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16 mai 2012

Radiodiffusion Télévision ivoirienne (Rti) Silence, on censure ! Censure de tous les artistes proches de Gbagbo

aicha-kone-3.jpgCela dure depuis un an. Des artistes se plaignent constamment de ne plus avoir accès aux antennes de la radiodiffusion télévision ivoirienne(Rti). La cause de leur censure, confient-ils, c’est d’avoir flirté avec le pouvoir Gbagbo, et de l’avoir surtout soutenu pendant l’élection présidentielle. Fort de cela, à la maison bleue, ils sont considérés comme persona non grata. Si certains artistes préfèrent observer la loi de l’omerta face à cette situation critique, de peur de représailles, ce n’est pas le cas pour d’autres. Telle la diva de la musique ivoirienne. Récemment dans une interview accordée à un confrère, Aïcha Koné, puisque c’est d’elle qu’il s’agit n’a pas porté de gangs pour dénoncer cette injustice dont elle est victime.

Censure de tous les artistes proches de Gbagbo

« Lorsque nous avons parlé de Réconciliation, j'ai sorti une chanson intitulée ''Seigneur aides-nous''. Quand le clip a été réalisé, nous avons rempli toutes les conditions qu'il fallait pour  sa diffusion sur les antennes de la télévision. Mais il y a un agent de la Rti qui m'a appelée un jour, pour me dire de faire ma promotion ailleurs, parce qu'il y a eu une réunion à la Direction de la Rti au cours de laquelle il a été décidé que tous ceux qui étaient proches de Gbagbo ne passeront plus à l'antenne», révèle celle qui porte désormais le nom de ‘’Mama africa’’. Elle s’est dite choquée par l’attitude des responsables de la maison bleue qui ont jugé son œuvre irrecevable. Au motif qu’elle a soutenu Gbagbo durant la période postélectorale. Et pourtant, dans cette chanson interprétée en sénoufo et en français, Aicha Koné demande la clémence du Tout Puissant afin qu’il aide la Côte d’Ivoire à tourner définitivement le dos à la guerre pour aller à la paix et à la réconciliation. Comme le prône Charles Konan Banny, président de la commission de dialogue, vérité et réconciliation. Selon elle, le fait que ses oeuvres ne soient pas diffusées sur les antennes de la Rti, la seule télé du pays lui cause un préjudice énorme. « Faire cela à un artiste, c'est une manière de le combattre et de le tuer. J'ai donc jugé qu'il est mieux pour moi d'être à l'extérieur. Si ma télévision ne veut pas de moi et qu'ailleurs on veut de moi, tant mieux » se résigne la diva de la musique ivoirienne. C’est d’ailleurs pour manifester son indignation face à cette situation d’injustice que Mama Africa affirme avoir refusé de répondre à l’invitation de Madame Dominique Ouattara dans le cadre du gala de bienfaisance organisée par sa structure, Childreen of Africa. Le comédien-humoriste, Adama Dahico, estime aussi être victime d’une censure à la Rti. A la question de savoir comment a-t-il il su qu’il était interdit de passer sur les antennes, le président du Drômikan rétorque : « qu’il n’y a certes pas de note officielle ni de liste d’artistes censurés collée à la Rti, mais c’est lorsque vous entreprenez des démarches en vue de faire diffuser une oeuvre que vous vous rendez compte que vous n’y êtes pas le bienvenu. Me concernant, j’ai participé à un publi-reportage d’une société de la place. La première fois, la vidéo est passée avec mon image. Mais au 2e passage de l’élément en question, mon image n’y était plus. Elle a été biffée ». Ce n’est pas le seul fait qui a fait dire au candidat malheureux à la dernière élection présidentielle qu’il est censuré sur la chaîne de la télévision nationale.

