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29 septembre 2012

REGARDS CROISES : EXISTE-T-IL ENCORE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS ?

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Faut-il encore accorder du crédit aux organisations internationales de défense des droits de l’Homme, des organisations créées de toutes pièces par les puissances impérialistes dont elles sont des bras séculiers dans les conflits mondiaux? Nombreux sont ceux qui se posent cette question aujourd’hui, face à leurs comportements douteux, suspects parfois même criminels. C’est pourquoi, il faut tenter de répondre à cette question pour aiguiller la curiosité et attirer l’attention de toute personne sur les actes macabres et le rôle néfaste de ces organisations censées défendre les droits de l’Homme.

Plus le temps passe, plus les manigances, de la soi disant communauté internationale, en fait le Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux (CSVIO) et tous ses appendices d’ONG de défense des droits humains, sont mises à nu ; en réalité, ces organisations ne sont que des clubs de soutien masqués des basses manœuvres déshumanisantes des puissances impérialistes qui les manipulent pour installer leur domination dans le monde. Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que plutôt que de défendre les droits de l’Homme, ces organismes sont créés et financés par ces super puissances pour déstabiliser sournoisement les pays sous développés, contrôler, exploiter astucieusement et à vils prix leurs richesses. Ainsi, les actes les plus ignobles de ce CSVIO ne font-ils l’objet d’aucune condamnation (tueries massives des ivoiriens en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire et dans beaucoup d’autres endroits de la Côte d’Ivoire, génocide des Wè en Mars 2011 à Duékoué, massacre de plusieurs centaines de réfugiés du camp de Nahibly en Juillet 2012, pour ne citer que trois exemples). Ces organismes fantoches appelés abusivement organisations internationales de défense des droits de l’Homme ferment les yeux sur les agissements inhumains de leurs maîtres qui divisent des peuples, installent des rébellions et autres actions déstabilisatrices dans les pays bien choisis selon les besoins de la cause. Ces organisations confirment de plus en plus qu’elles sont le relais de dénigrement des dignes fils d’Afrique, ces Présidents qui nourrissent de nobles ambitions pour leurs populations, leurs pays et pour le continent noir.

Après que leurs maîtres eurent brocardé ces dirigeants patriotes africains, les qualifiant par de grossiers mensonges de dirigeants-dictateurs exerçant un pouvoir antidémocratique, elles prennent le relai pour continuer de calomnier ces dirigeants souverainistes et patriotes à travers les organes de communication propagandistes au service des pays occidentaux néo-colonialistes.

Le cas du Président Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, est très patent pour éclairer les vrais démocrates de ce Monde. Que n’a-t-on pas entendu dire sur son compte ? Voici un Président qui n’entrait pas dans le système de spoliation de la Côte d’Ivoire établi par la France. A ce sujet, l’homme politique, ancien Président de l’Assemblée Nationale française, Henri Emmanuelli disait de Gbgabo: « Ce Président sait ce qu’il veut pour son pays ». Cet homme qui, pendant plus de 40ans a mené une opposition démocratique et pacifique en Côte d’Ivoire, sans jamais recourir aux armes pour obtenir le pouvoir d’Etat, est traité de dictateur, de Président infréquentable, xénophobe. Quel mensonge honteux !

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07 juillet 2012

Le monde peut-il survivre à l’arrogance de Washington ?

La Russie et la Chine en ligne de mire de l’administration Obama

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Lorsque le Président Reagan m’a nommé Secrétaire adjoint du Trésor à la politique économique, il m’a dit qu’il devait rétablir l’économie US pour la sauver de la stagflation, afin de pouvoir peser de toute la puissance de notre économie sur les dirigeants russes pour les convaincre de négocier la fin de la Guerre Froide. Reagan a dit qu’il n’y avait plus de raison de vivre sous la menace d’une guerre nucléaire.

L’administration Reagan a atteint ces deux objectifs, qui en retour ont été ruinés par les administrations suivantes. C’est le propre vice-président et successeur de Reagan, George Herbert Walker Bush, qui a violé en premier les accords Reagan-Gorbatchev en intégrant d’anciennes républiques de l’Union Soviétique dans l’OTAN et en plaçant des bases militaires occidentales aux frontières russes.

Le processus d’encerclement de la Russie avec des bases militaires s’est poursuivi sans relâche par les administrations successives par le biais de diverses « révolutions colorées » financées par la National Endowment for Democracy considérée par beaucoup comme une façade de la CIA. Washington a même tenté d’installer un gouvernement contrôlé par Washington en Ukraine et a vu ses efforts aboutir dans l’ancienne Géorgie Soviétique, lieu de naissance de Joseph Staline. Le président de la Géorgie, un pays situé entre la Mer Noire et la Mer Caspienne, est une marionnette de Washington. Il a récemment annoncé que l’ancienne Géorgie soviétique allait intégrer l’OTAN en 2014.

Les plus âgés d’entre nous savent que l’OTAN, l’Organisation de Traité de l’Atlantique Nord, fut une alliance entre l’Europe occidentale et les Etats-Unis pour contrer la menace d’une prise de contrôle de l’Europe occidentale par l’Armée Rouge. L’Atlantique nord est très très loin des mers Noire et Caspienne. Quel est l’objectif de l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN sinon de fournir aux Etats-Unis une base militaire aux portes de la Russie ?

Il est plus qu’évident que Washington – Démocrate ou Républicain – a la Russie et la Chine en ligne de mire. A l’heure actuelle, il n’est pas clair si l’objectif est de détruire les deux pays ou de simplement les rendre incapables de s’opposer à l’hégémonie de Washington. Quel que soit l’objectif, l’issue probable est une guerre nucléaire.

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La presstitués de la presse américaine affirment que le maléfique gouvernement syrien est en train d’assassiner son peuple qui n’aspire qu’à la démocratie et qui si l’ONU n’intervient pas militairement, les Etats-Unis devront le faire au nom des droits de l’homme. La Russie et la Chine sont vilipendées par les fonctionnaires US pour leur opposition à tout prétexte à une invasion de la Syrie par l’OTAN.

La réalité, bien sûr, est différente de celle présentée par les presstitués des médias et les membres du gouvernement américains. Les « rebelles » syriens sont bien armés d’armes militaires. Les « rebelles » s’affrontent à l’armée syrienne. Les rebelles massacrent des civils et racontent à leurs prostitués des médias occidentaux que c’est le gouvernement syrien qui en est responsable, et les presstitués occidentaux répandent cette propagande.

Quelqu’un doit bien armer les « rebelles » puisque à l’évidence ces armes ne peuvent pas être achetées sur le marché local syrien. La plupart des gens intelligents pensent que les armes proviennent des Etats-Unis ou de leurs intermédiaires.

Washington a donc déclenché une guerre civile en Syrie, comme ils l’ont fait en Libye, mais cette fois-ci les Russes et les Chinois ont compris et se sont opposées à une résolution de l’ONU comme celle qui fut exploitée par l’Occident contre Kadhafi.

Pour contourner ce problème, sortez un vieux chasseur Phantom de la guerre du Vietnam des années 60 et faites le voler au-dessus de la Syrie. Les Syriens l’abattront, et la Turquie pourra ensuite appeler à l’aide ses alliés de l’OTAN. A défaut de l’option d’une résolution de l’ONU, Washington pourra invoquer ses obligations dans le cadre du traité de l’OTAN et entrer en guerre pour défendre un membre de l’OTAN contre une Syrie diabolisée.

Le mensonge néonconservateur derrière les guerres d’hégémonie de Washington est que les Etats-Unis apportent la démocratie en envahissant et en bombardant des pays. Pour paraphraser Mao, « la démocratie est au bout du fusil. » Cependant, le Printemps Arabe n’a pas tenu ses promesses de démocratie, pas plus qu’en Irak ou en Afghanistan, deux pays « libérés » par les invasions démocratiques US.

Ce que les Etats-Unis apportent sont des guerres civiles et l’éclatement de pays, comme le régime de Bill Clinton réussit à faire dans l’ex-Yougoslavie. Plus il y a de pays déchirés et réduits à des fractions rivales, plus Washington est puissant.

La Russie de Poutine comprend que la Russie elle-même est menacée non seulement par le financement par Washington de « l’opposition russe » mais aussi par l’agitation déclenchée dans le monde musulman par les guerres de Washington contre les états laïques musulmans, comme l’Irak et la Syrie. Ces troubles se déversent en Russie même, qui se voit confrontée à des problèmes tels que le terrorisme tchétchène.

Lorsqu’un état laïque est renversé, les factions islamistes sont libres de s’en prendre les unes aux autres. Les troubles internes rendent les pays impuissants. Comme je l’ai déjà écrit, l’Occident réussit à toujours dominer le Moyen orient parce que les factions islamistes se détestent entre elles plus qu’elles ne détestent leur conquérants occidentaux. Ainsi, lorsque Washington détruit des gouvernements laïques, non-islamistes, comme en Irak et comme il cherche à le faire en Syrie, ce sont les Islamistes qui émergent et se livrent bataille pour le pouvoir. Ce qui convient à Washington et Israël puisque ces états ne sont plus des opposants cohérents.

La Russie est vulnérable, parce que Poutine est diabolisé par Washington et les médias US et parce que l’opposition russe de Poutine est financée par Washington et sert les intérêts des Etats-Unis et non les intérêts russes. L’agitation que Washington provoque dans les états musulmans déborde sur les populations musulmanes russes.

Il se révèle plus difficile pour Washington d’interférer dans les affaires intérieures de la Chine, même si quelques agitations ont été semées dans certaines provinces. Dans quelques années, l’économie chinoise dépassera probablement l’économie américaine, et une puissance asiatique deviendra la première économie mondiale à la place d’une puissance occidentale.

Washington est sérieusement préoccupé par cette perspective. Sous la coupe et le contrôle de Wall Street et d’autres groupes d’intérêts privés, Washington est incapable de sauver l’économie US de son déclin. A Washington, on trouve bien plus de défenseurs des profits des opérations casino de Wall Street, des profits de la guerre du complexe militaro/industriel, et des profits tirés des délocalisations de la production et des services du marché US que de défenseurs du niveau de vie de la population. Tandis que l’économie des Etats-Unis s’enfonce, l’économie de la Chine décolle.

La réaction de Washington a été de militariser le Pacifique. Le Secrétaire d’Etat a déclaré le sud de la Mer de Chine comme une zone d’intérêt national pour les Etats-Unis. Les Etats-Unis font les yeux doux au gouvernement Philippin, jouant la carte de la menace chinoise et tentant de récupérer leur base navale à Subic Bay. Récemment, on a assisté à des exercices militaires et navales conjointes US/Philippines contre « la menace chinoise ».

La marine US se redéploie dans l’Océan Pacifique et construit une nouvelle base sur une île sud-coréenne. Des « marines » US sont désormais basés en Australie et sont redéployés du Japon vers d’autres pays asiatiques. Les Chinois ne sont pas stupides. Ils comprennent que Washington veut cerner leur pays.

Pour un pays incapable d’occuper l’Irak au bout de huit ans et incapable d’occuper l’Afghanistan au bout de onze ans, s’en prendre en même temps à deux puissances nucléaires est un acte de folie. L’arrogance à Washington, alimentée quotidiennement par les néocons illuminés, malgré les échecs retentissants en Irak et en Afghanistan, s’en prend désormais à deux puissances formidables – la Russie et la Chine. Le monde n’a jamais assisté dans toute son histoire à une telle idiotie. Les psychopathes, sociopathes et abrutis qui dominent Washington mènent le monde à sa perte.

La gouvernement criminellement dérangé de Washington, qu’il soit démocrate ou républicain, et quel que soit le résultat de la prochaine élection, constitue la plus grande menace qui ait jamais existé pour la vie sur terre.

De plus, le seul soutien que les criminels de Washington reçoivent provient de la presse. Dans un prochain article, j’examinerai si l’économie américaine s’effondrera avant que les criminels de guerre à Washington réussissent à détruire le monde.

Paul Craig Roberts

MONDIALISATION

01 juillet 2012

États-Unis : leur guerre secrète en Afrique (mieux comprendre)

 

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De la Mauritanie aux Seychelles, les Américains tissent en toute discrétion un vaste réseau de bases militaires. Objectif : surveiller les organisations terroristes, lutter contre la piraterie et assurer la sécurité des compagnies pétrolières.

Dans le ciel azuré du Niger ou du Tchad, un petit point blanc apparaît. Un vrombissement de moteur se fait à peine entendre. Il ne s'agit ni d'un avion de ligne à 10 000 mètres d'altitude ni d'un chasseur dont la vitesse et le bruit auraient été remarqués depuis longtemps. Il s'agit d'un simple appareil de tourisme - un Pilatus PC-12, pour être précis. Sans marquage particulier, ce petit avion de fabrication suisse, dont le principal atout est justement de passer inaperçu, est en réalité loin d'être comme les autres. Bourré d'électronique et de caméras, il appartient à une flotte d'une vingtaine d'autres dont la principale mission est de quadriller les zones où sévissent les groupes identifiés comme terroristes - Boko Haram, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Armée de résistance du Seigneur (LRA), Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa) et Shebab. Outre leur équipement, les Pilatus PC-12 et autres PC-6 ont comme particularité d'appartenir à l'armée des États-Unis. Celle-ci dispose désormais, sur un territoire allant de l'océan Atlantique à l'océan Indien, d'une dizaine de bases à partir desquelles elle mène en toute discrétion une surveillance très serrée afin de repérer les déplacements de ces formations jugées dangereuses.
L'existence de ce réseau discret de bases a été révélée le 14 juin par le Washington Post. Selon le quotidien américain, elles sont supervisées par les forces des opérations spéciales, mais gérées en grande partie par des sociétés privées (lire encadré p. 12). L'une des plus importantes en termes stratégiques est celle de Ouagadougou, implantée dans la partie militaire de l'aéroport international. Une soixantaine d'Américains y travaillent le plus discrètement possible pour entretenir des Pilatus PC-12 qui sillonnent le ciel du Sahel et du Sahara. Leur rôle est devenu encore plus vital depuis que le nord du Mali est tombé entre les mains des islamistes et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad.
Pizzéria
La présence à Ouagadougou ne date pas d'hier. Selon une source militaire jointe par Jeune Afrique dans la capitale burkinabè, elle remonte à 2008 et au coup d'État, à Nouakchott, de Mohamed Ould Abdelaziz. « Les Américains ne pouvaient plus mener leurs opérations depuis la Mauritanie, explique un officier burkinabè qui a souhaité conserver l'anonymat. Ils se sont rabattus sur le Burkina. » Un pays que Washington juge stratégique au vu de sa position géographique et dont les diplomates américains ne cessent de louer la stabilité. Au fil des ans, Blaise Compaoré a en effet su gagner leur confiance. Dans les câbles diplomatiques américains révélés par WikiLeaks en 2011, le président burkinabè est décrit comme un allié de poids. En juillet 2009, un de ces câbles rapporte que le ministre de la Défense de l'époque, Yéro Boly, a proposé une zone retirée de la base aérienne de Ouagadougou pour rendre encore plus discrète la présence des avions américains. « Le problème n'est pas la présence de ces avions », aurait indiqué le ministre. La discrétion est toujours de mise. « No comment », répond un proche collaborateur du président.


