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18 mars 2012

Confidences d'un enquêteur de la CPI:«Les massacres de Duékoué ont été prémédités»

 

 

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Les écailles sont-elles en train de tomber des yeux d’une certaine opinion qui s’est laissée emporter par le vent de la manipulation et du lynchage médiatique sur les différents événements qui se sont succédés en Côte d’Ivoire ? Il est encore trop tôt de répondre par l’affirmative. A Duékoué récemment, lors de son séjour pour investiguer sur les massacres dans cette partie du pays, l’émotion semble avoir gagné un enquêteur qui ne s’est pas empêché de se confier en privé à un éclaireur. 

Selon ses confidences rapportées au Nouveau Courrier, l’expert de la Cpi dit n’avoir pas imaginé que les faits avaient été aussi graves en se rendant à l’ouest de la Côte d’Ivoire, notamment à Duékoué. «Ce qui s’est passé ici (à Duékoué) est hélas vrai. Les massacres, tels qu’on le voit, ont été prémédités. Il ne s’agit pas d’une scène de film comme on le voit à la télévision», a conclu l’envoyé de la Cour pénale internationale. Le constat de cet enquêteur est d’autant plus vrai qu’il révèle les dessous du discours du ministre Konaté Sidiki, membre des Forces nouvelles, lors de sa mission de sensibilisation des populations à la réconciliation à Duékoué en 2011. L’actuel ministre de l’Artisanat, des PME-PMI avait justifié le sort dont sont victimes les Wê par le fait que ce sont eux qui sont «toujours prêts à jouer les Zorro» dans la guerre qui est faite à la Côte d’Ivoire.

 

«Vous avez vu à Gagnoa chez Laurent Gbagbo ? Est-ce que vous avez entendu parler de massacres ? Quand nos hommes sont arrivés là-bas, il n’y a pas eu d’opposition et ils ont continué leur route», a déclaré Konaté Sidiki, à la mission catholique de Duékoué au cours d’une visite aux déplacés du site. En concluant, au cours de cette enquête, que les massacres de Duékoué ont été prémédités, l’expert de la Cpi éclaire davantage sur les propos du bras droit de Guillaume Soro. A Duékoué, les enquêteurs, à en croire les témoignages de certaines populations sur place, ont trouvé suffisamment d’arguments pour attester l’hypothèse de charniers. Ils attendent que le procureur de la Cpi ordonne – s’il le veut bien – une exhumation pour analyser les mobiles de ce massacre de populations civiles. L'équipe d'experts, comme méthode de travail, a utilisé une sonde archéologique qui permet de détecter, dans des fosses communes, les restes des personnes massacrées.

Il y a également l’utilisation de drones qui captent les images afin d’offrir une vue d'ensemble des scènes de crime. Les charniers ont tous été minutieusement mesurés et dessinés, les coordonnées GPS ont été également enregistrées. Dans le quartier Carrefour, habité essentiellement par les autochtones Wê, les enquêteurs de la Cpi ont découvert l’horreur. A lui seul, Carrefour, selon le décompte des enquêteurs, enregistre douze fosses communes.

Gilles Naismon/Le nouveau courrier

CAMEROONVOICE

 

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