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01 juillet 2012

Inculpation du Pr Aké N’Gbo pour génocide : Quand le pouvoir se ridiculise

AKE NGBO.gifLe dernier Premier ministre de Laurent Gbagbo, le Pr. Gilbert-Marie Aké n’gbo, fait en ce moment, l’objet de grave confusion juridique. Ses ministres des Affaires étrangères, Alcide djédjé illahiri et de l’économie et des finances, désiré dallo et lui-même, tous détenus à la prison de Boundiali, ont été inculpés le lundi 25 juin 2012, par la justice ivoirienne, de «crimes de sang, meurtres, assassinats, incendies volontaires d’immeubles et génocide». Mais qu’est-ce qu’un génocide pour que cette charge pèse sur ce paisible universitaire Premier ministre et ses ministres devant la justice ivoirienne ? La définition tient de la Convention des nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. disposition qui présente le génocide comme étant «les actes commis dans l’intention de détruire, intégralement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux tels que : le meurtre de membres du groupe; l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe; la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; l’application des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe; et le transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.» Le Premier ministre Gilbert-Marie Aké n’gbo et les ministres Alcide djédjé illahiri et désiré dallo ont-ils posé des actes correspondant à cette définition pour que le pouvoir ivoirien et sa justice aux ordres montrent un tel visage à l’opinion ? jusqu’à ce jour, il y a quatre génocides reconnus par les nations unies, qu’il ne faut pas confondre avec d’autres terminologies comme «crime contre l’humanité » qui est “commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque” et «crime de guerre», notion encore plus large concernant les “violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés dans le cadre établi du droit international”. On a de génocides reconnus que celui des Arméniens, commis par l’empire ottoman en 1915-1916 (reconnu en 2001 par la France); le génocide des juifs, commis par les nazis lors de la guerre de 1939-1945 en Allemagne, Pologne, en France, etc., avec plus de 5 millions de juifs assassinés (reconnu par la cour de nuremberg en 1945 et ayant servi de point de départ à la définition du terme) ; le génocide des Tutsis au rwanda en 1994 (800.000 ou plus de 1.000.000 de victimes) ; le massacre de Srebrenica (massacre de 6 500 à 8 000 hommes bosniaques) commis en juillet 1995 pendant la Guerre de Bosnie-Herzégovine et qualifié de génocide par les Tribunaux pénaux internationaux pour le rwanda et l’ex-Yougoslavie. Par contre, même les massacres des Algériens perpétrés lors de la colonisation française (un million et demi de civils tués pendant la guerre, selon l’Algérie, entre 300 000 et 460 000 selon les historiens et autres) ne sont pas qualifiés par l’Onu ou ses instances comme constituant un génocide. Or, selon l’ancien Procureur de la Cpi, Luis Moreno Ocampo, mis en mission par le régime Ouattara, seulement 1059 personnes ont été tuées dans cette guerre dont on accuse ces personnalités (Gilbert-Marie Aké n’gbo, Alcide djédjé illahiri et désiré dallo), chiffre en contradiction avec les 3000 morts annoncés comme chiffre officiel. Or, s’il y a eu ces morts, ils ne peuvent être le fait exclusif des pro-Gbagbo. Comment donc une justice peut-elle être impartiale et accuser un gouvernement attaqué de s’être défendu et d’avoir protégé la population pilonnée par des armées coalisées ? Comment la justice de Côte d’ivoire peut-elle brandir un chef d’accusation parlant de génocide, sans se rendre ridicule, alors que la définition de ce crime est claire et bien loin de la réalité ? La justice ivoirienne est devenue un sérieux problème.


Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr

Le Temps-1/7/2012

IVORIAN

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