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12 septembre 2011

Confidentiel: La Françafrique éclairée à la Bourgi

Vieux routier de la Françafrique, Robert Bourgi a fait une bombe dans le marigot en accusant Chirac et de Villepin d’avoir reçu des fonds occultes. Mais les éclaboussures peuvent mouiller jusqu’à son ami Nicolas Sarkozy.

Homme de l’ombre, missi dominici, émissaire discret entre palais africains et Elysée. Robert Bourgi, avocat d’affaires installé dans le cossu XVIe arrondissement parisien l’a longtemps été.

Des dizaines d’années durant, humblement "Bob" s’est évertué à faire passer des messages, fluidifier les relations françafricaines, jouer les éminences, flatter les egos présidentiels…Tout un métier, d’aucuns diront un art, que Bakchich avait décortiqué au travers des fax envoyés par l’avocat à ses présidents-clients.

Sans oublier de quémander un petit quelque chose, notamment à feu Omar Bongo.

 

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Le « fils » Bourgi, comme le prouve ce bordereau de virement retrouvé par Bakchich, n’était pas maltraité par son Papa

 

 

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Au passage, Bourgi pouvait aussi bien traiter avec un agent de la DGSE.

 

 

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Ou bien régler les détails d’une opération barbouzarde.

 

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Papa Bongo a dit

Son heure de gloire. Les enquêtes sur les bien mal acquis des présidents africains en France, fort médiatisées, agacent le président gabonais Omar Bongo. Le secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, a le malheur d’annoncer vouloir signer « la mort de la Françafrique » dont Papa Omar est l’irascible doyen. Bongo exige sa tête, Bourgi porte le message, le sous-ministre est débarqué. Bourgi entame sa tournée triomphale dans les médias. Bardé de sa légion d’honneur, remise en mains propres par « son ami Nicolas », l’avocat de l’ombre parade en plein lumière. Et va dans Bakchich, comparer Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée à Foccart, l’architecte des réseaux de la Françafrique.

Peu après de guerre lasse, Bruno Joubert, qu’une vieille inimité lie à Bourgi, s’exile de la cellule Afrique vers le poste d’ambassadeur au Maroc.

Depuis son triomphe, Bourgi s’était fait plus petit, rappelé à l’ordre par Guéant et Sarkozy. Jusqu’à ce dimanche de rentrée.

En accusant dans le JDD ses anciens amis Villepin et Chirac d’être fans de mallette, de djembe et de grisbi africain, l’ex fils à Papa Bongo, finit d’accomplir sa vengeance. Contre les Chiraquiens qu’il accuse de l’avoir humilié, contre les « donneurs de leçon et donneurs de morale » dont il se dit exaspéré. Mais aussi contre le chefs d’Etat africains, de ce pré carré africain, terrain de jeu et gagne pain disparu.

Bongo «  met tous ses espoirs dans Jacques Chirac »

Valery Giscard d’Estaing en juin 2009 dans le Parisien, ne disait pas autre chose. Selon l’Ex, Bongo lui aurait confirmé en 1981 qu’il finançait bien les campagnes de Chirac.

Un rapport des services secrets d’Elf, révélé par Bakchich, épaissit encore un peu le soupçon. Daté de 1977, l’auguste rapport est signé de la main experte de feu Maurice Robert. Directeur pendant 20 ans du SDECE (ancêtre de la DGSE), ambassadeur de France à Libreville de 1979 à 1981, Robert a fait un détour par Elf entre 1973 et 1979. De son entretien avec Omar Bongo, l’agent secret retire une phrase.

 

 

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Le président gabonais « met tous ses espoirs en Jacques Chirac et pense qu’il faut continuer à l’aider ». Une aide sonnante et trébuchante que fait tinter d’un son tout particulier la diatribe de Bourgi.

 

Pascaline Bongo au rang des donateurs de l’UMP

L’écho provoqué risque de se propager au delà de ce que désire le conseiller officieux de Nicolas Sarkozy. Ancien patron de la cellule Afrique, le chiraquien Michel de Bonnecorse affirme dans le livre à paraître de Pierre Péan, la République des mallettes que Sarkozy a bénéficié de l’argent africain pour financer sa campagne de 2007.

