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03 juillet 2012

Après le sommet de la Cedeao à Yamoussoukro : Les terroristes menacent de frapper les pays fournisseurs de troupes

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( Boigny Express ) Les dernières recommandations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), suite à son sommet tenu à Yamoussoukro, le vendredi 29 juin 2012, traduisent clairement l’engagement de cette institution à résoudre définitivement l’ensemble des conflits qui font obstruction à la relance économique et politique de la sous-région. La crise malienne a été l’élémnt central durant les travaux. La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement a décidé de se soustraire des discours théoriques, pour passer aux actes, histoire de débarrasser le Mali de toutes ces organisations terroristes qui projettent de faire de ce pays un sanctuaire. Comme réplique à la future offensive que prévoit la Cedeao sur les fronts maliens, les islamistes d’Ançar-Dine qui contrôlent presque la totalité de sa région Nord, menacent de frapper tout pays candidat à cette expédition militaire qui ne serait pas de leur goût. Si bien d’Africains interprètent cette menace comme le reflet d’une peur panique dans les rangs des islamistes, par contre, de nombreux analystes sur le continent, prennent le « chantage » très au sérieux. Depuis plusieurs jours, la presse occidentale en fait ses choux gras. Et de nombreux éditorialistes et pseudo-spécialistes de cette région, épiloguent à souhait, sans proposer la moindre solution. Quelles sont les origines où les fondements de cette curieuse bravoure des terroristes qui narguent une armée sous régionale ? Même si pour l’heure, cette armée n’existe que sur papier. Pour en esquisser un début de réponse, il est bon de rappeler que durant son bras de fer qui l’avait opposé à l’armée de l’Organisation du traité atlantique nord (Otan), le Colonel Kadhafi, alors Guide de la Jamahiriya Arabe Libyenne, s’était construit une solide armée parallèle, composée essentiellement de mercenaires d’origine Touareg et Haoussa. En dehors de ceux dont l’enrôlement avait été effectué sur place, beaucoup d’autres ont été recruté dans leur terroire . Ceux-ci ont été convoyés par voie terrestre avant de se voir par la suite déployés à l’intérieur et dans les périphéries des mégalopoles de Tripoli et de Bengazi, d’où ils ont pu mener (auprès du Guide), une opposition armée farouche qui s’est traduite par l’arrestation du colonel Kadhafi, suivie de son lynchage à mort par ses ravisseurs. L’homme tire donc sa révérence, laissant aux mains de ses combattants, de milliers de tonnes de matériels militaires. Défaits et n’ayant plus rien à faire au pays de Kadhafi, ces quidams pouvaient désormais disposer d’un précieux butin de guerre à mesure de donner forme à un vieux projet dont le but a toujours été d’engager une guerre de sécession pour arracher sa région Nord à l’administration malienne. La soif du pouvoir aidant, plusieurs organisations terroristes pousseront comme des champignons. Nombreuses d’entre elles ne survivront pas des difficiles réalités financières auxquelles elles étaient confrontées. Des dures à cuire, comme par exemple le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) et Ançar-Dine, tiendront quand à elles l’aventure. Ce sont deux groupes terroristes se réclamant d’Al-Qaïda et dont paradoxalement, les points de vue sont discordants, quand il s’agit du contrôle exclusif de cette région Nord du Mali. Après d’âpres combats, c’est désormais le mouvement Ançar-Dine qui contrôle presque la zone Nord du Mali. Le Mnla s’est entre temps replié au fin fond du désert, espérant peut-être plus tard, engager une contre offensive.

 

La Cedeao face à un sursaut d’orgueil

La menace des islamistes d’Ançar-Dine, à vouloir « frapper » les pays désireux de prendre part à l’aventure armée que la Cedeao se propose d’engager au Mali, a-t-elle affectée les pays membres ? Vaincre ou périr, la Conférence des chefs d’état et de gouvernements de la communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest devra choisir entre sa dignité et la souffrance du peuple malien, fatigué et humilié des multiples chantages et intrigues des terroristes qui ont pris injustement une grande partie de sa souveraineté en otage. Depuis longtemps, la Cedeao s’est employé à exploiter la piste de la diplomatie qui ne donnera rien. La roublardise des responsables de la junte et la détermination des bandes terroristes à s’organiser davantage ont tout le temps grippé la machine de la médiation. Blessée dans son orgueil, la Conférence a décidé de l’envoi immédiat d’une mission technique d’évaluation au Mali, à l’effet de préparer le terrain qui verra l’arrivée imminente de la Mission de la Cedeao au Mali (Micema). C’est du moins ce qu’indique le communiqué final de la réunion. La mission technique est composée d’officiers militaires et de politiques suivie d’une mission dite de "haut niveau" et conduite par Kadré Désiré, Blaise Compaoré, respectivement Médiateur dans la crise malienne et Président de la République du Burkina Faso. La Conférence des chefs d’Etat a exhorté le Conseil de sécurité de l’Organisation des nations-unies, à "accélérer" le processus afin de prendre une résolution autorisant le déploiement des troupes au Mali. S’il y a une décision qui a été particulièrement bien accueillie à Bamako, c’est surtout celle relative à la «détermination de la Cedeao à ne pas transiger sur l`intégrité territoriale du Mali et à ne pas négocier avec des organisations terroristes". L’institution sous -régionale réaffirme sa volonté de rétablir l’autorité de l’état du Mali sur l’ensemble de son territoire national. Aussi, depuis vendredi 29 juin 2012, date du sommet, la Cedeao a décidé de ne plus reconnaître la junte. Ces quelques résolutions significatives, en ce qu’elles présentent comme défi, ont suffit pour les islamistes, en ce moment maîtres du Nord Mali, à sortir leurs griffes et à proférer des menaces à l’allure de provocation à l’endroit de la Cedeao.

 

Raphael Yafohi

Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 02/07/2012

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