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21 mars 2013

Insécurité à l'Ouest: Ce qui n'a jamais été dit sur l'attaque de Bloléquin

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Les langues continuent de se délier pour donner les causes profondes de l'attaque de Zilébly, localité de Bloléquin, dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 mars 2013. Hier mercredi 20 mars, c'est une haute personnalité de la région dont nous taisons volontairement l'identité, qui nous a joint pour faire sa part de révélations sur cette attaque, surtout que ces auteurs prévoient récidiver.

Il ressort en effet de ces révélations, que l'action des assaillants n'était guidée que par un seul souci : celui de la reconquête de leurs terres qui auraient été bradées par leurs concitoyens. « Après la crise postélectorale, un petit groupe de déplacés, au nombre de 15, revenus plus tôt du Liberia, a eu pour activité principale de brader tout le patrimoine forestier du village de Zilébly, qui a une population estimée à 500 habitants », a d'entrée indiqué notre interlocuteur, soulignant que plus de 90% des personnes déplacées sont encore au libéria. « C'est ce petit groupe de déplacés, rentrés plus tôt, qui accuse les autres qui veulent regagner leur village de miliciens, qui ont bradé leur portion de forêt à des Burkinabé ou des Baoulé, à la recherche de terre cultivable », ajoute le haut cadre. « Ces déplacés de guerre, voyant leur patrimoine forestier se rétrécir comme peau de chagrin, vont alors s'organiser pour venir attaquer les communautés allogènes vivant à Zilébly », poursuit-il.

Il fera remarquer par ailleurs que le jour de l'attaque, les populations Guéré de Zilébly avaient désertées le village, et c’est dans la nuit que les assaillants, qui avaient ciblé leurs victimes, sont venus opérer. Informant que les jeunes qui ont attaqué, seraient du canton Bôo. Le chef du village de Zilébly, révélera sans donner de nom, qui était resté seul, a été appréhendé et libéré par la suite.

Notre interlocuteur indiquera sur sa lancée que les attaques liées aux conflits fonciers dans le département de Bloléquin étaient prévisibles. Selon lui, pendant que certains cadres des départements de Guiglo, Toulepleu faisaient des pieds et des mains pour que leurs frères, fils et filles réfugiés au Liberia reviennent au pays, d'autres cadres de Bloléquin qu'il n'a pas nommé, seraient restés inactifs, voire indifférents. Or, selon les statistiques des organisations humanitaires, 80 % des 65.000 personnes encore réfugiées au Libéria seraient originaires de Bloléquin.

L'inaction de ces hauts cadres du département pour le retour au pays de ces réfugiés, serait guidée par des raisons politiques. Ces personnes réfugiées, majoritairement des partisans de L'ex-Majorité Présidentielle (LMP) de Laurent Gbagbo, selon notre informateur, sont perçus comme des électeurs potentiels de certains candidats indépendants. D'où une volonté cachée d'empêcher, en tout cas, pas avant les élections locales, leur retour dans leurs localités respectives.

 

Hervé KPODION

Source : L'Inter : Dernière Mise à jour : 21/03/2013

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