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07 avril 2012

Rectification coloniale : comme hier à l’Hôtel du Golf, la France a enterré la Souveraineté du Mali !

 

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Nous le disions dans une interview accordée récemment à un journal en ligne, qu’un projet de "Rectification coloniale" était conduit par la France en vue de redéfinir les anciennes frontières héritées de la colonisation en créant de nouveaux Etats fantoches mais utiles à ses intérêts.

D’aucuns ont cru en un exercice usuel de communication en situation de guerre médiatique. Aujourd’hui, la réalité est là. Implacable.

France 24, la télévision d’Etat française, a offert au porte-parole des rebelles Touaregs, un plateau exactement comme à Youssouf Bakayoko le jeudi 02 décembre 2010, et ce vendredi 6 avril 2012, l’annonce de la création de l’Etat rebelle de l’AZAWAD est diffusée en boucle par les media français.

L’information n’est pas censurée. Elle ne peut pas être censurée. Surtout pas, lorsque celui qui est venu parler, a bel et bien été invité et comme un grand, il s’est adressé au monde entier, pour dire que le Mali ne représente plus qu’un tiers de l’ancien Mali et que désormais, la zone pétrolifère du Nord jusqu’à Tombouctou, Gao et Kidal, est devenue un nouveau pays.

J’imagine donc qu’à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a dû péter le champagne et des cris de joie ont dû réveiller les enfants Sarkozy.

Parce que c’est une très bonne nouvelle que de compiler des rebelles islamistes ici et là, puis choisir un pays militairement et économiquement faible avec de vastes territoires "nouvellement" riches en pétrole et ensuite, aider ces renégats à traverser plusieurs frontières pour s’y retrouver, puis en deux temps trois mouvements, créer un nouvel Etat.

Ah oui ! Quel exploit ! Vive la France pour que vive l’Etat rebelle de l’AZAWAD !

Mais ce n’est pas tout. Dans la Chronique de la Révolution Permanente parue ce même vendredi 6 avril 2012, nous portions à votre connaissance, la présence de soldats Touaregs surarmés dans la région du Banfora au Burkina Faso et à Ferkessédougou dans à la frontière ivoiro-malienne.

Nos premières analyses faisaient état soit d’un dispositif Touareg mis en place pour conquérir le petit bout du Mali qui reste soit d’un dispositif de légionnaires français déguisés en Touaregs pour mettre à feu et à sang ce minuscule Mali qui reste.

Mais d’autres sources nous demandent de revoir l’approche de cette information. Elles soutiennent détenir des indices très clairs qui montrent que ces Touaregs prépositionnés constituent l’essentiel de la Force de l’ECOMOG en préparation dit-on, en Côte d’Ivoire.

Bientôt, ils recevront des moyens logistiques complémentaires promis officiellement par la France et après avoir ôté leurs accoutrements de Touaregs, ils arboreront des tenues de l’ECOMOG pour aller au contact des troupes d’Amadou Sanogo, cette fois-ci, officiellement, au nom de la CEDEAO française.
Eh oui. Un service, ça se rend. Ouattara et sa CEDEAO aux ordres de la France ont fermé les yeux et la bouche sur la conquête du Nord du Mali, ce qui a permis au Touaregs de créer leur Etat ; il faut alors rendre la monnaie à cette CEDEAO des vauriens et des minables.

En allant massacrer les soldats loyalistes et les jeunes volontaires maliens pour montrer les vrais faux muscles d’une CEDEAO nocive et toxique pour la survie des pays qui la compose, les Touaregs auront remboursé leur dette envers leurs complices qui ont besoin de laver l’affront que leur a infligé Amadou Sanogo en les chassant du territoire malien alors qu’ils y étaient venus pour lui faire la morale pendant que la rébellion Touareg était traitée comme un mouvement politique normal.

Mais les résultats très attendus de la rébellion des Touaregs ont été proclamés par la France, que dis-je, par les Touaregs via France 24. Nicolas Sarkozy est en train de sabler le champagne.

Comme en décembre 2010, après la mascarade de l’Hôtel du Golf organisée sur France 24 pour proclamer le vaincu comme étant le vrai vainqueur des présidentielles ivoiriennes, le mal malien est consommé.

Que reste-t-il alors au Mali et du Mali ?

Juste des larmes de regret pour avoir emprunté des cars de transport affrétés par Ouattara afin de venir voter dans le Nord de la Côte d’Ivoire en octobre et novembre 2010 mais aussi et surtout, pour avoir mobilisé des mercenaires maliens en mars et avril 2011, avec le seul objectif de venir installer Ouattara au pouvoir dans un pays qui n’est pas le sien et dans lequel il sème la mort et la désolation depuis 2002.

Et Amadou Sanogo ? Que lui restera-t-il ?

Bien évidemment la mort ou la fuite et après, la capture suivie de son transfèrement à la CPI, pour avoir "tué" des Touaregs morts au combat et devenus civiles maliens après le passage très attendu de France 24.

Il lui restera aussi des larmes de regret pour avoir été idiot de se laisser attirer dans un traquenard, lorsque les mêmes qui veulent le tuer maintenant, l’ont persuadé de prendre le pouvoir afin que face à la rébellion Touareg, il y ait une junte militaire qui sera dotée en moyens adéquats pour libérer le Mali.

Il lui reste aussi de retrouver ATT (Amadou Toumani Touré, le Président volontairement déchu) celui qui était dans le coup et qui a lâché son peuple, pour que demain, il soit comme Kofi Annan et consorts, médiateur dans des crises créées par les mêmes charognards, afin de se la couler douce, pendant que le peuple malien broiera du noir.

Evidemment, s’il le retrouve, il pourra pendre ATT pour Haute trahison, mais aussi et surtout, pour trahison personnelle. Mais il ne le trouvera nulle part. Car il y a longtemps qu’ATT a été exfiltré et mis en lieu sûr par ceux pour qui il a roulé le Mali dans la boue.

Du coup, comme les enfants le chantent : « chacun a son tour chez le coiffeur… »

Comme pour dire, chaque chose se paie sur terre. Et le Mali n’en a pas encore fini de payer sa dette envers la Justice divine et la Morale.


A Très bientôt.

