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23 août 2012

Côte d’Ivoire : Ouattara est là, le chaos aussi !

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Du dégoût. C’est l’un des sentiments – et non des moindres – qu’on ne peut s’empêcher de ressentir face à ce que nous qualifierons d’acte terroriste et de crime odieux, face à l’attaque du siège du FPI et à l’incendie du siège du groupe Cyclone.

Ici, comme toujours, le crime porte un nom et une marque déposée: Alassane Ouattara. Les exécutants sont connus. Il s’agit d’extrémistes pro-Ouattara, à toutes les échelles. Des caciques du régime aux militants surchauffés à blanc depuis les récentes attaques des positions des FRCI. Leur haine viscérale, l’image de leur mentor, fragilisé par sa propre incompétence, rattrapé par 10 ans de coups fourrés, submergé par son pacte inique avec des assassins rebelles, lié, mains et pieds par une alliance démoniaque avec les prédateurs de l’Afrique…, les ont aveuglé. Rien ne tourne plus rond dans leur tête. C’est le stade ultime de la démence. Il n’y a que la sauvagerie et la brutalité à travers lesquelles ils puissent s’exprimer.

Le siège du FPI (parti fondé par Laurent Gbagbo) a été attaqué, puis incendiée ce samedi 18 août 2012 par des « Adopissancistes ». A peine la fumée dissipée, voilà nos « Adopissancistes » - les mêmes – dans les locaux du siège du groupe Cyclone (société éditrice des journaux « Le Temps », « LG infos » et « Prestige Mag »). Dans les deux cas, les images sont les mêmes : matériels de bureau détruits ou pillés, le reste emporté par les flammes. Rien n’a échappé à la furia de ces vandales « alassanistes ». Leur message est clair et éloquent : terroriser par la violence. Le geste l’est moins : grossier, sinon grotesque, voire crapuleux. Mais il y a pire, c’est lorsque les rédacteurs de « papiers toilette » - proches du régime – s’en mêlent, cela donne ceci, à leur Une: « Un montage comique: les preuves et indices d’une auto-attaque. Pourquoi les Refondateurs ont fait saccager leur propre siège ». A quoi bon ?

A quoi bon fatiguer nos méninges à apporter, à des personnes qui se refusent à accepter la réalité, depuis le début, les preuves irréfutables de crimes dont ils sont, eux aussi, les commanditaires ? A quoi bon nous fatiguer à répondre à leurs élucubrations ?

Tout se résume pourtant en cette simple question : « A qui profite le crime ? ». Tant d’efforts, tant de labeurs à rénover, à reconstruire. Tous ces sacrifices consentis, après le sinistre du 11 avril, partis en fumée, emportés par les gangsters de la ouattarandie. A quelles fins ? Que gagne l’opposition à s’auto-attaquer ? S’attaquer elle-même, pour ensuite accuser les miliciens du RDR, lui permettrait-il de reconquérir le pouvoir ?  De faire libérer son leader Laurent Gbagbo ? De mettre fin aux souffrances des ivoiriens ? Ou encore, de s’attirer « la sympathie » de l’opinion internationale ?

Elle n’en a même pas besoin, car tous, même les plus grands soutiens de Ouattara - les récentes sorties de l’Onu et de la France sont des signes qui ne trompent pas - commencent à déchanter, au fil du temps. Visiblement déçus de voir tout le mal que leur « poulain » a, à tenir correctement le gouvernail du navire Ivoire.  Un navire qui tangue dangereusement dans la violente tempête du trio infernal, appelé: insécurité-impunité-injustice. Conséquence : une cohésion sociale profondément fragilisée. La tension est palpable au sein de la population ivoirienne.

Comme toujours, la question centrale – à ne surtout pas oublier - est la même : « Comment en sommes-nous arrivés là ? ». Comment sommes-nous – pratiquement -  parvenus à ce stade de chaos ? Car le chaos est là, sous nos yeux. Dans notre quotidien : rafles sauvages, perquisitions à domicile, enlèvements de citoyens, arrestations arbitraires, disparitions, attaques. L’ivoirien est angoissé, terrifié. Il n’a plus confiance en ses dirigeants, en ses hommes politiques. C’est même peu de dire qu’il est déçu. Car les nouvelles ne sont pas bonnes, non, pas du tout. Et l’avenir s’annonce ombrageux, dans de telles circonstances. Plus dramatique encore, les nouveaux dirigeants, sensés appeler à l’apaisement et au calme, jouent au contraire les pyromanes, en mettant de l’huile sur le feu, pour ensuite - bien entendu - venir jouer aux pompiers. Ils ne peuvent s’en cacher. Ce sont eux qui, à la suite des attaques des positions des FRCI à Yopougon, Akouédo, Abengourou, Agboville, Toulépleu, … et Dabou, ont immédiatement indexés les leurs opposants, les pro-Gbagbo. La presse pro-Ouattara s’en est, ensuite, fait l’écho. Conséquence immédiate : les sièges du FPI et du Groupe Cyclone attaqués par des assaillants pro-Ouattara.

Quelles leçons en tirer sinon, l’irresponsabilité d’un régime, celui d’Alassane Ouattara, qui livre ses opposants et ses administrés à la furia de ses militants. Ce qui, bien entendu, traduit sa faiblesse, là où l’on était en droit d’attendre de la sagesse et de la pondération, si l’on eut été en face d’un régime digne de ce nom.

Qu’espèrent-ils, ces nervis du pouvoir, en s’attaquant aux responsables de l’opposition, à leur siège et à la presse pro-Gbagbo ? Espèrent-ils que « le commando mystérieux » cesse ses attaques ? Espèrent-ils, de la sorte, mettre en marche  la réconciliation nationale?

Laissons-les, eux et leurs commanditaires méditer sur ces questions. Si du moins ils arrivent à mesurer la gravité de leurs agissements. S’ils réalisent, un tant soit peu, l’ampleur du chaos qu’ils répandent dans ce pays. Par leur faute, la Côte d’Ivoire est loin d’être une destination recommandée.

Avril 2011, août 2012, 16 mois que monsieur Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire. Qu’a-t-il fait pour la cohésion sociale ? Que fait-il – dans la pratique – à part, bien sûr, ses nombreux voyages et ses actions d’éclats dignes de spots publicitaires ? Inutile de nier d’avantage l’évidence. En Côte d’Ivoire, ce n’est pas la paix qui prévaut, ce sont bien les attaques, les enlèvements, les arrestations arbitraires, les détentions illégales, les perquisitions de domiciles en dehors de toutes règles…, bref, c’est le chaos qui règne. Un chaos dont le chef d’orchestre n’est nul autre que Alassane Ouattara. Vous avez dit « solution » pour la Côte d’Ivoire ?

Marc Micael La Riposte

Zemami1er@yahoo.fr

LYNXTOGO

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