Grande argentière et fille d’Omar Bongo, Pascaline avait assisté 1er meeting de campagne du candidat Sarkozy le 14 janvier 2007. Dans son documentaire « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret », Patrick Benquet avait noté qu’elle s’était assise dans les premiers rangs, réservé au grands donateurs du parti…

 

 

Affaire Bourgi : Sarkozy lâche t-il la Françafrique ?

Que cachent les révélations de Robert Bourgi ?

Dans une interview au JDD, l’avocat franco-libanais Robert Bourgi dévoile la teneur des propos qui sont repris dans le prochain livre de Pierre Péan, « La République des Mallettes ». C’est une plongée au cœur de la Françafrique des grandes heures avec des djembés remplis de billets et, pour une fois, des noms et des montants. Ces révélations provoquent un séisme dans la classe politique française ou Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont annoncé qu’ils allaient porter plainte. Mais Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy est-il en opération commandée ?

« Il y a du lourd ? » : c’est par ces mots que Jacques Chirac l’accueillait, le soir, quand il venait apporter l’argent des chefs d’Etats africains, raconte Robert Bourgi dans une interview au Journal Du Dimanche. L’héritier de Jacques Foccart revient sur 25 ans de financement occulte des partis politiques français. De Mobutu (Zaïre) à Omar Bongo (Gabon), bien sûr, en passant par Blaise Compaoré (Burkina Faso), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale) et Denis Sassou Nguesso (Congo) et aussi, plus surprenant, à Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire) et Abdoulaye Wade (Sénégal), tous ces chefs d’Etats ont versé de grosses sommes d’argent, en liquide, à destination de Dominique de Villepin, alors Secrétaire général de l’Elysée, et à Jacques Chirac. Ces versements auraient cessé, explique Bourgi, lors de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Bien entendu, Jacques Chirac et Dominique de Villepin démentent fermement ces révélations et ont annoncé qu’ils allaient porter plainte contre Robert Bourgi. Dominique de Villepin a déclaré au journal télévisé de France 2 : « Les accusations qu’il porte sont graves, scandaleuses, détaillées comme tous les mauvais polars et c’est pour cela que comme Jacques Chirac, je porterai plainte contre lui ». En réponse, Robert Bourgi a affirmé qu’il était à la disposition de la justice.

Ces révélations, qui ne sont que la confirmation de ce que "tout le monde savait" mais que personne n’osait raconter, ont été en partie confirmées par Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne et ancien proche de Laurent Gbagbo : « Robert Bourgi a parfaitement raison, il y a eu un transfert d’argent entre Laurent Gbagbo et Jacques Chirac, en 2002 », a ainsi déclaré l’homme politique, faisant état « d’environ deux milliards de francs CFA (environ trois millions d’euros) transportés d’Abidjan vers Paris par valise » .

Réactions en chaînes

Depuis, les réactions affluent. Bien entendu, les présidents africains en exercice réfutent les accusations alors que la classe politique française de gauche comme du centre se lève comme un seul homme pour demander l’ouverture d’une enquête judiciaire. Les personnalités de droite, elles, se font plus discrètes. Mais la vraie question qui se pose derrière ces révélations est de savoir pourquoi elles interviennent aujourd’hui et si Robert Bourgi, qui est un proche du président français Nicolas Sarkozy, est en service commandé, lorsqu’il décide de lancer ce pavé dans la mare.

Bourgi affirme que tous ces versements ont cessé lors de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy qui a plusieurs fois annoncé la fin de la Françafrique, sans pour l’instant que personne ne puisse y croire réellement. Un câble de Wikileaks révélé en décembre dernier avait même mis à mal cette version en expliquant que près de 30 millions d’euros auraient été détournés de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais Omar Bongo. Cette somme aurait financé, pour une partie, les partis politiques français, en particulier Jacques Chirac mais aussi Nicolas Sarkozy (voir l’article d’afrik.com du 30 décembre 2010).

Une vérité qui en cache une autre

Robert Bourgi s’est toujours présenté comme un ami proche du président français et déclarait très officiellement lors d’une interview au journal Le Monde qu’il travaillait pour les chefs d’Etats africains, mais en étroite collaboration avec Sarkozy et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration et ancien Secrétaire général de l’Élysée. Pourquoi alors mettre aujourd’hui ces même chefs d’Etats africains dans une situation délicate ?

