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06 mars 2013

Soy Chavista

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La plume est de plomb et les mots évanescents à la funeste nouvelle du départ d’Hugo Chavez.

Le lien que ce Simon Bolivar moderne avait tissé tout le long d’un parcours (aujourd’hui à ranger dans les livres d’histoire) avec ceux qui luttent de par le monde contre l’impérialisme, ceux qui refusent sa mainmise, sa violence et sa barbarie est trop fort, trop essentiel pour j’use cette fois de la première personne du pluriel pour m’exprimer.

Car Hugo Chavez, c’est notre révolte, c’est ma révolte. Car Hugo Chavez est notre fierté, il est ma fierté. Il restera un de nos plus grands et plus beaux modèles. Soy Chavista !

Je ne peux empêcher certaines images de m’assaillir, certaines émotions de me submerger. Je ne peux endiguer le sentiment d’avoir, à mon corps défendant vécu une véritable, une grande et belle page d’histoire.

De celle qui bouleverse les plans établis et redonne à l’humanité des pauvres, des faibles et des vaincus, une raison d’espérer, une motivation pour poursuivre le combat. En un mot comme en cent, la foi en une victoire envisageable, certes lointaine, mais une victoire qui réside entre nos mains.

Soy Chavista !

1936653_13597911-chavez-20121210-t103a.jpgje me rappelle ce mois d’Octobre 2000, La Havane et mon premier séjour en terre cubaine, terre de pèlerinage pour tout homme défiant la Pax Occidentalis.


Je me souviens (hasard de mon histoire) de ce chef d’état vénézuélien, déjà voué aux gémonies par les médias-paillasson de l’Occident impérialiste, fier d’être accueilli en cette même période par un Fidel Castro désormais ombre du Lider Maximo qu’il fut.

Un Hugo Chavez conscient de tutoyer l’histoire et décidé à la tordre, à la façonner autrement, au bénéfice des plus déshérités, des plus humbles de son peuple. Dans ses yeux brûlait la flamme qui embrase le regard de l’enfant rencontrant son modèle, celle embrasant le regard du fils rassuré par l’amour de son père, mais surtout celle qui irradie du regard de l’homme de combat, du leader désigné par le destin.

Cette vision et l’environnement cubain chargé de symboles dans lequel j’évoluais à ce moment précis de ma vie, m’ont définitivement acquis à cet homme.

Il en est peu sur cette terre que j’ai pu croiser physiquement ou par médias interposés qui m’aient à ce point émus et touchés. Il en est peu, très peu…

Soy Chavista !

Et pourtant, que ne lui a-t-il pas été reproché!

Dictateur, populiste, ennemi des libertés et, Ô infamie suprême, antisémite !

Car il fallait absolument noyer dans la bouillie intellectuelle, dans la boue conceptuelle son opposition principielle : la soumission et la défaite face à l’impérialisme ne peuvent être une option.

Le vol, la prédation, le terrorisme orchestrés par l’Occident-délinquant ne sont une fatalité pour autant qu’on les accepte et que l’échine courbée, tels les laquais d’Afrique, on les favorise.

L’histoire, la vraie, celle écrite par nous le peuple réfractaire à l’échelle planétaire, retiendra cela : on peut et on doit faire plier ces multinationales kleptocrates se servant des forces armées mises à leur disposition par leurs gouvernants ploutocrates.

La CIA, cette organisation criminelle de haut calibre, aura tout tenté en 2002 pour voler la victoire au peuple souverain du Venezuela, en armant et finançant la caste corrompue qui pillait de concert avec le bandit Oncle Sam, les richesses agricoles et minières de ce pays qui fut autrefois esclave et résigné. Soy Chavista !

La rue lorsqu’elle est éduquée et correctement informée sait se transformer en torrent impétueux que rien ni personne ne peut contrôler, pour cela il fallait un homme de la trempe d’Hugo Chavez.

628x471.jpgEt c’est au paroxysme de cette crise, lorsque les dés semblaient jetés, que le Grand Homme est entré dans l’histoire. Car de l’histoire moderne, il est sans doute le seul, avec Fidel Castro, à avoir, avec autant d’insolence et de maestria, damé le pion aux Etats-Damnés d’Amérique.

