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23 mars 2012

Coup d’Etat au Mali: Que peut faire le Président de la Cedao?

 

 

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Alassane Dramane Ouattara se vantait il y a quelques jours d'être le président des 16 pays de la CEDEAO et que son chef d'état major Soumaila Bakayoko, était aussi devenu le patron de l'armée de cette communauté. Tout le monde sait que la présidence de cette institution comme celle de toute institution régionale et sous régionale est purement honorifique et ne procure aucun pouvoir réel. C’est d'ailleurs pourquoi depuis 1960 aucun chef d'Etat ivoirien, de Félix Houphouet Boigny à Laurent Gbagbo, n'a cherché à briguer ces postes.

 

Mais pour Ouattara qui est en quête de légitimité le jeux en valait la chandelle. Et puis, ses partisans souvent analphabètes et fanatiques peuvent s'enorgueillir car leur bravetchè est devenu non pas président de la seule Côte d'Ivoire, mais de toute l'Afrique de l'Ouest. Par ailleurs ils voient dans le mandat de Soumaila Bakayoko à la tête de l'ECOMOG un moyen de protéger le régime de Ouattara. N'est ce pas cette armée qui a été le bras séculier de la France dans l'opération militaire qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo en 2011?

Concédons à Ouattara ses rêves ! Il est donc président de la CEDEAO et contrôle l'ECOMOG. Alors comment se fait-il qu'à son nez et à sa barbe un coup d'Etat ait pu se perpétrer au Mali voisin dans le silence absolu de la CEDEAO qui est spécialisée dans l'installation de la démocratie par les armes en Afrique? Qu'attend l'ECOMOG pour déloger les putschistes de Bamako qui mettent à mal la démocratie dans ce pays présenté comme un modèle du genre ? Les condamnations de principe de la CEDEAO et de l'Union Africaine ne suffisent pas. Les armées des pays membres doivent mettre leurs armées à la disposition de monsieur Ouattara pour aller rétablir la démocratie au Mali. A moins que ce qui se passe dans ce pays ne fasse partie du plan d'action de la CEDEAO d'harmoniser les postes de président des pays membres en y installant des putschistes. Ce qui apparemment ne gênerait pas la France qui semble prendre acte du coup de force et appelle à l'organisation d'élections dans les meilleurs délais au Mali.

Et pourtant, nous étions à quelques semaines des élections dans ce pays! Qui a intérêt à renverser ATT, pourtant adulé il y a peu par les milieux occidentaux, alors même qu'il n'est pas candidat à sa propre succession à la prochaine élection présidentielle ? Pourquoi "mélanger" un pays déjà éprouvé dans une sous région ouest africaine elle même instable depuis des décennies ?
La réponse à ces interrogations est le sésame pour comprendre pourquoi l'Afrique noire peine à sortir du sous développement et à offrir des perspectives meilleures à son peuple.

John S.

LYNXTOGO

 

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