer à une synthèse d’hommes de pouvoir serviles et  manipulés depuis Paris, ayant pris en main les destinées de territoires nouvellement affranchis.

Au-delà d’une géopolitique de l’Afrique vue à travers ce prisme réducteur, se dessine la faiblesse morale et idéologique d’une caste ayant préempté les destins de peuples jadis accablés par le travail forcé, les ponctions en tout genre et ayant apporté plus que leur écot à la libération d’une France, ersatz de mère-patrie, collaboratrice-asservie par l’Allemagne nazie, ingrate et structurellement raciste.

Évacuons ce passé révolu, la simple mise à l’index des dirigeants d’hier est datée et insuffisante.

Excepté de trop rares figures de la mythologie africaine contemporaine, les points de repères de la lutte émancipatrice sont non seulement rares, mais souvent invisibles.

Le recours au culte des glorieux combattants d’antan est l’excuse qui permet aux intellectuels d’aujourd’hui de ne pas s’impliquer significativement et efficacement, dans le combat pour l’indépendance continentale.

Que l’on considère l’action politique de Laurent Gbagbo d’un œil bienveillant ou non, la question centrale posée de façon liminaire par l’ex-chef d’état ivoirien reste lancinante.

Sommes-nous disposés à rester sous le joug des institutions internationales telles que le FMI ou la Banque Mondiale? Accepterons-nous sans limites le diktat français du franc CFA, largement, voire totalement inspiré par le nazisme monétaire. Subséquemment et primordialement, acceptons-nous sans broncher, l’ordre juridique international, incarné par la CPI et imposé par les puissances occidentales, ayant pour fondement un racialisme ontologique, perceptible par tout africain conscient ?

Les intellectuels, garants des syncrétismes de la pensée africaine, de ses déclinaisons en tant que force de proposition, sont mis face à leurs responsabilités. Il est inutile de revenir sur les souffrances des populations africaines: leur matérialité est plus que perceptible.

La question est simple et évidente : que proposent-ils ?

Cette interrogation et sa réponse matérielle restent la pierre d’achoppement, l’alpha et l’oméga de toute pensée globale permettant la mise en place de politiques, violentes ou pacifiques, amenant à l’indépendance du continent noir.

A un Occident acceptant de sacrifier sa classe moyenne, terreau de son dynamisme économique et de son pacte social, résolu à durcir ses relations avec les peuples dit faibles, quelles sont les orientations induites par les décideurs politiques africains, inspirées par les réflexions de ceux qui détiennent en sus de l’autorité morale, l’autorité intellectuelle, ceux qu’il convient de nommer les sachant ?

A vrai dire, elles se font toujours attendre.

Lélite intellectuelle africaine, se perdant dans des combats d’arrière-garde ou de petits coqs, ne se retrouve que sur un point : dresser le constat d’une classe dirigeante déliquescente passée ou présente, que bien souvent elle ambitionne de rallier ou de séduire.

Mais quid de la satisfaction à moyen ou long terme de besoins des populations ?

Alors que certains en Occident, dans une volonté sempiternelle d’imposer un modèle applicable à tous selon une conception verticale, pensent une décroissance blanche, l’Afrique reste avare de solution globale, ne serait-ce que continentale.

Quelle peut-être l’importance de chiffres de la croissance africaine s’ils ne traduisent qu’un copié-collé du tout consumériste occidental, d’une compétition faussée entre agents économiques et citoyens africains ? L’eldorado illusoire que nombre d’africains rencontrent en arrivant en Occident, est-il celui qu’ils souhaiteraient trouver sur leur sol natal ?

La disparition des solidarités, incarnée par l’affaiblissement de ce que l’on définit comme étant l’Etat-providence et l’absence de politiques de redistribution des richesses, est-elle le nouvel horizon africain ?

La soumission aux marchés financiers, ayant amené la Grèce à détruire durablement son tissu économique et social, est-elle l’avenir envisagé pour les enfants d’Afrique ?

Sous couvert de développement et de démocratie, les Etats Africains doivent-ils succomber aux sirènes du tout libéral et du tout marchand ?

Le bonheur, la liberté et l’épanouissement se trouvent ailleurs que dans la possession d’une  tablette I-pad ou l’alignement sur la décadente société consumériste occidentale.

Malheureusement l’élite intellectuelle africaine, «diasporisée» ou non, est présentement incapable de proposer des solutions philosophiques et économiques s’écartant d’un alignement symétrique sur l’Occident, car trop occupée à vouloir être adoubée par celui-ci, par frilosité ou manque d’audace.

En panne d’inspiration, certains de ses membres adoptent même une position figée et passéiste et se réfugiant derrière la figure tutélaire de Cheik Anta Diop, prônent de façon inepte un retour à l’âge des pyramides et des pharaons, qui s’il a bien été nègre, appartient à une histoire révolue.

Faire vœux de modernité n’est pas forcement singer l’Occident. De la même manière, faire vœux de syncrétisme noir n’est pas revenir à l’âge des pyramides, ni adopter un patronyme fleurant bon la momie embaumée il y a trois milliers d’années.

La voie n’est ni symétrique, ni médiane, ni celle d’un positionnement négatif, simple “noircissement” des postulats occidentaux, elle se doit d’être révolutionnaire au sens de radicalement nouveau.

Elle doit être celle d’une Afrique innovante assumant son paradigme, unie dans sa pluralité et combattante, décidée à opposer non seulement une résistance résolue à l’Occident et à ses sirènes, mais aussi et surtout à imposer un modèle concurrent, non fondé sur l’accumulation de capital.

L’exemple des conséquences en Libye et en Syrie de l’acceptation mimétique de ce modèle , par des pays arabes se contentant de se courber devant le dieu dollar, devrait servir de repoussoir efficace.

Les cassandres et esprits chagrins exciperont toujours de difficultés purement factuelles, d’insurmontables points de détails ne tenant qu’à la personnalité de tel ou tel théoricien.

Mais à la vérité l’Afrique tient son destin entre ses mains, non par parce qu’un avenir radieux et hypothétique, gravé dans la roche des pyramides de Khephren ou Mykérinos s’offrirait à elle, non pas par la magie de l’africanisation des règles de l’économie libérale dressées par la Banque Mondiale, encore moins d’après les dynamiques commerciales univoques célébrées par les thuriféraires d’une Afrique soudainement sinisée.

L’Afrique, berceau de l’humanité, porte les ferments de son émancipation et de son développement dans sa jeunesse, sève vigoureuse, ambitieuse et politisée, désireuse de se réaliser et de secouer le joug de la domination, qu’il soit occidental ou local.

A cette force tellurique immense, il ne reste qu’à contrôler ses soubresauts, lui permettant de mettre au pas une intelligentsia encore indécise, oscillant entre compromis et rejet d’un modèle qui n’a d’universel que ses concepts les plus superficiels et aliénants.

Elle se doit simplement, suivant l’exhortation du révolutionnaire Che Guevara, et soutenue par une élite intellectuelle audacieuse rajeunie et véritable force de proposition, d’être réaliste et exiger non pas l’impossible, mais un possible autre s’écartant de celui que la finance internationale et ses séides nègres cherchent à imposer…

Ahouansou Séyivé

Infodabidjan.net

03 mars 2012

LES MECHANCETES DU POUVOIR OUATTARA-SARKOZY

 

ado et sarko.gifPendant la campagne électorale de la présidentielle 2010, les prétendants à la magistrature suprême ont montré leur face idyllique et exposé avec précision leur programme de gouvernement. Mais aujourd’hui, depuis que la France, les USA et l’ONU ont imposé, par la violence, les bombardements, Ouattara au pouvoir, nous découvrons de plus en plus la méchanceté du couple Ouattara-Sarkozy.
La méchanceté de Ouattara ne date toutefois pas d’aujourd’hui. Déjà en qualité de 1er ministre d’Houphouët, les actes qu’il a posés traduisent son caractère méchant. En 1992, il fomenta un complot pour jeter en prison Gbagbo, son épouse, son fils et bien des cadres de l’opposition ; c’est cet homme qui, sans rechigner, a diminué de moitié les salaires des enseignants de la fonction publique et a effectué les licenciements en masse des travailleurs ivoiriens. Il est en outre, l’auteur de la répression sanglante des étudiants de la cité universitaire de Yopougon, qui a conduit à la marche du 18 février 1992, suite au refus du gouvernement Ouattara de punir les auteurs de cette barbarie. Il faisait déjà un usage courant du mensonge en affirmant avoir vu Gbagbo casser. Loin des réalités de ce pays, il a décidé de fermer les internats des lycées et collèges, de supprimer les cars affectés au transport des étudiants, sans aucune mesure d’accompagnement, rendant ainsi plus difficiles les conditions d’étude de ces jeunes.
Très tôt, l’homme et son parti se sont engagés dans l’utilisation de la violence. C’est lui qui déclarait qu’il frapperait ce pouvoir(Bédié) qui tomberait et qu’il n’attendrait pas cinq ans pour prendre le pouvoir (sous le régime de Gbagbo). Ses paroles ne sont que des prophéties de violence, de destruction et de malheur.
Sa méchanceté s’est exprimée aussi dans les tentatives de coup d’état qui ont entraîné de nombreux morts de 1999 à 2010. Ses hommes tels Jah Gao, Koné Zacharia ont proclamé qu’il était le financier et donc l’auteur de ces coups d’états. Son ministre Konaté Sidiki, membre de la rébellion, n’a-t-il pas proclamé qu’ils étaient les champions des coups d’états ?
Sa méchanceté l’a conduit encore à accuser faussement de crimes son adversaire politique (charnier de Yopougon).
De 2002 à 2010, ses hommes de main ont perpétré de nombreuses tueries ainsi que d’autres actes de violence contre les populations des zones qu’ils contrôlaient et celles sous contrôle gouvernemental.
Pendant la campagne et les élections de 2010, Ouattara et son parti ont encore fait preuve de violences et de tueries. A l’issue du scrutin, il a même demandé à ses parrains à faire la guerre à Gbagbo pour le chasser du pouvoir pendant que celui appelait au recomptage des voix. C’est ainsi qu’il a réactivé sa rébellion qu’il n’a jamais accepté de désarmer et l’a renforcée de mercenaires de la sous-région pour livrer avec la LICORNE et l’ONUCI une guerre totale et multiforme contre la Côte d’Ivoire.
Sa méchanceté s’est une fois de plus manifestée dans sa décision d’imposer un embargo économique, monétaire, financier et même pharmaceutique contre les populations ivoiriennes. Beaucoup d’ivoiriens sont morts à la suite de cet acte criminel, faute de disposer de leurs ressources personnelles et de médicaments pour se soigner. Quelle cruauté ?
La situation que nous vivons aujourd’hui traduit plus encore la méchanceté de l’homme :
- Gel des avoirs des pro-Gbagbo qui ont été privés de moyens de se soigner et qui meurent donc en cascade (Bohoun Bouabré, Gomont Diagou,Gnan Raymond et bien d’autres encore qui périssent dans l’anonymat). Ces morts nous font penser à l’éventualité d’empoisonnement des cadres pro-Gbagbo. Ne s’agit-il pas donc d’éliminer de façon plus voilée des adversaires politiques? Ouattara encourage ainsi les ivoiriens à ouvrir, dès maintenant des comptes bancaires à l’étranger comme il l’a fait pour lui-même, provoquant ainsi la fuite des capitaux ivoiriens nécessaires au développement de ce pays. Dorénavant, les ivoiriens sont ainsi invités à thésauriser leur argent ou à faire des dépôts sous des prête- noms en Côte d’Ivoire et surtout à l’étranger, créant ainsi un manque à gagner pour le trésor ivoirien.
- Chasse, dans les entreprises et dans les institutions gouvernementales, aux pro-Gbagbo : à la Présidence de la République, c’est plus de 600 hommes et femmes présents depuis Houphouët qui ont été jetés à la rue ; à la SOTRA près de 1 000 agents licenciés. La situation est la même dans beaucoup d’autres entreprises. Ces renvois ont pour objet de semer la pauvreté dans le camp des supposés pro-Gbagbo.
- Emprisonnement pour des raisons politiques et donc arbitraires de civils et militaires, parfois sans chef d’accusation et presque toujours avec des chefs d’accusations imaginaires et non fondés ; de plus ils sont parqués dans des prisons aux conditions dignes d’élevage intensif. Le témoignage du Président Gbagbo devant la CPI l’a montré suffisamment.
- Tueries continues des pro-Gbagbo par les FRCI section rebelles et dozos ( Vavoua, Sikensi, Dabou, Arrah, Taï, Bonon etc.) sans compter les exactions qui se déroulent dans les villages et campements les plus reculés.
- Embargo sur les médicaments faisant plusieurs milliers de morts et d’invalides à vie. C’est pourtant pour ces produits que la Croix Rouge et d’autres ONG mondiales se battent pour maintenir une régularité dans l’approvisionnement des populations en situation de guerre. Il faut être particulièrement méchant voire cruel pour décider d’un embargo sur des produits pharmaceutiques.
- Emprisonnement du fils de Gbagbo dont le seul crime est d’être le fils du père.
- Conception de faux complots pour salir son adversaire (charnier de Yopougon, tuerie des femmes d’Abobo, escadrons de la mort…).
Toutes ces actions dignes de la période coloniale relèvent d’une méchanceté sans pareille en Côte d’Ivoire. Du jamais vu. Un ivoirien ne peut poser de tels actes. C’est pourquoi le Président Houphouët a pris soin d’indiquer qu’il n’est pas ivoirien et lui a fait prendre en son temps un engagement écrit de ne se mêler des affaires politiques Ivoiriennes. (Voir Bélier Inter n° 230 du 13nov.2001) Est-ce là le fallacieux prétexte de frustration, de vengeance et la raison d’être du « rattrapage » ?
Cette méchanceté est partagée par le président Bédié qui, pour protéger sa vie et ses comptes en banque, n’a trouvé, jusqu’à ce jour rien à redire de la gestion tribale et cruelle du pouvoir Ouattara. Sa méchanceté s’est manifestée par :
- son appel à voter celui qu’il sait très bien être un non ivoirien et auteur du coup d’état de 1999 qui l’a chassé du pouvoir ;
- son alignement sur les thèses de Ouattara et surtout de Sarkozy pour privilégier ses intérêts financiers et personnels au détriment de ceux de son parti et du peuple ivoirien ;
- ses déclarations sur des chaînes étrangères à traduire Gbagbo qu’il sait pourtant innocent devant la CPI;
- son soutien à la rébellion en finançant la branche Doh Félix et en lui attribuant le nom de Forces Nouvelles pour embellir et masquer cette machine à tuer;
- son silence devant tant de violences, d’injustices, de méchancetés, donnant ainsi à Ouattara de continuer sa gestion discriminatoire et chaotique de l’Etat ;
- la mise au service de Ouattara, du parti de Houphouët Boigny que Bédié condamne progressivement par ses actions et son mutisme, à disparaître.