Plusieurs réponses sont possibles. D’une part, nous sommes à deux jours de l’ouverture de l’appel du procès Clearstream où Dominique de Villepin, ennemi juré de Sarkozy, est l’accusé principal. Mais la sortie mercredi du livre de Pierre Péan "La République des Mallettes" vient mettre en avant un possible nouvel instigateur en la personne d’Alexandre Djouhri, ce qui pourrait dédouaner Villepin. Avec ce nouveau coup porté par Bourgi, Villepin ne se relèvera sans doute pas et peut mettre une croix sur ses ambitions présidentielles. Mais surtout, les révélations de Bourgi sont aussi en partie racontées dans le livre de Pierre Péan. Peut être alors aurait-il simplement considéré qu’il était préférable de prendre les devants en déballant tout à la presse, mais en prenant bien soin de protéger Sarkozy ? Puisque le scandale va éclater, autant en être l’instigateur et faire de l’ombre aux autres révélations du livre de Pierre Péan qui elles pourraient être plus gênantes.

D’autre part, ces déclarations pourraient être un avertissement aux chefs d’Etats mentionnés, les informant qu’ils sont lâchés par la France, qui souhaite modifier ses relations avec le continent africain. La famille Wade a déjà été lâchée officiellement, toujours à travers des déclarations de Robert Bourgi faisant référence à Karim Wade alors qu’Ali Bongo n’est plus soutenu que du bout des lèvres par le gouvernement français. Les récentes révolutions du monde arabe ont par ailleurs démontré que les populations africaines étaient en marche pour renverser les dictatures corrompues. La révélation d’un passé trouble serait donc une façon habile de faire table rase du passé pour repartir sur des bases différentes afin de reconstruire les relations franco-africaines. A six mois de la présidentielle française, cette nouvelle position de Nicolas Sarkozy lui permettrait sans aucun doute d’améliorer son image, au moins auprès des électeurs français d’origine africaine.

 

source :  cameroonvoice.com

 

Exclusif. « Il n'y avait jamais moins de cinq millions de francs »

Dans le JDD, Robert Bourgi, décrit avec beaucoup de détails les remises de fonds d'Afrique qu'il aurait effectuées personnellement auprès de Jacques Chirac et Dominique de Villepin entre 1997 et 2005.




L'ombre de Foccart.
Robert Bourgi dit avoir survécu à toutes les crises grâce à sa discrétion. «Foccart m'avait appris que les vrais secrets ne s'échangeaient qu'à deux, jamais à trois (...). Foccart m'avait aussi dit de ne jamais toucher ni au pétrole, ni aux matières premières stratégiques, ni aux armes.»

La traversée de Paris.
«J'ai toujours atterri au Bourget ou à Roissy sans être embêté. Une seule fois, j'ai eu peur. Un soir de manifestation, accompagné d'un émissaire africain, j'ai traversé Paris avec quatre millions d'euros en petites coupures dans le coffre de ma voiture.»

«Il rangeait lui-même les liasses».
«C'était toujours le soir. "Il y a du lourd? " demandait Chirac quand j'entrais dans le bureau (...). Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n'y avait jamais moins de cinq millions de francs. Cela pouvait aller jusqu'à quinze millions.»

L'argent dans des tam-tams...
«Un exemple qui ne s'invente pas, celui des djembés. Un soir, j'étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin troismillions de dollars. Compaoré a eu l'idée," connaissant Villepin comme un homme de l'art ", a-t-il dit, de cacher l'argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu'à l'Élysée. C'est la seule fois où j'ai pu me garer dans la cour d'honneur!»

...Ou une affiche.
Laurent Gbagbo «m'avait demandé combien donnait Omar Bongo (pour le financement de la campagne de Chirac en 2002) et j'avais dit trois millions de dollars. Laurent Gbagbo m'a dit: "On donnera pareil alors". Il est venu à Paris avec l'argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J'ai eu l'idée de les emballer dans une affiche publicitaire d'AustinCooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l'Élysée».

«J'ai pensé au Général».
«J'avais un gros sac de sport contenant l'argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l'Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu'il contenait. Ce jour-là, j'ai pensé au Général, et j'ai eu honte.»

Juppé pas épargné.
«L'argent d'Omar Bongo a servi à payer le loyer pendant des années» du club 89 (de l'actuel ministre des Affaires étrangères), accuse Robert Bourgi.