Hassane Magued

 

LYNXTOGO

REVELATION SUR LA CRISE MALIENNE: LE DEAL FRANCE-MNLA

 

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Un véritable complot est tramé entre la France et le MNLA contre le Gouvernement du Mali. En effet, d'une part mécontent du soit disant laxisme d'ATT face aux enlèvements de ses ressortissants par l'Aqmi, et d'autre part voyant l'intention du gouvernement du Mali à écarter les sociétés françaises dans l'attribution du marché d'exploitation de son futur pétrole au nord, la France a délibérément cherché à faire un deal avec la rébellion touareg en vue de déstabiliser le régime d'ATT et d'inciter les Targui à réclamer l'indépendance sinon l'autonomie de leur zone (Azawad). Le deal convient que la France s'engage à soutenir financièrement, diplomatiquement et stratégiquement les séparatistes jusqu'au bout (c'est-à-dire jusqu'à l'atteinte de leur objectif). En contrepartie, les séparatistes devront s'engager à éradiquer l'Aqmi du nord du Mali et aussi à confier aux sociétés françaises l'exploitation du pétrole du nord.

Le scénario tracé est le suivant :

Les rebelles devront se soulever et attaquer les camps militaires du grand Nord (Aguelock et Kidal) en vue de libérer le septentrion malien. La France pourra alors les ravitailler en armements, carburants et autres via l'aéroport de Tessalit. Ils devront continuer la progression vers l'Est en annexant GAO et Tombouctou. Une fois Tombouctou tombé, l'objectif serait en parti atteint. La France de son côté garantira la légitimité et la protection des rebelles en empêchant la CEDEAO d'intervenir militairement. Pour ce faire elle devra anticiper en convoquant une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU (ce qui masquera son soutien aux séparatistes) pour demander un arrêt d'hostilité aux belligérants et afin que soit privilégié le dialogue. Dans le plan, il est prévu que le MNLA proclame la fin des opérations militaires dans les heures qui suivront la déclaration de l'ONU. Alors, la CEDEAO qui ne peut agir sans l'aide et l'aval de l'ONU sera contrainte de renoncer aux interventions militaires contre les rebelles. Aussi de par leur déclaration anticiper de cesser le feu, les rebelles parviendront à vaincre la confiance de la communauté internationale. Ainsi, ils réclameront leur autonomie territoriale afin de finaliser le deal conclu. Dans le deal, il a été recommandé au porte-parle de MNLA Moussa Ag ATTAHER (logé, escorté et protégé par la France), que pour qu'on ne soupçonne pas la France de jouer un double jeu, il ne devra citer la France qu'en dernier ressort dans son appel envers les communautés Internationales. C'est pourquoi, il citera chaque fois, les Nations Unis, les USA et ensuite la France. Voyez cette recette facile ! Qui aurait cru qu'une telle attitude, qu'un tel complot proviendrait de la France ? C'est regrettable, c'est pitoyable et c'est indigne de la part d'une soit disant Puissance ! Ces moyens ignobles et indécents déshonorent la France. C'est une violation grave du traité colonial qui lie le Mali à la France. Est-ce que les citoyens maliens ont besoin de répondre à une erreur de laxisme de leur premier dirigeant ? Dans tous les cas c'est un signal fort à l'endroit de tous les autres pays colonisés par la France, pour qu'ils sachent que la France n'a pas d'amis mais des intérêts et qu'elle est prête à vendre son honneur pour sauvegarder ses intérêts.


Nous pensions que la France pouvait avoir de moyens plus légaux pour contraindre un gouvernement laxiste que de déclencher une guerre de division territoriale et de conflit ethnique. Elle sera comptable de tout ce qui adviendra. Elle devra savoir qu'elle est passible de poursuite pénale, de crime de guerre en ayant provoqué l'invasion du territoire malien par les rebelles venant de Libye avec des armements lourds.


L'objectif de la présente pétition est d'éclater au grand jour le complot tramé par la France et le MNLA contre le gouvernement du Mali.


Il est urgent que le Gouvernement du Mali saisisse la cours pénale international pour demander réparation à la France pour complot contre son intégrité territoriale et aussi à l'OTAN pour son responsabilité à la crise en aval de la guerre de Libye. Nous avons dénoncé le fait il reste aux autorités institutionnelles de notre Etat à poursuivre le combat en saisissant qui de droit.

 

Maliens, maliennes ! Demeurons unis, n'offensons pas les ressortissants français vivant chez nous car ils ne sont pas comptables des erreurs de leur pays. Mais haïssons la France et sabotons toutes ses coopérations. Haïssons Nicolas Sarkozy et son gouvernement fantoche. Levons-nous pour réclamer le droit de réparation. Demandons l'aide des USA, de la chine et de la Russie. Tout sauf la France et tout contre la France et ses alliées.

Envoyer ce message à tous les maliens et à tous les africains pour qu'il sache le dessous et le non-dit de la guerre au Mali


Ce message est écrit ce jour, Mercredi 21 Mars 2012 par la Coalition Malienne pour l'Unité Territoriale (CMUT) :


Suivez le déroulement des choses et vous donnerez raison à ceux qui l'ont écrit.

D'autres révélations plus intrigantes sont en cours.

« L'union sacrée pour la libération du Nord est la thérapie qui, avec l'ensemble de toutes les forces vives, sans distinction d'âge, de race et d'appartenance politique, permettra de relever le défi qui se pose à toute la nation malienne».


Dr ASSADEK aboubacrine

Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.

Tel (00) 223 2022 32 44
Fax (00) 223 2023 81 68

B.P. E3206 Bamako-Mali

Cel1 (00) 223 7643 49 64
Cel2 (00) 223 6653 83 44

 

REGARDSCROISES

 

Mali. Vers un transfert du pouvoir aux civils

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Les militaires maliens qui ont pris le pouvoir le 22 mars ont accepté de le remettre au président du Parlement Diouncounda Traoré, selon un communiqué conjoint de la junte et des médiateurs de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) diffusé vendredi.

Diouncounda Traoré prêtera serment en tant que président par intérim et sera chargé d'organiser des élections dans un délai de 40 jours, peut-on lire dans ce communiqué signé par le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte, et par trois médiateurs.

http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6487

 

06 avril 2012

Dernière heure. Les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du pays

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La rébellion touareg malienne proclame vendredi l'indépendance du nord du pays.

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé vendredi "l'indépendance de l'Azawad". La nouvelle a été donnée par un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.

"Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour", a déclaré Mossa Ag Attaher. Il a indiqué vouloir respecter "les frontières avec les Etats limitrophes". L'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg.

Le porte-parole a condamné l'enlèvement jeudi du consul d'Algérie à Gao (nord-est) "par un commando terroriste" lors d'une opération "très violente". Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés"avait emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue".

Le coup d'Etat contre le régime du président Amadou Toumani Touré, il y a deux semaines, a plongé le Mali dans une situation chaotique. Des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord: Kidal, Gao et Tombouctou.

Ils n'ont pas rencontré de résistances de la part d'une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute. Les rebelles ont de fait couper le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont, depuis lors, pris le dessus sur le MNLA. Ce dernier a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses "opérations militaires".

 

 


Mali. Chronique d'une recolonisation programmée

 

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« Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène». Proverbe bamanan.

Le Mali dans l’ordre cynique du monde

Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.

 

L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg  faisait parfaitement l’affaire. La  revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la  «communauté internationale ».

L’os malien étant bien moins dur à briser  que l’os libyen,  il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la  « communauté internationale » n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis  d’Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique  de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

1.   La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

SANOGO.jpgEbranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l’embargo total de la part de laCommunauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO).

C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision d’envoyer à Bamako une  délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est à  l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants.

Les sanctions dont il s’agit se traduisent en autres  par :

-          la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,
-          le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation,
-          la fermeture des frontières,
-          le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales, 
-          la suspension des programmes d’aide au développement


Le levier militaire pourra se traduire par « la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité… »

Plus importants que  l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.
La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

2.    Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l’occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d’une fois, des comptes. La dégradation de la situation s’est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l’ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l’origine du soulèvement d’Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d’Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s’est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l’occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d’Etat qu’elle juge d’autant plus inacceptable qu’il survient dans l’un des « pays phare de la démocratie » à la veille d’une élection présidentielle à laquelle ATT n’était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu’ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

3.   Quand l’ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

Mali-tirs-l-arme-lourde-Gao-des-rebelles-touareg-dans-la-ville.jpg« Nous ne voulons pas d’ancien, rien que du neuf »scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice.  Il n’en a rien été.

En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires.

Jugeons-en :

-          Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d’idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral offre.

-          Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.

-           « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l’illusion de l’exemplarité démocratique.

-          Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.

-          Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l’exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.

-          La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C’est en évitant les sujets qui fâchent, qu’elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).

-          La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».

-          Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d’investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n’y trouve pas son compte.

4.   Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

REBELLES MALIEN.jpgLe Mali n’est pas en danger du fait d’un « putsch militaire »mettant en péril un processus de  démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n’ont pas la moindre idée.

Face au rôle de  pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait  « l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l’actuel Mali), le Niger et le Tchad ».
Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :

-          mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l’avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l’ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;

-          repenser l’indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s’imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension  territoriale. La tâche est d’autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ; 

-          privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l’occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l’achat d’armement ou de faire  appel à la force d’interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;

-          gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d’abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu’ils planétarisent : pendant que le Mali s’enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l’or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d’être perspicaces dans l’analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense  des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;

-          faire du Mali un cas d’école pour la CEDEAO, dont les chefs d’Etat dans leur intransigeance  envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d’être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l’ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;

-          rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d’assujettissement et de pillage qui sont à l’origine de l’émigration « clandestine », l’intégrisme religieux et les attentats qu’ils qualifient de terroristes. 

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu’il n’appartient pas  aux Chefs d’Etat de la CEDEAO d’être juges et partie en statuant sur l’état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains. 
La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu’à leurs électeurs.

Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l’embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l’initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.

Fait à Bamako, le 04 Avril 2012

SIGNATAIRES

AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE(ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ;BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ;  NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO(COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ;  SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ;  HAOUA KEITA ;ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)

 

Source : http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6481

 

Le président du Malawi entre la vie et la mort

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Le président malawite Bingu wa Mutharika, hospitalisé jeudi après avoir été victime d'un arrêt cardiaque à l'âge de 78 ans, devait être transporté dans la soirée en Afrique du Sud pour y subir des soins.

Le chef de l'Etat "recevra des soins de spécialistes", a précisé la radio d'Etat jeudi soir, citant un communiqué de la présidence dans la toute première annonce de son malaise sur un média national, après une journée entière de mutisme total.

La radio n'a pas précisé dans quel établissement le chef de l'Etat, critiqué pour ses tentations autoritaires, devait être admis en Afrique du Sud, à plus de deux heures d'avion du Malawi.

Bingu wa Mutharika s'était effondré jeudi matin au palais présidentiel et avait été transporté inconscient à l'hôpital central de la capitale Lilongwe.

Des membres de sa famille, dont sa femme Callista et sa fille Duwa, ainsi que le secrétaire de la Présidence et le ministre de l'Environnement et de l'Energie lui ont rendu visite, a-t-on appris de source hospitalière.

Peter Mutharika, le frère du président dont ce dernier voulait selon l'opposition faire un successeur, s'est également rendu à l'hôpital. Un journal local a été jusqu'à annoncer la mort du président malawite.

"Un démocrate pur et dur"

Président depuis 2004, et très confortablement réélu en 2009, M. Mutharika est un économiste de formation qui a travaillé pour plusieurs organisations internationales dont la Banque mondiale.

Il s'est targué d'avoir "éliminé la faim au Malawi" lors de son premier mandat, après une terrible famine en 2005. Son programme en faveur des agriculteurs locaux lui a valu une réélection facile, avec les deux tiers des voix.

Mais son pouvoir a été de plus en plus contesté ces derniers mois, sur fond de pénuries chroniques, notamment de carburant et de devises étrangères. De nombreux opposants ont critiqué une dérive autoritaire, de même que la plupart des donateurs étrangers qui ont coupé les vivres au pauvre pays d'Afrique australe, qui compte 14 millions d'habitants.

Bingu wa Mutharika leur a répondu en faisant adopter un budget de rigueur faisant l'apologie de l'autogestion, tandis que le cours du dollar atteignait au marché noir le double du taux officiel.

Le principal mouvement d'opposition, le Comité pour les affaires publiques (PAC), qui regroupe des personnalités de l'opposition et de la société civile, a appelé en mars le président à démissionner ou à remettre son mandat en jeu lors d'un référendum. Harcelé par la police, le groupe a dû se réfugier dans une église, où les forces de l'ordres ne pouvaient intervenir.