Collecte de renseignements bombardement ciblés, chasse à l'homme...
La question de la présence de soldats occidentaux dans le pays (qu'ils soient français ou américains) dérange au plus haut point. « Il faut nous comprendre, indiquait il y a quelques semaines un conseiller de Compaoré. Les gens d'Aqmi lisent la presse. Quand nous négocions la libération d'otages, ils nous en parlent. Cela ne facilite pas notre tâche. » Aujourd'hui, les Américains sont identifiés à Ouaga. Ils aiment notamment fréquenter une pizzéria située au coeur de la ville. Mais peu de Burkinabè savent ce qu'ils font ici. Officiellement, « de l'humanitaire », indique un responsable public. La tension qui règne dans le Nord malien incite aussi le Pentagone à renforcer sa présence en Mauritanie. Initialement implantée à Nouakchott, la base a été fermée après le coup d'État du 6 août 2008. Actuellement, affirme le Washington Post, les Américains auraient débloqué plus de 8 millions de dollars pour rénover une base proche de la frontière malienne et mener des opérations de surveillance conjointes avec les forces mauritaniennes.

Main-forte
Les deux autres points chauds qui ont incité les États-Unis à mettre en branle leur dispositif sont le Nigeria, avec la montée en puissance de Boko Haram, et la Somalie, où les activités des Shebab entretiennent une instabilité chronique. Plus récemment, en Afrique centrale, dans le nord de l'Ouganda et l'extrême est de la Centrafrique, une centaine d'hommes des forces spéciales ont été dépêchés pour prêter main-forte dans la chasse à l'homme qui vise Joseph Kony, le leader de la LRA. Cette dernière mission tranche avec toutes les autres, car elle place en première ligne des uniformes américains. Partout ailleurs, leur présence est presque invisible.
À Stuttgart (Allemagne), siège du commandement régional pour l'Afrique (Africom), on explique cette volonté de rester discret par « le besoin de travailler de concert avec [nos] partenaires africains pour faciliter la mise en oeuvre d'opérations et de missions qui favorisent [nos] objectifs communs en matière de sécurité » sans avoir à faire une démonstration de puissance. Le général Carter Ham, qui dirige l'Africom, a souligné en mars dernier devant une commission du Congrès la nécessité pour les États-Unis d'accroître le RSR en Afrique, à savoir le renseignement, la surveillance et la reconnaissance. « Si nous ne disposions pas de bases sur le continent, nos moyens en RSR seraient limités et cela contribuerait à fragiliser la sécurité des États-Unis », a-t-il déclaré.


Télécommandés
Toutefois, ces opérations secrètes ne se limitent pas à la collecte de renseignements et à la surveillance. Sur les bases implantées à Djibouti, en Éthiopie et aux Seychelles, les Américains ont déployé des drones Predator et Reaper déjà utilisés dans la lutte contre Al-Qaïda en Afghanistan et au Pakistan. Grâce à ces appareils sans pilote et télécommandés, les militaires américains peuvent mener des opérations de bombardements ciblés pour éliminer des combattants, notamment au Yémen ou en Somalie. Ils servent également à contrer les assauts des pirates dans l'océan Indien. Dans ces deux zones où les intérêts américains sont directement menacés, la présence militaire est beaucoup moins discrète.
Washington privatise la surveillance
Au cours des dix dernières années, le Pentagone a renforcé ses liens avec des « contractors », des sociétés privées spécialisées, pour des opérations de sécurité en Irak et en Afghanistan. Dans les années 1990, la proportion était de 1 civil pour 50 militaires. Désormais, elle s'établit à 1 pour 10. Si leurs méthodes dans ces pays ont parfois été décriées, cela n'a pas empêché Washington de se tourner vers ces entreprises pour qu'elles prennent en charge la surveillance et la collecte d'informations dans le Sahel et le Sahara. Elles fournissent avions, pilotes, mécaniciens et analystes de données, tout en garantissant la discrétion exigée par le Pentagone puisque leur personnel ne relève pas de l'armée. L'exemple américain est désormais suivi par d'autres pays comme la France, où des sociétés comme Strike Global Services (SGS) ont vu le jour. Celle-ci assure notamment la formation de futurs détachements de l'ONU à Djibouti. C.L.
À Djibouti, le Camp Lemonnier, seule base permanente américaine en Afrique, où sont stationnés 1 200 hommes, abrite des U-28A, appareils militaires de surveillance. Les activités de piraterie le long de la côte somalienne expliquent en grande partie pourquoi les Américains sont moins enclins à se cacher que dans le Sahel. Aux Seychelles, c'est le président James Michel lui-même qui a demandé aux Américains de venir. « Michel a fait des pieds et des mains pour que les Américains installent une base », explique une source gouvernementale seychelloise. Un accord bilatéral permettant le stationnement de militaires américains a été signé en juin 2009.
Lors de son passage devant les parlementaires, le général Carter Ham a aussi déclaré qu'il souhaitait pouvoir établir une nouvelle base de surveillance à Nzara, au Soudan du Sud. Là encore, ce projet s'explique par le contexte local. Les tensions entre le Soudan et son voisin méridional riche en hydrocarbures ne laissent pas indifférent Washington, qui doit assurer la sécurité des compagnies pétrolières présentes dans la région. Quelle que soit la manière dont les États-Unis mènent leurs opérations - en toute discrétion ou au grand jour -, leur intérêt pour l'Afrique démontre que celle-ci est devenue un enjeu majeur dans leur stratégie depuis 2007, année où ils ont commencé à établir leur réseau de bases. Rappelons qu'au cours des cinq dernières années les investissements directs américains sur le continent ont augmenté de 40 %. CQFD.

Par Rémi Carayol et Claude Leblanc /  Jeuneafrique.com 

IVOIREBUSINESS

 

09 juin 2012

La CPI. Instrument d'injustice contre les pays pauvres.

A analyser les objectifs et les attributions de la Cour Pénale Internationale (CPI), on peut se réjouir que cet organisme ait vu le jour. Quoi de plus noble que de traquer des criminels pour pacifier ce monde. Qui y a-t-il de plus encourageant que de prévenir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les génocides. A priori, il s’agit avant tout de dire le droit, de pratiquer la justice, une justice égale pour tous, petits et grands, riches et pauvres. Bref, le devoir de cette cour pour atteindre ses objectifs serait de pratiquer une véritable justice. Mais dans les faits à quoi assiste-t-on? 

Laurent GbagboA première vue, il faut déchanter car à la vérité cette cour, qui est censée apporter la paix, est utilisée par les grandes puissances de ce monde, pour faire la guerre aux pays les plus faibles et les plus pauvres. La guerre ouverte et totale livrée par Sarkozy et Obama à la Côte d’Ivoire de Gbagbo pour finalement déporter injustement le Président ivoirien à la CPI en est une illustration.

C’est pourquoi, on assiste de plus en plus à une élévation du nombre de conflits de par le monde. Tous ces conflits, à l’analyse, sont pour la plupart créés par les pays dits développés qui cherchent à préserver à tout prix les intérêts de leurs grands groupes économiques, financiers et monétaires. Rappelons, les guerres du pétrole dans les pays du golf, au Nigéria (guerre du Biafra imposée par la France), en Angola (soutien, pour le diamant et le pétrole, de l’UNITA, le mouvement rebelle de Savimbi par les occidentaux avec comme bras africain la Côte d’Ivoire d’Houphouët qui offrait gîte et couvert à ces scélérats) et la récente guerre du cacao contre la Côte d’Ivoire de Gbagbo pour imposer un de leurs larbins au pouvoir.

On peut citer aussi les nombreux coups d’état perpétrés en Afrique et en Amérique Latine pour préserver les intérêts de la France, des USA et d’autres pays occidentaux ainsi que de leurs multinationales. En vérité, les sources des conflits répétés dans ce monde étant en grande partie l’œuvre des pays développés, les cibles privilégiées de la CPI doivent donc être logiquement les leaders politiques de ces pays.

Et pourtant, ne sont cités à comparaître devant cette cour, que des patriotes demeurés fidèles à leurs idées souverainistes. Certains pantins utilisés par ces pays développés pour des objectifs de déstabilisation afin d’obtenir finalement l’exploitation à vil prix des richesses immenses des pays en développement sont également transférés à la CPI par ces occidentaux après que ces africains indignes ont fini de jouer leur rôle de traitrise.
Il serait utile de citer quelques exemples de personnes convoqués par cette juridiction:

- Charles Taylor qui a été utilisé pour mener une rébellion au Libéria dans le but de chasser du pouvoir Doé et consorts pour des intérêts américains et européens .Malgré les services rendus aux occidentaux , le voilà condamné à 50ans de prison ferme par la CPI.

- El Béchir du Soudan, pour avoir résisté pendant longtemps à la partition de son pays et donc aux rebelles entretenus par les américains et les européens ;

-Hissène Habré, pour avoir résisté contre les intérêts français au Tchad;

-Gbagbo Laurent, pour son nationalisme avéré en Côte d’Ivoire;

-Des rebelles congolais, tous utilisés par les néocolonialistes, pour faciliter le pillage des richesses de leur pays.
Voilà d’une part des criminels qui ont été utilisés par les pays développés pour installer chez eux des rebellions en commettant de graves crimes avant de s’emparer du pouvoir afin de servir les intérêts égoïstes de ces pays riches dont les dirigeants, les véritables coupables, ne sont nullement inquiétés par la CPI; d’ autre part ce sont d’authentiques patriotes que ces occidentaux veulent détruire politiquement, voire physiquement, pour pérenniser le pillage des économies africaines.

Qui sont donc les commanditaires de ces guerres et de ces crimes? Ce sont ceux qui sont dans les salons huppés des bâtiments officiels des capitales occidentales et leurs thuriféraires africains c'est-à-dire Charles de Gaulle, Chirac, Sarkozy, Compaoré, GoodLuck, Wade, Houphouët Boigny, etc. Honte donc à cette organisation moribonde qui n’ose pas s’attaquer aux vrais coupables!

La CPI montre ainsi qu’elle est une structure mise en place par les pays développés, pour exercer sur les pays en développement et surtout les pays africains un immense chantage pour permettre aux premiers de changer sans grand effort les dirigeants de leurs ex-colonies. Il faut se souvenir du chantage exercé par Chirac, Sarkozy et même ...Compaoré qui menaçaient Gbagbo d’être traduit devant cette cour. Il faut que les Chefs d’Etat africains fassent preuve de courage pour résister à la pression de la CPI, à une ahurissante subversion médiatique, une guerre totale et multiforme, pou n r persévérer, comme Gbagbo, dans leurs convictions et leurs visions d’un développement autocentré.

Après donc cette expérience de Gbagbo, qui a subi le déchainement de cette barbarie rebelle soutenue par la France de Chirac et Sarkozy, le Burkina Faso de Compaoré, et Ouattara le mentor de la rébellion ivoirienne, pendant près de 10 ans, bien des Chefs d’Etat africains patriotes réfléchiront par deux fois avant de s’engager à offrir des conditions de vie meilleure aux populations en vue d’accéder au développement. Ce chantage permet donc de perpétuer la domination des puissants sur les faibles.

C’est ainsi que la France et les pays occidentaux sont heureux de relancer, aujourd’hui leur emprise sur la Côte d’Ivoire. Le retour des conseillers techniques français à Abidjan en est une illustration frappante. C’est pourquoi Ouattara veut privatiser à bas prix les banques nationales ivoiriennes pourtant rentables qui se sont opposées à la capitulation économique et monétaire de la Côte d’Ivoire imposée par Sarkozy et consorts. La France amplifiera ainsi la domination de l’économie ivoirienne par les banques étrangères et françaises en particulier. A cet effet, elle vendra et rachètera les dernières banques ivoiriennes.

La CPI devient un instrument pour pérenniser une colonisation plus « soft »; c’est donc un redoutable outil au service des pays développés pour entretenir le néocolonialisme. Car il s’agit, comme à l’époque coloniale d’éloigner de leurs pays, les leaders patriotes. Ainsi furent déportés, Samory Touré, Béhanzin, Amangoua et bien d’autres, pour briser leur aura politique. Ainsi déporte-t-on Gbagbo pour l’éloigner de ses militants, de son pays, pour casser sa carrière politique et celle de tous ceux qui se reconnaissent en ses idées souverainistes. 
Pour couvrir cet acte odieux, on l’affuble de tous les crimes et on innocente encore une fois les chefs de la rébellion ivoirienne (Soro, Bakayoko, et tous les commandants des zones rebelles),auteurs de crimes avérés et leurs commanditaires (Chirac, Sarkozy, Obama, Compaoré et Ouattara). Voici un procureur Ocampo, qui aurait voulu que ce patriote restât les bras croisés et permît aux rebelles et à leurs commanditaires Chefs d’Etats étrangers de tuer impunément les ivoiriens et de bafouer la constitution ivoirienne.

Luis Moreno OcampoAlors, la CPI juge un co-auteur indirect sans émettre de mandats d’arrêt contre les auteurs et les co-auteurs directs. Quelle savante incongruité!

Il ne s’agit donc pas pour Ocampo et les hommes politiques qui tirent ouvertement les ficelles de la CPI de rendre justice mais plutôt de casser politiquement et définitivement de dignes patriotes africains, d’éliminer durablement tout éveil de conscience des peuples africains pour maintenir le continent noir dans le sous-développement.

Ce travail de sape des puissances occidentales qui instrumentalisent la CPI à leur profit contre les patriotes africains est précédé d’une désinformation orchestrée par les médias à leur solde afin de justifier et de couvrir aux yeux de l’opinion nationale et même mondiale leur forfaiture. Ainsi, pendant la dizaine d’années qu’a duré la rébellion ivoirienne, les médias français ont-ils toujours présenté Gbagbo, le démocrate comme un dictateur et les rebelles comme des saints. Ces grossiers mensonges font croire à certains malhonnêtes et même à des magistrats de l’espèce d’Ocampo que Gbagbo est un criminel. Que dire des nombreux crimes commis par Ouattara et ses rebelles en Côte d’Ivoire? Il faut être manifestement injuste pour les ignorer.

De plus, après avoir installé leurs hommes de main dans ces pays martyrisés, ces puissances occidentales ne manquent pas de commander à leurs filleuls de conduire leurs compatriotes à la CPI en faisant croire qu’il s’agit d’une affaire interne de ces pays.

Aussi, pour s’attirer les faveurs des opinions nationales et internationales, ces nations développées qui pratiquent un terrorisme d’état en dehors de leurs frontières, cooptent-elles dans cette juridiction des noirs originaires d’Afrique qui leur sont favorables. C’est pourquoi, ce sont des africains qui, comme pendant l’esclavage et la colonisation déportent leurs frères africains à la CPI pour y être jugés ou accusés par d’autres africains. Ainsi, croient s’innocenter des nombreux crimes commis par eux, au Chili, au Panama, en Irak, en Afghanistan, au Nigéria, en Angola, au Libéria, en Sierra Léone, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en Libye... les Chefs d’Etat occidentaux de l’acabit de Sarkozy. Honte à ces Chefs d’Etat français, américains et autres européens! Leurs œuvres sont assez grotesques pour demeurer cachées.

C’est pourquoi tous les pays et patriotes africains, toutes les organisations africaines et particulièrement l’Union Africaine doivent se battre pour éliminer officiellement et dans les faits la CPI, cet instrument de justice non opérationnel contre les crimes des Chefs d’Etat des pays occidentaux et qui l’actionnent, selon leurs intérêts contre des leaders de pays pauvres. C’est pourquoi plusieurs de ces nations développées n’ont pas encore ratifié les textes fondamentaux de cette institution mais sont heureux d’y traduire des hommes d’états africains.

La CPI est véritablement un instrument d’asservissement, de domination, de chantage dont l’objectif premier est, sans aucun doute, la pérennisation des intérêts des pays développés et de leurs multinationales. A continuer ainsi, cet outil, joint  à l’ONU et à ses démembrements, aux ONG internationales qui ne servent en réalité que les détenteurs des capitaux qui les financent, aggravera certainement la situation des pays africains.