Ouattara, pour éviter d’être seul comptable de ses méchancetés, s’est associé encore un 3e larron, Charles Konan Banny dont le caractère méchant est assez frappant. On en veut pour preuves.
-son acceptation sans condition de présider la CDVR qu’il sait vouée à l’échec, dans la situation de gestion clanique accompagnée toujours de crimes de sang actuellement pratiquée par le parti de ceux qui prônaient le « vivre ensemble »
-ses choix comme membres de la commission de personnes pour la plupart très proches du clan Ouattara et donc anti-Gbagbo ;
-son adhésion totale aux thèses de Ouattara sans manifester le moindre effort de neutralité ;
-son silence devant les tueries qui continuent ,tueries massives perpétrées par les FRCI à Sikensi, Dabou, Arrah, Taï etc.
-son incapacité, dix mois après avoir été responsabilisé, à poser le moindre acte de réconciliation.

Si Ouattara, Bédié, Banny ont fait tant preuve de méchancetés parfois même de cruautés, à l’endroit de leurs frères de l’opposition gbagboiste c’est surtout parce qu’ils sont parrainés à tous égards par la France de Sarkozy et ne sont que de vils exécutants au service et de leur maître.
Dans cette guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, le Président français à fait montre d’une méchanceté inégalée contre les populations ivoiriennes.
Sarkozy, un activiste du néolibéralisme, dès sa prise de pouvoir, par ses actes et ses paroles a montré un manque total de considération pour nos pays africains. Sa méchanceté a fait l’objet d’une large publicité par les médias à sa solde:
- bombardement intensif par l’armée française, de la résidence du Président Gbagbo dans le but avéré de tuer le Président d’un pays étranger, en totale contradiction avec les résolutions de l’ONU ;
- Extermination, par la licorne, de plusieurs milliers de jeunes patriotes aux mains nues devant la résidence du Président de la République ;
- exécution d’un embargo multiforme et surtout pharmaceutique sur tous les produits à destination d’Abidjan pendant qu’il déployait son armé pour veiller sur ses ressortissants ; quelle cruauté !
- engagement d’une guerre ouverte et totale contre la Côte d’Ivoire, sans la déclarer, et de surcroît contre un pays avec lequel la France avait conclu un accord de défense ;
- racisme étayé par ses propos et ses actions qui sont très proches du nazisme ;
- emprisonnement, sous ses ordres, de hautes personnalités politiques ivoiriennes prenant ainsi la fonction de régisseur de ces détenus innocents.
- banalisation de la mort d’un ressortissant français à Yamoussoukro, froidement assassiné par les rebelles de Ouattara parce que sympathisant de Gbagbo ;
Sarkozy et ses filleuls ivoiriens sont donc tous, solidairement les co-auteurs directs de toutes les actions méchantes, cruelles et criminelles menées dans ce pays depuis 2002 (gel s des avoirs, emprisonnements arbitraires et dans des conditions ignobles, tueries massives et continues des ivoiriens …).
Pour finir, il est important pour ces hommes de connaître ce que la Bible dit du sort du méchant.
Le méchant pour Dieu ne peut prospérer ; c’est dire donc que ces abominations ne sauraient durer et si, par extraordinaire ce mandat, qui n’est que de cinq ans, arrivait à son terme dans les conditions ci-dessus décrites ces hommes ne seraient sûrement pas reconduits à la tête de ce pays quelque soient les bombes et autres missiles de l’armée française. Déjà point à l’horizon la défaite du parrain ; oui « le méchant ne résiste pas au jour du jugement et connaîtra une ruine éternelle ». A bon entendeur salut !
« Ce que redoute le méchant c’est ce qui lui arrive et l’Eternel fait retomber sa méchanceté sur sa tête ». A force d’imaginer chaque jour des coups d’état, prétextes pour continuer de jeter en prison de pauvres innocents, ils appellent ainsi leur propre fin.
« Devant Dieu leurs sacrifices et leurs actions sont abominables car offerts toujours avec des pensées criminelles » Pour nous, sujets de ce gouvernement Ouattara, ne craignons pas ces méchants qui sont au pouvoir pour un temps mais « craignons plutôt l’Eternel qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne et prions pour être délivrés des hommes méchants et pervers car tous n’ont pas la foi et ce n’est pas par la vérité qu’ils sont puissants dans le pays car ils vont de méchanceté en méchanceté et ils ne connaissent pas DIEU ».
Que Sarkozy, Ouattara, Bédié et Banny sachent qu’à continuer ainsi, eux et leurs descendants connaitront une fin très triste. DIEU bénisse la Côte d’Ivoire!

KOBAZEYRET Laurent

Ivorian.Net

 

28 février 2012

Réflexions sur le discours prononcé par Thabo Mbeki

Réflexions sur le discours de l'Université du Cap, prononcé par Thabo Mbeki, le 16 février 2012.

Le discours prononcé par Thabo Mbeki (Université du Cap, 16 février 2012), largement repris par la presse et les sites d’information numériques du continent africain, a suscité un enthousiasme que nous nous expliquons difficilement.

Le titre passablement trompeur, utilisé par les rédactions pour présenter les passages les plus marquants de l’intervention de l’ancien président sud-africain, participe autant que le contenu de l’intervention de ce dernier, à nous plonger dans un abîme de perplexité.

L’accroche : «Thabo Mbeki : Voici comment nous devons défendre notre souveraineté», n’a pas été suivie, loin s'en faut, d'un texte à la hauteur des attentes que sa lecture a pu faire naître chez nombre d'africains. Vainement nous avons cherché dans les mots choisis par M. Mbeki, ou dans les concepts auxquels ils renvoyaient, le début de l’énumération des moyens devant être mis en œuvre pour assurer à l’Afrique la défense efficace de sa souveraineté, contre les agressions criminelles des coalisés occidentaux contrôlant l’ONU.  Nulle explicitation du raisonnement intellectuel, précédant nécessairement la praxis, entraînant la fin de la mise en coupe réglée de ce continent que nous désirons indépendant, pacifié et prospère.

Mise en perspective...

Thabo Mbeki
Thabo Mbeki

Il n’est pas question ici de s’opposer pour s’opposer, suivant ainsi une inflexion traditionnelle de l’intellectuel pinailleur, fossoyeur par gout de la polémique de la réflexion politique. Il s’agit plutôt de mettre en perspective un discours policé, timoré, empiriquement inefficace, à l’aune de la désespérance et des souffrances des populations du continent et symbolique de la trop grande prudence d’élites africaines pourtant confrontées à la dure réalité des rapports internationaux.

Thabo Mbeki qui, doit-on le rappeler, a dirigé un Etat africain, se contente d’énoncer des vérités intégrées dans leur globalité par les populations noires, continuation des politiques orchestrées par les coalisés occidentaux.

Précision d’importance : ces derniers n’étant jamais partis d’Afrique, la persistance de leur ingérence ne peut être assimilée à une recolonisation, tout au plus doit-elle être analysée comme une colonisation plus subtile. 

Divorce et impuissance...

On est en droit de se demander si le discours prononcé à l’université du Cap ne formalise pas un hiatus générationnel, divorce entre une élite africaine déçue de constater la barbarie ontologique d’un Occident, pourtant perçu comme un partenaire potentiel et neutre, et une jeune génération plus ferme sur les positionnements à adopter face à ce dernier. 

N’est-il pas inconsciemment l’aveu d’impuissance d’une classe politique, ayant échoué à apporter les réponses susceptibles de faire évoluer la réalité des rapports de domination imposés à l’Afrique, inchangés dans leur nature et à présent maquillés grossièrement dans leur aspect ?

Ces questions se posent à la lecture du discours de M. Mbeki.

1. Car y-a-t-il encore un responsable politique africain honnête pour découvrir qu'en 2012, l’Afrique n’est qu’une dépendance occidentale, notamment française ?

2. Qu’elle abrite des organisations intégrées, dont les avis sont méprisés par l’Occident ?

3. Que l’ONU et ses démembrements ne sont que des instruments de politiques coloniales, utilisés sans modération ni tact, perpétuant les ponctions de matières premières, devises et potentiels humains du continent noir ?

4. Que les rhétoriques consacrées de la défense des droits de l’homme et de la promotion de la démocratie ne sont que chevaux de Troie, dérisoire attelage, annonciateurs de la misère et du non-développement?

5. Que le droit d’ingérence pour cause humanitaire n’est qu’une sophistication de la perverse pensée géopolitique occidentale, ne visant qu’à poursuivre l’asservissement de populations plus faibles et la préservation amorale d’intérêts occidentaux?

6. Quid novi dans le fait d’affirmer que les organisations continentales (UA et CDEAO par exemples) sont dépendantes des subsides du maitre ?


Une fausse joie...

A notre grand regret, Thabo Mbeki n’offre aucune piste concrète menant à la réalisation de l’indépendance continentale.  L’exposé maitrisé de la situation, n’apporte rien de nouveau sous le soleil africain.

Il est a noter que le déroulement des évènements ivoiriens et libyens ne sont source d’étonnement pour aucun africain conscient, tout au plus matière à colère et amertume. Seuls, ceux encore naïfs ou subjugués par la mélodie grinçante du discours des dirigeants des Etats occidentaux, ont eu une épiphanie. 

Nous sommes d’autant plus restés sur notre faim, que Thabo Mbeki ayant effectué un brillant parcours politique (ne pouvant l’avoir laissé ignorant du caractère inchangé de la soumission africaine, corollaire de la domination occidentale), ses propositions inspirées par une solide expérience du pouvoir, auraient pu entrainer des mesures tangibles applicables à moyen terme, du moins par les plus sincères de nos responsables politiques.

Subséquemment, son message ne contenant aucun élément susceptible de réorienter intellectuellement ou matériellement les peuples africains vers leur liberté, il ne constitue tout au plus, qu’un cours de rattrapage pour les derniers de la classe.