Bingu wa Mutharika leur a adressé une fin de non-recevoir.

Dans une interview à l'AFP il avait juré en juillet 2011 ne pas être un dictateur, quelques jours avant que des manifestations ne dégénèrent et tournent à l'émeute. Dix-neuf personnes avaient alors été tuées par la police.

"Je suis une personne très ouverte", disait-il de lui-même. "Mais il faut aussi de la discipline. (...) La dictature n'est pas dans ma nature. Je suis un démocrate pur et dur."

 

 

CAMEROONVOICE

Centrafrique : L'ONU demande un soutien pour désarmer les ex-rebelles

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Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a rappelé jeudi que pendant que l'attention du monde est tournée vers le Moyen-Orient, l'Afrique du nord et de l'ouest, une crise oubliée continue de faire des ravages en République Centrafricaine. 

« Nous devons faire tout notre possible pour aider le gouvernement à consolider la paix, à reconstruire, à réformer le secteur de la sécurité, à mettre en place des accords de paix et à désarmer, démobiliser et réintégrer les anciens combattants », a déclaré M. Ban dans un message lu par le secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, lors d'une réunion du groupe des « amis de la République Centrafricaine » et en présence du Premier ministre de ce pays, Faustin Touadera.

M. Ban a rappelé que beaucoup a déjà été fait depuis la création du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine, il y a deux ans mais que de nombreux défis restaient à relever dont la pauvreté extrême, des institutions nationales faibles, la corruption, les violations des droits de l'homme et l'impunité.

« Il est primordial de renforcer le processus démocratique. L'ONU a organisé des ateliers rassemblant l'opposition et des représentants du gouvernement pour des discussions politiques. Cela est particulièrement nécessaire étant donné que le parti politique dominant contrôle le parlement et les autres institutions suite au boycott du processus électoral par les partis politiques d'opposition », a rappelé M. Ban.

Le dialogue soutenu par l'ONU est conçu pour créer un espace de recherche de consensus et de dialogue politique inclusif. Le soutien de l'ONU est nécessaire puisque le gouvernement se trouve devant une situation complexe et difficile. Des groupes rebelles et criminels contrôlent une grande partie du territoire ce qui déstabilise le pays et les pays voisins. Le gouvernement a cependant fait preuve d'une grande détermination à mener à bien le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration ( DDR) d'anciens combattants rebelles, et le secrétaire général a réitéré le soutien de l'ONU tout en appelant la communauté internationale à appuyer les efforts du gouvernement centrafricain.

« Le gouvernement a établi un cadre institutionnel pour le DDR, dont un ministère chargé spécifiquement de cet objectif, et il a investi près de 9 millions de dollars dans les activités de DDR dans le nord-ouest du pays. Le Fonds pour la consolidation de la paix a approuvé l'octroi de 2,4 millions de dollars supplémentaires pour aider à améliorer la sécurité dans le pays et dans la sous-région », a indiqué M. Ban.

M. Ban a d'ailleurs salué la ratification par le gouvernement centrafricain des deux protocoles facultatifs de la Convention relative aux droits de l'enfant en décembre dernier et le projet de réintégration d'anciens enfants soldats dans les communautés.

« Nous sommes conscients qu'il existe des frustrations concernant la lenteur des progrès. De nouveaux retards vont uniquement exacerber les tensions et saper un processus déjà fragile, avec des conséquences potentiellement désastreuses. Avec l'arrivée de la saison pluvieuse dans le nord-est, il sera difficile de mener des opérations de DDR », a mis en garde M. Ban.

Le secrétaire général a lancé un appel aux « amis de la République centrafricaine » pour un soutien qui corresponde aux besoins sur le terrain, et pour ne pas délaisser le processus de DDR. Les conséquences d'un retour au conflit seront lourdes, non seulement pour la République centrafricaine, mais pour toute la sous-région. « Vous avez un rôle fondamental à jouer pour éviter cela », a souligné M. Ban.

 

 

CAMEROONVOICE.COM

DU MALI À LA LIBYE, LA RECOMPOSITION DE L'AFRIQUE SAHÉLO-SAHARIENNE EST EN COURS.

Au Mali, après Gao, Tombouctou, la « cité mystérieuse » qui fit tant rêver les explorateurs du XIX° siècle, semble désormais à la portée des « combattants touaregs ». Sans une intervention étrangère de dernière heure, on ne voit pas comment la ville pourrait leur échapper. Toute la rive nord du fleuve Niger sera donc entre leurs mains. Par Bernard Lugan.



Les nomades de la tribu Touareg.


L’actuel conflit a débuté le 17 janvier 2012, à Menaka et dans la région de Kidal, les « Touaregs » revendiquant l’« autodétermination » et l’« indépendance », leur guerre étant destinée à « libérer le peuplede l’+ Azawagde l’occupation malienne ». Plus à l’Est, en Libye, dans les régions de Sebha et de Koufra, les combats meurtriers entre les « Toubou » et les « tribus arabes »  ont repris le 26 mars 2012 et les «Toubou » revendiquent désormais, eux aussi, un Etat indépendant.  Comme la moitié de l’ethnie toubou vit au Tchad où elle est connue sous le nom de « Goranes », les actuels évènements risquent d’y rallumer par contagion une autre guerre, interne celle là, entre les « Toubou-Goranes » et les  « Zaghawa » qui sont au pouvoir à N’Djamena.

Voilà le double résultat de l’intervention franco-otanienne en Libye. Le président tchadien Idriss Déby Itnoavait vu juste quand il avait mis en garde Paris, affirmant qu’elle allait déstabiliser toute une région aux fragiles équilibres. Face à cette situation, qu’est-il possible de faire ? Pour le moment, au Tchad, le présidentDéby a la situation sous contrôle, mais il ne peut pas laisser les « Toubou » de Libye se faire massacrer au risque de voir les « Toubou-Goranes » échapper à son autorité.


AU MALI, L'ALTERNATIVE EST SIMPLE

- Soit nous laissons le cours de la longue histoire reprendre son déroulé et nous admettons la réalité qui est que le Mali n’a jamais existé et que les « Touaregs » ne veulent plus être soumis aux Noirs du Sud. Dans ce cas, nous entérinons le fait accompli séparatiste et nous veillons à ce que les « Touaregs » qui auront obtenu ce qu’ils demandaient deviennent nos alliés dans le combat contre « Aqmi ».

