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08 janvier 2013

LES PROPOS DE HOLLANDE SUR LA CENTRAFRIQUE LEGITIMENT LE COMBAT DE GBAGBO.

HOllande.gifC’est sans gêne et de façon péremptoire que le Président français, Hollande, à l’occasion de sa déclaration sur la position de la France face à l’avancée des rebelles centrafricains, a affirmé que «la France n’est pas là pour protéger un régime mais ses ressortissants et ses intérêts».Cette déclaration ne peut laisser indifférents les patriotes africains et surtout ivoiriens. Elle commande quelques analyses.

Hollande déclare que son devoir est de protéger les citoyens français partout dans le Monde. La question est de savoir comment il y parvient surtout dans les pays sous développés. Cet alibi, pour protéger des citoyens français, a été toujours utilisé par la France, pour déstabiliser les régimes aux velléités autonomistes. Ce fut le cas, en Côte d’Ivoire, en Libye et dans beaucoup d’autres pays du Tiers-Monde où la France, forte de sa puissance militaire, a tué des milliers de citoyens avant de réussir à renverser les gouvernants en place, et cela avec l’aide des autres impérialistes occidentaux.
En Côte d’ivoire, précisément en 2002, la France de Chirac a prétexté la protection des ressortissants français de la ville de Bouaké pour armer et enraciner sa rébellion contre le régime de Gbagbo. Pour y parvenir, elle a tué et fait tuer froidement des milliers d’ivoiriens sans que cela n’émeuve les ONG de défense des droits humains, les nombreux journalistes témoins de cette barbarie et la soi-disant Communauté Internationale. C’est pourquoi, les gouvernants français n’ont pas autorisé les députés à enquêter sur le rôle de leur armée en CI.
Est-ce pour protéger leurs ressortissants que des hélicoptères de combat français ont pilonné des civils aux mains nues sur les ponts Houphouët et De Gaulle? Est-ce pour cette même raison, que des chars de guerre et des snipers français ont assassiné de simples citoyens ivoiriens ? La vie donc de ces ivoiriens est-elle donc loin de valoir celle des français résidents en CI?
De plus, on est en droit de se demander pourquoi dans les mêmes conditions en Europe et aux USA, la France n’agit-elle pas de la même façon? Pour elle, les africains et les pays sous développés sont incapables de protéger leurs ressortissants. Et pourtant, ces français ont toujours vécu paisiblement dans ces pays où leurs affaires fructifient sans cesse et où ils trouvent de meilleures conditions de vie que dans leur pays d’origine. A la vérité, c’est la France qui est la source des maux de ses concitoyens à l’étranger et encore pire, la source des malheurs des africains qui ne demandent qu’à vivre paisiblement dans le pays que Dieu leur a donné en héritage.
Si Hollande juge indispensable la protection de ses concitoyens qu’aurait-il fait à la place de Gbagbo, face à cette rébellion sanguinaire montée de toutes pièces par la France contre le régime ivoirien? Il est bon de rappeler succinctement que soutenus par Chirac et Sarkozy, Ouattara et Compaoré, aidés de leurs criminels chefs rebelles, de nombreux mercenaires de la sous-région et des fétichistes dozo de la zone septentrionale de la CI, ont massacré une centaine de gendarmes désarmés, et exécuté froidement des danseuses traditionnelles d’Adjanou , sans compter les milliers de personnes sauvagement assassinées au Nord, au Centre et surtout à l’Ouest; en témoignent les nombreux charniers et fosses communes découverts dans ces zones.

Gbagbo, tout comme Hollande, a bien compris le rôle de Président de la République qui était le sien: celui de protéger ses concitoyens. Devait-il laisser cette horde de criminels continuer ces actes macabres? Assurément non. Rien donc ne justifie cette guerre faite à Gbagbo pour le déporter manu militari à la CPI.
De plus, au regard de la situation sécuritaire actuelle de la CI caractérisée quotidiennement par les exactions, enlèvements, emprisonnements arbitraires, expropriations de terres, de terrains, de plantations, des tortures et assassinats, on peut affirmer sans risque de se tromper que le filleul de Sarkozy contrairement à Gbagbo et Hollande, est incapable ou refuse d’assurer la sécurité de ceux qu’il dit être ses compatriotes.

Dans cette crise de la Centrafrique, l’appel au secours de Bangui s’est heurté au refus de Hollande, qui déclarait que la France ne peut intervenir que pour protéger donc ses concitoyens et défendre ses intérêts.
Merci donc à ce Président français qui, pour la première fois dans l’histoire des relations internationales, a clamé tout haut ce que ses prédécesseurs marmonnaient tout bas ; c’est à dire préserver seulement et à tous prix les intérêts français. Qu’importe s’il faut sacrifier à cet effet de nombreux innocents africains.

Pourtant, Gbagbo n’a pas ôté à la France ses acquis en CI. Bouygues et Bolloré, par exemple, ont vu leurs contrats prorogés avec la SODECI, la CIE, le Port d’Abidjan, etc . Beaucoup d’autres entreprises françaises ont vu leurs avantages préservés.
De plus, voilà un homme politique très au fait des actions néfastes de la France en Côte d’Ivoire, qui, durant ses dix années de pouvoir perturbé par plus neuf ans de rébellion criminelle, n’a pas daigné porter une accusation ouverte et publique contre les dirigeants français.
Quels sont donc les intérêts que la France veut préserver, par une rébellion, par des casses des agences de la BCEAO et en tuant des milliers d’africains?
A la vérité, ces agissements barbares accéléreront plus rapidement la perte de l’emprise de la France sur ses ex-colonies ; le niveau d’instruction de la jeunesse africaine et son désir ardent de sortir du carcan français auront sûrement et très bientôt raison de cette politique française fondée sur le mensonge et la violence. Gbagbo a su inculquer à la jeunesse ivoirienne les motivations de son combat. Et imparablement le relais est déjà assuré.
Cette haine de la France contre Gbagbo le nationaliste, l’autonomiste, ne se justifie que par le refus de ce dernier de se laisser corrompre par les hommes politiques et les multinationales de France. Car la capacité qu’a la France d’imposer ses larbins dans ses ex-colonies s’explique, en partie, par la corruption de ces derniers. Il s’agit donc pour ce pays, d’éviter que la vision de Gbagbo ne fasse tâche d’huile dans beaucoup d’autres pays, et de retarder le plus longtemps possible l’accession de ses ex-colonies à une véritable indépendance économique.
Le combat de Gbagbo est aussi celui de la conquête et de la préservation des intérêts des ivoiriens car si Hollande travaille à la préservation des intérêts de la France en Afrique, Gbagbo a donc le devoir de travailler pour rendre la Côte d’Ivoire et les ivoiriens beaucoup plus riches. Est-ce pour cela qu’il faille le vilipender en le déportant à la Haye ?
Il est donc urgent que les dirigeants patriotes africains prennent conscience de la nécessité pour les organisations sous régionales africaines de se défaire de la tutelle des impérialistes occidentaux pour jouer pleinement leur rôle de défense et de protection des intérêts de l’Afrique.
Car, à la vérité, Gbagbo n’a fait que défendre les ivoiriens et leurs intérêts face aux impérialistes occidentaux.
Merci donc à Hollande de légitimer le combat de Gbagbo.

NANWOULET G. Simone

IVORIAN

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