Adama Dahico, les Galliets, Serges Kassy... ne passent plus à la Rti

Son single intitulé « pardon » qu’il a produit dans le cadre du processus de réconciliation n’a jamais été diffusé sur les antennes de la télévision ivoirienne en dépit de toutes ses démarches. Malheureusement, regrette-t- il, son message de pardon et de paix contenu sur ce single ne sera pas entendu par les ivoiriens. Puisque, ajoute le comédien, l’oeuvre n’a jamais été diffusée sur la Première. Mais Adama Dahico qui veut coûte que coûte dédramatiser la situation de crise que vit son pays n’est pas découragé pour autant. Bien au contraire. Il rentre au labo d’où il en ressort avec un programme d’émission intitulée la ‘’République du drômikan’’. Une émission à forte dose d’humour. Mais le président Dahico sera désillusionné. Car, le courrier de partenariat qu’il adresse à la Rti-publicité pour la diffusion de son prêt à diffuser(PAD), dira-t-il, restera sans suite. « Moi, Dolo Adama, on m’a laissé entendre que je suis désormais considéré comme homme politique. Car, ayant participé aux élections présidentielle. Et donc mes images ne doivent plus être exploitées à des fins commerciales. Je suis victime de la politique. J’assume les conséquences de mon choix. Qu’on inscrive cela dans la constitution afin que les ivoiriens qui souhaitent briguer la magistrature suprême le sachent avant de s’engager dans la course », suggère le comédien. Dahico qui effectuera bientôt sa rentrée artistique, estime que pour que la réconciliation tant souhaitée soit une réalité, le pouvoir gagnerait au plus vite à mettre fin à ces injustices et à faire en sorte de créer les conditions permettant à tous les ivoiriens, en particulier les artistes (comédiens, chanteurs) de vivre de leur art. A l’instar d’Aicha Koné et Adama Dahico, les Galliets, groupe zouglou, auteur de la célèbre chanson de campagne de Gbagbo ne passent plus sur les antennes de la Rti. Depuis la chute de l’ex-président, le groupe qui s’était exilé dans un pays voisin avant de revenir au bercail, constate que leurs oeuvres ne sont plus jouées à la Rti. V.M membre du groupe témoigne : « On ne nous a jamais dit ouvertement que nous sommes censurés. Mais c’est tout comme. D’autant plus que depuis la fin de la crise jusqu’à ce jour, nos oeuvres ne passent plus à la télé. On ne sait pas pourquoi. Et on n’a jamais cherché à savoir pourquoi. Nous voulons éviter des polémiques inutiles. » La Rti par le biais de Da Chagas, directeur commercial et marketing de Rti-publicité s’est inscrit en faux contre ces accusations. « Ce que racontent ces artistes sont des affabulations mensongères. A ma connaissance, à la Rti, on n’a jamais tenu une réunion au cours de laquelle il aurait été décidé de la censure des artistes pro-Gbagbo. Il n’existe pas non plus de liste de ces artistes, collée dans nos bureaux, comme certains tentent de le faire croire. Qu’Aïcha Koné arrête de nous accuser pour rien. Aucune décision de censure n’a été prise en son endroit. Concernant le cas d’Adama Dahico, nous avons été clairs. En fait, ce dernier pour avoir participé aux élections présidentielles est désormais classé parmi les personnalités les plus importantes du pays. C’est un homme politique. De ce fait, son image ne peut et être exploitée à des fins commerciales. Ce n’est pas nous qui avons pris cette décision. Ce sont les textes du code de déontologie de la publicité qui l’interdissent. Pour tout vous dire, Adama Dahico n’est pas censuré. Nous voulons simplement respecter les textes qui régissent la publicité. Vous savez, la Rti étant une télévision d’Etat, son rôle premier est de rassembler tous les ivoiriens de quelque bord que ce soit. Nous avons reçu des instructions fermes de la direction générale dans ce sens. Etant donné que nous sommes dans une dynamique de réconciliation de tous les ivoiriens. En outre, nous acceptons la différence pour vivre dans une Côte d’Ivoire unifiée. Ne vous en faites pas. Au moment opportun, le premier responsable de la Rti, passera sur les antennes pour éclairer la lanterne des ivoiriens sur ce sujet », promet-elle.

Alexis Rabé

Source : L'Observateur d'Abidjan : Dernière Mise à jour : 16/05/2012

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