Une thématique survolée...

Thabo Mbeki
Thabo Mbeki

Les questions de forme de nos instances supranationales, ne sont pas à notre sens le cœur du problème lorsqu’on aborde le concept de souveraineté des Etats africains, ni le principe du respect de la démocratie en lui-même. Cette dernière, dans sa conception purement théorique est bien souvent un leurre détournant les africains des problématiques les plus urgentes. Sans souveraineté, il ne peut y avoir de démocratie, l’une précédant l’autre. 

Nous référant au discours du Cap, la reconnaissance de la duplicité de dirigeants occidentaux, usant de la légalité internationale comme justification de leurs actions criminelles, n'est qu'un constat et n’entre pas dans les moyens permettant à l’Afrique et aux pays qui la composent d’affirmer leur souveraineté.  Cette duplicité n’est pas une nouveauté, elle est même la caractéristique des relations internationales, telles que conçues selon les canons occidentaux.

Il en est de même du rapport fait par Thabo Mbeki de la désunion politique d’états africains, dirigés dans leur écrasante majorité par de serviles préfets, plats valets, couards et courbés.  Il en est également de même concernant le constat de l’emploi de la violence, expression de la barbarie du monde occidental. 

Ces énonciations n’interagissent pas avec la notion de souveraineté. Dans leur grande majorité leurs effets nocifs seraient atténués par la réalité d’une maitrise totale et donc véritable de cette dernière.

Une autre réalité s'impose...

Du discours, sont absentes réponses et solutions empiriques, que d’aucuns qualifient de radicales, permettant d’atténuer les souffrances de l’homme africain. Que les contempteurs de la volonté d’opposition frontale avec l’impérialisme occidental, dénommée anticolonialisme dogmatique par ces derniers, passent leur chemin.(1)
Il faut l’affirmer avec force : Il n’y a pas d’indépendance à minima, une indépendance parcellaire n’est que le cache-sexe d’une domination totale.  Que peut une Afrique, telle que décrite dans son discours par Thabo Mbeki, n’ayant que le droit et la diplomatie comme réponses face aux tenants du désordre et de la force brute ?

Ahouansou Séyivé
Ahouansou Séyivé

Le raffinement des méthodes, les propos chantournés, les embrassades factices des bandits occidentaux Obama, Sarkozy et Cameron (ce sont des bandits au sens littéral au regard de leur action en Afrique), ne doivent pas faire oublier que nous vivons dans un monde où seule la force fait droit et invariablement le précède.

Évoquer la défense des souverainetés africaines sans mentionner la nécessité pour l’Afrique d’assurer sa défense, en chassant tout d’abord les vestiges des armées coloniales de son sol et en développant ses potentialités militaires, est tout simplement passer à côté du sujet.

N’est maitre chez lui que celui qui en détient les clefs, non celui qui, usant de formules juridiques ou de concepts politiques (de nul effet car laissés à la libre appréciation de son contradicteur), pense faire triompher son point de vue par la dialectique.

Précision utile : Laurent Gbagbo se retrouve emprisonné à la Haye car ayant ignoré (ou feint d’ignorer) la morale de la fable du loup et l’agneau, fondement du droit international :la raison du plus fort est toujours la meilleure.

Raisonner et argumenter n’est efficace que lorsque que les interlocuteurs se situent sur un même pied d’égalité. 
Établir une discussion n’est d’aucune utilité lorsque l’une des parties est en mesure d’imposer son point de vue, sans risque de représailles et cela, quand bon lui semble. Pour l’Afrique, «discuter» avec les membres les plus éminents de la «Communauté internationale» équivaut à recevoir gifle sur gifle, sans éprouver le besoin de tendre l’autre joue, puisqu’enserrée dans l’étau de la suprématie occidentale.

Repenser et accepter l'usage de la force dans le cadre de la défense des souverainetés africaines...

La souveraineté découle avant tout de la maitrise de son territoire, découlant elle-même de la capacité d’empêcher les intrusions étrangères en ayant recours à la force légitime. L’Afrique étant de ce point de vue d'une insigne faiblesse, il est étonnant que Thabo Mbeki n’ai pas évoqué ce point précis, pourtant quadrature du cercle des souverainetés africaines.

La liberté, l’indépendance et la souveraineté des peuples se modulant selon leur puissance militaire,  les propos de l’ancien président sud-africain sonnent étrangement, en effet: sans armes, point de souveraineté. Comment repenser la défense des souverainetés continentales sans aborder la mise en place et le renforcement de forces armées nationales et supranationales, limitant, voire interdisant, les interventions intempestives de la «Communauté internationale» dans les affaires internes africaines? 

La Grande-Bretagne souffrirait-elle une solution imposée par les bombes et une milice internationale, concernant son problème irlandais ?

Israël tolérerait-il l’imposition par une armée étrangère, sous bannière onusienne, le règlement de la question palestinienne ?

Benito Sylvain
Benito Sylvain

Ce qui reste du domaine de l’impensable pour les pays réellement souverains, est d'une évidente banalité pour les pays africains. 

Il est impératif pour les responsables politiques africains de faire leur aggiornamento géopolitique : le recours à la force contre l’Occident et les manifestations indésirables de sa présence sur le sol africain n’est pas une grossièreté, c’est même la première des politesses due aux peuples africains.

Malheureusement, cette vision ne semble pas partagée par une génération d’hommes politiques accordant une importance démesurée au simple combat dialectique avec l’Occident, obsédés par la bienséance et les formes, lorsqu’il s’agit de se pencher sur la question du respect des souverainetés africaines. 

Il est pourtant difficile, voire quasi-impossible, d’imaginer une Afrique défendant sa souveraineté sans user de la force ou en étant incapable de le faire en cas d’absolue nécessité. 

Nous espérons que ce principe de simple bon sens, soit à l'avenir assumé par des responsables politiques, ne fuyant plus leurs responsabilités historiques et qui ayant saisi le caractère décisif de cette thématique lui accordent un prolongement autre que théorique, redonnant par la même, tout son sens au terme souveraineté, ce qui n’est soumis au contrôle d’aucun autre Etat

Benito Sylvain énonçait en 1901 «En abusant indignement de la puissance matérielle que lui assure sa funeste maîtrise dans l’art de tuer, en entravant dans un esprit hautainement égoïste l’évolution et le bonheur des autres peuples, l’Europe, depuis le règne à jamais néfaste de Napoléon, constitue un danger terrifiant pour l’humanité tout entière [...] Dans l’intérêt de tous, il importe d’opposer une digue à sa puissance homicide.»(2)

Les coalisés occidentaux contrôlant l'ONU, jouent aujourd'hui le rôle dévolu à l'Europe dans l'exposé de Benito Sylvain.

Sa conclusion reste, à notre grand regret, totalement d'actualité...


Ahouansou Séyivé


(1) http://alternativesetcoherence.blogspot.com/2011/10/lexig...
(2) Benito Sylvain  (Haïtien et docteur en droit, fut aide de camp de l'Empereur d'Ethiopie) , Du sort des indigènes dans les colonies d'exploitation. Paris, L. Boyer, 1901 p398.

 

 

CAMEROONVOICE

27 février 2012

LETTRE DU CONTINENT : CES FRANÇAIS QUI GOUVERNENT RÉELLEMENT LA CÔTE D'IVOIRE.

Mr. L. Fillon Premier Ministre officiel de la France et Président officieux de la Côte d’Ivoire en Compagnie de Mr Ouattara Dramane, son conseiller spécial chargé des Affaires ivoiriennes. Mr. Philippe Serey-Eiffel; Ministre des Finances de la Cote d’Ivoire. Aucun dossier intéressant les finances ne peut arriver àAlassane Ouattara sans passer par lui. Dans les faits, il est le vice-président chargé des finances. Source : « Afrohistorama ».



Carte de la Côte d'Ivoire.


Le principe de la « françafrique » est de coller aux bottes des gouvernants africains des conseillers techniques dont le rôle est de contrôler les entrées et sorties d’argent le montre l’excellent documentaire deO. CetarilGuillaume Soro a beau tenter de délimiter son pouvoir, Philippe Serey-Eiffel reste droit dans ses bottes, sûr de ses moyens. Il n’est d’ailleurs pas le seul à se croire tout puissant à la présidence ivoirienne. Mr Antoine Cesareo Ministre des travaux publics DG des grands travaux de 1978 à 1992, il est l'officieux ministre des affaires étrangères et gère tout le commerce international du pays. Mr Cédric Lombardo : Ministre de l’environnement chargé des affaires climatiques va lui aussi proroger son bail. Les français ont la haute main sur les finances du pays mais aussi sur les questions de défense nationale. L’armée ivoirienne que la France a désarmée dans les bombardements de la résidence du président Gbagbo n’est plus qu’une armée d’opérette. Mr Claude Réglat : Minitre de la Défense Mr Marc Paitier : Ministre de l’intérieur deux officiers français à la retraite ont dorénavant du travail. Ils ont la responsabilité des écoutes dans les sous-sols du palais. Claude Réglat doit piloter la réforme de l’armée avec l’entrée des 10.000 rebelles pro-ouattara reversés dans l’armée régulière. Pendant ce temps, Jean-Yves Garnault contrôle le trésorier payeur général de l’armée et passe au crible les dépenses militaires engagées par l’Etat. Ouattara a aussi recruté Christian DelmotteMr Christian Delmotte : Ministre de la Santé pour les questions de santé. C’est lui, croit naïvement Alassane Ouattara, qui doit mettre en place une couverture maladie universelle en Côte d’ivoire. Projet dont le véritable initiateur est le président Gbagbo.

Mais si Ouattara s’appuie sur les français pour faire fonctionner la présidence de la République, il a également recruté des français pour s’occuper de la cuisine. C’est Dominique Ouattara en personne qui supervise vise les entretiens d’embauche. L’épouse d’Ouattara a d’ailleurs rapidement jeté son dévolu surOlivier Payet le chef cuisinier du restaurant de l’hôtel Tiama d’Abidjan. Même le parc-auto de la présidence ivoirienne est passé aux mains des français. C’est le français Jean-Louis Blanc qui en a la charge. Pour sa communication, Ouattara a recruté une française en la personne Mme Anne Méaux : Ministre de la Communication qui remplace Patricia Balme, elle aussi de nationalité française. Quant à Frédéric Bedin qui est le directeur de « Public System Hopscotch », il a été imposé par Paris pour organiser les grands évènements du pays. Comme s’il n’y avait aucune compétence sur place. La police nationale attend également son blanc. Pour l’instant, deux instructeurs français y font des évaluations au terme duquel un bon nombre de policiers français devraient arriver à Abidjan. Alors que depuis les années 80Houphouët-Boignylui-même s’était lancé dans une politique d’ivoirisation des cadres et que Laurent Gbagbo a porté haut le combat de la souveraineté de notre pays, Alassane Ouattara nous ramène par sa politique de gouvernant complexé aux années où l’administration était sous la coupe des colons français. Cette attitude est d’autant plus incompréhensible qu’environ un millier d’ivoiriens viennent d’être licenciés comme employés à la présidence ivoirienne. Certainement pour faire de la place à une poignée de conseillers français mieux rémunérés que le millier viré.

Le président Laurent Gbagbo avait dit aux militaires : « Si je tombe, vous tombez ». les ivoiriens ne savaient pas à quel point la prophétie était aussi écrite pour eux. Il avait tout promis. A savoir trouver de l’argent qui manque tant aux ivoiriens pour mettre fin à la grande pauvreté ambiante. Donner surtout du travail à chaque ivoirien grâce à un ambitieux programme économique. Aux termes de cette foire aux promesses, Ouattaras’était engagés à créer un million d’emplois par anEn cinq mois, il en a détruit des milliers : 80 000 selon l’« union générale des travailleurs de Côte d’ivoire (UGTCI) » proche du « parti démocratique de Côte d’ivoire » et donc pro-ouattara et près d’un millier d’employés de la présidence ont perdu leur poste depuis l’avènement de Ouattara au pouvoir. Le camp Ouattara se livre à une sordide chasse aux sorcières pour placer leurs propres hommes, dont des français. Notamment à la présidence où Ouattara est « sous l’influence des sorciers blancs », selon l’expression de la « lettre du continent ». On pourrait le dire, et sans aucune exagération, ce sont ces français qui gouvernent en réalité la Côte d’ivoire depuis le coup d’Etat contre le régime légitime et légal du président Gbagbo. En effet, sous Ouattara, les français travaillant à la présidence se chargent de tout : stratégie, budget, infrastructures… Bref, ce sont ces conseillers français qui décident de tout au point d’agacer Soro Guillaume, le premier ministre d’Alassane Ouattara. Recruté en mars 2011 pendant que les bombes tonnaient à Abidjan, Philippe Serey-Eiffel est perçu « comme le grand vizir de la lagune Ebrié ».

