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23 mars 2012

Chute de Toumani Touré : Le rôle trouble de la France

 

 

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Au Mali la première ministre, Cissé Mariam Kaïdama Sidibé et son époux sont aux arrêts. De nombreuses autorités proches du président Amadou Toumani Touré sont aux arrêts ou en résidences surveillées. Au fil des heures la situation se complique donc pour le président malien ATT, tantôt localisé à l’ambassade des USA, tantôt dit retranché dans un camp militaire de bérets rouges, son unité d’origine.

Ce qui apparaissait hier mercredi comme un mécontentement des militaires maliens, a fini dans la nuit du mercredi au jeudi par se transformer en un coup de force.

Dans la journée du mercredi, les mutins avaient réussi à s’emparer des locaux de la radio et de la télévision d’état, pendant que l’ambassade de France au Mali, se chargeait de passer l’annonce d’évacuer les écoles de la capitale. Attitude que beaucoup d’habitants de Bamako déjà écœurés par la guerre de la France contre la Lybie de Kadhafi, ne comprennent pas.

« Pourquoi ce sont les Français qui demandent l’évacuation des écoles et annoncent sur leurs medias publics en premier le coup de force ? Pourquoi c’est sur leur radio que certains leaders apportent un soutien politique au coup-d’etat ? » se demandent un journaliste joint ce jeudi à Bamako avant de poursuivre :

« Le pouvoir malien était ces derniers mois en désaccords avec la France sur l’attitude à adopter face à la rébellion Touareg. Le Mali voulait s’en débarrasser tandis que la France et certains pays occidentaux souhaitaient utiliser cette rébellion pour combattre Al Qu’Aïda au Maghreb (Aqmi).

Une certaine presse présente les rebelles Touareg comme ayant combattu auprès de Kadhafi, c’est pas toujours vrai. Les armes sophistiquées que les rebelles possèdent ne viennent pas toutes de l’arsenal laissé par Kadhafi. Il faut chercher encore d’où viennent ces armes. Pour certaines autorités maliennes, ces armes proviennent des occidentaux »
.

La prochaine présidentielle malienne était prévue pour le 29 avril prochain. ATT n’y participait pas comme candidat. De nombreuses divergences étaient apparues au sein de la classe politique sur la tenue ou non de cette élection. Pour le pouvoir sortant il fallait la tenir à la date indiquée, par contre pour une partie de l’opposition qui applaudit le coup-d’état de ce jeudi, il fallait la repousser.

Les urnes avaient mêmes été réceptionnées fin février en provenance de New-Dheli en Inde. Une certitude demeure. Après plus de 20 ans, le Mali ne sera plus cité comme l’une des rares réussites de la démocratie à l’occidental en Afrique.

Selon toute vraisemblance les condamnations qui fusent de partout (USA, France, Cedeao, Union Africaine, ONU etc.) du putsch du capitaine Amadou Sanogo et son Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE), ne feront pas revenir ATT au pouvoir.

Ces militaires d’un autre âge, qui ont désormais les pleins pouvoirs peuvent à souhait selon leur loisir, se donner les moyens militaires pour combattre la rébellion Touareg.

 

Quel sens accorder à ce renversement de Toumani Touré à seulement quelques petites semaines de la fin de son mandat présidentiel ? Le temps nous le dira.

Liste des ministres et personnalités arrêtés au Mali

- Le Général Kafoukouna Koné, ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales

- Me Abdoul Wahab Berthé, ministre de la fonction publique

- Soumeylou B. Maiga, ministre des Affaires étrangères

- Sidiki Konaté, Ministre de la communication et porte-parole du gouvernement

- Agatham Ag Alhassane, Ministre de l’Agriculture

- Marafa Traoré, Ministre de la Justice, garde des sceaux

- El Moctar, Ministre du tourisme

 

 

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