Des crimes restés impunis à ce jour ont été commis par des Chefs d’Etat américains, français et autres européens ainsi que par des rebelles à la solde de ceux-ci. Pourquoi Ocampo, le Procureur ne s’autosaisit-il pas pour les traduire devant cette cour ? Par son silence intriguant, la CPI montre bel et bien qu’elle est plutôt une organisation sournoisement politique mise en place par les puissances occidentales pour célébrer l’injustice.

KOBAZEYRET Laurent

CAMEROONVOICE

03 juin 2012

Laurent Gbagbo, un brillant intellectuel dans la politique

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L’histoire, la noble est comme un marionnettiste du temps qui joue à faire coïncider les événements pour nous arracher un sourire ou une joie infantile devant la succession malheureuse des faits. Deux jours après avoir pris connaissance de la réquisition du Procureur Louis Moreno OCampo contre le président Laurent Gbagbo, nous voilà pratiquement enthousiasmer de célébrer son 67ème anniversaire. Pour nous, cette coïncidence des événements est un signe du temps qui nous pousse simplement à dire, à OCampo qui ne semble pas savoir grand-chose sur l’homme, qui il est vraiment.
Lors d’un meeting de campagne à Agboville à la dernière élection présidentielle de 2010 voilà ce que Laurent Gbagbo dit de l’homme politique : « J’engage les hommes politiques ivoiriens à prendre la voie de la responsabilité. Je les engage à être responsables et à penser à la Côte d’Ivoire. Je les engage à être responsables et à penser au développement de la Côte d’Ivoire. Tel doit être notre souci permanent, si nous voulons faire la politique. Et, si on ne veut pas faire de la politique, alors qu’on laisse la politique à ceux qui savent la faire. Un faiseur de coup d’Etat n’est pas un homme politique. » Nous pouvons concéder que cela est un discours prononcé en période de campagne par un homme politique mû plus par la séduction de son auditoire que par la vérité. Mais à la lumière de tout ce qui l’engagera bientôt dans un procès politique à la Cour Pénale Internationale, c’est toute la dichotomie autour de la notion d’homme politique telle qu’il la conçoit ici qui est en cause. Premièrement Laurent Gbagbo est-il vraiment ce qu’il dit être ici, c’est-à-dire un homme politique qui classe les coups de force dans la non-politique ? Deuxièmement a-t-il été un politique à la hauteur du concept ?
A la première préoccupation, point n’est besoin de faire une enquête. Ce sont ceux-là mêmes qui le traînent devant un tribunal international pour lui intenter un procès politique qui seront les premiers à dire que malgré tout ce qu’il a subi depuis qu’il est entré en politique à l’âge de 19 ans, il a toujours eu horreur des coups d’Etat. Ce ne sont pas les propositions qui ont manqué. Nombreux sont ses camarades de lutte qui l’ont quitté ou rompu leur alliance avec lui à cause de cette divergence de vue qui n’était pas seulement conjoncturelle chez lui mais ontique, c'est-à-dire lié au fait même de faire la politique. Et personne ne peut nier en Côte d’Ivoire ces paroles fortes dites à l’ occasion de la dédicace du livre de son ami Guy Labertit, Côte d’Ivoire, sur le sentier de la paix : « Pendant ces trente années de combat dans l'opposition, jamais je n'ai pris aucune arme contre aucune institution de la Côte d'Ivoire. Jamais, pendant ces trente années, alors que je subissais les affres de la prison - mon père a été en prison, moi-même j'ai été en prison, mon oncle a été en prison, mon épouse a été en prison, mon fils a été en prison, ma sœur a été en prison - mais jamais, jamais, nous n'avons songé à prendre les armes contre la Côte d'Ivoire. Parce que nous croyons en nous. Parce que nous avons confiance en nous. Et nous avons confiance en notre relation avec le peuple. Nous savions que, tôt ou tard, ce peuple-là, que nous défendions, allait nous reconnaître et nous donner le pouvoir. Quand on a confiance en soi, on ne prend pas les armes pour faire la guerre civile. Quand on a confiance en soi, on ne cherche pas les fusils comme moyen d'accession au pouvoir. » En clair, pour Laurent Gbagbo la violence politique relève simplement de la faiblesse politique. Il est insensé de s’engager dans l’art de gouverner les hommes en brandissant les armes. C’est totalement ubuesque aujourd’hui que Laurent Gbagbo soit poursuivi devant un tribunal international pour ce qu’il a toujours reprouvé dans sa vie et par ceux qui ne peuvent montrer patte blanche sur la question.

Deuxièmement une chose est d’être un politicien qui n’a jamais pris les armes et une autre est de ne pas en être un piètre. En Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier, personne n’exagère quand elle classe Laurent Gbagbo parmi les hommes politiques les plus modernes. Au sens ou la modernité est non seulement le signe de la rupture d’avec l’obscurantisme françafricain mais aussi celui du progrès dans la façon de faire la politique. Il est le seul homme politique en Côte d’Ivoire dont le projet de société et le programme de gouvernement a fait l’objet d’une bibliographie bien fournie 10 ans avant qu’il ne prétende à la magistrature suprême. Houphouët Boigny a hérité de la Côte d’ivoire indépendante sans jamais avoir écrit une seule ligne pour communiquer sur ce qu’il comptait faire avec le peuple ivoirien. Lui-même se prenait pour Jésus Christ et Mahomet qui n’ont jamais écrit. Henri Konan Bédié a, à travers une interview-livre, retracé les chemins de sa vie. Robert Guei a, à peine, eu le temps de dire au peuple qu’il est leur candidat. Quant à Soro Guillaume, il a donné dans un livre les raisons pour lesquelles il a imposé au peuple ivoirien une crise inutile et improductive politiquement. D’Alassane Ouattara, à part les slogans de campagne électorale promettant des pluies de milliards, on ne connait aucun écrit sérieux pouvant nous renseigner sur sa vision politique. Côte d'Ivoire, Pour Une Alternative Démocratique (1988); Gouverner autrement la Côte d'Ivoire, Fonder une nation africaine démocratique et socialiste en Côte d'Ivoire ; Côte d'Ivoire, bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité ; Côte d'Ivoire, Histoire d’un retour, voila une palette des œuvres politiques du président Laurent Gbagbo. Si quelqu’un comme OCampo veut savoir quelle a été la politique de Laurent Gbagbo durant ses 46 ans de vie politique, il n’a qu’à ouvrir l’un de ces livres au lieu de tirer d’une imagination torturée par les effets de la compromission des politiques fantaisistes d’extermination de son peuple.
Pour avoir une idée de la dimension intellectuelle de Laurent Gbagbo, citons pour finir ce passage qu’a retenu pour la publicité par l’éditeur de la réédition de 2004 de Côte d'Ivoire, Pour Une Alternative Démocratique sorti en 1988 « La Côte-d'Ivoire est un pays sous-développé. Il nous faut donc nous battre contre cette situation que nous ne considérons ni comme une malédiction, ni comme une fatalité. Or l'histoire nous enseigne qu'aucun peuple asservi ne peut faire efficacement face aux défis de l'humanité sans avoir au préalable brisé ses chaînes. Le sous-développement dans la servitude accentue le sous-développement. Nous savons bien que la démocratie n'est pas un remède miracle qui va résoudre par enchantement tous nos problèmes. Mais elle constitue un préalable indispensable. Nous avons une agriculture à repenser pour sortir des pièges que nous a légués l'ère coloniale ; nous avons une politique énergétique à mettre en place et à mener avec constance afin de créer les conditions d'une industrialisation véritable ; nous avons à redéfinir le rôle de l'école et l'orientation de la médecine ; en somme nous avons à combattre la faim, la maladie, l'ignorance, la rigueur du marché international et l'appétit vorace des impérialismes ; bref, nous avons un pays à bâtir. Cette tâche n'est pas au-dessus de nos forces. L'exécution d'une œuvre aussi gigantesque que la construction nationale exige que chacun se sente concerné ; il faut pour cela que les Ivoiriens soient impliqués dans un débat politique national, qu'ils aient une prise sur les choix fondamentaux de leur pays ; qu'ils sachent qu'ils ne sont pas des robots à qui l'on demande seulement de produire, sans savoir à quoi (ou à qui) cela sert de produire. Il faut responsabiliser nos citoyens depuis les paysans jusqu'aux plus hauts responsables de l'administration en passant par les ouvriers et les cadres du secteur privé. Une telle mobilisation implique que les Ivoiriens fassent consciemment et librement le choix d'une politique. A ce niveau, la liberté n'est plus simplement un concept moral ni une donnée politique ; la liberté est le levier le plus puissant du développement économique. »

Joseph Marat

Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 02/06/2012

31 mai 2012

Côte-d’Ivoire: la réconciliation corrompue

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Drôle d’ambiance à Abidjan : un an après la chute de Laurent Gbagbo et l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence, le 21 mai 2011, les Ivoiriens attendent toujours une reprise économique qui ne vient pas. Le Fonds monétaire international (FMI) table pourtant sur un taux de croissance de 8% pour l’année en cours. Et de nombreux potentiels investisseurs étrangers se pressent à Abidjan. Mais, pour l’instant, rien de bien concret à la clé. «L’activité ne décolle pas, l’argent ne circule pas. On n’arrive pas à se faire payer par nos clients, les chantiers sont à l’arrêt, regrette le gérant d’une PME installée dans le quartier des affaires du Plateau. Si ça continue, on va être obligé de mettre des employés au chômage technique.» Pendant ce temps, les prix augmentent malgré des mesures gouvernementales «contre la vie chère». «C’est normal que les gens se plaignent. Le pays revient de loin», explique Joël N’Guessan, responsable du Rassemblement des républicains (RDR, le parti au pouvoir). «L’essentiel de l’effort a été jusqu’ici porté sur ce qui avait été détruit avant et pendant la crise postélectorale, notamment les routes. Le président doit bientôt lancer de grands chantiers pourvoyeurs d’emplois. A partir de septembre, les Ivoiriens devraient sentir que les choses s’améliorent», promet-il.

Trafic de cacao

D’autres éléments pourraient expliquer la situation, comme la piètre qualité de la gouvernance dans les administrations. «Les modalités de recrutement et de promotion des fonctionnaires n’ont pas changé, souligne Patrick N’Gouan, président de la Convention de la société civile ivoirienne. Ce n’est pas la compétence qui joue, mais toujours le tribalisme et le népotisme.» Cela commence à la présidence : plusieurs membres de la famille de Ouattara sont devenus ses conseillers, un de ses frères est ministre chargé des Affaires présidentielles. Le niveau de la corruption reste en outre élevé, d’importants trafics, notamment de cacao, perdurent.

Le système d’imposition illégal, institué par la rébellion des Forces nouvelles (FN) dans le nord de la Côte-d’Ivoire entre 2002 et 2011, «loin d’avoir disparu, s’est au contraire étendu au sud du pays», s’alarme un récent rapport de l’ONU. Plusieurs ministres, qui figuraient déjà dans les gouvernements d’union nationale imposés à Laurent Gbagbo par les accords de paix passés avec les FN, ont mauvaise réputation. «On pensait que Ouattara les écarterait après les législatives [de décembre 2011, ndlr], mais ça n’a pas été le cas», explique un diplomate. Le 22 mai, le Président a tout de même limogé un ministre, après que des médias eurent révélé l’existence d’une enquête policière : Adama Bictogo, également député du RDR, est ainsi soupçonné d’avoir détourné, avec d’autres et avant qu’il ne soit ministre, une partie des indemnités destinées aux victimes de la société Trafigura, qui avait déversé en 2006 des déchets toxiques à Abidjan.

«Climat de terreur»

Par ailleurs, même si elle s’est considérablement améliorée en un an, la situation sécuritaire n’est pas non plus encore de nature à rassurer les milieux économiques. Des rumeurs circulent évoquant des tentatives de «déstabilisation» par des officiers en exil dans les pays voisins, où ils sont plusieurs centaines. L’ONU vient d’intensifier ses patrouilles à certaines frontières, comme mesure de «dissuasion».

A l’intérieur du pays comme dans la capitale Abidjan, les braquages sont nombreux. La plupart sont commis par des ex-combattants qui ont aidé Ouattara à s’installer au pouvoir, mais n’ont pas été intégrés au sein des Forces républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI), la nouvelle armée. Pour ces hommes, «leur arme est un moyen d’assurer leur survie alimentaire», commente N’Guessan, précisant que la question de leur démobilisation préoccupe les autorités. Quant à la police et à la gendarmerie, elles ne peuvent jouer leur rôle : soupçonnées d’être pro-Gbagbo, ces forces ne sont pas armées. Les FRCI elles-mêmes n’ont la confiance de personne, pas même du Président, dont la sécurité est assurée par des militaires burkinabés et par les forces de l’ONU.

D’après une source onusienne, les FRCI, essentiellement commandées par des éléments issus des FN, entretiennent «un climat de terreur» à l’ouest et au sud du pays. Dans ces régions réputées favorables à l’ancien président Laurent Gbagbo, sévissent aussi partout des «milices» de dozos, des chasseurs traditionnels venus du nord du pays et proches du pouvoir. Depuis début mai, les FRCI effectuent «des rafles dans différents quartiers d’Abidjan. Pourquoi, on ne sait pas bien. Les gens sont amenés dans des camps [des FRCI, ndlr]. Ils peuvent y rester plus de soixante-douze heures sans raison», s’inquiète Kouamé Adjoumani Pierre, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme. Ces opérations sont-elles destinées, comme le pensent des observateurs, à prévenir des manifestations de soutien à Gbagbo à l’approche de son audition, prévue le 18 juin devant la Cour pénale internationale à La Haye, où il est en détention depuis novembre 2011 ? En tout cas, elles ne contribuent pas à la «réconciliation nationale», prônée par les autorités et nécessaire pour une reprise économique, mais «à laquelle personne ne croit», selon une source diplomatique. La justice, par exemple, donne toujours l’impression d’être partiale : une cinquantaine de membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, et une centaine de militaires arrêtés en même temps que l’ex-président, sont incarcérés, en attente de jugement depuis avril 2011. Mais aucun de ceux qui, dans le camp d’Alassane Ouattara, sont soupçonnés d’avoir commis des crimes contre l’humanité lors de la crise, n’a été inquiété. « Ça va arriver », tempère N’Guessan. Pour mener des enquêtes sérieuses, il faut du temps.»

Source: Liberation.fr  par FANNY PIGEAUD Correspondante à Abidjan

CONNECTIONIVOIRIENNE

28 mai 2012

Universités de Côte d'Ivoire. Pourquoi 5800 étudiants exclus?

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La dernière décision du Ministre Cissé Bacongo, enseignant(?) à l’université de Cocody-Abidjan, d’exclure après deux années blanches 5 800 étudiants des universités, ne doit laisser indifférents, étudiants, parents, enseignants, hommes politiques, société civile et même, tout ivoirien de quelque sensibilité politique qu’il soit. C’est pourquoi il importe de rechercher les raisons profondes d’une si grave décision.

Avant tout, il faut se souvenir que Monsieur Ouattara en qualité de Premier Ministre, avait déjà en 1990 pris plusieurs mesures incongrues à l’encontre des étudiants: suppression des cars de transport, limitation drastique du nombre de boursiers de l’état, emprisonnements des responsables de la FESCI, tentative de dissolution de ce syndicat estudiantin. C’est encore sous lui qu’a eu lieu, la fameuse descente punitive des militaires sur la cité universitaire de Yopougon (quartier d’Abidjan) qui a entraîné viols, bastonnades et autres actes inhumains. Ces différentes actions entreprises, pendant qu’il était Chef du gouvernement d’Houphouët, attestent suffisamment du peu d’intérêt accordé à la jeunesse et surtout à la formation de celle-ci.

