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01 octobre 2013

Paul Kagame s'en prend violemment à la CPI (Vidéo)

Le numéro un rwandais a profité de l’Assemblée générale des Nations unies pour «taper» sur l’institution internationale à caractère judiciaire qui «a fait preuve de préjugés à l’égard des Africains». Si l’affaire kényane est systématiquement évoquée, c’est bel et bien l’affaire Gbagbo qui a été le catalyseur de l’actuelle grogne africaine


Pour une fois, un certain consensus africain semble se dessiner. Et le sujet de convergence semble être la Cour pénale internationale (CPI), dont l’attitude n’est plus supportée par les pays du continent. Mercredi dernier, c’est le président rwandais Paul Kagame qui est monté au créneau contre cette institution, après un certain
nombre de ses homologues.

«Soutenir le consensus global contre l'impunité et créer une justice internationale pour la combattre, nous l'avons fait, en pensant qu'un tel système favoriserait la paix et la sécurité entre les nations. La Cour pénale internationale a violé ces principes», a-t-il vertement accusé.

 

«La CPI a fait preuve de préjugés à l'égard des Africains. Au lieu de promouvoir la justice et la paix, elle a négligé les efforts de réconciliation en humiliant les Africains et leurs leaders pour servir les intérêts politiques des puissants. Les procès en cours contre le président et le vice-président kényans le démontrent comme une évidence. Les leaders kényans ont montré leur détermination à rompre avec les erreurs du passé en réconciliant les communautés, pour aller de l'avant, c'est ce qui explique que les citoyens kényans ont voté pour eux», a-t-il poursuivi. Avant d’aborder un problème de fond de notre temps : «Les Nations unies et le Conseil de sécurité doivent étudier cette situation mais également la question plus large de la compétence universelle.»

Les récriminations contre la CPI ne cessent de pleuvoir en provenance des pays membres de l’Union africaine. Dans ce contexte, Alassane Ouattara, qui a tout mis en oeuvre pour y traduire le président Laurent Gbagbo, apparaît comme un «mouton noir», et sa marge d’action diplomatique se réduit – tant on le voit plus que jamais comme un homme des Occidentaux.

Si le cas kenyan alimente les remontrances des signataires, c’est bel et bien l’injustice dont était victime le président Laurent Gbagbo qui a bien été en réalité, l’élément déclencheur de la fronde des dirigeants africains. Les incohérences et la légèreté qui soustendait le dossier ivoirien ont révolté plus d’un dirigeant africain. Qui ont vite fait de saisir le cas kényan, où les deux têtes de l’Exécutif dans ce pays sont poursuivies par la CPI. A cet effet, un sommet spécial dont l’ordre du jour est consacré à un «retrait en masse » des pays africains de la Cpi, est prévu pour se tenir le 13 octobre prochain au siège de l’Ua à Addis-Abeba (Ethiopie). Affaire à suivre.

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