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03 mars 2012

Conseil constitutionnel : Wodié menace de démissionner

Françis Wodié.

Aujourd’hui, on en sait davantage sur les raisons pour lesquelles nos confrères du Patriote ont été gardés à la direction de la surveillance du territoire (Dst) où ils ont été soumis à un interrogatoire serré.

C’est encore un autre scoop ! Le scrutin législatif du 11 décembre dernier a failli emporter un président d’institution impliquée dans l’organisation des élections. En effet, pas content que les arrêts que lui et le collège de ses conseillers au Conseil constitutionnel s’apprêtaient à rendre, se soient retrouvés dans la presse, Romain Francis Vangah Wodié a menacé de rendre son tablier. C’est que, dans cette affaire qui a fuitée, il y avait de forts soupçons sur les autres parties prenantes au processus électoral auxquelles le juge électoral aurait notifié ses arrêts. Au nombre de celles-ci, le ministère de l’Intérieur. Francis Wodié qui attache un grand prix à l’intégrité et à la loyauté, exige que l’auteur de la fuite dans les médias soit retrouvé, faute de quoi, il démissionnerait. Purement et simplement. La République tremble. Le premier policier de Côte d’Ivoire, garant de l’ordre dans le pays, ne veut pas avoir à rendre compte du remue-ménage que provoquerait cette démission, surtout que certains observateurs ont commencé à le suspecter d’avoir un lien avec la fuite qui a fait la manchette d’un média qui lui appartient. L’urgence de calmer le professeur émérite de droit était d’autant plus grande que le chef de l’Etat était absent du pays. Pour sauver l’honneur de leur ‘’patron’’ et éviter de lui laisser porter sur sa conscience, la démission de grand maître Wodié, les policiers entrent en scène. Ils mettent la main sur Charles Sanga, patron du Patriote et le journaliste, auteur de l’article. Il est sommé de dévoiler la source de son information sur l’invalidation des élections législatives dans 11 circonscriptions. L’émoi suscité par l’interpellation des journalistes émeut du beau monde. Et, même si ceux-ci résistent à la pression des flics qui veulent leur faire cracher le morceau, l’ancien président du Parti ivoirien des travailleurs (Pit) accepte de rester à son poste. Ouf ! Le séisme est évité de justesse. Seule n’a pu être désamorcée, la tension entre le Conseil constitutionnel et la Commission électorale indépendante (Cei). Que ces élections législatives ont été palpitantes !

Marc Dossa

Nord-Sud

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