Depuis sa prise de pouvoir, suite à la guerre livrée par la coalition ONU, USA de Obama, France de Sarkozy, il a confirmé de façon spectaculaire son aversion pour le monde estudiantin. L’une de ses premières décisions a été, sitôt parvenu au pouvoir, de fermer les universités d’Abidjan. Comment comprendre qu’un état puisse fermer ses universités pendant deux longues années?

Officiellement, il s’agissait de réhabiliter ces universités. Et pourtant, aujourd’hui plus qu’hier, la situation de ces lieux du savoir est dramatique. Elle va de mal en pis hypothéquant davantage la probable rentrée de septembre 2012. Les raisons de cette fermeture sont à rechercher ailleurs. 

En effet, les universités ont été, pour ces forces internationales coalisées et les supplétifs rebelles de Ouattara, un vaste champ de bataille et de pillage. Ainsi, des destructions sauvages ont-elles été opérées dans les amphithéâtres, bureaux, laboratoires, salles de classes et de TD, rendant difficile mais non impossible une reprise immédiate des cours. On se rappelle bien les efforts financiers réalisés par Gbagbo pour réussir la délocalisation de l’université de Bouaké à Abidjan, montrant de ce fait son engagement pour l’avenir de la jeunesse ivoirienne et africaine

Maintenant, que tout a été mis sens dessus dessous sur tous les campus, qu’après avoir pris le pouvoir on chasse les étudiants des cités universitaires, que depuis le début de la rébellion et la décision de prendre à tout prix et sans attendre le pouvoir d’état, qu’on a fait passer les étudiants pour des pro-Gbagbo, des miliciens, que certains ont vu leurs camarades exécutés par les rebelles dozos, il ne restait plus qu’à ces jeunes de chercher à sauver leurs vies en s’exilant.

Il se trouve malgré tout, des personnes comme l’ex premier Ministre, Chef rebelle, pour affirmer que ce sont les étudiants qui ont pillé leurs propres outils de travail. Est-ce donc les étudiants qui ont pillé l’université et les écoles de Bouaké? Est-ce encore eux qui ont tué les gendarmes dans cette ville? Est-ce toujours eux qui ont assassiné les ministres Boga Doudou et Désiré Tagro, les danseuses traditionnelles d’Adjanou de Sakassou (près de Bouaké), et bien d’autres crimes et génocide commis par les dozos, tontons macoutes de Ouattara?

De plus, la guerre sur les campus a occasionné de nombreux morts parmi les étudiants, surtout quand on connait la barbarie des rebelles de Ouattara et les armes lourdes qu’ils ont utilisées; d’ailleurs des obus non explosés ont été retrouvés sur les campus. De plus, ces étudiants ont été pourchassés dans toutes les villes, car suite à la propagande haineuse des affidés du RDR (parti de Ouattara), les mercenaires cherchaient à tuer des ivoiriens d’ethnies proches de Gbagbo ainsi que des étudiants que ces rebelles analphabètes considéraient comme un groupe ethnique. C’est pourquoi de nombreux étudiants ont été froidement exécutés au vu et au su des ONG des droits de l’homme, de l’ONUCI et de la Licorne.

Le silence condamnable des ONG internationales, des ONG ivoiriennes dont celle de monsieur N’gouan (CSCI) autrefois très zélé contre Gbagbo et celui plus assourdissant de la commission nationale des droits de l’homme de madame Wodié, une des rares personnalités à être passée au travers des mailles du filet de la honteuse politique de rattrapage, sans doute pour faire plaisir à son époux nommé contre toutes les règles de droit, Président du Conseil Constitutionnel, perdurent devant tant d’atrocités, qui se poursuivent encore aujourd’hui jusque dans les lieux les plus reculés de ce pays. En effet, chaque hameau comme chacune des anciennes cités universitaires, dispose actuellement, d’un commissaire-dozo et d’autres rebelles devenus FRCI, chargés de semer la terreur, d’occuper illicitement des plantations, des forêts, des domiciles et de racketter les honnêtes citoyens en rémunération des «services rendus par la rébellion à Ouattara». Ces hommes aux pratiques dignes de la Gestapo rendent leur propre justice sur les pauvres ivoiriens et disposent de camps de concentration regroupant et martyrisant parfois au fer rouge clandestinement les pro-Gbagbo comme à l’ère du nazisme. Quand la presse, chaque jour, se fait l’écho de ces atrocités, ces ONG continuent de façon cynique de rester muettes comme des carpes. Décrire ces faits dramatiques, ce n’est pas attiser la haine d’un camp contre un autre, mais plutôt rétablir la vérité qui est très loin d’être l’apanage des tenants du pouvoir actuel.

S’agissant des travaux que l’homme de la communauté internationale dit effectuer, il est donné de voir des tâcherons occupés à démolir des murs pour en élever d’autres et à badigeonner à la chaux vive des troncs d’arbre alors que, pour une si haute institution du savoir, le plus important est l’acquisition de matériels, didactique, livresque et surtout scientifique, indispensables au fonctionnement des départements et laboratoires.

Déjà, se dessine encore là un autre sacrifice programmé de la jeunesse ivoirienne pour l’hypothétique rentrée; il faut légitimement craindre l’ouverture officielle des universités qui, dans les faits seront non fonctionnelles. De plus, certains professeurs chevronnés sont décédés, des suites de l’embargo cruel imposé par le couple Sarkozy-Ouattara et de la guerre lâche déclenchée par la coalition destructrice Licorne-Onuci. D’autres enseignants et pas des moindres, croupissent dans les goulags du nord ou demeurent encore en exil forcé.

En plus tous les agissements actuels du pouvoir commandent de s’interroger sur le vrai sort de ces 5 800 étudiants que le régime voudrait jeter à la rue et ce, après avoir demandé que tous se fassent recenser auprès de leurs universités. Ne serait-ce pas le fait, que ce régime fondé sur la terreur du rattrapage, se soit rendu compte maintenant plus que jamais, du grand nombre d’étudiants tué par la coalition: soldats de l’ONU (ONUCI), soldats d’élite français de Sarkozy (Licorne) le terroriste ex-Président, mercenaires de la CEDEAO conduits par les soldats de Compaoré le Chef de l’Etat burkinabè et les rebelles hétéroclites du couple Ouattara-Soro.

Il faut donc dès maintenant, justifier un effectif d’étudiants beaucoup moins élevé qu’avant la guerre post-électorale en excluant près de 6 000 d’entre eux. Il serait judicieux de connaître combien d’étudiants sont tombés sous les balles assassines de ce conglomérat d’armées levées contre le seul Gbagbo. Il serait alors indispensable que soient physiquement identifiés par UFR, les étudiants que Ouattara a dit avoir renvoyés. C’est ainsi que la réalité du carnage opéré dans le milieu estudiantin sera connue de tous.

De surcroit pourquoi supprimer pour ces étudiants ce «parapluie atomique» quand on sait la grande faiblesse des taux de réussite des universités de Côte d’Ivoire qui sont identiques aux taux d’échec des universités des pays développés? Les besoins quantitatifs et qualitatifs de main d’œuvre ne commandent-ils pas de continuer de donner des chances à ces jeunes ivoiriens qui sont titulaires d’un Bac +2 ou d’un Bac +3? 

La décision de jeter à la rue ces jeunes survivants de cette guerre imposée par l’ONU et Sarkozy a aussi pour objet de les punir, pour leur soutien à Gbagbo. La peur de la maturité politique des enseignants et de leurs étudiants est l’une des principales raisons de la destruction sauvage et de la fermeture des universités; les expériences précédentes vécues par Ouattara avec la FESCI ont suffi de convaincre le Président du RDR de la maturité de l’intelligentsia ivoirienne et donc de l’impérieuse nécessité de maintenir éloignés les enseignants, leurs étudiants et tous les autres pro-Gbagbo du monde universitaire.

En prenant sur lui de renvoyer ce nombre si important d’étudiants, Ouattara voudrait là encore confirmer sa politique du rattrapage; en effet l’université de Bouaké a continué de dispenser les cours aux étudiants du centre et du nord c'est-à-dire aux rattrapés du RDR sans réduction des effectifs, tandis que ceux d’Abidjan étaient sous occupation des FRCI.

Finalement, la fermeture des universités et le renvoi de ces milliers d’étudiants montrent encore, s’il en était besoin, l’aversion totale de Ouattara vis à vis de la jeunesse de ce pays contrairement à Hollande qui en fait une priorité; il montre ainsi que ses thèses sont plus proches de celles de Sarkozy que de celles de Hollande. Il a aussi préféré ses intérêts personnels à ceux de l’ensemble des ivoiriens et particulièrement des étudiants et de leurs maîtres. A la vérité les universités ne pourront rouvrir sans la totalité des enseignants dont un grand nombre demeure en prison et en exil. Si malgré tout les universités devaient reprendre leurs activités, l’amer constat de l’absence d’un grand nombre d’étudiants sera fait; il s’agira sans nul doute de ceux assassinés par la soldatesque hétéroclite internationale.

KOBAZEYRET Laurent

CAMEROONVOICE

17 mai 2012

Dossier Spécial : Sarkozy, de la présidence à la prison

Le dimanche 6 mai 2012, jour béni du Seigneur, le monde entier et surtout de nombreux africains dont une grande majorité d’ivoiriens, de libyens de maliens se sont réjouis de la défaite de Nicolas Sarkozy, le Président que les français se sont trompés de choisir en 2007. Pendant ce mandat, les prérogatives qui étaient les siennes lui ont permis d’exceller, pour un temps, impunément, dans les affaires les plus sales (Karachi, Béthencourt, Libye…) mais aussi et surtout de tuer par milliers, sans remord ni crainte, d’innocentes victimes ivoiriennes, libyennes et maliennes.

Nicolas SarkozyMerci donc à ces centaines de milliers d’africains qui n’ont pas cessé, pendant cette campagne électorale de montrer au monde la hideuse face de voyou, de bandit, de criminel de ce Président français. Pendant sa campagne électorale, il a mis tout en œuvre, allant jusqu’à flirter avec les thèses proches du nazisme de l’extrême droite française, pour espérer obtenir un 2ème mandat. Sarkozy affirmait « que le Président de la République n’est pas un homme normal»; en effet, Sarkozy est exceptionnellement d’une moralité semblable à celle des plus grands mafiosi, pire, l’auteur de milliers de crimes gratuits.

Avant même d’accéder à la magistrature suprême, Sarkozy s’est bel et bien illustré dans des affaires sales afin d’obtenir des ressources nécessaires au financement de la campagne de Balladur dont il était très proche. Peut-on penser que des ressources puissent être collectées pour la campagne d’un potentiel Président sans qu’un de ses proches lieutenants ne soit informé? Il a été sûrement un des acteurs actifs des rétrocommissions issues de la vente des sous-marins français au Pakistan. N’ayant donc pas respecté ses engagements vis-à-vis des pakistanais, il a occasionné en représailles, l’attentat de Karachi qui a coûté la vie à plus de dix français.

Voici un Président qui, pour ses propres intérêts électoralistes, n’a pas hésité à sacrifier la vie de certains de ses compatriotes. Il s’est fondé sur des ressources illicites pour essayer d’offrir la Présidence de la République à son candidat. Heureusement que ce dernier n’a pas été retenu par le peuple français. Sinon, déjà sous le règne de Balladur et non de Chirac, avec certainement, Sarkozy comme Premier Ministre, des bombes et des missiles seraient tombés plus tôt sur les têtes d’innocentes personnes.

Maintenant qu’il n’est plus Président, il doit rendre compte à la justice de cette affaire de Karachi; les seconds couteaux devant s’effacer au détriment du principal acteur de cette ténébreuse affaire.

S’agissant de l’affaire Béthencourt, Eric WOLF, le fusible est toujours aux prises avec la justice française. Il s’agissait, rappelons-le, de fonds occultes versés par Madame Béthencourt pour financer la campagne présidentielle de 2007 au profit du candidat Nicolas Sarkozy.

Voici un homme qui a toujours trempé dans les affaires sales de la République pour accéder à des postes de responsabilité car même si, son candidat Balladur n’a pas été élu par les français, Chirac s’est senti obligé de retenir son homme de main, Sarkozy. C’est ainsi qu’il a pu occuper plusieurs postes ministériels sous le règne de Chirac jusqu’à convoiter et se faire avaliser par l’UMP comme candidat à l’élection présidentielle de 2007. 
Si Sarkozy a été Président, il le doit aux concours financiers obtenus illicitement dans les affaires sales de Karachi, de Béthencourt et aussi et surtout de Kadhafi.

En effet, un des fils de Kadhafi, un de ses Premiers Ministres et bien d’autres témoins affirment que le Guide libyen a soutenu la campagne 2007 de Sarkozy avec plus de 50 millions de dollars US. Se sachant dévoilé et pour éviter toute humiliation susceptible d’empêcher sa candidature ou de le faire perdre en 2012, Sarkozy s’est empressé de chasser Kadhafi du pouvoir, en prenant la tête de l’OTAN et des rebelles libyens, en prétextant un manque de démocratie dans ce pays. Et pourtant c’est bien cet homme qui recevait en toute pompe Kadhafi en France.

Pour Nicolas Sarkozy, tuer en politique est logique et normal; c’est pourquoi, il a fait assassiner impunément (en tout cas jusqu’à ce jour), le Guide libyen. Quelle ingratitude et quelle cruauté!

C’est pour couvrir sa honte après avoir été démasqué par Médiapart, que Sarkozy dit porter plainte contre cette entreprise de presse. En réponse, Médiapart vient à son tour d’ester en justice Sarkozy. C’est tant mieux; car maintenant qu’il n’est plus Président de la République, il devra répondre de ses nombreux et grossiers mensonges devant les tribunaux. En effet, si Président, il n’était pas un homme normal selon ses dires, aujourd’hui il est redevenu un homme comme les autres, «un citoyen parmi les citoyens». Vivement donc que les Nicolas Sarkozytribunaux se prononcent au plus vite, pour conduire ce voyou, ce bandit en prison. Sarkozy ne doit pas être condamné seulement pour ces mensonges itératifs mais aussi et surtout, pour ces nombreux crimes. Que sa fonction précédente ne trompe point le monde, c’est un criminel de grands chemins, d’une dimension proche de celle d’Hitler. Ce que Mitterrand, Chirac, n’ont pas voulu faire, Sarkozy le criminel, l’a réalisé affreusement. Il a mis fin à la vie de milliers d’innocentes personnes.

En Côte d’Ivoire, après l’élection du Président GBAGBO en 2010 et devant son refus logique de céder le pouvoir à Ouattara, Sarkozy ce Président criminel a donné l’ordre à ses rebelles de reprendre la guerre livrée à ce pays. Il a alors actionné ses réseaux mafieux de l’ONU pour justifier, selon lui, son intervention armée en territoire étranger. Il a donc, à l’aide des rebelles hétéroclites de son ami Ouattara, des mercenaires de la sous-région, des soldats de l’ONUCI et de ses soldats de la Licorne, tué des milliers de jeunes ivoiriens et même des français opposés aux thèses Sarkozyennes dont Philippe Remond , pour imposer Ouattara aux ivoiriens.