 

NERRATI

26 février 2012

«On nous a trop volé !», mais...c'est de notre faute

Dirigeant Africains.jpg

De la période de l’esclavage jusqu’à celle de la colonisation, une grande partie des peuples noirs d’Afrique a su servir de pions aux Occidentaux dans le pillage de leur continent. De la colonisation à l’indépendance, ces Noirs, pour des raisons pécuniaires et de «prestige dans la soumission», ont continué de se mettre au service de l’Occident au détriment de leurs peuples et leurs pays.

 


Je dois préciser que cette réflexion m’a été inspirée d’une part par l’amère expérience que j’ai vécue lors de mon récent voyage à Abidjan où j’ai ressenti dégoût et indignation. Et d’autre part, par un récent article du Ghanéen Nana Kofi intitulé ‘’Afrique : la milliardaire mendiante’’.

Je voudrais le dédier au premier président ivoirien, feu le président Félix Houphouet-Boigny qui, malgré ses faiblesses et maladresses, dès 1944, a eu le courage de publier un mémorandum intitulé : ‘’On nous a trop volé’’. Pour dénoncer le traitement injuste et cruel que les colonisateurs français infligeaient aux planteurs africains en général et aux planteurs ivoiriens en particulier.

Je le dédie également à la petite poignée solitaire de dirigeants africains morts, vivants ou renversés avec le soutien des puissances occidentales, qui ont cherché finalement et de manière définitive à mettre fin à ce complexe d’infériorité qui lie la majorité des chefs d’Etat africains et à la main-mise des pays développés sur les richesses et la destinée des pays africains.

 

J’ai pris un vol Air France de Paris à Abidjan en août 2011. La première chose qui m’a frappée, c’est la différence de traitement ou de considération que le personnel d’Air France avait pour les passagers selon leurs origines, excepté le fait que nous étions tous entassés dans des cars pour aller du terminal à l’avion. Et que même le chauffeur du car (quelqu'un qui avait les traits maghrébin et que j’ai entendu parler arabe en s’arrêtant pour converser avec un autre chauffeur venant dans le sens opposé) n’a attendu qu’une fois arrivé près de l’avion pour mettre en marche le climatiseur. Que ce soit à l’enregistrement ou à bord de l’avion, l’arrogance, le manque de considération, le mépris et l’impolitesse avec lequel le personnel d’Air France s’adressait à tous ceux qu’il percevait comme africains, soit par leurs passeports, leurs noms (pour ceux qui avaient des passeports français) ou leur habillement étaient insupportables.

Ivoirien d’origine moi-même, non seulement je voyageais avec un passeport américain, donc je me sentais parmi les “privilégiés’’ ; car apparemment c’était le seul passeport que les agents d’Air France respectaient. Une fois à bord de l’avion, je constate que certains couples mixtes, sans doute pour diverses raisons, préféraient faire voyager leurs épouses d’origine africaine en classe affaire et eux mêmes en classe économique.

Les pays développés font ce qu’ils veulent en Afrique parce que les Africains le leur permettent. Le manque de considération et d’égard que les Occidentaux ont pour les Africains est lié à l’image que les Africains projettent d’eux-mêmes. Je me souviens d’un fait que j’ai vécu vers la fin des années 90 à l’aéroport d’Abidjan, précisément entre 1997 et 1998. Ce jour-là, nous débarquions d’un vol Air France en provenance de Paris, à bord duquel se trouvait un Français qui disait être là pour prendre part en tant qu’invité à une semaine de l’aviation organisée sur place.

Arrivé au service sanitaire où l’on contrôlait les carnets de vaccination, ce monsieur n’avait pas son carnet comme l’exigeait la loi. Quand la jeune dame de service tenta de lui faire comprendre que s’il n’avait pas son carnet, il devrait payer 5.000 F pour se faire vacciner afin qu’un carnet de vaccination lui soit délivré, il s’emporta et ne trouva rien d’autre à dire que de la couvrir de menace. Il menaçait d’appeler ses supérieurs si elle ne le laissait pas passer. Ne pouvant pas supporter cette arrogance, j’ai dû intervenir pour lui poser la question suivante : ‘’Si vous étiez en Amérique, en Chine ou au Canada, auriez-vous eu la même réaction devant les agents des services sanitaires ? ‘’. Comme vous pouvez le deviner, il ne put répondre.

Un autre exemple d’arrogance et de mépris pour les Africains s’est manifesté par la réaction disproportionnée, injuste et ridicule de la France et de son armée, face à un malheureux ‘’incident (?)’’survenu le 4 novembre 2004 à Bouaké. A ce sujet, il est bon de rappeler que la Côte d’Ivoire et la France n’étaient pas encore en guerre (comme en avril 2011) ; donc cette riposte n’était ni plus ni moins qu’une manifestation de la raison du plus fort. Vous conviendrez avec moi que la France n’a jamais rêvé — même dans un sommeil profond — de réagir de la même façon face à ses 80 soldats tués en Afghanistan.

Tout au contraire, elle aurait demandé une commission bilatérale d’enquête pour savoir comment et pourquoi ces bavures sont arrivées. Souvenez-vous que tout au début de la guerre en Afghanistan, l’armée américaine avait causé un incident semblable envers celle du Canada ; et c’est ce que les deux Etats ont fait. Plus récemment, en juillet 2008, dix soldats français ont été tués en Afghanistan. Certains auraient été tués ou blessés par erreur par l’aviation américaine. Mais loin d’envoyer des avions aux Etats Unis pour bombarder les symboles de la République, nous avons vu la réaction “civilisée“ de la France face à cette tragédie. Plus récemment encore, en janvier 2012, quatre soldats français sont morts en Afghanistan. Au lieu de riposter comme ils savent le faire en Afrique, Sarkozy et son armée menacent de se retirer ; comme s’ils étaient indispensables.

Dans les pays développés, les populations et les partis politiques, tous bords confondus, auraient été unis pour condamner cette réaction indigne et injuste de la France. Mais en Côte d’Ivoire, ce cas d’agression dramatique et injustifiée a montré combien des gens sont prêts à monnayer leur dignité, juste pour des intérêts particuliers. Mais aussi et surtout par complexe d’infériorité. Ces concitoyens ont cherché à justifier la réaction de la France, exposant à la face du monde leur sens peu élevé de l’unité ou de solidarité nationale. A la limite, ils n’entendaient pas les cris du coeur de ceux qui condamnaient, sans équivoque et avec la dernière énergie, cette agression injustifiée.

Pendant que les pays développés s’efforcent de protéger leurs concitoyens et leur bien-être en adoptant des politiques socio-économiques adaptés à leurs besoins et aspirations, les pays africains se contentent de proposer ou d’offrir moins du strict minimum à leurs populations. Comme si les moyens de faire mieux leur manquaient. On voit des présidents ‘’offrir’’ des ambulances aux communautés comme si c’étaient des biens acquis avec leur propre argent. Et on applaudit bêtement, feignant d’ignorer que c’est l’argent du contribuable converti en budget ou fonds de souveraineté.

Après plus de 50 ans d’indépendance, les pays d’Afrique noire sont en nette régression par rapport à ceux du Maghreb qui ont très tôt compris qu’ils ne pouvaient rien accomplir en laissant la France gérer leur monnaie. Les pays d’Afrique noire sont en nette régression par rapport à certains pays d’Asie ou d’Amérique Latine avec lesquels ils avaient le même niveau de développement. Je ne dis pas que tout est parfait dans ces pays, mais au moins, vu leur niveau de développement, les dirigeants de ces pays sont aujourd’hui invités aux réunions des pays dits développés.

Nicolas_Sarkozy.jpgNicolas Sarkozy a même essayé d’attirer vers l’Europe les pays nord africains (qui ont dans l’ensemble, une nette avance sur les pays sub-sahariens, à l’exception de l’Afrique du Sud), en voulant créer sa fameuse Union Pour la Méditerranée. Je voudrais rappeler que l’Allemagne, la Belgique ou l’Angleterre n’ont pas de frontières avec la Méditerranée. Pour moi, il n’y a rien de plus important pour un homme que sa dignité. Malheureusement, les Africains noirs préfèrent monnayer cette dignité contre des actes de peu d’intérêt, pour des intérêts égoïstes. Des dirigeants aux simples citoyens, tous sont vus du même oeil par les Européens : ils sont tous corruptibles et n’aiment que la facilité. Sinon comment comprendre qu’après plus de 50 années d’indépendance, les pays africains francophones acceptent que leurs monnaies dépendent encore d’un franc français inexistant ?

Pourquoi doit-on encore parler d’évacuations médicales vers l’Europe après avoir dépensé des milliards pour l’éducation et la formation de médecins, infirmiers et docteurs pendant plus de 40 ans ?

Pourquoi sommes-nous encore à parler de ventes de nos matières premières à l’état brut quand on a des milliers d’ingénieurs et chimistes assis dans des bureaux ou au chômage ? Je trouve honteux et dégoûtant, par exemple, que l’on parle de pauvreté et de manque du minimum d’infrastructures, dans les domaines tels que l’eau, l’électricité, les routes, la santé, etc. Dans des pays africains producteurs de pétrole qui ont moins de deux millions d’habitants et où plus de 70% de la population continue de vivre dans la misère, alors que les dirigeants ont des milliards de francs déposés dans des comptes en Europe, s’achètent des châteaux ou construisent des palais, juste pour impressionner et se donner des allures de bourgeois ou de personnes ayant beaucoup d’argent, alors que tout le monde sait comment cet argent a été obtenu.

Aussi longtemps que les chefs d’Etat africains ne comprendront pas qu’il est plus important de faire du bien-être de leurs citoyens la priorité, plutôt que de s’enrichir, ou d’enrichir les membres de leurs familles ou un cercle restreint d’amis proches, ils ne seront jamais considérés comme des dignes fils de l’Afrique. D’un autre point de vue, que doit-on espérer de ces chefs d’Etat quand une partie des populations sous leur autorité préfère faire la courbette devant eux et faire leurs éloges dans l’espoir d’être peut-être récompensés ? Des chefs d’Etat qui affectionnent ce jeu, persuadés qu’aussi longtemps que les populations se plieront en quatre pour obtenir d’eux des faveurs, si infimes soient-elles, ils pourront se remplir les poches, manipuler leur constitution à leur guise et rêver de rester au pouvoir au prix de simulacres d’élections.

Mettons fin à la politique dela main tendue

Les Africains semblent aimer vivre dans le chaos et l’anarchie tout en préférant la politique de la main tendue. Des dirigeants aux populations, on constate un laisser-aller total. Il m’est en effet difficile de constater que des maires n’ont aucun complexe à rouler avec leurs grosses cylindrées sur des routes à peine praticables et où le bitume a cédé la place à la terre rouge. Souvenez-vous qu’au cours d’une visite dans un village d’Abobo, le président Gbagbo avait publiquement interpellé le gouverneur du district d’Abidjan et le maire de la commune d’Abobo sur l’état de la route qu’il avait empruntée pour se rendre à la cérémonie.

Souvenez-vous aussi de la décision de la Sotra de ne plus faire circuler ses autobus sur le boulevard Nangui Abrogoua. Regardez un peu l’état de dégradation dans lequel se trouvent les immeubles de logement dans la ville d’Abidjan. Quelque chose m’a vraiment choqué à Cocody - St Jean et à la Sogefiha où la plupart des résidents n’ont aucune honte à vivre dans des immeubles en état de délabrement total ; là où un groupe a eu la merveilleuse idée de mobiliser des moyens pour donner une couche de peinture à un immeuble. Quelle image ! Hélas ! Ceci n’est pas spécifique à ce quartier car, partout où l’on passe à Abidjan, le constat est que les gens ne savent pas se faire respecter, mais aiment se faire voir.

