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08 janvier 2013

Quand Dramane salue Dramani dans un silence glacial !

Ouattara s’est donc déplacé à Accra, capitale du Ghana aujourd’hui pour assister à l’investiture véritable du véritable chef de l’Etat, John Mahama Dramani, tout de blanc vêtu. Sa visite aura été très rapide car l’argent qui travaille l’attend impatiemment en Côte d’Ivoire, son cher pays qui ne peut pas se passer de celui qui à défaut de créer l’argent, le tricote et l’insère dans la construction des ponts et autoroutes !

DramaniCet argent si visible dans les travaux herculéens, voire titanesques de quelques chantiers gigantesques, a du mal à se répliquer en modèles plus réduits, sonnants et trébuchants, pièces rondes et rectangles de papier dans les poches des Ivoiriens… Mais grâce à la présence de Christine Lagarde, son amie, sa sœur du FMI, avec laquelle il planche en ce moment, il nous livrera bientôt la suite 2 du cours d’économie sur l’argent qui travaille.

Il semblerait que son passage éclair au Ghana soit dû aussi, au peu de chaleur rencontrée lors de son escale. Le bruit court que le pauvre mal aimé, en l’absence de sa chère Dominique, toujours vaillante, toujours tellement souriante, tellement généreuse en vaccins, kits d’école, cadeaux de Noël-, a été sérieusement humilié lorsqu’il s’est approché de son collègue Dramani qui recevait les congratulations de ses amis lors du cérémonial des vœux. Quel affront, un Dramane chahuté alors qu’il vient saluer son presque homonyme Dramani, qu’il veut féliciter pour son investiture !

La foule a observé une minute de silence, glaciale, paraît-il, avant de lever la voix, de murmurer de plus en plus fort sa désapprobation ! Et de ce fait, il n’a pu poser la question à son hôte, question qui le taraude et le mine : comment se faire aimer d’un peuple, comment gagner une élection sans bourrer les urnes ? Il a tout essayé, lui aussi s’habille souvent en blanc, demande que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, son porte parole Joël N’guessan, a même joué les prophètes bibliques avec ses expressions « que celui qui a des oreilles, que celui qui a des yeux… », Mais, rien n’y fait, les Ivoiriens ne se reconnaissent plus dans ces paroles sans avenir d’un faux prophète et de son mentor.

Et pourtant, aujourd’hui encore, Ouattara fait des efforts : il n’est pas venu avec la DST et ses agents pour essayer de ramener de force dans ses bagages quelques exilés « sur le point de rentrer », comme le relaient régulièrement ses journaux. Il n’a pas non plus profité de son escapade ghanéenne pour rencontrer ses chers compatriotes militaires en exil pour leur proposer de rebâtir avec lui la nouvelle armée ivoirienne réconciliée de demain.

Il aurait pu le faire, car les anciens frères Cissé s’affranchissent de plus en plus de leur Grand Frère, et leur place dans l’armée devient vacante, maintenant que les Forces Rebelles, pardon Républicaines de CIV ont toutes montées des commerces de proximité qui prennent le Président au mot en faisant travailler l’argent de l’Etat, sous forme de check points, et de cabinets de « parrainage chantant » des entreprises et petits commerces : ne dit-on pas que le soir leurs barrages de contrôle poussent comme des champignons dans tous les quartiers d’Abidjan ? Ne les voit-on pas rester très près des étals pour « sécuriser les marchands » ?

Pauvre Ouattara, il a même renoncé au réveillon avec  Nicolas et Carla, et Dominique ne pourra pas offrir à la petite Julia Sarkozy, après les milliers d’enfants rattrapés, le cadeau de Child of Africa auquel tous les Ivoiriens ont contribué même sans le savoir, car pris sur le budget de l’état !

Pauvre Président privé de France, mais consolé par la sauterie organisée par ses proches pour fêter son déclin, son 71ème hiver avec la musique et le play-back de Chris Brown et le corps déhanché dé Rihanna, tandis que les Ivoiriens se faisaient piétiner dans l’obscurité, faute de forces de l’ordre pour assurer leur sécurité, trop occupée qu’elles étaient à assurer celle de l’Economiste qui travaille d’arrache pied  à gaspiller les deniers publics !

Pauvre Ouattara,les catastrophes de fin d’année, l’ont obligé à faire profil bas et serrer les mains des blessés, promettre des enquêtes bouclées en un temps record, alors que les auteurs de la plupart des massacres non seulement courent toujours, mais ne sont même pas interpellés : Ainsi le préfet de Nahibly, Jean Baptiste Etoh, qui assiste en direct au carnage, sans bouger, sans lever le petit doigt pour éviter le pire…

Heureusement qu’il aura eu une compensation avec l’arrivée de Christine Lagarde, venue saluer ses efforts, sa bonne gouvernance, affirmer qu’elle croit au second miracle économique de la Côte d’Ivoire, fêter les rois avec lui, extraire jusqu’à la dernière fève de la galette Côte d’Ivoire, et l’exhiber tel le travail qui doit se visibiliser à l’étranger, dans cette Côte d’Ivoire en chantier, où l’avenir des Ivoiriens ne sera plus que virtuel, un écran de fumée...

La Côte d’Ivoire relevée, libéré est-ce seulement un rêve ? Non, si la marée humaine ivoirienne, puis de toute l’Afrique de l’ouest,  déferlait comme une lame de fond, pour dire non à ce scénario inique qui n’a que trop duré et vomir bien loin de ses rivages tous ces croques morts du FMI, et leurs cercueils de prêts et d’investissements.

Shlomit Abel, 7 janvier 2013

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