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07 mai 2012

Mali: La Pagaille

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Tantôt, ils traversent les quartiers à vive allure sur Jakarka, le fusil en bandoulière, la mine sombre, sans autre précaution. Tantôt, ce sont des tirs nourris, censés débusquer des mercenaires que les Bamakois entendent depuis leurs concessions. Ils assistent à leur corps défendant à des combats de rue. Parfois, ce sont des porteurs d’uniforme dans des voitures banalisées qui font du rodéo sur la voie publique ou sur des places publiques.

Nul n’est désormais plus en sécurité à Bamako. Profitant, de la mêlée, des bandits assoiffés de sang qui se font passer pour des militaires, liquident d’honnêtes gens pour leurs biens. D’autres sont agressés jusqu’à leur domicile, comme ce fut le cas la semaine dernière d’un ancien ministre de la Santé. Son domicile, sans sommation, a été mitraillé par des inconnus porteurs d’uniforme, qui ont finalement pris la poudre d’escampette après une vingtaine de minutes de musique infernale.

Alors même qu’ils ne sont intéressés ni par le pouvoir ni par ses petits avantages ; qu’ils dédaignent même les petites combines sur le dos de l’Etat pour mieux vivre, des Bamakois peuvent pourtant faire les frais de ce qui ressemble à une course au contrôle du pouvoir réel depuis la chute de Soudbaba.

Les situations décrites sont malheureusement le terreau du grand banditisme et des règlements de comptes. Imaginez un homme qui en veut à un autre et qui le traite de mercenaire ou de putschiste à la cantonade. Il risque alors d’être envoyé six pieds sous terre parce que par ces temps, il est tout simplement mortel d’être suspecté d’intelligence avec l’ennemi.

Du coup, l’espérance de vie à la naissance du citadin égale dorénavant à une course en ville renouvelable, car personne n’est plus sûr de retourner verticalement à la maison. Chacun a son âme attachée sur sa tête, comme le disent les Bambaras pour signifier l’épée de Damoclès qui pend sur la tête. Parti pour chercher sa pitance quotidienne, on peut donc banalement rencontrer La Faucheuse sous la forme d’un dérapage. Dja dja ça n’arrive pas qu’aux autres !

Et pourtant cette situation aussi n’est pas une fatalité. En tapant du poing sur la table, la hiérarchie peut ramener les porteurs d’uniforme à éviter de porter l’arme en ville, dans la circulation et dans les rues. Il s’agit d’appliquer le règlement. Force doit rester aux patrouilles régulièrement constituées et à bord de véhicules appartenant aux Forces armées et de sécurité et identifiables par conséquent.

N’oublions surtout pas que le fauteur de ces désordres nationaux, l’exilé à Dakar alias Wolofokè ATT, nous suit avec intérêt. Pour nous rire au nez ou pour se convaincre que les cimetières sont remplis de gens indispensables.

A. M. T.
le 07 mai 2012

CONNECTION IVOIRIENNE

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