L’anarchie qui règne sur les routes en Côte d’Ivoire est la conséquence d’une part de l’échec patent des dirigeants à offrir le minimum d’infrastructures de qualité à leurs concitoyens et d’autre part, du manque de discipline et de courtoisie des populations. Mais en réalité, à quelle attitude devrait-on s’attendre des usagers de la route quand les tracées pour délimiter les voies par exemple n’existent pas? En clair, la meilleure façon de maintenir l’ordre et la discipline, c’est de créer l’ordre et la discipline. Or des routes conçues à l’origine pour être à deux voies se transforment – dans l’indifférence totale des autorités - en routes à quatre, voire cinq voies.

 

Les Occidentaux donnent le minimum à l’Afrique car ils ont compris que nous mêmes nous ne nous aimons pas et aimons nous contenter du minimum. Une route en Europe est conçue pour durer 20 à 50 ans. Pour cela, on coule un béton de près de 20 centimètres avant de faire couler l’asphalte qui a une épaisseur de 5 à 10 centimètres. En Afrique, quand on ne coule pas l’asphalte directement sur la latérite, on se contente de la couler sur une fine couche de graviers. Ce qui fait qu’à la moindre pluie, tout se dégrade. En Afrique, ils construisent des réseaux ou systèmes électriques peu fiables à tel point que les consommateurs se voient obligés d’acheter dés régulateurs de tension pour protéger leurs appareils électroménagers.

Il y a aussi ces compagnies de téléphonie mobile avec des services et des résaux à peine fiables. Cela est-ce possible en Europe ? Parmi les sanctions que la France et l’Union Européenne ont prises contre la Côte d’Ivoire pendant ce qu’ils ont appelé “crise post-électorale”, il y avait l’embargo sur les médicaments. Le côté ridicule de cette décision est qu’en la prenant, Sarkozy et ses alliés européens pensaient punir les partisans du camp Gbagbo, comme s’ils étaient les seuls à tomber malades ou à se soigner. En fait, cette décision relève de l’immoralité, de la méchanceté et du racisme.

La Côte d’Ivoire comptant quelque vingt deux millions d’habitants, comment comprendre ces sanctions qu’on inflige à toute une population quand on sait qu’à peine un quart de cette population a participé à l’élection ? Si laisser mourir des gens par manque de soins, après s’être caché derrière une résolution pour prétendre venir protéger la population n’est pas un crime contre l’humanité, alors je comprends mal de quoi on se mèle en voulant donner des leçons à la Turquie pendant qu’on a fait pire en Afrique.

Souvenez-vous que pendant la prémière guerre du Golfe, ces mêmes pays avaient pris des sanctions contre l’Iraq et le régime de Sadam Hussein. Mais ces même pays avaient, pour des raisons ‘’humanitaires’’, mis sur pied, un programme appelé ‘’Pétrole Contre Nourriture’’ dans le but de permettre à l’Iraq de pouvoir vendre une partie de son pétrole pour pouvoir offrir le minimum de besoins vitaux à sa population. Ce programme avait été mis en place pour ‘’réduire les souffrances prolongées du peuple irakien dues aux sanctions économiques’’ mises en place par l'ONU suite à l'invasion du Koweït par l'Irak en août 1990. Selon certaines estimations, au moins deux millions d'Irakiens auraient péri par manque de nourriture ou de médicaments durant l'embargo international.

Après un refus initial, l'Irak signe un accord en mai 1996 pour la mise en place du programme proposé dans la résolution. Le programme a commencé réellement en octobre 1997 et les premières livraisons de denrées alimentaires dataient de mai 1998. Disons au passage que certains africains et non des moindres, comme Kofi Annan fils, en ont tiré profits. Si cette option avait été offerte au gouvernement iraquien, comment comprendre ce qui a été imposé au peuple ivoirien si ce n’est purement du racisme et du mépris pour les peuples noirs ? Le drame ici est que nous avons vu des Ivoiriens (y compris ceux qui dirigent le pays aujourd’hui) et d’autres Africains cautionner cette autre forme de génocide en supportant ces sanctions sous le prétexte que c’était la faute du président Gbagbo qui refusait de quitterle pouvoir.

Image_1.pngL'exemple d'Areva au Niger

Soixante pour cent de l’énergie consommée en France est fournie par les mines d’uranium du Niger. Pourtant ce pays qui a la deuxième plus grosse mine d’uranium au monde a plus de 61% de ses 14 millions d’habitants de sa population qui vit dans la pauvreté, privée de l’accès à la nouriture et à l’eau.

Quand le pillage dont Areva est coupable au Niger fut démasqué par le président d’alors (monsieur Mamadou Tandja), le président français Nicolas Sarkozy fut obligé de reconnaître que la France y était présente parce qu’elle avait besoin de l’uranium nigérien. Officiellement, le Niger produit environ 150.000 tonnes par an, mais Areva, bien que connaissant le cours mondial moyen de l’uranium sur le marché mondial qui est d’environ 180 euros (117.000 FCFA), l’achète nettement en dessous de ce prix, soit à environ 40 euros (26.000 FCFA).

Nous voyons bien que le manque à gagner pour le Niger dans ce contrat de dupe se chiffre à plus de 20 milliards d’euros (13 mille milliards de FCFA) par an. Alors, pour se donner bonne conscience comme d’habitude, la ‘’généreuse’’ France, n’hésite pas à apporter de l’aide au gouverment et au peuple nigérien pour leur développement en finançant une grande partie de leur budget. Un philosophe dit pourtant qu’il est préférable de montrer la force de notre exemple que de montrer l’exemple de notre force. Et le révérend Martin Luther King de marteler : “Il pourrait avoir des gaz lacrimongènes ou toute autre genre d’armes qui nous attendent dans nos marches. Mais je préfère mourir sur les routes d’Alabama que de faire une boucherie de ma conscience ”.

Comment est-il possible et acceptable que le continent le plus riche en ressources naturelles et le 2ème continent le plus peuplé de la planète puisse permettre à ses populations de vivre et subir des traitements aussi humiliants ? La réponse est simple, et je répète : ce qui a été dit par notre ‘’PAPA Houphouet-Boigny’’ : ‘’On nous a trop volé’’… Par notre faute.

Chris Zououa de Kpapekou

 

25 février 2012

"Relations internationales sous tension": "Gbagbo", "Bush", "Chirac": RETROSPECTIVE d'une arnaque politique d'une nouvelle ère!

Jacques Chirac.

La Côte d'ivoire vit actuellement une impasse politique sans précédent, mais pour tenter de décrypter les causes lointaines ce qui est arrivé à la Côte d'ivoire en (Avril 2011), il nous parait impérieux de nous livrer la teneur d'une investigation de taille, en se fondant sur des faits avérés et des révélations insolites pro-chiraquiennes parisiennes: Mieux, la résolution de l’ONU sur laquelle s'est appuyé le gouvernement "Sarkozy" n'est, semble-t-il l'aboutissement d'un long processus d'affront politique, hérité de la période chiraquienne selon de sources concordantes: L'approche gaulliste Chiraquienne inhérente à la grandeur de la France et sa dignité sont sans doute passées par là! Revenons donc aux sacrés faits : Dans les années 2000, le président américain "Georges bush" s'appuie sur un fallacieux prétexte stratégique pour envahir l'IRAK. Les dessous de l'invasion de l'Irak sont d’ordre géostratégique, et remontent au fait que "Saddam Hussein", soutient et entretient des relations étroites avec de mouvements terroristes islamistes extrémistes qui sont un danger permanent pour la survie de l'état hébreux: En s'inscrivant donc dans cette approche politique, le pauvre "Saddam Hussein" avait signé officiellement depuis des lustres, sans le savoir, son arrêt de mort...Ainsi, pour arriver à ses fins, le président "Bush" trouvera un prétexte de taille entrainant avec lui toute la communauté internationale!


(Acte 1): Notons qu'en Europe, la FRANCE dirigée par le gaulliste "Jacques CHIRAC" est viscéralement opposée à l'intervention américaine en "Irak", favorisant par ramification la colère de toute la classe politique américaine et l'opinion publique américaine, ralliées ipso facto à la cause américaine: Pour la majorité des américains, c'est un affront politique de taille qui de surcroît, vient d'un allié européen, et non des moindres, la France...Notons que La France pour les américains est soudainement devenue amnésique, en faisant abstraction complète de l'action militaire américaine pendant la libération en 1994-45!!!


(Acte 2): Des campagnes de dénigrement se mettent en place dans certains états américains pour narguer l'allié français qui s'oppose au président américain dans sa cause noble de combattre un ennemi d'ISRAEL, qui est dans l'esprit de l'ensemble des américains, demeure virtuellement un état américain qui ne dit pas son nom! Spiritualité oblige, "Israël" doit exister en paix et survivre pour la réalisation de la prophétie biblique dans la conception évangélique américaine...


(Acte3): Le président français "Jacques Chirac" demeure ferme dans ses convictions et sa position est intransigeante. Pis, il est même soutenu par son ministre des affaires étrangères "Dominique Villepin" à L'ONU! C'est dans cette atmosphère politique délétère que le président américain obtient une résolution pour intervenir en "Irak" avec à l'avenant la capture dans des conditions odieuses du président irakien "Saddam Hussein", pendu plus tard.


(Acte 4): Dans les mois qui suivent la pendaison de "SADDAM Hussein", c'est une forme guerre froide qui s'installe entre "Bush" et "Chirac"...Le premier rumine de régler le compte du second politiquement parlant! C'est dans ce contexte qu'en Côte d'ivoire, un socialiste africain du nom de "Laurent Gbagbo" est victime d'un coup d'état le (19 SEPTEMBRE 2002), métamorphosé en rébellion nordique, fort de la résistance farouche à "Abidjan" des forces loyales au président "Gbagbo".
A cette période, la France dirigée par "CHIRAC" est sollicitée officiellement par le gouvernement "Gbagbo" dans le but d'activer les accords de défense signés avec l'ex puissance colonisatrice dans les années 60!Que fera-t-elle? rien de concret, puisqu'elle était informée du coup d'état et l'avait implicitement soutenu et encouragé!Même son de cloche du côté de la fameuse "Cedeao"(Communauté économique de l'AFRIQUE DE L'OUEST). Ainsi, s'installe le ballet infernal des négociations: De "Marcoussis" à "Accra", de "Johannesburg" à "OUAGUADOUGOU", de "Lomé" à "Abidjan" ont été purement et simplement des foires aux alouettes...D'autre part, l'ex puissance colonisatrice et la communauté internationale ont imposé au régime "Gbagbo" devenu tête de turc des occidentaux pour son patriotisme, comme partenaire incontournable la rébellion ivoirienne...Du jamais vu en Afrique francophone post-coloniale! En outre, la communauté internationale a contraint "Gbagbo" à accepter les revendications des rebelles dans une forme de compromission inédite, pour éviter la partition du pays!

(ACTE 5): "Gbagbo" se sentant pris dans un marché de dupes, veut laver l'affront politique: IL s'approche de ses réseaux spirituels évangéliques américains, et jouit désormais de la bénédiction de "Bush" dans l'opération militaire dénommée "DIGNITE", dont la stratégie est d'affaiblir les rebelles et les amener à la table des négociations. Il en informe officiellement l'Elysée qui donne son accord tacite...(Le 4 Novembre 2004), depuis l'aéroport de "Yamoussoukro"(capitale politique ivoirienne), sous les yeux des militaires français de la force Licorne française, l'offensive aérienne est engagée vers le nord, sous contrôle de la rébellion. Feignant de croire à la volonté internationale de trouver une solution politique en Côte d'ivoire, alors que le but inavouable et inavoué est d'écarter "Laurent Gbagbo" de la scène politique ivoirienne, la presse internationale n'a cessé de souligner ou de dénoncer le fait que le président "Gbagbo" est doté son pays d'une force aérienne et d'un armement respectables. Le même 4 Novembre, l'offensive aérienne est engagée vers "Bouaké"(centre de la Côte d'ivoire), puis "Korhogo"(nord de la Côte d'ivoire), tandis que progressent des troupes au sol: Un rapport de l'ONU en date du (9 Novembre 2004), précise que les bombardements aériens, effectués par deux (SUKKOI 25) ont bien ciblé les objectifs purement militaires. LE lendemain (5 Novembre 2004), les forces armées ivoiriennes poursuivent leur avance sur le terrain, tandis que les bombardements et mitraillages de cibles militaires par les (Sukhoi 25) et les hélicoptères de combat(Mi 24) n'essuient plus de réplique anti aérienne de la part des rebelles.(Le samedi 6 Novembre 2004), à la mi-journée, alors que le chef de l'état ivoirien prépare pour le soir un discours officiel sur la réunification du pays au terme de l'opération «César", le chef d'état-major 'alors "Doué Mathias" l'informe qu'il y a eu bavure et qu'un soldat français serait mort...Peu après, la réalité s'avère plus grave, car les médias français annoncent vers 13h15, que neuf(9) soldats de la force LICORNE et un civil américain ont été tués et 38 soldats blessés dans l'enceinte de l'ancien lycée "Descartes" de "Bouaké".