Les récits, les hagiographies retraceront son œuvre par le menu dans les années à venir. Je laisse donc aux biographes le soin de s’en charger. Cependant je me permets de mettre le doigt sur une évidence qui ne semble pas en être une à cette heure : Hugo Chavez ne doit pas être rangé dans l’armoire des trophées des faibles. Il n’a pas vocation, comme tant d’autre, à perdre son éclat révolutionnaire sous les couches de poussière du romantisme de la défaite, cette triste martyrologie des vaincus.

Son combat doit être décliné, sa volonté d’opposition à l’Occident affinée, ses armes dialectiques affûtées partout où cela est nécessaire.

Car si l’Homme est mort, sa révolte demeure. Telle la semence, elle devra porter des fruits qui, s’ils se ressemblent, ne seront pas exactement les mêmes, bien que gardant une saveur amère pour l’Occident.

Le Peuple Vénézuélien fait face, dès à présent, au défi périlleux de la pérennisation de la lutte.

J’aurais désiré qu’il soit guidé plus avant dans ce chemin par Hugo Chavez. Les évènements en ont décidé autrement, et c’est pour cela que je lui souhaite d’avoir la force et le courage indispensables à tout peuple anti-impérialiste, luttant pour sa dignité, son autonomie et le libre droit de disposer de ce qui lui appartient. Lutter pour ne pas en avoir à en référer aux bandits occidentaux se drapant dans les principes des droits de l’homme ou de la démocratie pour perpétuer leur rapine...

Que le Peuple Vénézuélien n’oublie pas son passé de bête de somme produisant du cacao, qu’il n’oublie pas que son pétrole, il ne le possède en propre que depuis l’ère Chaviste.

Qu’il n’oublie pas qu’il n’est qu’en sursis. Qu’il ne l’oublie pas…

Je ne peux m’empêcher de tisser un parallèle avec mon continent, l’Afrique, actuellement aux mains d’une oligarchie prostituée et criminelle.

Une oligarchie ne devant pas connaitre le repos.

Une oligarchie qui doit être convaincue par nos soins que son alignement pro-occidental, son racolage des mafieuses institutions internationales, sa veulerie congénitale ne seront pas oubliés.

D’Hugo Chavez, nous avons appris que le prix de la lutte, pour élevé qu’il soit, nous pouvons l’acquitter.

Je le réécris et le re-crie: la défaite et la soumission ne seront jamais pour nous une option.

A ceux qui ont choisi la voie du parjure et de la traîtrise à leurs peuples ne sera laissé qu’un choix simple : celui du peloton d’exécution ou de la corde et du baobab.

Je pense m’exprimer au nom de cette multitude qui s’est reconnue en Hugo Chavez, qui s’est retrouvée dans ses discours insolents à l’Assemblée Générale des Nations-Unies, qui s’est aperçue dans sa dénonciation implacable de la violence imposée par l’Occident délinquant et impérialiste, qui s’est devinée dans sa volonté de reprendre aux multinationales ce qui appartenait à son peuple, qui s’est applaudie dans son œuvre de redistribution, qui s’est incarnée dans sa volonté d’alphabétisation et d’éducation des sans-voix et sans moyens.

Lui qui n’est responsable d’aucune guerre de prédation, lui qui n’a envahi aucun pays, lui qui n'a le sang d'aucun enfant irakien, afghan, libyen ou ivoirien sur les mains, lui qui a donné aux plus pauvres des vénézuéliens, sera unanimement assimilé au mal absolu par les tenants du brigandage international et de la rapine "civilisée".

Laissons ces chiens aboyer et leurs drones assassiner, ils finiront bien par connaitre l’âpre goût de la défaite. Lui qui est venu sur terre simple homme en est reparti président élu par son peuple…

A présent, seule la poursuite du combat contre l’impérialisme compte.

Où qu’ils soient et quels que soient ceux qui le mènent, ils ne doivent ni baisser les bras ni se laisser aller au sentimentalisme.

Rien n’arrêtera cette marche en avant, rien.

Et ce soir, écrivant ces mots, me remémorant le Grand Hugo Chavez, je sais l’être plus que jamais, je le sens.

Soy Chavista !

Soy Chavista !

Soy Chavista !

Ahouansou Séyivé

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