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12 février 2016

Général d'armée ou Chef d´Etat-Major: Curieuses formations des nouveaux Ambassadeurs Africains

CPI LAurent Gbagbo, Mangou Philippe

Au début de ce mois de janvier 2016, plusieurs journaux ont présenté une manchette sur la future nomination de Yacouba Isaac Zida, l´ex premier ministre de la transition au Burkina Faso, comme ambassadeur du Burkina à Washington. D´après ces mêmes sources, il ne resterait à présent que la signature du président Roch Marc Kabore pour rendre cette nomination effective. Si cette nomination venait à être confirmée, Zida viendrait compléter la longue lignée des généraux et des chefs d'état-major de l´espace francophone qui deviennent des ambassadeurs, loin de leur pays en pleine tourmente. On se souvient encore de la retentissante nomination des Généraux Philippe Mangou et Kassarate, comme ambassadeurs respectivement au Gabon et au Sénégal, qui avait suscité des interrogations dans tous les sens. Pour certains, c´était un gage de récompense pour avoir trahi Gbagbo, pour d´autres c´est la prime pour leur témoignage contre Gbagbo à la CPI. 

En tout cas, ce parcours devient vraiment intrigant. Le continent, qui a le plus besoin de ses experts militaires pour défendre sa population martyrisée depuis plus de 600 ans, expatrie ses généraux au titre d´ambassadeur alors que croupissent dans le chômage ses illustres diplomates de carrière, fières descendants des pourfendeurs de l´arbre à palabre.

Il faut tout de suite noter que dans les autres pays du monde on croise souvent, au sein des ambassades ou des représentants diplomatiques, des attachés militaires et de défense qui sont des militaires. Par contre, la nomination d'officiers aguerris au poste d'ambassadeur demeure donc un fait rare dans ces pays. Cependant, le fait de nommer des officiers, aux qualités militaires reconnues, comme ambassadeur, a une grande signification politique. Ce genre de nomination signifie clairement que la coopération entre les deux nations concernées est basée en priorité sur les questions militaires, bien entendu au profit de celui qui place son officier. Cette tendance aurait pu faire trembler les autres continents, si ceux-ci venaient à prendre l'Afrique au sérieux en pensant que le continent Africain était en train de planifier une invasion simultanée. Heureusement ce n'est pas le cas. 

Malheureusement, une fois de plus, pour l'Afrique, ces nominations sont plutôt à son détriment. Plusieurs raisons sont d'ailleurs notées par les analystes pour justifier ces affectations ou mesures d'éloignement d'un:

-  Chef d'état-major qui refuse d'accompagner un coup d'état militaire ou constitutionnel, mais qui reste passif devant la destruction de son pays.

-  General qui est capable de veiller à la défense de son peuple et de l'intégrité du territoire.

-  Aide de camps qui a bien servi mais qui pourrait être dangereux si le sous-préfet en place souhaitait modifier la constitution.

-  Officier qui aurait des tendances nationalistes ou panafricaines.

-  Homme fort de l´armée, capable de bloquer toute aventure génocidaire planifiée dans son pays ou de défendre les intérêts de leur peuple face aux super prédateurs.

-  Groupe d'officiers sans vergogne, ni amour propre, pour les remercier d'avoir trahi leur peuple et leur nation au profit de l'empereur du moment qui ignore qu'il est déjà déchu.

-  Etc…

L'Afrique est un continent pacifique qui n'a pas de visée expansionniste ou meurtrière. Si c'était le cas cela se saurait depuis longtemps. Les peuples des pays Africains sont donc en droit d'interroger ce genre d'expatriation de ceux de nos hommes qui maitrisent très bien la science de la guerre et de la défense. J'irai même plus loin, les peuples d'Afrique doivent simplement veiller à bloquer cette saignée défavorable à notre continent, déjà bien meurtri par le manque d'hommes capables d'organiser sa défense.

Douala Ngando

CAMEROONVOICE

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