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13 janvier 2014

Un documentaire sur Gbagbo interdit de diffusion au Cameroun

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La production du réalisateur camerounais Saïd Mbombo Penda entend dévoiler l’autre face cachée de l’ancien chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo.

La première projection  publique du documentaire «Laurent Gbagbo : despote ou anti-néocolonialiste…le verbe et le sang» a tourné court. Le réalisateur Saïd Mbombo Penda a été prié de congédier les journalistes ainsi que les autres invités conviés à cette avant première samedi 11 janvier à l’hôtel Lewat de Douala. «Les éléments de la direction de la sécurité du territoire sont arrivés et m’ont indiqué que la hiérarchie a interdit cette projection.» Le journaliste et réalisateur de cette production affirme également avoir échangé avec le directeur régional de ce corps de renseignement qui se serait montré assez ferme dans l’application de cette mesure. Le film proposé par Saïd Mbombo Penda se propose de dévoiler l’autre visage de l’ancien chef d’Etat de la Côte d’Ivoire. Un visage aux antipodes de la perception qu’une grande partie de l’opinion africaine garde du prisonnier de La Haye. «Nous voulons, à travers les témoignages des acteurs et les déclarations de l’ancien président ivoirien lui-même, montrer comment Laurent Gbagbo a usé de populisme et de démagogie pour exacerber les tensions communautaires dans son pays.» Une attitude qui, à en croire le réalisateur de ce documentaire aurait renforcé l’exclusion des populations du Nord de la Côte d’ivoire.

A l’observation, le documentaire que propose Saïd Mbombo Penda questionne le panafricanisme de l’ancien chef de l’Etat ivoirien. A ce propos, le réalisateur  constate «avec regret que des milliers de ressortissants des pays africains ont été tués par des forces sous le contrôle de l’ancien chef de l’Etat ivoirien.» Tout comme le réalisateur déplore le peu d’engagement de Laurent Gbagbo dont la politique, à en croire Saïd Mbombo Penda serait «aux antipodes  de celles des vrais panafricanistes comme le Ghanéen Kwame Nkrumah ou son homologue malien Modibo Keïta qui ont osé inscrire dans les constitutions de leur pays des dispositions les autorisant à renoncer à la souveraineté de leurs Etats au profit d’un Etat unitaire d’Afrique.»

Nul doute que la popularité dont jouit l’ancien chef d’Etat ivoirien au Cameroun et dans de nombreux Etats de l’Afrique subsaharienne est à l’initiative de la production que propose l’ancien journaliste de la Bbc. Saïd Mbombo Penda explique que «En réalité, en feignant une posture anti-française de façade, Laurent Gbagbo a simplement bluffé le peuple camerounais et une grande partie de l’opinion africaine.» Des peuples assoiffés d’une indépendance concrète de l’Afrique. La même source indique que, «pendant des années de pouvoir non seulement il (Laurent Gbagbo, Ndlr) n’a posé aucun acte fort qui aurait permis d’affirmer la volonté de rupture de son régime d’avec la France.»

Saïd Mbombo Penda : «La France a aidé Gbagbo à arriver au pouvoir malgré les protestations de Ouattara et Bédié»

Le réalisateur revient sur les contours de sa production artistique

Qu’est-ce qui motive la production d’un documentaire sur l’ancien chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo?

En tant que journaliste qui joue un rôle de sentinelle, j’ai pensé qu’il est important de dévoiler le gros mensonge et la monstrueuse escroquerie Laurent Gbagbo. Au delà de la perception populaire, ce monsieur qui jouit d’une trop grande célébrité au Cameroun, ce qui est le contraire dans son pays la Côte d’Ivoire a abusé des Camerounais et de nombreux Africains. L’imposture Gbagbo a beaucoup prospéré au Cameroun et parfois même grâce aux Camerounais. Pour ma part, ce n’est que justice que l’action qui fait tomber le masque vienne plutôt d’un citoyen africain originaire du Cameroun. Je suis panafricaniste et je rêve du jour où je pourrais brandir mon passeport africain.

L’on pourrait vous opposer le fait que Gbagbo n’est pas le seul chef d’Etat africain à faire le jeu des intérêts français ?

Mon film est une mise en garde adressée à tous. A tous les marchands d’illusions comme Laurent Gbagbo qui devraient  savoir  que, quel que soit le bel habillage du mensonge qu’on peut servir aux Camerounais, il se trouvera toujours quelques hommes et femmes dans ce pays de grands hommes pour dévoiler la supercherie. Il faut par ailleurs admettre que l’ingérence française est encore très présente en Afrique. C’est une situation différente dans les anciennes colonies anglaises. On est fondé de dire que la France va souvent par la porte pour revenir par la fenêtre.

Quel parallèle peut-on faire entre la crise centrafricaine et la situation que la Côte d’Ivoire a connue ?

La réalité c’est que c’est la France qui a aidé Gbagbo à arriver au pouvoir malgré les protestations de Ouattara et Bédié. C’est la France qui, au cours de cette période, impose aux protestataires d’accepter Laurent Gbagbo. Donc il faut reconnaitre que la France a finalement joué un rôle important dans la crise ivoirienne. On est passé à côté d’un génocide qui aurait été pire que celui du Rwanda. 

En Centrafrique, on a bien l’impression que c’est tout le contraire. A l’observation, l’opération française a été très mal engagée. La France y est allée dans la précipitation. Nous sommes effectivement dans une situation où les Centrafricains peuvent penser, à juste titre, que l’armée française est venue défendre les chrétiens au détriment des musulmans. C’est une situation que la France doit corriger au risque de se retrouver dans une situation pire que celle que les Etats-Unis ont connue en Somalie. Il faut remarquer que les musulmans de Centrafrique qui sont bien Armés peuvent compliquer cette situation et rendre le pays invivable.

Entretien avec Joseph OLINGA N

Commentaires

Un cœur bon et un bon esprit forment toujours une formidable combinaison

Écrit par : zagol arnaud | 19 janvier 2014

Un cœur bon et un bon esprit forment toujours une formidable combinaison

Écrit par : zagol arnaud | 19 janvier 2014

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