topblog Ivoire blogs

20 juin 2012

Cour Pénale Internationale Gbagbo gonflé à bloc

Gbagbo pointe doigt.jpgL'image est saisissante : « Gbagbo est comme un boxeur en mal d'adversaire. Il est surentraîné, mais il n'a personne pour combattre ». Ces propos émanent de l'un des proches de l'ex-président ivoirien, qui l'a rencontré récemment dans sa cellule du centre pénitentiaire de Scheveningen, près de La Haye aux Pays-Bas.

Ils traduisent éloquemment l'état d'esprit de l'ancien chef de l’État, à deux mois de l'audience de confirmation (ou d'infirmation, c'est selon) des charges alléguées contre Laurent Gbagbo, transféré et écroué à la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2011. Selon ce proche, son procès a été reporté au 13 août prochain, mais l'ex-président ivoirien ne baisse pas la garde. Laurent Gbagbo continue de préparer minutieusement ce rendez-vous capital avec ses avocats, officiels et officieux, afin d'être fin prêt le jour « J ». Ainsi, l'ancien homme fort d'Abidjan, fort du soutien de tous ses partisans qui se sont rassemblés le lundi 18 juin à La Haye pour réclamer sa libération, consacre deux jours de la semaine à des séances de « trial training » (procès fictif). Gbagbo est soumis à cet exercice durant de longues minutes voire des heures, où il doit répéter « ses gammes ». C'est-à-dire ce qu'il devra dire à la barre le 13 août. Toujours selon cette source qui fait partie du « shadow office » des conseils juridiques de l'ancien chef de l’État ivoirien, Laurent Gbagbo appréhende cette échéance fatidique avec lucidité et sérénité. Notre interlocuteur a d'ailleurs fait savoir que c'est avec l'accord du prisonnier le plus célèbre de Scheveningen, que Me Emmanuel Altit, son avocat principal dans la procédure enregistrée au rôle de la CPI sous l'intitulé « Le Procureur c. Laurent Gbagbo », a déposé sa requête de demande de report de l'audience du 18 juin. Selon notre source, l'avocat français a clairement expliqué à son « client » le piège dans lequel voulait les attirer l'ex-Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo (remplacé depuis le 15 juin par la Gambienne Fatou Bensouda), en remettant très tardivement (le 16 mai) ses preuves à la Défense. Un document épais de plus de dix mille (10.000) pages et plus de 400 vidéos à compulser et à visionner pendant à peine un mois. Laurent Gbagbo a été d'avis que le temps imparti était court pour faire ce travail d'Hercule. Aussi a-t-il donné quitus à son avocat français de saisir le présidente de la Chambre préliminaire I, la juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi pour demander un renvoi de l'affaire ; ce qui a été fait. Ce délai supplémentaire de deux mois sera assurément mis à profit par la Défense pour tenter de démonter les unes après les autres, les preuves de l'Accusation. Et obtenir, le cas échéant, une libération provisoire ou définitive de Laurent Gbagbo à cette étape de la procédure. La partie s'annonce particulièrement serrée le 13 août prochain.

TELEDIASPORA

Les commentaires sont fermés.