- Soit, de concert avec les Etats de l’Ouest africain, nous intervenons militairement contre les « Touaregs » pour reconstituer une fiction d’Etat malien et nous  jetons ces derniers dans les bras d’« Aqmi » avec tous les risques de contagion qu’une telle politique implique.


VIDÉO/DÉBAT SUR ARTE TV DU 03 AVRIL 2012 : « LES TOUAREGS MALIENS CONTRÔLENT LE NORD DU MALI ».

http://nerrati.net/afrique-dossier/index.php?option=com_c...

02 avril 2012

Mali. Ouattara annonce une rencontre à Dakar

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Alassane Ouattara a annoncé ce dimanche à Dakar la tenue lundi d'une rencontre des chefs de l'Etat de laCommunauté économique des Etats d' Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sur la crise au Mali.

« Nous sommes préoccupés par la situation à Gao et Tombouctou. Nous avons demain (lundi) une rencontre ici ( à Dakar) des chefs de l'Etat de la CEDEAO et des représentants de la communauté internationale pour prendre des mesures qui s'imposent », a notamment dit M. Ouattara, président en exercice de la CEDEAO.

S'exprimant en marge d'une rencontre avec le président élu sénégalais Macky Sall, Alassane Ouattara, qui est arrivé samedi à Dakar pour assister à la prestation de serment du nouveau chef d'Eta sénégalais, a indiqué que les pays de la CEDEAO tiennent à « l'intégrité du territoire malienne ».

« Nous tenons à l'intégrité du territoire malienne. Nous mettrons tous les moyens pour stopper cette rébellion et pour que le Mali retrouve l'intégrité de son territoire. C'est un devoir pour la sous-région », a-t-il souligné.

Selon Alassane Ouattara, plusieurs chefs d'Etat de l'espace CEDEAO sont d'accord pour engager des troupes pour stopper la rébellion au Mali. Les rebelles maliens ont investi ces derniers jours tout le nord-est malien, avec les villes de Kidal, Gao et Tombouctou.

 

 

CAMEROONVOICE

30 mars 2012

Mali : Les dessous d'un coup d'état

 

-ali sanogo.jpgDes soldats mutinés dirigés par le capitaine Amadou Sanogo ont pris le pouvoir jeudi matin dans la capitale du Mali, Bamako, décidant de dissoudre les institutions, de suspendre la Constitution, d'instaurer un couvre-feu et de fermer les frontières pour une durée indéterminée.

Le coup d'Etat qui avait débuté mercredi aurait fait 40 morts dont plusieurs civils. Il n'est toujours pas certain que la junte ait réussi à s'emparer de tous les leviers du pouvoir.

Le porte-parole de la junte, Amadou Konaré, est lieutenant; il ne semble pas y avoir de hauts gradés dans les rangs de la junte, ceux-ci ont soit été arrêtés, soit n'ont opposé aucune résistance.

Ils reprochaient au président Amadou Toumani Touré, au pouvoir depuis 2002, d'être « incompétent » face à la rébellion des Touaregs du Nord du pays. Celle-ci avait débuté le 17 janvier, mené par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles, renforcé par des vétérans lourdement armés de la guerre en Libye l'an dernier, qui ont combattu pour le compte du dictateur Mouammar Kadhafi.

Le 1er février, une manifestation de femmes, épouses et mères de militaires tués lors des combats entre l'armée malienne et les rebelles du MNLA, accusait le gouvernement d'avoir « envoyé leurs hommes à l'abattoir sans préparation ni matériel adéquat. » Cette manifestation avait été motivée notamment par l'annonce de la découverte d'une fosse commune contenant les cadavres de 40 militaires alors que le gouvernement n'avait annoncé que 2 morts dans les affrontements.

Les combats entre militaires maliens et rebelles touaregs ont déplacé 206 000 personnes depuis la mi-janvier d'après le Bureau des Nations Unies pour la coordination des Affaires humanitaires, surtout vers la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso et l'Algérie.

Touré, alors général, était arrivé au pouvoir par un coup d'état en 1991 contre le dictateur Moussa Traoré. Il avait rendu le pouvoir aux civils par les élections de 1992 qui avaient mis au pouvoir Alpha Oumar Konaré, issu du Rassemblement démocratique africain (RDA), lié au PCF. En 2002, après avoir quitté l'armée, Touré était devenu président par élection.

Si les Etats occidentaux et l'ONU ont proféré les remontrances d'usage, il transparaît que Touré n'était plus considéré comme un allié fiable par l'OTAN. Le 24 novembre dernier, l'Express citait un haut responsable français familier de la région, gardant l'anonymat, qui se plaignait : « Nous sommes très remontés contre les Maliens. Qu'il s'agisse des cellules d'Al-Qaida au Maghreb islamique opérant dans l'extrême nord du pays, de leurs liens avec les Touaregs ou du trafic de cocaïne latino-américaine en chemin pour l'Europe, ce n'est plus de la passivité, c'est de la complicité. Nous disposons de preuves irréfutables. [Al-Qaida] est aujourd'hui plus fort qu'avant le lancement, en 2008, du plan Sahel, dispositif anti-terroriste pour lequel Paris a consenti d'énormes investissements. »

Le mois dernier, Touré avait accordé un entretien à l'Express, déclarant : « S'agissant des rébellions arabo-touarègues locales, Kadhafi s'est engagé dans les médiations, le désarmement et la réinsertion. Sa chute laisse un vide … Très tôt, nous avons alerté l'OTAN et d'autres sur les effets collatéraux de la crise libyenne. Sans être entendus. »

En fait, Touré entretenait des liens très étroits avec Kadhafi, pour lesquels il dit n'avoir « aucun regret. La Libye a consenti chez nous des investissements substantiels dans l'hôtellerie, le tourisme, l'agriculture et la banque, contribuant à notre développement. »

La chute de Kadhafi a disséminé d'importantes quantités d'armes dans cette région et au-delà : le 15 octobre, la presse faisait était d'un premier convoi de 400 vétérans à bord de 80 véhicules militaires qui revenaient au Mali, le lendemain un premier soldat malien était tué dans une embuscade dans cette région.