 

07 septembre 2011

11 Septembre 2001 aux USA : Démolition contrôlée L’art de la guerre

26410.jpgQue penseriez-vous si la police, après une explosion suspecte qui aurait fait écrouler une maison en tuant les gens qui y habitaient, avant toute chose enlevait et détruisait tout ce qui reste ? C’est ce qu’ont fait, il y a dix ans, les autorités étasuniennes : elles ordonnèrent d’enlever immédiatement les structures en acier des tours écroulées le 11 septembre à New York. Aucun doute, dans la version officielle, que la cause ne fût l’incendie provoqué par l’impact des avions détournés par les terroristes. Les trois cent mille tonnes d’acier des tours furent en grande partie recyclées dans des fonderies asiatiques, sauf 24 tonnes données à la société Northrop Grumman (un des plus gros contractuels militaires du Pentagone) pour construire un navire-symbole, le New-York : le premier d’une nouvelle génération d’unités d’assaut amphibie pour la guerre globale au terrorisme, justifiée par l’attaque contre les tours jumelles qu’on a montrée en mondovision directe. Par contre, pas un gramme d’acier ne fût donné aux ingénieurs spécialistes de structures qui avaient demandé à examiner les colonnes et travées, pour en re-assembler quelques sections, afin de déterminer avec certitude la cause de l’écroulement. « Une telle décision -déclara Frederick Mowrer de l’Université du Maryland, professeur d’ingénierie pour la protection contre les incendies- compromet toute enquête sur les écroulements. Je juge très inquiétante la rapidité avec laquelle ont été enlevées et recyclées des preuves potentiellement importantes » (The New York Times, 25 décembre 2001). Aucune tour de ce type, en fait, ne s’est jamais écroulée à cause d’un incendie. Le carburant des avions n’aurait pas pu développer une chaleur capable de fondre les massives colonnes d’acier et, de plus, ce carburant a brûlé en majeure partie à l’extérieur des tours si bien que, à11septembre.jpgl’intérieur du point d’impact, on voit des gens indemnes. La dynamique de l’écroulement des Tours jumelles et de la tour 7 (qui n’a même pas été touchée par les avions) -soutiennent différents experts- rappelle une démolition contrôlée, provoquée par des explosifs situés à l’intérieur. Pour avoir soutenu ceci, le professeur Steven Jones, enseignant de physique, a été expulsé de l’Université Brigham Young (Utah). Il ne s’est cependant pas désisté. Avec une équipe dont font partie aussi des scientifiques d’autres pays, il a publié en 2009, sur la revue The Open Chemical Physics Journal (qui soumet à une révision scientifique tous ses articles à publier), une étude fondée sur l’analyse d’échantillons de poudre prélevés à Ground Zero. Ceux-ci révèlent la présence de thermite, une substance non explosive qui produit une réaction chimique à une température de 2.500 degrés Celsius, en capacité de fondre l’acier, en le coupant comme un couteau chauffé coupe le beurre. On voit sur une photo une colonne d’acier tranchée net, en diagonale, avec des coulures semblables à celles d’une bougie. Et, comme la thermite n’a pas besoin d’air pour brûler, la réaction continua pendant plusieurs jours à développer de la chaleur sous les décombres, alors que les pompiers les refroidissaient par des jets d’eau continus. C’est sur ces preuves et d’autres, toutes scientifiques, que se fonde l’étude du professeur Steven Jones qui a mis au défi les scientifiques soutenant la version officielle de réfuter la sienne. Ces derniers ont cependant refusé de la lire, en disant qu’ils n’avaient pas le temps de le faire. Mais la version officielle est en train de s’écrouler de la façon dont se sont écroulées les tours : comme un château de cartes.


Steven Jones


Edition de mardi 6 septembre 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Pour aller plus loin :

VIDEO: AE911Truth -- Preuves d'explosifs le 11 septembre - par Steven Jones - 2011-02-03

Quelles sont les véritables raisons de l'effondrement des bâtiments du World Trade Center (WTC) ? - par Steven E. Jones - 2006-09-21


Manlio Dinucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Manlio Dinucci publiés par Mondialisation.ca

02 septembre 2011

Attention, président dangereux


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Le pouvoir à Damas aurait tort de croire qu'il est protégé de son propre peuple. Le président syrien a commis l'irréparable. La France, avec ses  partenaires, fera tout ce qui est légalement possible pour que triomphent les aspirations du peuple syrien à la liberté et à la démocratie.