En effet, Sarkozy a réarmé, malgré l’embargo, les rebelles du couple Soro-Ouattara et leur a apporté un soutien logistique pour faciliter leur descente sur Abidjan. Constatant l’incapacité de ses poulains à atteindre ses objectifs démoniaques, Sarkozy s’est trouvé dans l’obligation de mener, par son armée, une guerre lâche, ouverte et totale contre Gbagbo.

Il est donc aussi coupable du génocide Wè de Duékoué (1000 morts, selon la presse française). C’est lui qui a donné l’ordre de pilonner à l’aide de bombes et de missiles la résidence officielle du Président GBAGBO, une résidence devant laquelle étaient rassemblés des milliers de jeunes ivoiriens et à l’intérieur de laquelle se trouvaient hommes, femmes, vieillards et enfants. Sarkozy, pour renverser le Président n’a pas hésité un seul instant à massacrer ces milliers de personnes qui formaient un bouclier humain devant cette résidence; et cela au vu et au su de l’ambassadeur de France dont la demeure est voisine.

Il faut que cet ex-Président voyou, bandit, criminel soit traduit devant les juridictions compétentes. Et comme la France, par orgueil, ne voudra pas inculper son ancien Chef d’Etat, il appartient aux personnes physiques et morales (ivoiriennes, libyennes, maliennes, syriennes) victimes de ces crimes de porter plainte à la Cour Pénale Internationale. Il serait fort recommandé que le CNRD, le FPI et tous les groupements politiques des pays mentionnés ci-dessus, dont les ressortissantants ont été massacrés par Sarkozy, prennent officiellement attache avec les tribunaux compétents pour y traduire, au plus vite, ce scélérat. 

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15 mai 2012

Les facteurs géopolitiques de la guerre impérialiste contre la Syrie Première partie : La défaite d’Israël à la deuxième Guerre du Liban (2006)

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Généralités

La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît [1]. Contrairement à ce que les médias impérialistes ambitionnent, l’image mensongère des événements en Syrie, qu’on fabrique inlassablement, se décompose rapidement et constitue de nouvelles substances, une fois qu’une lecture critique de l’épisode syrienne du prétendu « Printemps arabe » soit impliquée. En effet, une telle lecture doit prendre comme objet d’analyse les intérêts stratégiques des puissances impérialistes au Moyen-Orient, depuis la floraison des violettes odorantes du « Printemps arabe », arrosées soigneusement par la Sainte-Alliance arabo-atlantique, jusqu’au lendemain du retrait des troupes étatsuniennes de l’Irak, en décembre 2011.

1. Les deux approches sur la guerre contre la Syrie

Dans l’arène médiatique, deux discours contradictoires s’opposent sur la lecture des événements en Syrie : d’un côté, les médias arabo-atlantiques – liés naturellement aux centres de force impérialistes – de l’autre côté les médias alternatifs et résistants.

En ce qui concerne les ambitions des médias arabo-atlantique, il est tout naturel.

D’abord, on commence par falsifier les données du terrain, pour que les choses se montrent sur la scène comme « épisodes de l’épopée humaine, âpre, immense, — écroulée » [2] ; une sorte de bataille épique entre les forces du bien et celles du mal ; ensuite, on diabolise le personnage de l’Autre – ici le gouvernement syrien – jusqu’au point où l’on voit en lui un Hashmodai [3] , un Astaroth [4] ; enfin, on glorifie les groupes islamistes armés ; on les angélise jusqu’au point où on les présente comme moines méditateurs, portant l’étincelle de « Liberté, Justice, Démocratie ».

Ceci implique, évidemment, le recours à toutes sortes d’opérations cosmétiques pour manipuler les émotions d’une grande partie de spectateurs, « cadenassés » devant des grands écrans, diffusant des spectacles majestueux, chef-d’œuvre de la propagande arabo-atlantique.

En ce sens, toute lecture se référant seulement à la propagande arabo-atlantique et au discours misérable du Conseil national syrien acquiert, selon nous, une valeur de charlatanerie politique, qui ne sert qu’à éveiller, même dans le cœur de l’honnête sultan mamelouk, un agréable sentiment de solidarité avec la prétendue « révolution » syrienne.

Quant à notre approche, qui fait partie de l’ensemble du discours alternatif sur la guerre impérialiste contre la Syrie, voici ce qu’elle en est.

Premièrement, la guerre impérialiste contre la Syrie, déguisée en costume de révolutions parfumées, vise 1) à fragmenter ce qui fut déjà fragmenté par une série d’accords et de traités entre puissances coloniales au lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918 [5] ; 2) et cela en poussant chaque groupe religieux, chaque ethnie, chaque ruelle ou venelle, composants de l’hétérogénéité syrienne [6] , à se déclarer État indépendant. Le premier point constitue un point de départ, ou le réel objectif de la soi-disant « révolution » syrienne ; le deuxième constitue un point d’arrivée ou l’objectif réel d’une telle « révolution ».

Par contre, ce qu’il ne faut pas oublier – malgré le brouhaha des hâbleurs de la propagande impérialiste – c’est que les puissances coloniales n’ont jamais cessé de s’intervenir dans les affaires des États du Levant, depuis la naissance de ces derniers au cours du XXe siècle.

Deuxièmement, en ce qui concerne la rapidité des événements qui ont poussé vers une croissance de menaces et d’agressions contre la Syrie, nous les considérons comme résultat d’un bouleversement tsunami qui eut frappé le rapport de force établi au Proche-Orient entre deux camps belligérants pendant la deuxième Guerre du Liban (2006), l’État hébreu et le Hezbollah, et les circonstances négatives de la défaite israélienne à cette guerre sur les intérêts et les plans expansionnistes de l’Empire étatsunien dans la région. En effet, la défaite d’Israël à la guerre de 2006 a mis l’État hébreu – allié stratégique de l’Empire étatsunien –, et les émirats et sultanats arabes – dociles et subordonnés à l’Empire, naturellement – dans une situation critique face à la montée de la nouvelle super puissance iranienne, dont les alliés régionaux sont l’Irak, la Syrie, le Liban et la bande de Gaza.

2. Première défaite : Le retrait de mai 2000

Tout débuta quelques mois après le commencement du troisième millénaire, la nuit du vingt-troisième jour du mois de mai de l’an 2000.

Dans l’obscurité de cette nuit noire, l’armée israélienne, Tsahal, se retira précipitamment du Sud-Liban, après vingt-deux ans d’occupation. Ce retrait fut baptisé « opération long souffle ». Fer de lance de la résistance libanaise, le Hezbollah, mouvement intégriste chiite, imposa son emprise sur la défunte « zone de sécurité », créée par les forces d’occupation israéliennes. Cela entraina un séisme au niveau du rapport de force dans la région.

Vu du Liban, ce retrait fut interprété comme éclatante victoire de la « résistance », incarnée par le Hezbollah, qui mène, depuis 1982, une lutte féroce contre l’État hébreu. En plus, Tsahal, qui était considérée comme « la meilleure armée du monde », fut humiliée et obligée de quitter inconditionnellement le Sud-Liban pour limiter ses pertes humaines. C’était la première fois que l’armée israélienne se retira d’un territoire arabe sous pression militaire.

 

3. 1. Deuxième défaite : La deuxième Guerre du Liban (2006)

Six ans après cette défaite militaire et morale, le 12 juillet 2006, environ neuf heures du matin, les combattants du Hezbollah libanais attaquèrent un blindé israélien sur le territoire de l’État hébreu, capturèrent deux soldats et se disparurent dans le brouhaha matinal des villages libanais. Une heure plus tard, un autre blindé israélien, qui eut franchit la frontière pour récupérer les deux captifs, fut détruit à son tour. Le bilan était huit morts et deux captifs parmi les soldats israéliens, et deux morts dans le camp du Hezbollah. L’État hébreu n’attendait que ça. Avec une rapidité de réaction étonnante pour un pays pris par surprise, il massa une division de réservistes à sa frontière avec le Liban.




3. 1. 1. Les objectifs de Tsahal

En ce qui concerne les objectifs des opérations militaires, Israël en précisa trois : 1) récupérer les soldats enlevés par le Hezbollah ; 2) stopper le tir de roquettes sur les villes israéliennes ; 3) contraindre le gouvernement libanais à appliquer la résolution de l’ONU, à savoir désarmer le Hezbollah et se déployer le long de sa frontière nord.

Au nom d’un principe « d’isolement du théâtre des opérations », un blocus des ports et aéroports, la déconnexion de la route de Damas-Beyrouth, le bombardement des ponts et l’attaque des réservoirs d’essence sont décidés par l’État-major de Tsahal. Ce dernier visait à empêcher le passage des soldats capturés vers le Nord du Liban ou l’Iran, la fuite des combattants du Hezbollah vers le Nord, l’envoie de réservistes et de renforts vers le Sud et l’approvisionnement de la logistique du Hezbollah.

Quelques heures plus tard, Tsahal attaqua de nombreuses cibles tout au long du Liban. L’aviation israélienne bombarda routes, ponts, centrales électriques, centrales téléphoniques et l’aéroport de Beyrouth, provoquant la « plus grande catastrophe écologique en Méditerranée ». La réponse de l’État hébreu fut jugée « disproportionnée » par l’ONU, mais soutenue par l’Empire étatsunien, qui estimait, comme la Grande-Bretagne, que l’État hébreu avait le « droit à l’autodéfense ».

En ce qui concerne le déploiement des troupes, la composante d’active de l’armée israélienne engagée au Liban comprenait les brigades suivantes : la 7e Brigade blindée sous la commande du colonel Eshel Assulin ; la 188e Brigade blindée ; la 401e Brigade blindée, sous la commande du colonel Moti Kidor, et les 434e et 847e Brigades blindées, avec un total de 400 chars de combats. Elle comprenait aussi la 2e Brigade Carmeli ; la Brigade d’infanterie Golani, sous la commande du colonel Tamir Yada ; la 300e Brigade commandée par le colonel Chen Livni ; la 609e Brigade Alexandroni, sous la commande du colonel Shlomi Cohen et la 933e Brigade Nahal, sous la commande du colonel Micky Edelstein. Enfin, elle comprenait aussi trois brigades parachutistes : la 35e Brigade parachutiste, commandée par le colonel Hagaï Mordecahaï ; la 226e et la 551e de réserve [7] . 

3. 1. 2. Les objectifs du Hezbollah

Les objectifs militaires du Hezbollah furent déterminés dès le premier jour de la guerre : 1) garder en main les soldats captifs ; 2) continuer le tir des rafales de Katioucha sur les villes et communes israéliennes ; 3) stopper l’avancement de l’infanterie et des brigades blindées israéliennes au moment de leur pénétration en territoire libanais, et les détruire dans les vallées et les sentiers des villages frontaliers.

Et la bataille commença !

D’abord, l’armée aérienne israélienne [8] bombarda des ponts, des axes routiers et des installations permettant au Quartier-général du Hezbollah de communiquer avec ses combattants. Ensuite, Tsahal tira 19 400 bombes, 2 200 missiles et 123 000 obus d’artillerie [9]. Enfin les troupes se précipitèrent vers l’autre côté de la frontière.

De l’autre côté de la frontière, au village de Maroun al-Ras, quarante-cinq hommes du Hezbollah se tenaient prêt dans leurs positions.

Après onze jours de combats féroces et de bombardements aériens intensifs, les soldats israéliens réussirent finalement, « par pitié du Très-Haut », à pénétrer les lignes défensives du Hezbollah, suivis de gloussement de poules et de beuglement de moutons dispersés sur les collines des villages voisins, pour chasser les quarante-cinq hommes du Hezbollah, se trouvant sur les lieux. L’armée israélienne sécurisa une petite zone de un kilomètre de profondeur en territoire libanais, après une longue bataille, qui fit éveiller en nous les carnages spectaculaires de la série « Astérix et Obélix », où des milliers de légionnaires romains se trouvent massacrés par deux villageois gaulois et quelques.

Ainsi tomba le village de Maroun al-Ras aux mains de l’armée israélienne, le vingt-troisième jour du mois de juillet, et l’avancement des brigades blindées de Tsahal, qui n’osaient plus s’aventurer au-delà de ce point, fut stoppé définitivement par les combattants du Hezbollah.  

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14 mai 2012

François Hollande et la Françafrique: l'espérance illusoire des africains.

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« La France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique. Les flux entre la France et l’Afrique représentent 2% de notre économie ».

 

18 mai 2006 à Bamako au Mali.

 

 

« Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et des obsolescences qui perdurent de part et d'autres de la Méditerranée. Cela implique plusieurs changements de fond…
D'abord, cette relation doit être plus transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés.
Il nous faut aussi ne pas nous contenter de la seule personnalisation de nos relations. Les relations entre des Etats modernes ne doivent pas seulement dépendre de la qualité des relations personnelles entre les chefs d'Etat, mais d'un dialogue franc et objectif, d'une confrontation des intérêts respectifs, du respect des engagements pris.
… Notre relation doit être décomplexée, sans sentiment de supériorité ni d'infériorité, sans sentiment de culpabilité d'un coté ni soupçon d'en jouer de l'autre, sans tentation de rendre l'autre responsable de ses erreurs. A nous Français de renier tout paternalisme, d'exclure toute condescendance à l'endroit des Africains. Et surtout plus de respect. Nous ne savons pas mieux que vous quel est le bon chemin. Je refuse la posture d'une France donneuse de leçon. » 19 mai 2006 à Cotonou au Bénin.

 

L’auteur de ces propos cités est Nicolas Sarkozy, à l’époque, ministre de l’intérieur et de l’immigration, candidat de l’UMP à la présidentielle de 2007. Sarkozy sera élu président de la France un an après avoir tenu ces propos en terre africaine. On aurait donc attendu que les relations entre la France et ses territoires africains sous sa présidence se déroulent autrement. Erreur ! Les mots sont les mots. Les actes sont autre chose. La Françafrique, ces relations mafieuses que la France entretient avec l’Afrique depuis les années De Gaulle s’est plutôt renforcée à la grande déception des optimistes béats qui avaient vu dans l’avènement de Sarkozy au pouvoir une nouvelle donne.

 

 

 

Pourtant, les choses s’annonçaient bien pour ces optimistes. Jean-Marie Bockel, transfuge du parti socialiste a rejoint Sarkozy qui lui attribua le secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la Francophonie. Le ton se voulait volontariste et en rupture avec le passé fait de vols et de pillages en faveur de la France et les satrapes qu’elle a placés à la tête des territoires africains. Dans une interview publiée dans Le Monde du 16 janvier 2008, Bockel déclarait : « j’ai adhéré au discours de Nicolas Sarkozy sur l’Afrique. Je souhaite que les choses changent. Or la rupture tarde à venir. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d’intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d’égal à égal. La "Françafrique" est moribonde. Je veux signer son acte de décès. Il ne s’agit pas de faire la morale, mais d’aider au développement. » Le 18 mars 2008, Bockel est mis dehors, renvoyé au dossier des Anciens combattants et remplacé à la coopération par Alain Joyandet, un françafricain bon teint que Claude Guéant s’empressa de présenter à Omar Bongo Ondimba. Reçu sur France24, Alain Joyandet assèna : "le détournement d’argent public en Afrique ? Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de notre expression" 
", le pillage des cerveaux africains ? C’est nous qui allons envoyer des cerveaux en Afrique",
 "je souhaite plus d’influence française, j’ose le mot, plus d’influence française" 
ou encore "si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs". La petite tempête dans le Bockel prit fin et tout est redevenu normal dans la continuité affairiste comme au temps de De Gaulle, de Pompidou, de Giscard, de Mitterrand et de Chirac.