(ACTE6) la France réagit par la destruction de la flotte aérienne ivoirienne. Le peuple patriote ivoirien est dans la rue et brave les chars de la force militaire française qui finalement perd ses nerfs: on parle de près de 100 morts ou plus... D'autre part, dans la foulée à la mi-novembre, le représentant de la police française(le Sctip) de l'ambassade française à "LOME" au "Togo", est informé par les autorités togolaises de l'arrestation à la frontière entre le "Ghana" et le "Togo" de huit(8) biolorusses suspectés de fuir discrètement la Côte d'ivoire! Arrêtés et relâchés sur ordre de la "Dgse" française...¨Mais là où le bât blesse, l'ex puissance colonisatrice va poursuivre les copilotes ivoiriens (Diopoh Oupoh et ANGE Gnanduillet)... Dans ce flou diplomatique, "CHIRAC" va faire un appel du pied à "Bush": Ce sont les signes précurseurs d'une pseudo réconciliation après l'épisode fâcheux de la guerre en "Irak".. De sources concordantes proches des réseaux chiraquiens parisiens "Bush", après avoir promis son soutien diplomatique à "Gbagbo" pour la libération militaire de la Côte d'ivoire est revenu à de meilleurs sentiments, privilégiant ses rapports multiséculaires avec l'allié français, oubliant que la mort de huit soldats français avait déjà laissé à Paris des traces indélébiles dans les rapports franco-ivoiriens...(En Avril 2011), lorsque la force aérienne de la force licorne française bombardait le palais présidentiel ivoirien, "Sarkozy" avait certes bénéficié d'un mandat de l'Onu, mais n'avait pas fait abstraction complète de l'avatar politique du lycée français Descartes de "Bouaké" EN (NOVEMBRE 2004), où périrent officiellement huit (8) soldats français....Selon notre source pro chiraquienne parisienne, "Sarkozy" aura certainement achevé le travail de "Chirac" , réglant ainsi le compte di nationaliste "Gbagbo" sur l'autel de la revanche politique militaire française gaulliste! Mais pour combien de temps encore? A bon ENTENDEUR, SALUT !

(Yves T Bouazo)

 

IVOIREBUSINESS

16 février 2012

La démocratie occidentale: réelle ou façade ?

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Le gouvernement des Etats-Unis et ses marionnettes de l’OTAN ont tué des, hommes, femmes et enfants pendant une décennie au motif de leur apporter la démocratie. Mais l’occident lui-même est-il une démocratie ?

Les sceptiques font remarquer que le président George W. Bush a été institué dans son mandat présidentiel par la cour suprême et qu’un certain nombre d’autres élections ont été décidées par des machines électroniques qui ne laissent aucune trace tangible de papier. D’autres notent que les élus représentent les intérêts spéciaux qui financent leurs campagnes électorales et non leur électorat. Le sauvetage des banques arrangé par le ministre de l’économie de George W. Bush et ancien directeur de Goldman Sachs, Henry Paulson, ainsi que le défaut d’inculper les banksters pour leur fraude qui a occasionnée la crise économique, sont des preuves supportant la vision que le gouvernement américain représente l’argent et non pas les citoyens.

Les évènements récents de Grèce et d’Italie ont créé encore plus de scepticisme quant à l’affirmation de l’occident qu’il est démocratique. Deux premiers ministres élus George Papandreou (photo) de Grèce et Silvio Berlusconi d’Italie, furent forcés de démissionner à propos de la dette souveraine. Même pas le milliardaire Berlusconi, qui continue de mener le plus grand parti politique italien, n’a pu soutenir la pression mise sur lui par les banquiers privés et les officiels non-élus de l’Union Européenne.

Papandréou n’a duré que 10 jours après avoir annoncé le 31 Octobre 2011, qu’il laisserait le peuple grec décider par referendum s’il accepterait ou non l’austérité imposée au peuple grec par des instances extérieures. L’austérité est le prix qu’a fixé l’UE pour prêter au gouvernement grec l’argent pour payer les banques. En d’autres termes, la question était l’austérité ou le défaut de paiement. Quoi qu’il en soit, ce fut décidé sans la participation du peuple grec.

Conséquemment, les Grecs sont dans la rue. Les conditions qui accompagnent la dernière tranche du package de sauvetage ont amené encore plus de Grecs dans les rues d’Athènes et des autres villes. Les citoyens protestent la coupe drastique de 20% du revenu minimum et des retraites de plus de 12 000 Euros par an, ainsi que plus de coupes dans les emplois du secteur public. Les impôts ont été augmentés de 2,3 milliards d’Euros l’an dernier et il est prévu d’augmenter encore ceux-ci pour lever 3,4 milliards d’euros en 2013. L’austérité est imposée malgré un taux de chômage de 21% et de 48% pour ceux de moins de 25 ans.

Une interprétation est que les banques, qui furent insouciantes quant à leurs prêts aux gouvernements, forcent les gens à sauver les banques des conséquences de leurs mauvaises décisions.

Une autre serait de dire que l’UE utilise la crise de la dette souveraine pour augmenter son contrôle et son pouvoir sur les états membres de l’UE.

Certains disent que l’UE utilise les banques son agenda, d’autres disent que les banques utilisent l’UE pour leur agenda.

De fait, il se peut qu’ils s’utilisent l’un l’autre, de toute façon la démocratie n’est en rien partie intégrante de ce processus.

Le premier ministre grec nommé, et non pas élu, est Lucas Papadémos. Il est l’ancien gouverneur de la banque centrale grecque, un membre de la commission trilatérale des Rockefeller et l’ex-vice président de la Banque Centrale Européenne. En d’autres termes, c’est un banquier, nommé pour représenter les banques.

Le 12 Février, le premier ministre nommé, dont le travail consiste à délivrer la Grèce soit aux banques soit à Bruxelles, n’a pas vu l’ironie de sa déclaration qui disait que “la violence n’a pas sa place dans la démocratie”. Il n’a pas vu non plus l’ironie du fait que 40 parlementaires élus du parlement grec, qui rejettèrent les termes du sauvetage ont été expulsés par les partis de la coalition régnante. La violence amène la violence. La violence dans la rue est une réponse à la violence économique qui est commise contre le peuple grec.

L’Italie a formé un second gouvernement démocratique dénué de toute démocratie. Le premier ministre nommé, Mario Monti, ne doit pas faire face à des élections avant Avril 2013. De plus, d’après la presse, son “cabinet technocrate” n’inclut pas un seul politicien élu du peuple. Les banques ne prennent aucun risque: Monti est à la fois premier ministre et ministre des finances et de l’économie du pays.

Le pédigré de Monti indique qu’il représente à la fois l’UE et les banques. Il est l’ancien conseiller européen de Goldman Sachs, le président européen de la commission trilatérale, un membre du groupe Bilderberg, ancien commissaire européen et un membre fondateur du groupe Spinelli, une organisation lancée en Septembre 2010 afin de faciliter l’intégration au sein de l’UE, ce qui veut dire en clair, de faire avancer le centralisme européen au dessus des états-nations membres.

Il fait peu de doute que les gouvernements européens, tout comme Washington, ont été financièrement irresponsables, vivant au delà de leurs moyens en bâtissant de la dette sur le dos de leurs citoyens. Quelque chose se devait d’être fait; mais ce qui est fait n’a rien de démocratique. Ceci est une indication supplémentaire que l’élite occidentale – la commission trilatérale, le conseil en relations étrangères (CFR), le groupe Bilderberg, l’UE, les corporations transnationales, les banques sur-dimensionnées et les méga-riches – ne croient plus en la démocratie.

Peut-être que les historiens du futur concluront que la démocratie a servi les intérêts de l’argent afin de sortir du pouvoir des royautés, de l’aristocratie et des prédations gouvernementales et alors que l’argent a établi son contrôle sur les gouvernements, la démocratie devint alors une charge inutile. Les historiens parleront alors de transition du droit divin des rois au droit divin de l’argent.

Paul Craig Roberts

Article original en anglais : Is Western Democracy Real or a Facade?, publié le 14 février 2012.

Traduction par Résistance 71

CAMEROONVOICE

10 janvier 2012

Et si la démocratie n'était qu'une farce ?

 

 

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A cette question vient de répondre par le OUI par ses actes, le nouveau Président du Conseil Italien Mario Monti qui est arrivé au pouvoir par un coup d’état (selon son prédécesseur Silvio Berlusconi), donc sans être élu et qui est paradoxalement en train de faire comprendre à la population de tout un pays, l’inutilité des politiciens de carrière.

Pour commencer, il a renoncer à ses deux salaires du Chef du Gouvernement et du Ministre de l’Economie. A la fête de nouvel an qui a organisé à Palazzo Chigi (siège du Président du Conseil Italien), ils étaient 10 convives lui, son épouse, ses deux enfants et les petits enfants. C’est son épouse qui a fait la cuisine. C’est encore elle qui est allée dans 3 magasins de Rome acheter le nécessaire pour ce réveillon en famille. Au menu, il y avait saucisson cuit et lentilles.

La cerise sur le gâteau : tous les membres de sa famille ont dormi à l’hôtel Nazionale de Rome à la charge de chaque membre de la famille. Rien à la charge du contribuable, ou presque. Mario Monti nous le dit avec humour dans son communiqué qui sonne comme un pied de nez aux politiciens de profession :  « Le nombre relativement élevé de convives (10) a pu entraîner des coûts légèrement supérieurs d'électricité, gaz et eau » Le diner qui a débuté le 31/12/2011 à 20H et ils sont tous allés se coucher  à 00:15' du 1/1/2012.

Lisez plutôt cette dépêche AFP:

 

Austérité en Italie: Mme Monti a préparé elle-même le repas de la Saint-Sylvestre (AFP) – 5/01/2012

ROME — Le président du Conseil italien Mario Monti a défendu jeudi le train de vie austère qu'il s'est fixé, en affirmant à un sénateur de la Ligue du Nord que sa femme avait préparé et servi elle-même le repas de la Saint-Sylvestre où n'était conviée que sa famille.

Dans un communiqué, le chef du gouvernement, qui a imposé une sévère cure d'austérité aux Italiens, a tenu à répondre dans le détail à ce sénateur du mouvement populiste passé dans l'opposition.

Roberto Calderoli, connu pour ses déclarations provocatrices, s'était interrogé sur d'hypothétiques agapes de M. Monti aux frais du contribuable, le 31 décembre. Le style de vie austère de M. Monti contraste avec celui de M. Berlusconi que soutenait précisément la Ligue du Nord.

Avec la touche d'humour sobre qui est sa marque, M. Monti exprime "sa gratitude" à M. Calderoli, soulignant qu'à son avis aussi, il serait "inopportun et insultant envers les citoyens d'organiser une fête en utilisant des structures et du personnel de l'Etat".

M. Monti, qui a annoncé dès son arrivée au gouvernement renoncer à titre personnel aux rémunérations de président du Conseil et de ministre de l'Economie (il cumule les deux fonctions), a démenti qu'il y ait eu "des festivités au Palais Chigi", siège de la présidence du Conseil. Un "simple repas de caractère privé" s'est tenu "dans l'appartement, résidence du président du Conseil".

"Elle a duré de 20h00 à 00h15. Etaient présents Mario Monti, sa femme, leur fille et leur fils, avec les conjoints, une sœur de Mme Monti avec son époux, quatre petits enfants des Monti, âgés d'un an et demi à six ans", a précisé le communiqué.

Tous les invités résidaient "naturellement à leurs frais" dans un hôtel proche. Le coût du repas, très conforme à la tradition italienne, avec tortellini, lentilles, cotechino (saucisses bouillies) et dessert, "a été à la charge" de M. Monti.