En octobre toujours, le journal allemand Der Spiegel citait le président du Comité militaire des pays de l'Otan, l'amiral italien Giampaolo Di Paola. Celui-ci expliquait : « Plus de 10.000 missiles sol-air, qui représentent une sérieuse menace pour l'aviation civile, pourraient sortir de Libye et se retrouver dans de mauvaises mains du Kenya à Kunduz ». En juin les forces nigériennes avaient intercepté un convoi de plus de 600 kilos de Semtex venant de Libye.

Traditionnellement, les Touaregs ne réclamaient qu'une autonomie interne au Mali, ce n'est que depuis la chute de Kadhafi et l'établissement de liens prétendument plus étroits avec Al-Quaida qu'ils revendiquent une indépendance complète. En réaction à l'intensification de cette lutte, les Touaregs vivant au Sud du pays sont de plus en plus victimes d’actes d’agression raciste.

La situation économique du Nord du Mali explique en grande partie l'attrait de la rébellion pour la jeunesse touarègue. C'est l'un des 25 pays les plus pauvres du monde, avec un PIB annuel par habitant de $1300. Le taux d'inflation y est passé de 1 pour cent en 2010 à 3,6 pour cent l'an dernier. Le désert couvre plus de la moitié du pays et ne contient pas de pétrole ; l'essentiel de l'activité économique est concentré au Sud, autour du fleuve Niger. Les nomades représentent 10 pour cent de la population.

Pour Pierre Boilley, directeur du Centre d'études des Mondes africains (CEMAF) : « Cela traduit leur amertume concernant ce qu'ils considèrent la marginalisation de leur région et l'échec des politiques d'intégration mises en oeuvre à leur profit depuis les années 1990. »

Touré expliquait, toujours à l'Express, que : « La pauvreté et la précarité offrent au terrorisme et à l'intégrisme un terreau fertile. Les djihadistes avancent tapis sous une couverture caritative. Ils ciblent intelligemment les familles démunies ou la jeunesse désoeuvrée. Le gars vole un 4 X 4 ou joue les guides non par adhésion idéologique, mais pour l'argent. Nos ennemis s'infiltrent par l'humanitaire, il faut leur répliquer par le développement ».

Loin de chercher à épargner la vie de leurs hommes, les dirigeants de la junte se sont lancés dans une bataille d'envergure autour de Kidal au Nord-Est contre des forces islamistes, tentant de battre militairement un mouvement qui trouve ses racines dans la crise économique et la déstabilisation de la région engendrée par la guerre de l'OTAN en Libye.

Olivier Laurent

LYNXTOGO

 

Mali. La danse des sorciers

 

 

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Le coup d’Etat contre ATT orchestré au Mali jeudi dernier, au fil des jours, met en lumières les manoeuvres des principaux bénéficiaires qui peinent à se cacher. Décryptage.

C’est un poker menteur d’une subtilité inouïe qui a commencé au Mali. C’est une véritable danse de sorciers à laquelle nous assistons et qui continuera dans les prochaines semaines. Mais l’on commence à y voir plus clair dans le jeu des différents acteurs. Seule la position d’Amadou Toumani Touré est floue, quasiment impossible à lire, et pousse à se demander où il se trouve, qui le protège ou le tient captif, ou les deux. D’ores et déjà, l’on peut dire que derrière les pétitions de principe autour de concepts vertueux comme le respect de l’ordre constitutionnel, le véritable enjeu de la  chorégraphie bien huilée qui se déroule à Bamako est le contrôle de la transition qui vient, et donc du «résultat» des prochaines élections. Le coup d’Etat et la rébellion sont une aubaine pour la «communauté internationale » qui y voit une occasion de prendre les devants et de dérouler son agenda au sujet d’un pays sur lequel les projections stratégiques dépassent visiblement le prochain scrutin.

Oui la France contrôle bel et bien l'agenda

«Arrêtez de voir la France partout. Vous l’avez accusé d’avoir orchestré le coup d’Etat or les sympathisants de la junte la conspuent», nous serinent certains analystes, plus souvent africains que français. Mais la manière dont les choses se mettent en place est plus que troublante. Au commencement, toutes les diplomaties ont observé un petit temps d’observation après le début du processus qui a conduit au renversement d’Amadou Toumani Touré. Les médias hexagonaux ont, par la suite, explicité la position de Paris, très dure envers ATT. Puis ils ont évoqué un schéma selon lequel ATT se retirerait pour être remplacé par le président de l’Assemblée nationale, dauphin constitutionnel comme en Côte d’Ivoire. Même si, de toute évidence, on ne peut pas parler ici de «vacance de pouvoir »… Dans une interview accordée à TV5, le ministre de la Coopération français, Henri de Raincourt, a confirmé ce projet de transition sans ATT et sans les putschistes. Le sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a eu lieu avant-hier à Abidjan, s’en est tenu à un discours légaliste pur jus. 

«La Conférence condamne sans équivoque le renversement du Gouvernement démocratiquement élu de M. Amadou Toumani Touré, dénie catégoriquement toute forme de légitimité au Comité National de Redressement pour la Démocratie et la Restauration de l'Etat (CNRDRE), et exige le rétablissement immédiat de l`ordre constitutionnel au Mali», peut-on lire dans le communiqué final. Une mission de médiation a été confiée (comme d’habitude, pourrait-on dire) au président burkinabé Blaise Compaoré.«Bien sûr, il sera question d'une transition, une transition conforme aux dispositions constitutionnelles (…) C'est a priori ce qui pourrait se passer : que le président de l'Assemblée qui est l'intérimaire constitutionnel puisse présider aux destinées du pays dans les modalités définies, arrêtées, acceptées par la classe politique et les responsables de la junte, afin qu'au plus tôt on puisse aboutir aux élections (…) Si c'est la formule qui peut permettre de sortir de crise, pourquoi pas? Et je pense que le Président Amadou Toumani Touré n'y verrait lui-même pas d'inconvénient, lui qui a toujours souhaité la paix, la stabilité et la démocratie», a-t-il affirmé. Lorsque l’on sait que Diocounda Traoré, le président de l’Assemblée nationale en question, se trouvait à Ouagadougou au moment du putsch et qu’il s’est par la suite rendu à Abidjan, on peut à tout le moins considérer que tout le monde n’a pas été surpris de la tournure des choses. Et que certains tiennent le manche…

Quelques similitudes avec les ca ivoiriens et togolais

Le jeu trouble de la CEDEAO dans la crise malienne fait curieusement penser aux premières semaines de la crise ivoirienne née du putsch manqué du 19 septembre 2002. Au sommet d’Accra I, le 29 septembre 2002, la CEDEAO campe une ligne légaliste, soutenant à fond le président Laurent Gbagbo et l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire, demandant aux rebelles de déposer les armes instamment. Le président sénégalais Abdoulaye Wade est chargé de suivre le dossier. 