 

Parmi tous ces présidents français, l’arrivée de Mitterrand à l’Elysée fut celle qui avait le plus suscité chez de nombreux tiers-mondistes l’espérance d’une rupture avec la Françafrique. Erreur là aussi. Puisque Jean-Pierre Cot, ministre délégué à la Coopération et au Développement, qui en « faisait trop » pour que le pillage de l’Afrique soit réduit –réduit, pas supprimé - fut démis de ses fonctions le 7 décembre 1982 et remplacé par Christian Nucci. A l’époque, Lionel Jospin, Premier secrétaire du PS et très proche de Mitterrand, justifia ce remplacement en affirmant qu’il "n'est pas lié au fait qu'un homme incarne la lutte pour les droits de l'homme, les autres se situant sur le terrain du réalisme ". La suite est connue : assassinat de Thomas Sankara, coups d’état, tartufferie discursive de la Baule, sabotage des soulèvements populaires des années 90 court-circuités puis déviés vers les fameuses conférences nationales souveraines, appui à la répression sanglante des tyrans africains, scandales politico-économiques (Elf)…génocide au Rwanda en 1994. Le bilan de la Gauche française en Afrique est tout autant lourd que celui de la Droite. Aucun des dirigeants français n’a désobéit aux lois qui gouvernent les relations avec l’Afrique définie par Foccart comme « l’arrière-cours » de la France. Ces pratiques s’inscrivent d’ailleurs dans la logique coloniale qui déclara la France une puissance africaine. Aussi, faut-il rappeler que les initiateurs de la colonisation française que furent Gambetta, Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum étaient des Républicains de gauche ?

 

Curieusement, on voit aujourd’hui beaucoup d’africains se réjouir de l’arrivée de François Hollande à l’Elysée en remplacement de Nicolas Sarkozy. Ces réjouissances ont quelque chose de triste et d’aberrant. Car c’est à croire que le changement de maître change soudainement le statut de l’esclave. Au lieu d’appréhender sa situation dans son exactitude et se battre pour s’affranchir de ses chaînes, l’esclave préfère compter sur l’humanité du nouveau maître, la bonté de son coeur, sa gentillesse et sa bonne mine. L’esclave attend des réformeshui parce que Hollande a promis la finurd'ès, Léon Blum ains de gauche?nçaise que furent Clemenceau, Jaurèser avec les autres su. Des africains espèrent un soulagement opéré par décret depuis l’Elysée. Quelle lucide appréciation des réalités des relations entre la France et l’Afrique ? C’est désespérant ! Cette attitude d’espérance fondée sur le sourire et les mots du nouveau locataire de l’Elysée confirme ce qu’a dit Thomas Sankara : « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». Oui, l’esclave qui confie sa libération à la bonne volonté de son maître a fait le choix de ses chaînes. Il ne mérite donc pas d’être pleuré.

 

Nos prédécesseurs Samory Touré, Béhanzin, Chaka, Lumumba, Biko, Sankara, Olympio, Um Nyobè, Moumié et les millions d’africains assassinés par le colonialisme sont-ils morts pour rien ? Ces martyrs se sont-ils sacrifiés pour voir leurs descendants se complaire dans une espérance réformatrice indiquée par Paris, Londres, Washington, Bruxelles…Pékin ? Ces dignes fils d’Afrique auraient-ils espéré une amélioration des choses de ces capitales que leurs noms n’auraient même pas figuré dans notre patrimoine. En ayant les yeux rivés sur un éventuel « geste », « quelque chose » de ces capitales, nous leurs successeurs nous montrons indignes de nos prédécesseurs et dignes de nos fers.

 

Au fond qu’a promis François Hollande ? La fin de la françafrique. Au point 58 de ses 60 engagements il promet : « Je développerai la relation de la France avec les pays de la rive sud de la Méditerranée sur la base d’un projet économique, démocratique et culturel. Je romprai avec la « Françafrique », en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité. Je relancerai la francophonie. » Rompre avec la Françafrique et construire de nouveaux rapports basés sur l’égalité et la solidarité. Voilà la promesse que certains font semblant de n’avoir jamais entendu. C’est nouveau chez beaucoup d’africains incapables de saisir la place qu’occupe l’Afrique dans ce qui est appelé les relations internationales. Même si en pleine campagne électorale en février 2012 on avait vu Laurent Fabius, pressenti au ministère des affaires étrangères sous Hollande chez l’héritier Ali Bongo au Gabon, un des plus grands financeurs de la vie politique française, pour beaucoup d’Africains, « le changement c’est maintenant ».

 


Laurent Fabius chez Ali Bongo, février 2012

 


Sarkozy avait-t-il promis et dit autre chose à propos de la Françafrique ? Et Chirac ? Et Mitterrand ? Et Giscard ? Et Pompidou ? Et De Gaulle ? Qu’ont-ils de leur promesse ? Les peuples qui ignorent les faits du passé sont condamnés à les revivre. En faisant comme si les dirigeants français n’avaient jamais parlé de la fin du pillage françafricain, les africains qui sautent de joie aujourd’hui pour la promesse Hollandaise vont vers une immense désillusion. Le Franc CFA sera maintenu, l'agriculture coloniale sera conservée, les bases militaires françaises aussi, la coopération franco-africaine et les aides au développement, véritable drain des richesses africaines vers les donateurs, vont continuer, la francophonie et ses rituels seront maintenus, les coups d’état nécessaires seront réalisés, les tyrans stabilisateurs seront confirmés et renforcés, les immigrés africains « inutiles » et jetables seront toujours renvoyés, les multinationales françaises seront toujours reines sur nos terres. L'Alliance Française, les Centres Culturels Français, Radio France internationale et France 24 seront toujours là pour labourer la tête aux africains. Les bourses données aux étudiants "méritants" et qui font partie d’un vaste programme d’asservissement culturel seront toujours disponibles: arrivés au pouvoir d’une manière ou d’une autre, ces "méritants" auront une grille de lecture qui leur aura été inculquée. Et les pseudo-ordres constitutionnels seront toujours là pour verrouiller les choses avec l’appui d’un dispositif militaro-policier terroriste. Peut-être que tout ceci se fera avec moins de bruits et moins d’ostentation que par le passé, mais ça se fera. Car, plus que tout ce sont la logique de puissance et celle des intérêts qui guident les puissances mondiales parmi lesquelles se trouve la France. Il n’y a pas eu Révolution en France. C’est l’alternance démocratique avec tout ce qu’elle implique y compris dans le principe de continuité de l’Etat, notamment sur le plan international. Il n’est pas non plus débuté une Révolution dans les territoires africains pour remettre la main sur ce qui appartient au peuple africain. De plus, la parole d’un socialiste français ne vaut pas plus que celle d’un libéral français. Les intérêts nationaux priment sur les promesses électorales en direction de l’Afrique. La logique déclarative aurait voulu que Sarkozy qui était allé jusqu’à dire en terre africaine que la France n’a pas besoin de l’Afrique sorte son pays du continent dès son arrivée à l’Elysée. Que nenni ! La France a renforcé sa présence et a fait de multiples interventions armées directes, soit pour sauver ses satrapes comme au Tchad, soit en détruisant des dirigeants insoumis comme en Libye et en Côte d’Ivoire montrant effectivement que la France est une puissance africaine. Les réseaux, promis à la destruction par Sarkozy dans son discours à Cotonou en mai 2006, ont plutôt prospéré avec Robert Bourgi, Bruno Joubert, Claude Guéant et leurs différents référents tapis dans l’ombre.

 

Dans les milieux africains où la confiance dans la volonté du maître est plus forte que tout, on dit que Hollande sera « moins pire que Sarkozy». Oui, Sarkozy a été brutal. Qui peut le nier ? Il a parlé aux africains qu’il déteste avec arrogance, mépris et condescendance du haut de ses 155 centimètres talonnettes comprises. Il est raciste. Par ses discours, Nicolas Sarkozy a injurié ouvertement les africains à de nombreuses reprises. Par les guerres qu’il a menées ouvertement en Afrique, Sarkozy est vu comme le plus mauvais des dirigeants français vis-à-vis de l’Afrique. Ce jugement, au fond, n’est qu’une mauvaise appréciation des réalités. Aucun locataire de l’Elysée n’est disposé, compte tenu de l’importance de l’Afrique dans la politique française, à lever la main. Tous ont eu et auront une politique ouvertement ou secrètement d’exploitation et de mépris à l’égard de l’Afrique tant que les africains ne décideront pas d’y mettre fin. Qu’elle soit ouverte ou discrète, la domination c’est la domination. Le Hard Power (puissance militaire) qu’on peut attribuer à Sarkozy ou le Soft Power (diplomatie d’influence) qu’on peut attribuer à Hollande sont appelés à produire le même résultat : le renforcement d’une Afrique au service de la France. Il faut souligner que le Soft Power, grâce à sa discrétion et ses pratiques de réseaux, avançant un discours apaisant et visiblement pacifique et humanitaire à la bouche, se révèle très souvent plus efficace et moins saisissable que le bruit et les canons déployés par le Hard Power. Ce serait donc une grave erreur de penser que parce que le nouveau président français a un style différent, une méthode de travail différent il serait porteur de la rupture. La France, puissance nucléaire, qu’elle soit dirigée par la Gauche ou la Droite, le Centre ou les Extrêmes utilise et utilisera les deux pratiques alternativement ou simultanément si les circonstances le commandent. Elle ne se débarrassera pas de ses attributs de puissance pour faire plaisir à, on ne sait quel peuple.

 

Toutes les sociétés qui se sont affranchies de la tutelle extérieure l’ont fait par leurs propres actions. Des actions endogènes qui, peut-être, finissent par la conclusion d’un accord ou un traité autour d’une table et endiguant ou paralysant ainsi la capacité de nuisance de ces attributs de puissance que déploient jusque-là leurs détenteurs. Visiblement, nous autres Africains aimons la liberté donnée, des indépendances octroyées et pas conquises de hautes luttes. En voulant la liberté sans en payer le prix, nous faisons le choix de la servitude pour toujours. Car, quiconque confie la décision de sa libération à son maître est condamné pour toujours à la servitude. Il en est ainsi aussi bien des individus que des peuples.

 

Nous voulons toujours ramer à contre courant des lois de l'histoire. Nous offrons le visage d’un peuple qui n'a rien compris et qui ne veut rien comprendre dans un monde où être faible signifie disparaître et avoir des maîtres signifie misère, appauvrissement, sous-développement éternel. En nous présentant en agneaux dans un monde de loups, nous faisons de la provocation en direction des loups.

 

Les peuples qui trouvent des solutions à leurs problèmes ne sont pas ceux qui attendent qu’une puissance ouvertement coloniale leur ouvre les portes du paradis. Ce ne sont pas ceux qui espèrent que de bons esprits finiront par surgir dans la métropole pour mettre définitivement fin à leur exploitation ou leur apportent un « léger mieux ». Au contraire, ce sont les peuples qui se rassemblent, qui font leur unité et se battent pour refaire leur unité territoriale. Ce sont les peuples qui maîtrisent leur espace, qui l’occupent effectivement et le protègent par des dispositifs aussi bien juridiques que militaires. Ce n’est qu’à ce prix que ces peuples peuvent constituer des entités vivantes, solides, autonomes, respectées et peuvent échanger avec les autres sur la base de l’égalité et de confiance. Le reste n’est qu’ignorance suicidaire. En espérant la natte des autres, on finit par dormir à même le sol.

 

Nous avons affaire à un système avec des ramifications diverses et non à un individu, tout puissant président fut-il. Et ce système françafricain ne bougera pas tant que nous, africains, resterons immobiles. La mission libératrice nous revient. Ou bien nous sommes capables de la mener et nous serons maîtres de notre destin collectif, ou bien nous en sommes incapables et dans ce cas nous serons condamnés à espérer vainement des réformes promises par nos dominateurs.

 

RAPPEL: François Hollande a dirigé le Parti Socialiste français en tant que Premier Secrétaire de 1997 à 2008. Il n'a pas opposé de résistance à la politique française en Afrique. Le parti socialiste n'émet jusqu'ici que de molles critiques contre la Françafrique faite de hold-up électoraux, de coups d'état, de corruption, de pillage des richesses africaines par les entreprises françaises avec la complicité des tyrans au pouvoir. Récemment, François Hollande a soutenu les guerres de la France contre la Libye et la Côte d'Ivoire. Pour François Hollande, le président Laurent Gbagbo est infréquentable et se comporte comme un "dictateur, il n’y a pas d’autres mots, il n'a aucune place dans les réunions socialistes au plan international". Les intérêts français avant tout! C'est normal.

Komla KPOGLI
Web
. http://lajuda.blogspot.com

20 avril 2012

Le Mali, une terre riche, un Etat endetté...

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L’attitude du pouvoir politique malien et le contrôle de la région par la France s’expliquent-ils par le problème du contrôle des richesses et de l’indépendance économique du Mali ?

Effectivement, il y a un contrôle autant politique qu’économique. C’est toute la politique enjointe par la France et le FMI avec son réajustement structurel qui a barré la route aux développements possibles.

Qu’est-ce que le FMI a dit au Mali et dans quelles circonstances ?

Le marché mondial a provoqué un appauvrissement du pays par étranglement. Un des mécanismes d’étranglement était la spéculation sur le coton. Dans les années nonante, le FMI a engagé le Mali dans une production à grande échelle de coton pour l’exportation. Le marché mondial a réduit fortement le prix du coton malien. Cette spéculation a endetté le Mali. Ils se sont tournés vers le FMI qui leur prêtait de l’argent sous les conditions de sacrifier tous les investissements publics et de s’ouvrir à l’investissement étranger.

Résultat, toutes les richesses et ressources naturelles ont été bradées. Le chemin de fer a été vendu à une compagnie canadienne pour 107 millions de Francs CFA, autant dire rien du tout. C’est un pillage !Pour ce qui est des mines, les multinationales ont acheté les terres aux paysans à 54€ pour 7 hectares. Les paysans se retrouvent sans rien après.

Et qui achetait ces terres ?

Morila SA, c’est la société d’extraction qui appartient à Anglogold issue du consortium Anglo American et à Randgold qui appartient à Oppenheimer-Debeers (monopoliste sud-africain).

Avec quels intérêts ?

L’intérêt est le contrôle total sur le pays. Le Mali est disséqué. Regardez la carte minière du Mali. C’est un territoire qui a été privatisé et repartagé comme un gâteau entre les multinationales.

Que pouvez-vous nous dire sur l’Office du Niger ?

L’Office du Niger est la régie des terres de rizières dans le delta intérieur du Niger non loin de la ville Ségou. Cet Office appartient à l’Etat. Il y a une énorme plaine très bien irriguée par le Niger se trouvant en aval du barrage de Markala. La plaine a un potentiel de production de riz de plus d’un million d’hectares. Elle a la capacité de nourrir toute l’Afrique de l’Ouest ! L’Office du Niger a la responsabilité d’entretenir toute cette plaine.

Les paysans ont-ils le droit d’exploiter cette plaine ?

Oui, ils peuvent exploiter à condition de louer ces terres. Concrètement, ils payent une redevance sur l’entretien du réseau d’irrigation. Ces taxes sont coûteuses et ne servent qu’à remplir les poches des personnes qui sont au pouvoir. En plus de toute l’infrastructure qui accompagne l’Office : il y a des usines d’engrais, des usines d’huiles qu’ils extraient à partir des noyaux de coton.

Toute les infrastructures du domaine public ont été liquidées. Aminatou Toumani Touré, le président déchu, les a vendues les unes après les autres pour pas un sou aux multinationales et aux fonctionnaires corrompus. Dans toutes ces terres vendues, le pouvoir a chassé les paysans par milliers.

