topblog Ivoire blogs

29 janvier 2014

Angry Birds comme mouchard de la NSA: «Une mine d’or»

La NSA a utilisé Angry Birds pour espionner les smartphones, la presse spécialisée s’indigne.

89806340_B971888647Z.1_20140128101644_001_GQ21ROHLK.1-0.jpg

Vous êtes fan d’« Angry Birds » ? Eh bien, sachez qu’avant même d’être en colère, ces oiseaux-là sont de vrais mouchards qui siphonnent vos données, selon de nouveaux documents fournis par Edward Snowden, décryptés par le « New York Times » et le « Guardian »

« Mais jusqu’où vont se nicher les oreilles […] indiscrètes de la NSA ! » s’exclame le site MacPlus, après que la nouvelle s’est répandue, lundi, comme une traînée de poudre dans toute la galaxie internet. Mais « pourquoi dépenser des fortunes à tenter de détourner des câbles sous-marins, déchiffrer des codes complexes, ou demander la permission aux opérateurs de jeter un œil dans leurs bases de données quand on peut tout simplement inviter les particuliers à installer eux-mêmes des mouchards sur leurs smartphones et tablettes avec le sourire ? ». Voilà, en substance, la question que se pose aussi aujourd’hui, non sans ironie, le site Génération NT.

 

Car vous croyiez encore y échapper, dans votre immense naïveté, en maniant votre lance-pierres pour bombarder vos cochons verts avec des Angry Birds  ? Vous croyiez qu’il n’y avait rien « de plus innocent, en apparence », […] rien de bien dangereux que de «  poker  » un ami sur Facebook ou de chercher son chemin vers son dentiste grâce à son téléphone. Eh bien déchantez, car ces « applications anodines que bon nombre utilisent quotidiennement », indique France Info, doivent désormais être considérées comme des délatrices. Alors, prenez-le peut-être avec humour, comme @WilliamReymond sur son compte Twitter  : « Je ne sais plus où me mettre. La NSA sait maintenant que je suis nul à Angry Birds »

 

Encore elle…

 

Oui, la National Security Agency (NSA), encore elle, une fois de plus – cette agence américaine de renseignement chargée des interceptions de communications qu’on n’a plus l’outrecuidance de présenter – et son homologue britannique des Government Communications Headquarters (GCHQ) collectent quantité de données sur les utilisateurs d’applications hypercourues sur les téléphones intelligents, que ce soit Facebook, Angry Birds ou Google Maps, ont conjointement révélé lundi le New York Times (NYT) et le Guardian.

 

C’est grave, docteur ? Disons que ça élargit le phénomène, « après les révélations sur la collecte des métadonnées téléphoniques, sur la récupération des SMS ou encore la surveillance des plateformes de jeux en ligne »  : en fait, « de nouveaux documents fournis par l’ancien consultant Edward Snowden dévoilent encore un peu plus la portée » de ces activités de surveillance, explique Le Nouvel Observateur  : selon le NYT, « à chaque fois que quelqu’un utilise une application sur son smartphone, ce programme fait apparaître quantité de données sur la localisation de l’utilisateur ou encore la liste de ses contacts, des données que la NSA et le GCHQ récupèrent ».

 

Une « mine d’or »

 

Dans un des scénarios décrit par ces documents, « le fait qu’un utilisateur mette en ligne une photo de profil depuis son téléphone portable suffit », lit-on sur Le Monde.fr. OK, on s’en doutait, mais Angry Birds?? Attention, les enfants ! Peur sur « un des plus grands succès du jeu vidéo sur mobile avec plus d’un milliard et demi de téléchargements »  ! Le risque paraît limité mais les données sont tout de même précises : « Identifiant unique du téléphone, modèle, version du système d’exploitation », toutes collectées « par les applications mobiles financées par la publicité », qui les utilisent pour proposer des annonces ciblées à leurs utilisateurs.

 

En plus, « toute mise à jour du système d’exploitation Android envoie sur le réseau 500 lignes de données sur l’historique du smartphone et son utilisation. Autant de données qui peuvent être utiles pour cerner le propriétaire d’un appareil, en déduit le site de France Télévisions. Les responsables de ce sujet au sein des agences de renseignement ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : dans un document de la NSA datant de 2010, cette surveillance des applications de smartphones est décrite comme une « mine d’or ». »

 

L’éditeur du jeu nie

 

Interrogé par le Guardian, Rovio, l’éditeur d’Angry Birds, a évidemment nié toute connaissance de l’existence d’un tel système de surveillance. Et « la NSA a réagi à ces révélations en suivant sa ligne habituelle »  : sans nier l’existence de ces outils, mais en prétendant qu’il est « faux d’affirmer que les collectes d’informations de la NSA à l’étranger ciblent les communications ou les informations de citoyens américains ». Rappelons ici que « légalement, la NSA n’est pas autorisée à surveiller les actions des citoyens américains, mais rien ne lui interdit de collecter de grandes quantités d’informations sur des ressortissants d’autres pays ».

 

C’est d’autant plus surprenant que « face au scandale », si Barack Obama « a annoncé un encadrement plus strict de ses activités de collecte des métadonnées téléphoniques (les informations concernant la durée des appels et les numéros appelés sur un téléphone) », « rien n’a cependant été dit sur la surveillance des programmes informatiques susceptibles de laisser un accès aux données personnelles ».

 

« Angry Birds : jouer pour mieux se faire espionner », titre ainsi Le Devoir de Montréal. Pour en conclure que « le temps de l’innocence prend fin certainement aujourd’hui avec cette énième révélation » sur les activités de surveillance de la NSA, facilitées « par de simples et épidémiques applications de jeu […]. Horreur. »

http://www.lesoir.be/413196/article/economie/vie-du-net/2...

Les commentaires sont fermés.