Mme Monti a fait les courses dans différents magasins puis "le repas a été préparé et servi à table"par elle, ce qui exclut "des dépenses directes ou indirectes en personnel"

De nouveau avec un mélange d'humour et sérieux, M. Monti dit "ne pouvoir exclure que le nombre relativement élevé de convives -dix-, ait pu entraîner pour l'administration du Palais Chigi des coûts légèrement supérieurs (...) d'énergie électrique, gaz et eau".

M. Monti, a encore rappelé le communiqué, évite dès qu'il le peut d'utiliser les voitures de l'Etat, et se rend en train à son domicile de Milan.

Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés,

Sur le plan professionnel, il vient de s’attaquer au problème longtemps éludé par les vrais politiciens de toucher aux riches. Cela s'appelle les "faux pauvres d’Italie", en visant durant les fêtes de Noël, Cortina d'Ampezzo, la station de sport d’Hiver la plus huppée d’Italie où une chambre d’hôtel coute 5000 € la nuit. 42 de ses 250 occupants déclaraient au fisc italien  moins de 20.000 €/an. Combien sont les gouvernements Européens qui ont le courage de s'attaquer aux riches pour les obliger à respecter la loi ? A la fin, cette démocratie, n'est-ce pas une véritable tromperie pour les pauvres ?

Lisez plutôt cette dépêche REUTERS parue dans La Tribune.fr :

BUDGET - 05/01/2012 | 17:12 - 481 mots 

Le gouvernement italien s'attaque à la fraude fiscale

Des dizaines d'inspecteurs du fisc italien ont effectué des contrôles positifs dans la station huppée de Cortina d'Ampezzo. 

Au cours de sa conférence de presse de fin d'année, le 29 décembre dernier, le président du Conseil Mario Monti avait averti : "nous avons mis à disposition des services fiscaux des instruments qu'ils n'avaient jamais eus pour mener une lutte quotidienne contre l'évasion fiscale". Coïncidence ? Moins de vingt-quatre heures plus tard, à la veille du réveillon, quatre-vingt inspecteurs de la brigade financière ont débarqué au petit matin dans les rues de la très réputée station de ski de Cortina d'Ampezzo, sorte de Courchevel des Dolomites. "C'était un contrôle de routine", a minimisé le directeur de l'agence des recettes Luigi Magistro. Il n'empêche.

Alors que le successeur de Silvio Berlusconi a demandé de lourds sacrifices à ses concitoyens à travers notamment une hausse des taxes et une réforme des retraites, l'opération "Jour de l'an" à Cortina d'Ampezzo apparaît comme la preuve tangible que le nouveau gouvernement entend faire partager l'effort à tous, y compris aux fraudeurs. Et cela dans un pays où l'on estime que 120 à 130 milliards d'euros échappent chaque année aux caisses de l'Etat.

A Cortina, l'opération a d'ailleurs porté ses fruits. Sur 251 voitures de grosse cylindrées contrôlées, dont quelques Ferrari et Maserati, les inspecteurs ont pu constater que 42 propriétaires déclarent des revenus inférieurs à 30.000 euros bruts par an. Seize autres disposent de moins de 50.000 euros annuels.

A ces chiffres il faut ajouter 119 de ces voitures appartenant à des entreprises affichant officiellement des budgets en déficit ou inférieurs à 50.000 euros annuels. Quant aux 35 commerçants contrôlés, ils ont miraculeusement connu une journée exceptionnelle, en termes de recettes, grâce à la présence des militaires de la brigade à leurs côtés. Incités à délivrer des tickets de caisse à leurs clients, les bars ont ainsi vu leur chiffre d'affaires augmenter de 104% par rapport à la veille, les restaurants de 110% et les bijoutiers ont multiplié leurs ventes par quatre par rapport au 30 décembre 2010.

Dans le caveau d'une boutique de luxe, les inspecteurs ont découvert de la marchandise pour une valeur de 1,6 million d'euros sans justification fiscale. La brigade financière espère que l'opération servira de dissuasion pour tous les contribuables indélicats alors que les derniers chiffres indiquent que 42% des propriétaires de yacht déclarent gagner un salaire d'ouvrier ou encore que 518 Italiens possèdent un avion ou un hélicoptère privé bien qu'ayant officiellement des revenus ne dépassant pas 20.000 euros annuels.

Mais l'intervention de Cortina d'Ampezzo a aussi suscité des critiques. Le président des hôteliers locaux s'est plaint des conséquences pour le tourisme : "cela va favoriser d'autres stations alpines, de la France à l'Autriche""C'est une opération de propagande", s'est également indigné Fabrizio Cicchitto, président du groupe  parlementaire du Pdl, le parti de Silvio Berlusconi. En 2004, ce dernier, alors président du Conseil avait, il est vrai, expliqué : "quand les impôts sont excessifs, il est juste de frauder le fisc."

Quelles leçons pour l'Afrique?

La sobriété des politiciens ou de toute personne qui a décidé de servir le peuple doit être la marque de fabrique présente à l'esprit de toute la population afin qu'elle exige des comportements, en ligne avec le niveau de richesse ou de misère du pays. 

Mario Monti est rentré chez lui à Varese en prenant le train payé de sa propre poche.

Est-il exagéré d'exiger de nos politiciens tout au moins de faire croire d'être proche de la population qu'ils prétendent servir, et de compatir avec les moins nantis d'entre elle, en évitant un tel étalage d'abondance comme pour les narguer.

En Corée du Sud, lorsqu'un citoyen achète une berline allemande, le lendemain, le fisc frappe à sa porte pour vérifier si cette dépense est compatible avec ses dernières  déclarations de revenu. L'Afrique est en train de s'enrichir très vite. Etre certain que tout le monde paye les taxes, et en fonction de son revenu,  n'est-ce pas la seule et véritable garantie que les richesses seront équitablement partagées par toute la population ? 

En Chine, aucun fonctionnaire ne peut effectuer le moindre voyage à l'étranger sans l'accord de son ministère de tutelle après la motivation des bénéfices pour la communauté d'un tel déplacement et les justificatifs de sa complète prise en charge financière. N'est-ce pas là, une manière pour protéger les fonctionnaires d'un pays de la corruption ? 

Lorsqu'un fonctionnaire qui gagne 150.000 Fcfa/mois (229€) c'est-à-dire 1.800.000 F/an (2.744€) passe chaque été ses vacances en France ou en Angleterre avec un billet d'avion Aller-Retour en haute saison de 1.312.000 Fcfa (2000 €), a-t-on besoin de passer par 4 chemins pour prouver qu'il n'a pas tout dit au fisc sur son train de vie ?  Lorsqu'un contribuable dépense 20 millions de Fcfa pour célébrer des funérailles ou un mariage, avec un conteneur de liqueur qui vient tout droit de l'Irlande ou de la France, a-t-on besoin de passer par mille chemins pour lui vérifier combien il a payé au Fisc pour ses dernières déclarations de revenu ?

Le Président du Conseil Italien Mario Monti nous prouve que la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale est une question de volonté politique. Dans les 90% de cas, il suffit de traquer le train de vie de chacun et le comparer avec le revenu déclaré pour savoir qui fraude, qui corrompt, qui est corrompu etc. Pour le faire, on a besoin d'un état fort et l'état fort n'est pas nécessairement celui qui a réalisé la meilleure élection du monde. La Chine est là pour nous le prouver.

Mais aussi les moyens mis à la disposition de la brigade financière italienne pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale et la corruption par un gouvernement non élu comme celui de Mario Monti sont sans commune mesure avec ce que des années de gouvernements démocratiquement élus avaient pu faire. L'Afrique doit éviter de se distraire par des questions d'élections interminables pour se concentrer aux véritables problèmes de la population. Si le peuple est médiocre, ses dirigeants le seront, qu'ils soient élus ou non élus pour gérer les affaires publiques. Si le peuple est éveillé, il saura être suffisamment rigoureux pour exiger des comportements de sobriété, et moralement irréprochables de la part de ses gouvernants.

10/01/2012

Jean-Paul Pougala

 

30 décembre 2011

LES MORTS DE LA COTE D’IVOIRE ET DE LA LIBYE CREENT LE NOUVEL ORDRE MONDIAL

Jean_Paul_Pougala.jpgEn 1945 L’Organisation des Nations-Unies s’est créée après le choc de la deuxième Guerre Mondiale. Aujourd’hui, le nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place après le lourd sacrifice de l’Afrique, après le choc des milliers de morts de côte d’Ivoire dont les 1200 villageois de Duékoué et des dizaines de milliers de morts Libyens, même si l’Otan a décidé d’insulter notre intelligence en parlant de zero mort et ce, après 26.323 sorties, 9.658 raids de bombardement, 7.700 bombes et missiles tirés par l’OTAN sur la Libye, avec la complicité des Nation-Unies qui étaient censées les protéger. L’ONG britannique Stop the War Coalition a certifié l’utilisation par l’OTAN des armes de destruction massive en Libye à travers les bombes et missiles contenant le fameux DU (depleted uranium), c’est de l’uranium appauvri, pour tuer le plus de personnes possibles. Daniele Cardetta dans le journal italien Articolo3, avance le chiffre de 60.000 morts. C’est le journal italien Nibiru2012 qui conclut que 60.000 morts sur une population libyenne de 6 millions sont 1% de la population décimée par l’Otan en Libye et que cela équivaudrait en proportion à 3 millions d’américains que des puissances étrangères viendraient décimer avec des bombes non conventionnelles. Et au lieu de mener la moindre enquête, l’Onu a tourné la tête ailleurs, vers Abidjan pour le méchant désigné le Président Gbagbo. C’est contre tout cela que la Chine a décidé de prendre les devants et de mettre sur pied un nouvel ordre mondial. Voici comment :

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27 décembre 2011

Personne ne fera plus que Houphouët ni mieux que Gbagbo

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Félix Houphouët-Boigny : 1960-1993 et Laurent Koudou Gbagbo : 2000-2011 se sont chacun retrouvés à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, en situation de pouvoir, en choisissant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, comme point d’orgue de la vie politique et économique. De 1960 à 1980, la Côte d’Ivoire économiquement forte, avait refusé d’accepter la voie étroite du développement. Félix Houphouët-Boigny ne veut pas de bons discours et de promesses sans lendemain.

 

