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17 mars 2012

Côte d'Ivoire. Descente musclée des Frci à Doké.

 

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Les populations torturées, 12 personnes arrêtées

Les Frci ont mis hier à exécution leurs menaces contre les populations de Doké, sous-préfecture du département de Bloléquin. Tôt hier matin, à 5 heures, les soldats ont encerclé la petite sous-préfecture pour une expédition punitive. Et Zouoty Eloi dit lieutenant Zoulou, commandant Frci de Blolequin, n’a pas fait dans la dentelle puisqu’il a sorti la grande artillerie pour faire payer leur témérité aux habitants de la localité.

C’est en effet avec des lance-roquettes, kalachnikovs et des machettes qu’une  cinquantaine de soldats commis par le lieutenant Zoulou a débarqué à Doké. Les  populations n’auront pas été du tout ménagées. Elles ont été sérieusement tabassées par les Frci, qui se sont livrés à un vrai rodéo.

 

Des personnes ont été faites prisonnières, battues sauvagement avant d’être exposées au soleil. Les sévices ont continué même quand les populations ont restitué les trois kalachnikovs qu’elles avaient confisquées suite à une révolte survenue mardi dernier, après qu’un élément des Frci a poignardé un jeune homme. Contactées, les autorités préfectorales sont arrivées sur les lieux vers 10 heures 30, en même temps qu’une Unité de la police des nations unies (Unipol) stationnée à Guiglo. Après avoir fait l’état des lieux, le préfet de Blolequin a demandé aux hommes du lieutenant Zoulou de se retirer de Doké qu’ils ont assiégé et de remettre les 12 personnes interpellées à la gendarmerie de Blolequin où elles sont actuellement gardées en détention.

Devant cette expédition punitive, les populations gagnées par la peur et vivant dans la crainte d’une autre attaque surprise, ont fui leurs habitations pour se réfugier dans les villages environnants. Le lieutenant Zoulou, qui se targue d’être le frère du commandant militaire du palais présidentiel, le général deux étoiles Gueu Michel, dit ne rien craindre quant aux exactions et actes de barbarie de ses hommes sur les populations. Les FRCI, il faut le dire, sont plus qu’une menace pour les habitants de cette partie du pays. Il y a un mois et demi déjà, les villageois de CIB, face aux exactions répétées des FRCI, s’étaient révoltés et avaient incendié le corridor. C’est le corps préfectoral qui a dû jouer les casques bleus pour ramener l’accalmie. Mais avec ce qui se passe à Doké, il faut dire que le mal est profond.

Benjamin Silué

Le nouveau courrier

 

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