Comment les paysans ont-ils vécu cela ?

Cela a éveillé un mécontentement énorme. Il y a eu des luttes armées. Un des élus locaux, du parti SADI (opposition de gauche) a été assassiné juste après l’élection. Après cela, une loi a été érigée sur la réforme agraire. Elle consiste à donner un titre de propriété d’une terre à qui la revendique. Traditionnellement, les terres appartiennent à la collectivité. Mais comme les paysans sont endettés, ils ne peuvent que les vendre, c’est un cercle vicieux !

Propos recueillis par Michel Collon, Mouâd Salhi et Fatma Kassoul
pour Investig'Action michelcollon.info

http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6631

14 avril 2012

Géopolitique de la déstabilisation : de la Libye au Mali

L'actuelle implosion du Mali était elle en partie prévisible? Si de l'avis de nombre d' observateurs,le coup d'Etat des putschistes contre ATT ne l'était pas, la descente vers le Sud des guerriers touaregs a été anticipée, peut être encouragée, par des géopoliticiens en chambre qui , en continuant , risquent de mettre le feu aux poudres de toute l'Afrique de l'Ouest.

La situation peut s' apprécier non seulement par rapport à la spécificité touareg et à leur longue histoire de révoltes pour créer un foyer national, mais aussi comme conséquence perverse de l'aventure libyenne; cependant la configuration entre régimes autoritaires et oppositions en l'Afrique de l'Ouest , en interdépendance croissante, vient de changer très vite, et ne se réduit pas à l' opposition apparente entre « démocraties », vs régimes putschistes: Burkina et Niger, Algérie et Mauritanie, pour des motifs différents, sont concernés par une éventuelle extension du conflit , tandis que la Cote d' Ivoire et les autres pays sahéliens appréhendent les retombées de l' implosion malienne.

Dans cette géopolitique ouest africaine, on constate clairement un nouveau vecteur Nord / Sud dans l'extension des conflits, qui résume d'ailleurs les deux obsessions de l'administration américaine:l'extension d'Aqmi( et des autres mouvements islamistes comme Ansar El Dine) vers le Sud et le pétrole du Golfe de Guinée, à travers l’expansion d'un islam de moins en moins confrérique et consensuel ; migration religieuse historiquement liée aux migrations dyoula , dont l'arrivée au pouvoir d'Alassanne Ouattara il y a un an à Abidjan marque un point d'orgue.

Car si cette accession à la présidence, grâce à l'intervention franco-onusienne d’avril 2001, après des élections contestées, n'est en rien religieuse, une dimension interne Nord/Sud, ethnopolitique, apparaît clairement:les guerriers nordistes (du Nord ivoiriens ou de l'aire d' influence mandingue, comme ceux venus du Burkina) rebaptisés FRCI commettent jour après jour des exactions sur les populations sudistes- au point que des organisations des droits de l’Homme plutôt pro -ouattara comme Human Right Watch commencent à s'impatienter.

Si l'on ajoute, par le biais d'un « rattrapage ethnique » discriminatoire, une construction d'un « Etat dyoula », le fait que le camp RDR pro Ouattara- et son armée soient très majoritairement musulmans, les pro Gbagbo dans l'ensemble chrétiens ou partisans de religions ivoiriennes spécifiques (prophétismes, mouvements religieux locaux, etc..) provoque un sourd malaise: le conflit qui n'est en rien calqué sur des divisions idéologiques « à l'occidentale » (nul ne vote pour M. Ouattara en tant que champion du néolibéralisme...), mais comporte un clivage ethno régional que les analystes occidentaux feignent d' ignorer, et qui risque de dégénérer.

Si nul ne parle de djihad , des insultes réciproques inquiètent:les sudistes seraient pour les dyoula:  « infidèles », « sauvages », des hommes du « bush », de la forêt; l'inverse est tout aussi méprisant. Plus concrets sont les liens de certains « com- zone » nordistes avec des trafics sahéliens, de drogue ou d'armes qui tissent des liens ambigus avec Aqmi ou d'autres mouvements islamistes, tandis que fleurissent les posters de Ben Laden parmi les combattants sahéliens et ivoiriens nordistes.

D'où la volonté du pouvoir ivoirien actuel , lié plus encore aux Etats Unis qu'à la France, de contenir ses propres troupes, et via la CEDEAO de mettre au pas les putschistes de Bamako aussi bien que les indépendantistes touaregs ou islamistes d'Aqmi qui risquent à terme de les déstabiliser en basculant leur pays dans des conflits à dimension confessionnelle plus forte- ce qui leur ferait perdre très vite l’appui des puissances occidentales.

Le Mali est effectivement à mi-chemin des deux interventions françaises de 2011, entre Côte d'ivoire et Libye. Au delà des problèmes éthiques, électoraux, ou militaires, il semble que l'on n'ait pas mesuré à Paris l’influence de la déstabilisation de ces deux pays sur les relations internationales africaines, même du point de vue des intérêts français.

L'absence d'Etat en Libye (la Jamahiriya, Etat des masses de Kadhafi correspondait aussi à la segmentarité , la violence continue des tribus libyennes sur la longue durée) aboutit en un risque d’affrontement généralisé dans ce pays, tandis que l'énorme arsenal sans contrôle, après le conflit, menace tout le Sahel, de l’Algérie à la Mauritanie, du Mali au Niger-probablement le prochain pays touché, ne serait parce que l'Azawad, cette esquisse d’État touareg, s'appuie sur le nord de ce pays, menaçant les riches gisements d’uranium géré par Areva au profit de la consommation française.

Tout se passe comme si des considérations médiatiques ou politiques d’intérêt immédiat: faire tomber le « Roi des rois » libyen-il y a peu reçu en grande pompe à Paris, ou un président critique quant aux charmes de la Françafrique-Laurent Gbagbo , avait fait mal analyser les conséquences des deux interventions. Notamment celle des milliers de missiles libyens disséminés dans la « zone grise » sahélienne au profit, entre autres, des mouvements islamistes; ou de l'armement des indépendantistes touaregs implicitement encouragés à revenir au Mali avec armes et bagages;le « lâchage » discret du président Toumani Touré et l'encouragement à négocier avec la rébellion touareg a aggravé la situation:le coup d'Etat à Bamako en est la conséquence.

On ne peut impunément encourager la rébellion ivoirienne depuis 2002, l’armer et l'encourager à prendre le pouvoir, mettre au point un modèle français d'interventionnisme -digne des USA en Irak, en créant des oppositions armées en Libye ou Syrie, et s'étonner que la rébellion touareg se sente autorisée à abattre l’armée et même l'Etat malien.

Le résultat de cette politique de Gribouille géopolitique n'est pas brillant: outre les milliers de nos compatriotes qui sont littéralement assignés à résidence dans les pays sahéliens pour cause d’insécurité, la progression des mouvements islamistes fortement armés fait craindre un no-mans-land sahélien: comme si 'on avait installé , à force de maladresses, un Afghanistan nomade aux portes de la France!Les intérêts français, pétrole,uranium notamment sont menacés dans une zone autrefois stable; le ressentiment augmente contre l’influence française chez les africains francophones, bien au delà du sahel.

Jouer le MNLA touareg contre Aqmi, encore une brillante idée de stratèges bien parisiens, capable d 'enflammer la zone sahélienne!Confier l' embargo contre des putschistes à des présidents qui ont accédé au pouvoir par des rébellions ou des coups de force serait savoureux si ce modèle n’était tragique: famine et conflits risquent de provoquer dans les semaines à venir une catastrophe humanitaire d'une ampleur jamais vue

Remettre en question la légitimité des Etats ouest africains-déjà fragile, malgré sa lente construction- par des interventions militaires et des ingérences à répétition, 50 ans après les Indépendances, parait un jeu très dangereux sur cette « ligne de fracture » Ouest/ Est séparant des populations négro africaines à la tête des nouveaux Etats, qui s’affrontent à travers des siècles avec les populations touaregs - cherchant aujourd’hui leur revanche à leurs humiliation et relégation. Il faudra désormais en gérer les conséquences.

Notamment le retour vers la Côte d'Ivoire de cette « guerre nomade », qui depuis 1989 a touché bien des pays ouest africains , et qui vient de trouver, un nouveau champ d'action – qui n'est pas exclusif d'un embrasement bien plus large.

Michel Galy
Politologue, professeur de géopolitique à l'Ileri (Institut des relations internationales,Paris

LYNXTOGO

30 mars 2012

Tentative de travestissement de l’Histoire – Entre Wade et Gbagbo, il n’y a pas photo !

 

 

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Le blogueur sénégalais Félix Atchadé réagit ici aux amalgames étranges qui s’opèrent essentiellement en France entre Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo. Pour mieux accabler le second. Avec talent, il éventre un «mythe» bien opportun.

 

Le président Laurent Gbagbo déporté à La Haye – son épouse et son fils embastillés dans le nord de la Cote d’Ivoire, ses principaux collaborateurs contraints à l’exil ou emprisonnés – n’en continue pas moins de hanter les nuits de ses adversaires politiques. Toutes les occasions sont prétextes pour eux d’essayer d’écorner son image de digne fils de l’Afrique, résistant aux assauts des forces impérialistes françaises, américaines regroupées sous la bannière de l’Onu. La dernière occasion en date, est cette tentative de le diaboliser en le présentant comme un mauvais perdant qui aurait dû faire comme le président  Wade  l’a fait le 25 mars 2012 : appeler son adversaire et le féliciter. Ce coup de fil  de dimanche dernier à 21h30 GMT vaut à Wade d’être présenté comme «l’anti Gbagbo».  A priori une telle opposition entre les deux hommes ne pose pas problème si elle s’inscrit dans un processus de comparaison de leurs parcours, leurs formations, leurs  options idéologiques et politiques. Ce qui est inacceptable, c’est que par un subtil amalgame de situations fortement différentes, certains éditorialistes veuillent présenter le président Wade comme le seul, et ceci contrairement au président Gbagbo, à accepter le verdict des urnes comme expression de la volonté populaire. 
De la victoire de Macky Sall à l’appel de Wade

Le verdict des urnes a été sans équivoque le 25 mars dernier. Très tôt, en début de soirée, il était apparu aux observateurs de la chose politique au Sénégal et à tous ceux qui connaissent les données démographiques et les comportements électoraux des populations, qu’on s’acheminait vers un plébiscite de Macky Sall avec un score qu’on avait plus observé depuis la présidentielle de 1983. Cette année-là, le président Abdou Diouf avait été « élu » à la suite d’un scrutin marqué par des votes multiples et des tripatouillages de toutes sortes qui lui ont donné un score soviétique (83%). Depuis cette date, à la faveur d’une meilleure surveillance des scrutins,  les scores ont été plus serrés. C’est donc une raclée électorale mémorable que Macky Sall a infligée à Abdoulaye Wade. 
Dans la tradition électorale sénégalaise, il y a un aspect qui peut paraître folklorique à l’observateur étranger, c’est la longue énumération par les stations radio mais aussi les sites internet et jusqu’à l’Agence de presse sénégalaise(APS) des résultats bureau de vote par bureau de vote. Dimanche dernier, invariablement les résultats que donnaient les stations radio plaçaient Macky Sall en tête avec le double voire le triple des voix de Wade. C’est dans ce contexte qu’a surgi l’appel de Wade. Certes on ne peut dénier que c’était un geste de fair-play mais il permettait tout autant de rendre sans intérêt la soirée électorale sur la bande FM avec son lot de résultats  proclamés. Le président sortant s’épargnait ainsi la honte que le pays tout entier, sache que lui et son fils par exemple ont été laminés dans leurs  bureaux de vote.
Scrutin référendaire

Monsieur Abdoulaye Wade n’aurait jamais dû être candidat à cette élection présidentielle. L’esprit et la lettre de la constitution de 2001 ne permettent pas à quelqu’un qui a fait deux mandats présidentiels de se présenter à un nouveau scrutin. Il a réussi par diverses manœuvres à imposer sa candidature au Conseil constitutionnel. Et c’est à l’honneur de l’opposition sénégalaise d’avoir accepté, au grand désespoir de Wade, le verdict du Conseil constitutionnel et d’être allé aux élections alors que certains en appelaient à la rue pour régler ce contentieux. Dès lors, il est apparu aux Sénégalais que ce scrutin était destiné à savoir qui  était pour ou contre Wade. La preuve en est qu’à la fin du premier tour, sans avoir eu à négocier quoi que ce soit, Macky Sall s’est retrouvé auréolé du soutien de tous les candidats recalés. Ce consensus de la classe politique autour du candidat de l’opposition a pris corps au sein de la société au point qu’au cours du second tour le report des voix a été quasi parfait.
En définitive la candidature d’Abdoulaye Wade  a été un coup de Jarnac porté à la démocratie sénégalaise en ce sens qu’elle a empêché l’expression d’un débat fécond au sein de la société et la possibilité d’un véritable choix.
Le faux mythe

Maître Abdoulaye Wade a souvent entretenu la légende selon laquelle, il a fait vingt-six ans d’opposition. S’il est vrai que son parti en était à son vingt-sixième anniversaire lorsqu’il a été élu en 2000, la vérité veut que l’on rappelle qu’entre avril 1991 et novembre 1992 puis de nouveau entre 1995 et 1998, il a participé aux gouvernements de la  «majorité présidentielle élargie» du président Abdou Diouf.  Et entre 1974 et 1977, Abdoulaye Wade a présenté son parti le PDS comme un parti de « contribution » et non d’opposition au pouvoir du président Léopold Sédar Senghor. Avant de créer son parti en 1974, Abdoulaye Wade a tenté de se faire une place au sein du parti de Senghor sans grand succès.
Par deux fois au moins Abdoulaye Wade a été tenté par l’aventure de l’utilisation des moyens non conventionnels en démocratie pour accéder au pouvoir. Au début des années quatre-vingt, il a envoyé des cadres de son parti en Libye pour y chercher des armes et de l’argent. A la fin de cette même décennie, il a tenté par des groupuscules terroristes qu’il contrôlait d’embraser Dakar par des attentats à la voiture piégée. De guerre lasse, Abdou Diouf qui dirigeait le pays s’est résolu à l’idée que «tant que Wade ne sera pas au gouvernement il ne nous laissera pas travailler».
Le seul élément commun au président Gbagbo et au président sortant sénégalais Abdoulaye Wade est qu’ils ont incarné successivement les figures de l’opposition puis du pouvoir dans deux pays phares de ce que l’on appelle le pré carré français en Afrique. Ainsi est-il surprenant pour l’observateur sénégalais que l’on veuille pour mieux diaboliser Laurent Gbagbo présenter Abdoulaye Wade comme un démocrate ayant grande capacité «d’adaptation» alors qu’il a été un fossoyeur de la démocratie sénégalaise et qu’il a fait prospérer la gouvernance néo-patrimoniale et affairiste de l’État. Pour nous, il n’y a pas photo entre l’humaniste de gauche Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade. Entre le père de la démocratie ivoirienne et celui qui au cours des douze dernières années a tenté avec succès parfois de remettre en cause les acquis des luttes démocratiques sénégalaises.


Par Félix Atchadé

Source : Le Nouveau Courrier : Dernière Mise à jour : 30/03/2012

TELEDIASPORA

 

14 mars 2012

Moscou et la formation du Nouveau Système Mondial

Imad Fawzi Shueibi analyse les causes et les conséquences de la récente position de la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le soutien de Moscou à Damas n’est pas une posture héritée de la Guerre froide, mais le résultat d’une analyse en profondeur de l’évolution des rapports de force mondiaux. La crise actuelle va cristalliser une nouvelle configuration internationale, qui d’un modèle unipolaire issu de la chute de l’Union Soviétique, va évoluer progressivement vers un autre type de système qui reste à définir. Inévitablement, cette transition va plonger le monde dans une période de turbulences géopolitiques.