Très rapidement, son ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, s’éloigne des résolutions officielles de la CEDEAO et travaille à un cessez-le-feu et une ligne de séparation consacrant la partition de la Côte d’Ivoire et la légitimation de la rébellion. Curieusement, c’est cette option qui était soutenue très clairement par la France dès le commencement. En Côte d’Ivoire aussi, le putsch du MPCI – qui n’avait qu’à moitié réussi, dira-t-on – était une opportunité pour mettre en place un nouvel ordre politique, un schéma transitionnel. 

Au Togo, après la mort du général Gnassingbé Eyadéma, la CEDEAO avait également avalisé un «semi coup d’Etat». Après une levée de boucliers consécutive au renversement illégal de Natchaba Ouattara, président de l’Assemblée nationale empêché de venir prendre ses fonctions au pays, et remplacé au pied levé par Faure Gnassingbé, fils du défunt président, l’organisation ouest-africaine avait accompagné le retrait de Faure… mais au profit d’Abass Bonfoh, vice-président de l’Assemblée nationale totalement aux ordres. C’est Abass Bonfoh qui, bien cadré, a permis le simulacre électoral sanglant qui a porté le fils de son père au pouvoir. Et l’a nimbé d’une «légitimité discutable».

Le vrai enjeu de ce qui se passe au Mali

Comme en Côte d’Ivoire et au Togo hier, la CEDEAO accepte de se poser en simple relais stratégique des options de l’ancienne puissance coloniale, qui a tout intérêt à garder la haute main sur les processus de transition pour influencer au maximum le choix du nouvel «élu». Il n’est donc pas question, à Bamako, de laisser une junte militaire dont on ne connaît pas l’agenda et qui est trop liée à Oumar Mariko, tenu pour un agitateur communiste incontrôlable à l’Elysée et au Quai d’Orsay. Il faut mettre en place un édifice institutionnel piloté depuis Ouagadougou et Abidjan. Dans un pays où la logistique électorale n’est pas parfaite, l’on peut toujours, bien entendu, favoriser tel ou tel candidat pour qu’il finisse par être déclaré«vainqueur » par la communauté internationale et ses observateurs, qui maîtrisent en général l’art de la litote et des figures de style pour souvent faire passer en douce les pires dévoiements démocratiques. 

La seule question qui vaut la peine d’être posée est : qui est le candidat de la France ? Elle en appelle une autre : quel type de politique veut-elle qu’il mène, notamment en ce qui concerne le règlement de la question du Nord-Mali et de l’exploitation de son pétrole?

Une chose est sûre. Le Mali risque bien de devenir la seconde Côte d’Ivoire de la France. Une fois de plus, Paris sera entraînée dans la mêlée. Le sentiment antifrançais, déjà à vif avec la crise libyenne, va croître inéluctablement. Et la France ne pourra s’en prendre qu’à elle-même. Si elle s’était contentée d’aider les pays de la région à faire respecter les principes dans leur stricte compréhension, si elle n’avait pas maladroitement montré ses objectifs, finalement rejoints par la CEDEAO, si elle ne s’était pas ingérée dans le règlement de la crise malienne en montrant une faiblesse coupable pour la rébellion touarègue et en tentant de monter le Parlement contre ATT, comme l’ont laissé penser des propos de son ambassadeur à Bamako, personne ne la conspuerait aujourd’hui.

Et si la solution était tout simplement de lâcher prise, de prendre de la distance, de ne plus se mêler de tout, de normaliser ses relations avec ses anciennes colonies ? Le débat est ouvert.

 

Philippe Brou

CAMEROONVOICE

 

Mali. Affrontement entre pro et anti-putschistes

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Les militants du front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la république (FDR) défavorables au coup d’état militaire du 22 mars et les militants favorables aux putschistes, se sont affrontés jeudi matin, à travers des jets de pierres devant la bourse du travail de Bamako..

Il n’y a pas eu de perte en vie humaine, mais on dénombre des blessés, une voiture et une moto ont été brûlées.

Le siège de la bourse du travail a été incendié, mais le feu a été maîtrisé à temps par les sapeurs-pompiers. Les affrontements ont commencé à 10H00 (heure locale, GMT) devant la bourse du travail lorsque les anti- putschistes, après leur rassemblement, s’ apprêtaient à aller remettre une déclaration aux militaires putschistes afin de leur exprimer leur ’’ désapprobation’’ et ’’ exiger’’ le retour à l’ordre constitutionnel.

Soudain, des jeunes ont surgi avec des slogans hostiles aux adversaires des putschistes.

Le résultat est qu’on voyait des jets de pierres venant de partout.

Il aura fallu l’intervention des éléments des forces armées et de sécurité pour calmer les choses. Des hommes en uniformes ont investi les lieux en interdisant à l’accès à toute personne, quelle que soit sa position (pour ou contre les putschistes) ainsi aux agents de la bourse du travail.

 

 

CAMEROONVOICE.COM

27 mars 2012

La délinquance en treillis, épidémie ouest-africaine

 

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La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C’est-à-dire à la case coup d’Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle»démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu’il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des«modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu’une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l’expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de  circonspection.

Ce qui s’est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d’un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s’est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manoeuvres.

Si un des signes de la démocratie est l’existence d’une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l’on ne peut pas vraiment dire que le Mali d’Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d’une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n’a pas non plus bénéficié du soutien d’une armée qu’il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l’intégrité territoriale de son pays n’a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. 

Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d’officier et d’homme d’Etat. L’on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d’Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n’éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest. 

Nous devons nous poser une question : pourquoi n’y a-t-il donc ni de coup d’Etat, ni de rébellion dans les pays d’Afrique australe, à l’exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n’est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu’il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s’exprimer, prendre le pouvoir, en s’attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l’occasion d’une mutinerie qui n’est pas allée jusqu’à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l’armée française et les Casques bleus de l’ONU.

