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07 mai 2012

Quand il pleut à Paris…

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Quand il pleut à Paris, les rues de plusieurs capitales africaines sont inondées. Hier, dimanche 6 mai, l’Afrique «française» avait donc retenue son souffle toute la journée jusqu’à la délivrance des 20 heures, heure de Paris, anxieuse de connaître du nouveau chef de l’Etat français. Parce que c’est important, le président français ! Qu’il soit de gauche ou de droite, importe peu pour les Africains en définitive. Ce qui importe c’est que le maître de France satisfasse aux besoins insatiables d’une classe dirigeante africaine prête à toutes les compromissions pourvue simplement qu’elles soient sonnantes et trébuchantes.

Tant pis, si leurs ressortissants sont traqués tous les jours, parqués comme du bétail et renvoyés dans des conditions inhumaines dans leurs pays d’origine. Tant pis si les enfants sont séparés de leurs parents. Les femmes de leurs maris ou vice et versa. Si les étudiants sont retournés. Si les communautés n’ont pas droit de cité. Si les économies africaines sont étouffées par une tutelle pesante de la Métropole. Des cas plus marqués certes pendant les magistères de Droite. Tant pis néanmoins, si les pays africains restent «insulinement dépendants» des aides budgétaires de la France. Ils ont meublés et apparts à Paris. Comptes et avoirs dans les établissements financiers huppés de la capitale. Cela suffit à leur bonheur.

On comprend dès lors que la politique africaine de la France, reste un «domaine réservé» opaque et anti-démocratique quelque soit le président élu. Cette politique est toujours décidée à l’Élysée, en-dehors de tout contrôle démocratique et sous l’influence de multiples réseaux plus ou moins occultes. La politique africaine est accaparée depuis les indépendances par un triumvirat composé de l’Élysée, de l’État-major et du groupe pétrolier Elf. Tous les présidents successifs se sont parfaitement accommodés de cet état de fait.

François Hollande ne fera pas exception ? Tant la politique africaine de la France est soumise à l’influence de nombreux réseaux : services de renseignements, milieux politico-affairistes, économiques, voire mafieux ou sectaires qui exigent des partenaires africains une soumission parfaite. Sinon gare au renversement militaire ou électoral.

D’aucuns n’ont pas manqué, de voir dans ce qu’ils ont considéré comme une hâte suspecte de se rendre à Paris en pleine campagne électorale du nouvel homme fort sénégalais au lendemain de son «intronisation» comme quatrième président de la République, un acte d’allégeance. Il n’en est rien peut être. Macky Sall s’est simplement rendu dans la capitale française pour répondre à une invitation de son homologue français, le président Nicolas Sarkozy, battu hier. Le souci de renflouer des caisses affectées n’était peut-être pas aussi absent dans les raisons de ce voyage. La France de Nicolas ayant généreusement fourni une aide budgétaire de plus de 85 milliards de francs Cfa (130 millions d’euros) dont les 32 milliards avaient été débloqué sur le champ. Le Sénégal du nouveau président est à la recherche de 200 milliards qui ne sauraient souffrir d’une remise au lendemain.

Soit, mais cette quasi première visite, si on excepte il est vrai, le bref passage à Banjul auparavant, à Paris montre et démontre le poids de la France et son influence sur nos régimes. Le président Macky avait été taxé par ses adversaires et anciens frères de parti, de candidat de l’étranger. Son précipité séjour parisien bien que dicté par le besoin pressant de parer au plus pressé, ont justifié ses affidés, n’en a pas moins apporté de l’eau au moulin de ses contempteurs libéraux. 

Par ailleurs, le Secrétaire général du Parti socialiste (Ps) sénégalais lui, Ousmane Tanor Dieng, candidat malheureux à la présidentielle de février-mars dernier, parti à Paris depuis le 1er mai soutenir son camarde François Hollande, avait rapporté le journal «Libération» bénéficie ainsi d’un coup de pouce certain. Son influence aussi bien au sein de sa formation politique où il commençait à subir les contrecoups de ses échecs successifs, qu’au sein de la coalition victorieuse au second tour à Dakar, Benno Bokk Yakaar devrait en effet connaître un réchauffement avec l’arrivée à l’Elysée de son camarade Hollande. Ousmane Tanor Dieng, ne l’oublions pas est un diplomate de formation même s’il a peu exercé. Il peut donc aider à arrondir les angles désormais avec le nouveau pouvoir français. L’élection de François Hollande dont il est proche ne manquera assurément pas d’amenuiser l’écart entre lui et son rival, Moustapha Niasse dans le cœur et les intérêts « français » de Macky Sall. C’est dire que quand il pleut à Paris…



 
source : Madior FALL  ABIDJANDIRECT

 

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