 

Vitaly I. Churkin, Représentant Permanent de la Fédération de Russie aux Nations Unies.

Certains, comme d’habitude, font le pari que la Russie va changer d’attitude envers le Proche-Orient et reviendra à la position qu’elle avait adoptée dans les affaires libyennes et syriennes. En fait, une analyse de fond de la position russe discrédite cette hypothèse pour les raisons suivantes :

 

La Russie ne peut pas revenir en arrière dans le monde d’aujourd’hui étant donné que Moscou voit dans les événements actuels, et dans sa confrontation avec l’Occident - États-Unis et Europe - l’occasion de cristalliser un nouvel ordre mondial, surpassant l’ordre (si l’on peut appeler cela un « ordre ») qui a prévalu depuis l’après Guerre froide et l’effondrement de l’Union Soviétique ; un ordre caractérisé par l’uni-polarité, et qui tend vers la multi-polarité depuis la guerre de 2006 au Liban.

 

C’est ce que Vladimir Poutine a voulu signifier le 14 janvier 2012 lorsqu’il a annoncé que nous assistions à la formation d’un ordre mondial nouveau, différent de celui qui avait émergé après la chute de l’Union Soviétique. Cela implique que Moscou ira jusqu’au bout pour contrecarrer toute tentative de stopper ce processus, y comprit si cela implique d’aller au conflit. La déclaration du ministre russe des Affaires étrangères selon laquelle l’Occident commettrait une grave erreur s’il s’imaginait pouvoir attaquer l’Iran - suivie d’une autre déclaration de Poutine selon laquelle si l’Occident tentait une action unilatérale sur la scène internationale, Moscou ne resterait pas immobile ; et même répondrait puissamment - n’était rien d’autre qu’un ultimatum signifiant que Moscou n’entendait plus marchander comme ce fut le cas en Irak, ou rester indécis comme en Libye, et qu’aujourd’hui tout concoure à la mise en place de l’ordre mondial nouveau, dans le sillage du retrait stratégique étasunien d’Irak, et au moment où le président Barack Obama annonce une réduction des effectifs des forces US de 750 000 à 490 000 ainsi qu’une réduction du budget militaire à 450 milliards de dollars.

 

Ce qui précède implique l’incapacité de lancer au même moment deux opérations militaires distinctes, mais aussi annonce le démarrage de la confrontation avec la Chine en Asie du Sud-Est (et l’armement de cette région). Beijing a répliqué, le 7 janvier 2012, en déclarant que « Washington n’était plus en mesure d’empêcher le Soleil Chinois de se lever ». Washington est en train de commettre à nouveau la folie d’affronter la Chine, ayant perdu la bataille avec Moscou sur de nombreux fronts, que cela soit dans le grand jeu du gaz au Turkmenistan et en Iran ou sur les côtes orientales de la Méditerranée (avec l’annonce de sa nouvelle stratégie, Washington se retire de la région, tout en s’engageant à garantir la stabilité et la sécurité du Proche-Orient en affirmant qu’il restera vigilant).

 

Poutine, à propos de sa stratégie, a écrit récemment : « le monde s’apprête à rentrer dans une zone de turbulence longue et douloureuse » et c’est à prendre en considération bien au delà des simples déclarations d’intention électorales. Ainsi, il affirme clairement que la Russie ne poursuit pas l’objectif illusoire d’une domination unipolaire en plein effondrement, et qu’elle ne pourra pas garantir la stabilité mondiale, à un moment où les autres centres d’influence ne sont pas encore prêts à assumer collectivement cette charge. En d’autres termes, nous nous trouvons au seuil d’une longue période de confrontation avec le système unipolaire, qui durera tant que les autres puissances influentes n’auront pas consolidé un ordre mondial nouveau.

 

D’habitude, les États-Unis se retirent quand leurs perspectives de succès ne sont ni rapides, ni sûres. Ils savent parfaitement combien leur économie se détériore et combien l’influence de leur force militaire diminue, surtout après avoir perdu son prestige du fait d’un recours intempestif à la guerre. Poutine, bien qu’il réalise que le temps ne fait pas marche arrière, invite les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, du G8 et du G20 à stopper toute velléité de faire émerger des tensions sur des bases ethniques ou sociales, ou des forces destructrices qui puissent menacer la sécurité mondiale. C’est une indication claire du refus dans les instances décisionnelles des tendances religieuses et des groupes armés qui n’adhèrent pas au système des États-Nations. Ces groupes, Poutine les identifie clairement comme les alliés objectifs des États qui sont en train d’exporter la « démocratie » par des voies militaires et par la coercition. Moscou ne fera pas l’économie d’affronter ces tendances politiques et ces groupes armés. Le Premier ministre russe conclut en affirmant que la violation du droit international n’est plus justifiable, même si cela partait d’une bonne intention. Ceci signifie que les Russes n’accepteront plus aucune tentative de la part de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis de remplacer le principe de souveraineté par celui d’ingérence humanitaire.

 

En réalité, les USA ne peuvent pas se retirer complètement du Proche-Orient. Ils sont simplement en train de réaménager cette zone pour une « guerre par proxy ». Ceci advient à un moment où Poutine admet que les puissances émergentes ne sont pas encore prêtes à prendre leur position dans le nouveau monde non-unipolaire. Ces puissances émergentes sont la Chine, l’Inde, et en général les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Ceci implique ce qui suit :

 

Le monde sera désormais moins unipolaire qu’il ne l’a été pendant la période 2006-2011.

Les conflits seront caractérisés par le fait d’être mondiaux, et ils seront accompagnés d’un discours qui ira s’intensifiant donnant l’impression que le monde s’approche du gouffre et risque d’y être engloutit.

 

La règle selon laquelle « les superpuissances ne meurent pas dans leur lit », est une règle qui invite à la prudence à cause des risques de fuite en avant ; surtout quand une superpuissance se trouve hors du système principal auquel elle avait été habituée depuis la Seconde Guerre mondiale, et que ses options se trouveront donc oscillant entre faire la guerre et rehausser la tension dans les zones d’influence des autres. Tant que la guerre entre superpuissances est rendue difficile, sinon impossible, par les armements nucléaires, l’augmentation des tensions et/ou le lancement de guerres par proxy deviennent des alternatives pour les conflits afin de s’affirmer sur le plan international. Il y a aussi l’option d’une redistribution satisfaisante des zones d’influence selon un nouveau Yalta. Aujourd’hui, c’est hors de question, mais qu’en sera-t-il à l’avenir ? Rien ne peut être exclu pour toujours dans l’action politique. Il existe une règle selon laquelle il est possible de vaincre une superpuissance, mais il est préférable de ne pas le faire. Mieux vaut plutôt lui permettre de sauver la face et faire cohabiter nouvelles et anciennes superpuissances. C’est ce qui est arrivé pour la France et la Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale.

 

La plus grave inquiétude concerne la lutte pour la modification du statu quo, qui dépasse en férocité ce que l’on a connu durant la Guerre froide (même si l’époque actuelle diverge par les méthodes utilisées), et ceci durera tant que que les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai ne seront pas en mesure d’assumer leurs positions. Cela signifie que les zones des conflits (Corée-Iran-Syrie) sont vouées à connaitre des troubles sur une longue période. Dans le langage de la politique contemporaine ceci peut être vu comme la porte ouverte à l’effet domino ; à savoir une ouverture sur l’incalculable et le sans précédent, et le passage de luttes limitées à des conflits plus inconsidérés où chacun jouera le tout pour le tout.

 

Il est certain que les pays impliqués dans la lutte seront parties prenantes de la nouvelle partition, et que cette future partition internationale ne se fera pas nécessairement à leurs dépends, en tant qu’ils sont impliqués dans la lutte. La nouvelle partition mondiale se fera en fait au détriment des autres pays se situant en périphérie du conflit, ou qui seront les instruments du conflit. Parmi les règles des conflits internationaux, il en est une qui dit que l’engagement en lui même dicte la répartition - cela s’est vérifié jusqu’à maintenant - à condition que les-dits pays ne perdent pas leur capacité d’initiative, leur libre-arbitre et leur possibilité d’action, et qu’ils suivent le principe de fermeté, qui est la règle fondamentale dans la gestion des périodes de crise.

 

La réalité est que la gestion des crises sera le lot commun pour la phase qui s’annonce, et cela durera peut-être des années. Le vrai danger est que l’on se mette à régler les crises par l’intermédiaire d’autres crises, ce qui signifie que la Méditerranée Orientale et l’Asie du Sud-Est risquent de devenir des zones chroniquement agitées.

 

Imad Fawzi Shueibi Traduction Marie-Ange Patrizio

http://www.voltairenet.org/Moscou-et-la-formation-du-Nouv...

06 mars 2012

Démocrates occidentaux contre démocrates russes

Les démocrates occidentaux sont de grands donneurs de leçons et de grands bienfaiteurs de l'humanité, eux du moins le croient. D'ailleurs, ils ne pensent qu'à imposer partout... leur démocratie !  Même en Russie, où ils tentent de promouvoir les oligarques milliardaires ou les blogueurs fascistes, même dans les pays arabes où ils complotent avec les Islamistes fanatiques extrémistes ayant la démocrate en aversion !

Et en Russie, la démocratie est loin d'être exemplaire, évidemment. Mais la Russie sort du tsarisme et du communisme, et le tempérament russe est plus porté sur l'homme fort que sur la démocratie à la sauce occidentale.  Il y a certainement eu des fraudes, mais à la marge, pas suffisantes en tous cas pour invalider l'élection de Poutine au demeurant très aimé des Russes ayant besoin de sentir qu'on redresse le pays et qu'on lui rend sa dignité (enlevée, justement, par les... démocrates occidentaux avec leur candidat Eltsine et Co). Il est incontestablement élu avec plus de 50 % des voix. Notre Président en serait heureux, et ne tolèrerait pas qu'on s'ingère dans son business électoral ! Et puis, il faut ajouter que les sondages donnaient largement vainqueur Poutine, comme d'ailleurs (petite piqûre de rappel) Gbagbo en Côte d'Ivoire face à Ouattara l'ami personnel de Sarkozy (marié à Neuilly par lui) et ancien du FMI - tout un programme pour la Côte d'Ivoire et la Françafrique !

Donc, nous devons nous Occidentaux accepter que les Nations avancent à leur rythme vers la démocratie, et qu'elles choisissent leur Système. Au lieu de nous ingérer bien peu démocratiquement dans les affaires et... sans hasard, pour contester les régimes non-alignés sur les diktats de Washington ! Il faut se faire une raison, les Russes ont le culte de l'homme fort : Respectons-le !  Au fait, puis-je me permettre de rappeler que justement, par ma mère, je suis d'origine russe, et que je connais la mentalité russe mieux que ceux qui se permettent de juger de l'extérieur !

Quant aux Occidentaux, au nom de la démocratie, ils s'attaquent aux Etats souverains et tentent d'imposer leurs valeurs (Ultra-libéralisme, loi du plus fort, compétition, endettement, délocalisations, flexibilité, privatisations à la tronçonneuse, marketing agressif, etc) au besoin par la force en bombardant, en ruinant, en faisant assassiner même sauvagement ceux qui les gênent (Kadhafi, scientifiques iraniens etc). La CIA et le MOSSAD, comme les Services Secrets français, sont très actifs, de façon opaque ce qui me semble-t-il est loin d'être démocratique ! Et la "grande" démocratie américaine commence même à se débarrasser des blogueurs dérangeants en les liquidant ! § Celle-là même qui proteste contre l'assassinat, en Russie, d'une journaliste fort dérangeante pour le Pouvoir...

Ce sont aussi nos grands démocrates occidentaux qui, après avoir imposé leur démocratie, tentent de l'annuler par exemple à Gaza, parce que le résultat de l'Election leur déplaît ! Ou qui imposent leur candidat, celui du Cartel bancaire en Italie ou en Grèce, sans élections,  ou celui de la Ploutocratie, via Médias aux ordres ou Sondeurs collabos (et bidons), comme Sarkozy, et demain Copé, ou DSK-Hollande et demain le beau client de Bilderberg Manuel Valls ! Ou qui en 2007, ont promu Super-Sarko au détriment, souvenez-vous, de "Bécassine"-Royal ! Après une propagande, via les Médias prostitués, digne des Républiques bananières ! C'est elle, d'ailleurs, qui m'a déterminée à m'engager sur le NET, au nom de la vérité...

Et que dire de l'imposition du Traité de Lisbonne dont les citoyens ne voulaient pas (véritable coup de force, coup d'Etat contre les peuples), ou de son aggravation et de son inscription dans le marbre des Constitutions, à la hussarde même, sans aucune concertation - ou encore de l'ingérence des démocrates irréprochables de l'UE (à la tête de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Angleterre, de l'Espagne), dans nos affaires intérieures, en boycottant le candidat du PS Hollande - chut, à la demande même de Sarkozy-Pinocchio - pour faire pression sur les Electeurs ? Vous avez dit démocratie, ou démoNcratie ?

Au fait, nos démocraties qui nous disent comment voter imposent la bipolarité, l'alternance - et encore, en faisant tout pour l'éviter - entre 2 partis aussi libéraux, l'un certes plus brutal que l'autre... Suivez mon regard, UMPS ou Républicains-Démocrates... Et que dire de notre Campagne électorale dessinée par, encore lui, Saint-Sarkozy, qui met en avant des thèmes dont tout le monde se fout (halal etc) pour détourner l'attention des vraies préoccupations des Français, économiques et sociales, et des nécessaires débats de fonds ? Que dire aussi de cette pseudo démocratie qui empêche (Barrages, menaces pour les 500 signatures) les candidats réellement alternatifs de s'exprimer devant les Français pendant la Campagne électorale ? Je vais plus loin, que dire du black-out total réservé à François Asselineau, la coqueluche des internautes, parce qu'il  ose dire la vérité aux Français ? Même le CSA s'en est ému, et il a donné raison au candidat boycotté par les Médias aux ordres de l'Empire Anglo-Saxon ! (Voir ici, 2012: Scandale Médias qui doit être maintenant réparé. Décision du CSA . Il faut pourtant que celui-ci fasse entendre sa voix, différente, honnête, compétente ! Aidez-le à finir de trouver ses 500 signatures, pour que le débat soit enrichi !)

Et à l'instant, nos médias "démocrates" comme FR2, parlent du complot contre Hollande, "inexpérimenté" sur la scène internationale, bien martelé, mais sans laisser la parole aux calomniés... ou à ceux qui, comme Bayrou, fustigent l'ingérence étrangère dans les élections françaises ! Pareil partout, comme à C dans l'Air où seuls les partisans des déstabilisations des pays non alignés ont la parole, et aujourd'hui l'émission sur la Russie s'intitule, en toute bonne foi, et modération, "le tsar de la triche".

Alors, "démocratie" russe qui aujourd'hui se bat pour un monde multipolaire, ou "démocratie" occidentale qui se bat, elle, pour imposer la domination, pardon, la dictature des Anglo-Saxons sur le monde ?

A vous de choisir...

Moi, je choisis "l'homme fort" du Vénézuela, Hugo Chavez qualifié de dictateur par les jolis jolis Médias occidentaux, alors qu'il est plus démocrate que les pseudo démocrates de notre Occident donneur de leçons !


source : eva R-sistons

ABIDJANDIRECT