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26 novembre 2012

Yopougon. Les traques et enlèvements se poursuivent

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Passés les lendemains du 11 avril 2011 et des attaques contre les Frci, qui ont servi de prétexte à l’instauration d’un climat de terreur en Côte d’Ivoire, les actes d’enlèvement, les persécutions et autres exactions se poursuivent en Côte d’Ivoire, particulièrement à Yopougon.

Les populations de Yopougon sont loin d’avoir retrouvé leur quiétude, après le «printemps» des enlèvements, arrestations et autres violations des droits humains, d’il y a quelques mois. Alors que toutes les organisations nationales et internationales des droits de l’homme ont dénoncé ces pratiques dictatoriales, la situation ne semble pas changer. La semaine dernière, le jeune Erick, habitant à Yopougon Maroc, a été enlevé et conduit vers une destination jusque-là inconnue.

Selon ses proches, le vendredi dernier, aux environs de 22h, alors qu’il rentrait chez lui, il a été interpellé par une patrouille des Frci qui feignent de le contrôler à quelques pas de son domicile. Après vérification de son identité, les éléments des Frci lui intiment l’ordre de monter à bord de leur véhicule de type 4x4, sous les regards médusés de ses proches qui étaient devant la résidence familiale. Une semaine après, ses proches n’ont toujours pas de nouvelles de lui.

Ce cas n’est pas isolé. De plus en plus, des enlèvements à domicile sont opérés par des hommes en tenues. Il y a moins d’une dizaine de jours, un père de famille a été enlevé à son domicile de Yopougon Niangon à Gauche, devant toute sa famille. La famille Adiko, habitant à Niangon (Yopougon) n’est pas au bout de ses peines. En mars dernier, le vieux Yapo Adiko Jean, entrepreneur de son état et responsable Fpi de son quartier a été froidement exécuté par des éléments Frci. Ils l’accusaient à tort d’avoir caché dans sa résidence des armes dans le but de déstabiliser le régime.

N’ayant rien découvert de suspect dans la résidence, après une fouille minutieuse, les Frci se mettent à tout saccager. Voulant empêcher le saccage inutile de ses biens, le vieux Adiko est fusillé à bout portant par un des éléments des Frci. Qui s’empresseront de quitter les lieux. Evacué d’urgence dans une clinique, le vieux Adiko ne survivra pas de ses graves blessures par balles. Quelques semaines plus tard, des éléments reviendront au domicile du vieux Adiko, cette fois-ci à la recherche de son fils Adiko Yannick Michael, jeune entrepreneur de son état et militant de base du Fpi. Il a dû fuir pour avoir la vie sauve.

Alors que cette famille pensait avoir tourné cette parenthèse douloureuse, il y a quelques jours encore deux éléments des Frci se sont pointés chez les Adiko. Toujours à la recherche du jeune Adiko Yannick Michael. Une traque sans fin. Son seul tort, avoir battu campagne pour le candidat Laurent Gbagbo. La traque des partisans de Laurent Gbagbo se poursuit, malgré les interpellations des organisations des droits humains. Les Frci ont repris du service dans les rues d’Abidjan et particulièrement dans la commune de Yopougon, où un «état d’urgence et de terreur» semble avoir été décrété. Les exchefs de guerre continuent de maintenir un environnement de terreur sur le pays, devant le silence coupable du régime Ouattara.

Frank Toti

CAMEROONVOICE

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