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03 décembre 2012

CPI – « Une justice pour dictateurs noirs et des chefs de guerre de la brousse ! »

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« La Cour pénale internationale (CPI), qui entend instruire des procès de Nuremberg contre les massacreurs et génocideurs du globe, a ses limites. Ainsi en Côte d’Ivoire, d’où, après avoir pêché l’ex-président Laurent Gbagbo, la CPI voudrait exfiltrer son épouse, Simone. Or, le président ivoirien, Alassane Ouattara, renâcle. Pourquoi ? Pas parce que Simone – accusée, comme son mari, d’avoir ordonné des massacres lorsque que Laurent s’accrochait à la présidence, de la fin 2010 à avril 2011 – serait exempte de toute faute.

Non, ce qui turlupine les proches de Ouattara, c’est que, après Simone, les appelés à la barre risquent fort d’appartenir à leur camp. A commencer par Guillaume Soro, ex-premier ministre, instigateur du coup d’état manqué de 2002 qui a mis le feu aux poudres et nommément accusé d’horreurs par un rapport de l’ONU. Depuis, d’autres rapports (Amnesty International, Human Right Watch) ont rappelé les méfaits des chefs de guerre proches du régime actuel. Comme Ousmane Coulibaly, dit « Ben Laden », dont les hommes ont commis des dizaines d’exécutions sommaires, en avril et en mai 2011 à Abidjan. Un brave que Ouattara a nommé…Préfet de la région de San Pedro.

Travailler avec la CPI, c’est prendre le risque de passer un jour au scanner judiciaire. C’est ce qu’ont compris la plupart des pays arabes, mais aussi les États-Unis, Israël, la Chine, l’Inde ou la Russie, qui n’ont pas ratifié le traité permettant à la Cour d’examiner les plaintes visant les leurs. Ces dirigeants « évolués » ne vont tout de même pas se laisser traiter comme des dictateurs noirs ou des chefs de guerre de la brousse ! »

Canard Enchaîné N°4805 du 28 novembre 2012

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