- Nicolas Sarkozy


Cette mâle déclaration émane de Nicolas Sarkozy qui s'exprimait mercredi 31 août devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France.

Visiblement, le président le plus impopulaire de la Ve République, le plus rejeté par l'opinion française, se sent « boosté » par sa « victoire » en Libye. « Victoire » qui, pour résumer, a consisté à faire faire par l'armée française le « sale boulot » de la diplomatie américaine, quitte à installer dans ce pays le chaos politique et économique et à mettre au pouvoir des renégats du précédent régime et des chefs tribaux liés à l'islamisme dur sinon pur. On peut même dire qu'avec la Libye, Sarkozy s'est offert son Irak à lui, avec les mêmes conséquences incalculables, mais prévisibles, sur l'équilibre non seulement de la Libye mais encore de la région - cf les tensions entre l'Algérie et le CNT, pour ne parler des tensions intra-CNT, ni de la persistance de la résistance kadhafiste. 
Et donc, le président de la dette record et de la croissance zéro, se rêve déjà en Bush Jr - non pardon, en Obama, c'est, relativement, plus « vendeur » - apportant la démocratie au peuple syrien. Qui n'est pas le seul à bénéficier de la sollicitude sarkozyste : l'honorable correspondant de l'OTAN et de la Maison Blanche à l'Elysée n'a pas exclu « une attaque préventive » contre les installations nucléaires de l'Iran si celui-ci persistait à se donner les moyens de son indépendance dans ce domaine. On peut dire que si ça continue, c'est Obama et Clinton qui vont devoir calmer le zèle du « meilleur élève » - du « fayot » ? - de la classe OTAN.

Etes vous moins gaulliste - et gaullien - que lui ?

On sait que Nicolas Sarkozy s'est donné beaucoup de mal, depuis son arrivée au pouvoir, pour faire oublier jusqu'au souvenir de de Gaulle, tant en  ce qui concerne la dignité de la fonction présidentielle que l'indépendance nationale, notamment vis-à-vis de l'imperium américain.

On sait que ce n'est pas la première fois qu'un dirigeant en difficulté intérieure cherche une diversion extérieure. Et Nicolas Sarkozy a tant de choses à faire oublier aux Français : l'endettement-fuite en avant, le chômage qui croit, la croissance en coma, ses compromissions avec les puissances d'argent, et jusqu'à son style et sa personne. Mais aussi, puisqu'on parle de « théâtre d'opérations extérieures », les soldats qui tombent en Afghanistan dans une guerre perdue pratiquement dès le début, et encore ses excellentes relations avec les tyranneaux pro-occidentaux Ben Ali, Moubarak et... Kadhafi, au fait ! Avec ses guerres en Afghanistan, puis en Libye, Sarkozy espérait se donner - enfin - une stature de grand homme. Et se refaire une virginité humaniste et démocratique. Mais le costume de grand homme et de grand stratège géopolitique est décidément surdimensionné pour sa personne. Quand on entend cet homme donner des leçons de civilisation et proférer des menaces d'Oncle Sam, on pense irrésistiblement à ce personnage d'une chanson de Jacques Brel, « qui voudrait bien avoir l'air, mais qu'a pas l'air du tout ! »

Vivement le Printemps !

Au fait, puisqu'on a commencé cet article avec la Syrie, revenons-y. Bachar al-Assad n'a pas à se protéger de son peuple. Parce que celui-ci, dans sa majorité - et pour des raisons diverses - voit en lui le seul homme capable de conduire le pays vers une forme de démocratisation adaptée aux réalités du terrain et aux circonstance de l'heure. Parce que le peuple syrien, dans son énorme majorité - ce qui inclut une bonne part des opposants - ne veut pas que la Syrie devienne un nouvel Irak par la faute de Bush au petit pied comme l'hôte provisoire de l'Elysée. Si ce que Sarkozy et ses clones européens disaient de la Syrie était vrai, le régime se serait désintégré depuis six mois. Or, aucune défection significative n'est intervenue, et même la contestation radicale s'est essoufflée. Et ce moins par la répression que par le refus par la grande majorité des Syriens du chaos et de l'ingérence étrangère. 
Et pourtant, nous autres Français, comprenons parfaitement la nécessité de changements : le peuple français peut lui aussi voir son « printemps ». En 2012.

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