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04 juin 2012

Bachar mènera jusqu’au bout la guerre contre le terrorisme

15 mois de crise ont renforcé, que ça plaise ou non, la stature de ce président qui ne devait pas l’être

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C’était sa première,intervention officielle depuis le drame de Houla et l’offensive politico-médiatique occidentale qui en a tiré prétexte : intervenant la toute nouvelle Assemblée du Peuple pour sa séance inaugurale, Bachar al-Assad a parlé pendant une heure, aux députés et au peuple syriens, et bien évidemment au monde entier, amis ou ennemis. Si l’on devait résumer d’une idée-force ce discours, on pourrait le faire ainsi : la Syrie est confrontée à une véritable guerre menée par le terrorisme appuyé par l’Étranger et la Syrie ne faiblira pas dans la lutte contre le terrorisme.

Pas de compromis avec les tueurs

Le président syrien a dit d’abord que son gouvernement avait « essayé tous les moyens politiques » de résoudre la crise, en une allusion aux réformes politiques menées, de la nouvelle Constitution à la nouvelle loi sur les partis en passant par les mains tendues à des personnalités d’opposition non CNS. Mais, a-t-il ajouté, ces gestes n’ont pas désarmé les terroristes et leurs appuis politiques, ceux-ci, souligne Bachar, n’étant « pas intéressés par le dialogue et les réformes politiques« . Leur agenda est en effet tout autre : « Les terroristes sont chargés d’une mission et ils ne s’arrêteront que s’ils accomplissent cette mission ou si nous arrivons à les arrêter« .

En employant le mot « mission« , le chef de l’État cible sans les nommer les « sponsors » politiques et financiers de ces bandes qui ensanglantent son pays : « Nous faisons face à une véritable guerre menée de l’étranger » : de la Turquie, du Liban, de l’Arabie séoudite, du Qatar, et de plus loin encore ont dû penser ses auditeurs parlementaires et pas mal de téléspectateurs syriens. Et Bachar a assimilé la campagne politico-médiatique internationale en cours contre son pays à un colonialisme new look, les méthodes de celui-ci ayant changé mais le projet restant le même : l’asservissement de la Syrie et, au-delà, de la nation arabe.

Alors, en ce seizième mois de troubles, Bachar al-Assad a été très clair : cette guerre la Syrie n’a pas l’intention de la perdre ! « Il n’y aura pas de compromis dans la lutte contre le terrorisme et ceux qui le soutiennent ! » Car « la sécurité de la nation est une ligne rouge » que personne ne franchira impunément. Et ce combat vital doit être mené pour l’avenir des Syriens. Et au nom aussi de tous ceux, ces milliers de militaires, policiers et civils qui ont déjà succombé, ces « martyrs » dont, promet Bachar « le sang n’aura pas coulé en vain« .

Les responsables de Houla ? "Des monstres"

Justement, le président syrien, accusé de tous les maux et surtout de ceux qu’il n’a pas commis, est revenu sur certains de ces martyrs, les civils, hommes, femmes et enfants massacrés à Houla, dont l’Occident lui a tout de suite – et un peu trop vite – attribué la responsabilité : pour Bachar al-Assad, ceux qui ont commis ce massacre des innocents sont des « monstres«  . Des monstres qui n’appartiennent pas à l’armée syrienne, ni aux miliciens pro-gouvernementaux. Bachar semble assuré sur ce dossier, l’appartenance de nombre de victimes à un clan pro-régime étant un élément déterminant dans la désignation des vrais responsables de ce drame.

S’adressant aux nouveaux députés, le président syrien a dit qu’il considérait comme une victoire syrienne le fait d’avoir pu tenir sans incidents graves, et à la date prévue, ces élections législatives, le 7 mai dernier. Et le président dit ne pas désespérer d’associer à ce processus global de réforme tous ceux qui le veulent : « Les portes de la Syrie restent ouvertes à tous ceux qui veulent la vraie réforme et un dialogue sincère ».

Pour finir, disons que Bachar al-Assad a fait le discours de « chef » que la situation exigeait. Chef de la nation, aucune autre personnalité, dans son camp ou contre son camp, ne pouvant incarner, que ça plaise ou non, cette dimension. Chef de guerre aussi, pas de guerre civile comme le répètent en feignant de la redouter les journalistes et politiques de France et d’Occident, mais de guerre contre le terrorisme, une guerre sans répit, jusqu’à l’éradication totale de ce cancer entretenu depuis des antichambres lointaines. Évidemment, cette volonté va très vite se heurter aux exigences onusiennes le général et de Kofi Annan en particulier. Mais la Syrie a joué le jeu autant qu’elle a pu, et se sent assez forte pour changer de braquet.

Voilà pour le fond. Pour ce qui est de la forme, on constate que cet homme encore jeune, et présenté au départ en Occident comme un « fils à papa » falot et un président-potiche de circonstance, cet homme donc a visiblement complété, à la faveur d’une crise gravissime et d’une pression internationale maximum et incessante, une stature d’homme d’État, qui n’a en quinze mois ni plié ni rompu. Bachar, qui aurait sans doute préféré rester dans un semi-anonymat international, est devenu un porte-drapeau, ou un drapeau tout court : celui de la Syrie, mais aussi celui du principe de souveraineté, et de résistance au Big Brother atlantiste. Et dire que de France 24 au Figaro, en passant par cent autres médias interchangeables français, on ne donnait que quelques semaines, quelques mois au plus, à ce président malgré lui pour rejoindre des Ben Ali ou des Moubarak dans les poubelles de l’Histoire !

Aujourd’hui, ces poubelles sont pleines des illusions syriennes des Occidentaux. Et Bachar tient bon la barre dans la grande tempête, avec les voeux de l’essentiel du peuple syrien. Nous trouvons ça moral, figurez-vous.<P/>

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COMITE VALMY

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