 

 

La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd’hui, une épidémie ouest africaine.Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes nous arrivés là ?




REBELLES.jpgPour renverser Laurent Gbagbo, l’opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d’ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l’ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l’Union économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) n’engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics – carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés…– en transitant par les pays voisins.

Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d’Afrique de l’Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n’enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l’honneur de se faire recevoir par leurs chefs d’Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l’imaginaire des«corps habillés » des contrées environnantes ?

L’on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s’organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit«Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste » et «rebelle», et que son numéro deux s’appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d’un Alassane Dramane Ouattara s’adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ?

L’Afrique de l’Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s’amoncellent audessus de nos têtes.

Théophile Kouamouo /Nouveaucourrier

CAMEROONVOICE

 

Sénégal. 3 chefs d'Etat en 30 ans. Au Cameroun, Paul Biya règne...

 

 

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En attendant les résultats officiels prévus ce jour ou demain mercredi 28 mars 2012, Macky Sall est le quatrième président d’un pays où l’alternance est ancrée dans les mœurs et la démocratie plus que vivante. Evocation.

Le deuxième tour de la présidentielle sénégalaise qui s’est déroulé dimanche, 25 mars 2012 aura été sans pitié pour le président sortant Me Abdoulaye Wade. D’après les premières tendances, Macky Sall, son challenger direct du second round, a remporté le scrutin de la manière la plus démocratique qui soit. D’ailleurs, Abdoulaye Wade, 85 ans sonnés, n’a pas fait perdurer le suspense. Encore moins, il n’a pas attendu la publication des résultats officiels pour reconnaître sa cinglante défaite. En même temps, les chaînes de télévision, les radios ont rendu publics, minute by minute, les résultats issus des bureaux de vote. Toutes choses pas possibles au pays de Paul Biya.

 

Wade a achevé sa leçon de fair-play politique administrée à la face du monde, notamment au Cameroun, où au lendemain d’un scrutin présidentiel, des leaders montent généralement au créneau pour décrier la fraude électorale et contester ainsi les résultats publiés des semaines entières après. On espère que les organisations chargées de piloter l’élection présidentielle, à savoir Elecam chargé de l’organisation matérielle et la Cour suprême en lieu et place du Conseil constitutionnel, qui publie les résultats définitifs, ont compris qu’il est possible de fixer le peuple sur son suffrage et de dégager le vainqueur d’une course à la magistrature suprême, sans attendre les décomptes manuels des voix fastidieux et porteurs d’incorrections.

Noyé par ce qui se dessine comme un véritable raz de marée électoral, le président sortant et candidat controversé à sa propre succession Abdoulaye Wade a finalement été beau joueur. Face à son ancien Premier ministre Macky Sall, 50 ans, Wade peut ainsi espérer sortir la tête haute après avoir entretenu une certaine tension en maintenant sa candidature à un troisième mandat, malgré son âge, malgré des vagues de protestations, malgré une campagne électorale meurtrière avec six morts dans les rangs des manifestants tombés sous les coups, les roues ou les balles des forces de l'ordre. Au demeurant, il faut saluer la maturité politique du peuple sénégalais moteur d’une alternance politique pacifique depuis plusieurs décennies.

Pour la petite histoire, Abdoulaye Wade qui remplace par les urnes Abdou Diouf héritier de Léopold Sendar Senghor, en 2000, va devoir passer le témoin à Macky Sall, même si pour beaucoup, le changement d’homme à la tête du pays ne signifie pas changement de système.

Alain Njipou

CAMEROONVOICE

 

24 mars 2012

Putsch au Mali / Le capitaine Amadou Sanogo: ‘’Je vais rendre le pouvoir après ma mission’’

 

 

Capitaine Amadou Sanogo.jpgEn exclusivité sur la chaîne cryptée Africable, le nouvel homme fort du Mali a donné les raisons du changement du régime opéré dans son pays le jeudi 22 mars 2012.

 

«Je vais rendre le pouvoir dans 3, 6 ou 9 mois…, après ma mission. J'ai des ministres avec moi et j'ai des relations avec des membres de la Communauté internationale. Mais je préfère faire de mes contacts avec la communauté internationale, du moins les quelques unes que j’ai, mes dernières pièces d’or. Le moment venu, vous en saurez plus», a déclaré le capitaine Amadou Sanogo.

Qui refuse l’appellation de mutins, de putschistes : «J’ai la confiance de toutes les forces Armées et de sécurité sans exception. C’est nous qu’on traite de putschistes, c’est nous qu’on traite de mutins. Je change de terme. Nous sommes des soldats qui ont été conscience de la réalité et avons pris le risque de faire quelque chose. On ne tue personne. Ce qui est sûr, au moment opportun, chacun va répondre de ses actes devant une juridiction compétente. Il n’y aura de chasse aux sorcières ». Il se résume néanmoins en deux mots, qu’il conseille d’ailleurs au peuple malien. «Confiance et humilité, c’est ce que je demande au peuple. Je lui demande aussi le pardon. Parce qu’à un moment donné, il faut savoir accepter l’autre malgré les différences. Ceux qui seront reconnus coupables, seront jugés par des juridictions compétentes. Ils auront la peine qu’ils méritent (…) Et les soldats, à quel que niveau que ce soit, seront heureux, parce que je leur aurais donné ce que je leur ai promis», a-t-il souhaité. Le capitaine Amadou Sanogo dit ne pas être manipulé et n’a par conséquent, pas de parti pris : «Je n’ai pas de parti politique. Dans ma vie, je n’ai jamais voté. Oui, on peut me reprocher d’avoir été un mauvais citoyen, mais quand vous me proposez trois candidats parmi lesquels je n’ai confiance en personne, je préfère ne pas voter». De son passage au sommet de l’Etat, voici ce qu’il voudrait qu’on retienne. «Je vais partir un jour, mais je veux pouvoir servir mes unités après, comme chef de corps. Comme ancien président très fiers de son Armée. Mais de deux, que le Mali ait une force compétitive, équipée, professionnelle dans le droit et que ce pays ait la quiétude et vive dans le pardon et la paix. Voici l’image que je veux que le Mali ait de moi et de mon équipe au moment de partir».

A Dedi

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Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 24/03/2012