Premier producteur mondial du cacao, la Côte d’Ivoire arrive à maturité économique et sociale avec plusieurs sociétés d’Etat : la Sotra, l’AVB, la Sotu, l’Arso, la BNDA, Air Ivoire, l’EECI ; la Sicogi, la Sogefiha, les Frar. Félix Houphouët-Boigny contrôle mieux les choix économiques de la Côte d’Ivoire. Le développement vertigineux de la Côte d’Ivoire commence avec six pôles de repères administratifs : Abidjan, Bouaké, Daloa, Man, Korhogo, Abengourou. Des administrateurs civils de bonne moralité : Jules Koffi, Hyacinthe Abouatié, Loukou Koffi, Mamadou Coulibaly, Fily Cissoko. Félix Houphouët-Boigny avait des hommes qu’il faut, qui croyaient à l’avenir de la Côte d’Ivoire : Philippe Yacé, Ekra Mathieu, M’Bahia Blé Kouadio, Georges Anoma, Abdoulaye Sawadogo, Mamadou Coulibaly, Konan Kanga, Lamine Fadiga, Doumbia Vamé, Loua Diomandé, Mohamed Diawara, Henri Konan Bédié. Tous, travaillent et achèvent le choix économique et politique de la Côte d’Ivoire avec la consolidation, la création du Port de San-Pédro, et l’installation des premiers satellites de télécommunication. Quelle vision ! Félix Houphouët-Boigny organise les fêtes tournantes de l’indépendance à l’intérieur de la Côte d’Ivoire : Bouaké, Man, Séguéla, Abengourou, Katiola, Korhogo, Odienné avec l’idée de partage d’une enveloppe budgétaire de 4 milliards pour chaque région. Félix Houphouët-Boigny ne s’est jamais inscrit dans le mensonge d’Etat. Et pourtant, il était le seul aux commandes de l’Etat, entouré de soldats et de généraux respectueux des Ivoiriens. Les généraux Ouattara Thomas d’Acquin, Ibrahim Coulibaly, Omar N’daw ont fait la fierté du treillis et des hommes en armes. Qu’on ne se trompe pas : aucun ivoirien, aucun chef d’Etat de la Côte d’Ivoire, ne pourra encore ressusciter le respect, le bonheur économique, social, culturel des Ivoiriens. En ce qui concerne Laurent Koudou Gbagbo, nous traiterons le parcours de l’homme avec des phrases bien choisies pour dire que personne ne peut effacer le nom de ce fils du pays de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Dans la mémoire républicaine collective des Ivoiriens, Laurent Koudou Gbagbo est l’opposant politique historique à Félix Houphouët-Boigny. A l’époque, personne ne pouvait parler de vive voix, à Félix Houphouët-Boigny, surtout de multipartisme que Laurent Koudou Gbagbo obtient en 1990. Cela va influencer le paysage politique de la Côte d’Ivoire. En 1990, Laurent Koudou Gbagbo est face à Félix Houphouët-Boigny pour l’élection présidentielle. Félix Houphouët-Boigny gagne, mais Laurent Koudou Gbagbo ne perd pas et évidemment aide à asseoir la démocratie en Côte d’Ivoire : vote à 18 ans, bulletin unique, urne transparente, commission électorale indépendante. Qu’on ne se trompe pas : Laurent Koudou Gbagbo n’a été ni dauphin constitutionnel, ni héritier politique de Félix Houphouët-Boigny. Laurent Gbagbo ne s’est jamais inscrit dans la ligne droite pour la souveraineté totale de la Côte d’Ivoire. Mais dans cette lutte difficile, l’homme a de la compassion sincère pour les autres, pour ses adversaires politiques. C’est là, qu’il faut écrire avec précision, que Laurent Koudou Gbagbo a appris le métier politique, où son émotion ne fait jamais appel à un calibrage médiatique. Laurent Koudou Gbagbo est la seule personnalité politique ivoirienne très expérimentée, objet de toutes les répressions carcérales, sous le règne de Félix Houphouët-Boigny. Et, Laurent Koudou Gbagbo arrive au pouvoir, de 2000 à 2011. Même confronté à une rébellion armée, la Côte d’Ivoire divisée, une classe politique d’opposition hostile à son pouvoir, Laurent Koudou Gbagbo n’a rêvé de mettre aucun de ses adversaires politiques en prison. C’est pourquoi, l’homme reste dans la mémoire des Ivoiriens. Le cas le plus sensible, le retour d’exil de Ouattara Alassane, actuel chef de l’Etat et de Henri Konan Bédié. Laurent Koudou Gbagbo a toujours brandi la constitution pour rendre ses gestes et paroles crédibles. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Laurent Koudou Gbagbo a enseigné que la politique est un métier. En clair, personne ne fera plus que Félix Houphouët-Boigny, ni mieux que Laurent Koudou Gbagbo. Et, aucune promesse, aucun discours ne peut effacer les deux hommes dans la mémoire collective des Ivoiriens.


Par Ben Ismaël

L’Intelligent d’Abidjan-27/2011

Publié par IVORIAN

26 décembre 2011

Afrique: La souveraineté de l’Etat en question !

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Depuis une vingtaine d’années, l’Afrique connaît une explosion de la religiosité qui se traduit par une multiplication spectaculaire des manifestations de la foi : les nouvelles Eglises chrétiennes fleurissent à tous les coins de rue, les grandes confréries islamiques se voient concurrencées par de puissants courants réformistes, de nouvelles croyances se développent en s’appuyant sur des cultes néotraditionnels ou des mouvements transnationaux. La concurrence peut parfois produire de violents conflits comme au Nord-Nigeria. Comment interpréter cette explosion religieuse qui prend l’allure d’un véritable mouvement social ? Ce dossier analyse des dynamiques religieuses contemporaines sous l’angle de la plurisation, analysée comme un double processus d’éclatement de l’offre et des pratiques cultuelles, mais aussi d’interactions renouvelées entre acteurs religieux.

 

Il pointe les logiques d’emprunt et de mimétisme qui amènent des mouvements à s’inspirer de leurs concurrents, mais aussi les stratégies de distinction nécessaires pour s’imposer dans un univers compétitif qui parfois susciter des tensions. A partir d’étude de cas portant sur des mouvements chrétiens, musulmans ou d’origine asiatique au Sénégal, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et à Madagascar, ce volume éclaire ainsi d’un nouveau jour les fils complexes qui se nouent ou dénouent entre forces religieuses en situation de pluralisme.

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VOICI COMMENT L'AFRIQUE VA BIENTÔT CONTRÔLER L'EUROPE

 

 

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Le Germano-américain Henry Kissinger, conseiller à la Défense Nationale du président américain Richard Nixon de 1969 à 1975 et Secrétaire d'Etat de 1973 à 1977 avait déclaré : « qui a le contrôle sur le pétrole contrôle l'économie. Qui a le contrôle sur les céréales contrôle le monde ! »

 

 

Par un concours de plusieurs circonstances favorables, l'Afrique est en passe de contrôler toute l'Union Européenne, grâce à ses terres arables, grâce à son agriculture, grâce à sa nourriture. C'est pour empêcher ce scénario catastrophique que l'Europe a tout fait pour freiner l'accès du continent africain à la culture du céréale en l'occupant avec des cultures inutiles et néfastes comme le cacao, le café et le coton. Lorsque cela ne suffisait pas, c'est la Politique Agricole Commune, la PAC qui est venue faire le reste avec le dumping agricole, en finançant à outrance les exportations de certains produits vers l'Afrique pour tuer son agriculture et son élevage. Mais la crise économique profonde de l'Europe, couplée avec l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle génération d'Africains plus instruits et plus courageux sont en train de changer la donne. Et l'Afrique est en passe de contrôler l'Europe dans les prochains 20 ans. Pour le comprendre, examinons le Pourquoi et le Comment de cette révolution.

 

I- POURQUOI

 

1- SURPEUPLEMENT DE L'EUROPE

 

Lorsqu'on pose la question : quel est le pays le plus densément peuplé au monde, la réponse donnée est habituellement : la Chine. C'est pourtant faux. La Chine a la même densité de population du Nigéria, 134 habitants au km². C'est l'Europe qui concentre les pays les plus peuplés au monde. L'Italie par exemple a 199 habitants au km², la Belgique 385 habitants au km² et le Pays-Bas, 400 habitants au km². C'est pourtant en Europe qu'on constate la plus grande perte de terres labourables, alors que c'est elle qui a plus de bouches à nourrir sur un espace des plus exigus au monde.  Pire, avec une densité de 1.217 habitants par Km² de terres labourables selon l'OCSE (Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe), la Belgique compte un taux d'urbanisation de 92,7% soit uniquement 7,3% de zone rurale. Comme le font remarquer Cazaux, Carels et Van Gijseghem dans un rapport publié en 2007, même ces 7,3% sont menacés par une forte pression immobilière avec pour conséquence la disparition programmée non seulement de la production agricole mais aussi des habitats de la faune et de la flore sauvage.

 

2- DIMINUTION DES ESPACES AGRICOLES EN EUROPE

 

Selon le magazine économique français La Tribune, dans son édition du 21/12/2011, la première puissance agricole de l'Union européenne, la France perd chaque seconde 26 m² de terrain agricole, grignoté par l'urbanisation, c'est-à-dire que la France perd 82.000 hectares de terres agricoles chaque année. Diego Furia, Directeur pour la région du Piémont du Syndicat italien des agriculteurs COLDIRETTI déclare le 25/07/2011 que la ville de Turin, qui avait une certaine autosuffisance alimentaire, avait perdu en 15 ans 7.000 hectares de terres cultivables au profit de la spéculation immobilière. Pour les mêmes raisons, 100 hectares de terres agricoles disparaissent chaque jour en Italie. Le déficit agricole européen est donc très préoccupant: pour atteindre son autosuffisance alimentaire en 2011, il manque à l'Europe 35 millions d'hectares de terres agricoles. Selon Robert Levesque, directeur du Terres d'Europe-Scafr, le centre d'études de la fédération des Safer (Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural), avec une augmentation des pertes de 9 millions d'hectares en 10 ans, une véritable catastrophe alimentaire se profile pour l'Europe dans les années à venir puisqu'il dit qu' « en Europe, l'homme s'est historiquement installé sur des terres fertiles et les villes actuelles ont grossi autour de ces premières implantations ». En 1960, l'urbanisation en France a entraîné la perte de 40.000 hectares de ces terres fertiles par an. En 2011, ce chiffre a doublé, ce qui signifie que ce sont les terres les plus fertiles qui sont envahies par le ciment, comme l'a justement fait remarquer Levesque. Il s'agit d'un véritable gâchis pour des populations qui consomment le plus de produits alimentaires au monde, et en Afrique, des petits malins l'ont compris. On assiste à une accélération de ce processus à hauteur de 26 m² par seconde de disparition des terres agricoles, et ils se frottent les mains pour palier à ces insuffisances alimentaires de l'Europe. Au Cameroun par exemple, les autorités se précipitent pour assembler non pas les deux-roues ou les voitures, mais les tracteurs. Sur tout le continent africain, c'est la course à l'apprentissage de la productivité et de la compétitivité. Chacun veut son morceau du gâteau Europe, tels des charognards en attente de leur festin agonisant. Les moins avertis n'y ont vu que du feu en construisant leur nouvelle campagne sur une hypothétique course à l'accaparement des terres en Afrique, mais la vérité est toute autre: en accueillant à bras ouverts les investisseurs étrangers sur leurs terres, les Africains veulent en fait importer les techniques agricoles modernes que 200 ans de culture de café, de cacao et de coton n'ont jamais nécessitées

 

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25 décembre 2011

Docteur Alassane Dramane Ouattara économiste de notoriété est-il un grand politicien ?

 

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Docteur Alassane Dramane Ouattara – Economiste d’accord, grande notoriété internationale incontestable, politique.. ?

 

Si l’économiste c’est bien celui qui s’occupe des questions de richesse sociale, le docteur Alassane Dramane Ouattara, fils de Dramane Ouattara, qui était enseignant et commerçant prospère, et de Hadja Nabintou Ouattara, née Cissé, descendant de l’empereur Sékou Oumar Ouattara, fondateur de l’empire Kong, à cheval sur le Mali, le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, de tous ces attributs, ce fils du continent africain, était génétiquement prédestiné à être un économiste.
Tout se corrobore en 1984 après des études à l’Institut de Technologie de Drexel puis à l’université de Pennsylvanie grâce à l’obtention d’une bourse, il acquiert en 1967 un master en économie. Entré donc en tant qu’économiste confirmé au Fonds Monétaire International l’année suivante, il poursuit ses études et obtient un doctorat d’État en sciences économiques en 1972. Un an plus tard, il intègre la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dont il devient vice gouverneur de 1983 à 1984. Il retourne ensuite au FMI pour y occuper les fonctions de directeur du département Afrique à partir de novembre 1984, après quoi il devient, en octobre 1988, gouverneur de la BCEAO.

Le visionnaire Président Félix Houphouet Boigny fait appel au docteur Alassane Dramane Ouattara, le 18 avril 1990, au chevet de la Côte d’Ivoire, pour résoudre la crise financière provoquée par la chute des cours des matières premières et par le poids de la dette extérieure, en tant que président du Comité interministériel de la coordination du programme de stabilisation et de relance économique. Il devient par la suite Premier ministre, relativement à la modification de la Constitution , le 7 novembre 1990. Quelques jours plus tard, se tiennent les premières élections législatives multipartites, qui sont remportées par le P.D.C.I. dont il est membre.
Premier ministre, alors, le docteur Alassane Dramane Ouattara va mener, une politique de rigueur budgétaire qui éprouve durement la population. Il opère un dégraissage au niveau de l’administration ivoirienne en mettant au pas ses cadres. Il les extirpe d’une ère de laxisme en les faisant payer les factures d’électricité et d’eau. Il opère ensuite une réduction de leur train de vie : alignement salarial, voitures de fonction octroyées dans l’unique cadre des activités administratives. Il faut l’avouer, la gabegie qui était à son comble avant sa prise de fonction, a fini par perdre pied avec cette rigueur entreprise depuis le sommet de l’Etat. N’eut été ce passage à vide, l’Etat de Côte d’Ivoire serait économiquement au niveau des Etats développés comme le Japon. On avait même parlé du miracle ivoirien.
Le programme de stabilisation et de relance économique ensuite qu’il met en oeuvre, par une dévaluation du franc CFA, une réduction des dépenses, un élargissement de la base taxable, et des privatisations de services publiques, finit par assainir les finances publiques et redonner confiance aux bailleurs de fonds. La Côte d’Ivoire, recouvre donc un souffle économique acceptable.

 

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