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29 février 2012

Wade sur ses trois appuis : Atmosphère de fin de règne au palais

Hier, au Palais, ce n’était pas l’atmosphère des grands jours. Bousculés par Macky Sall, les libéraux qui s’y étaient pressés pour la déclaration de Me Wade étaient difficilement reconnaissables. Ce qui laisse présager une fin de règne devenue inéluctable.

Les habitués au palais de la République n’auraient pas reconnu hier les lieux s’ils y étaient à l’heure de la déclaration de Wade. En effet, ces lieux d’habitude pris d’assaut dès les premières heures par les libéraux venus de tous les coins quand il s’agit d’assister à une conférence de presse de Wade, étaient invisibles hier. Pas l’ombre d’un militant au building administratif où on voyait les second couteaux et les troisième fourchettes jouer du tam-tam à la gloire du pape du Sopi. Les journalistes venus en nombre très impressionnant sont les seuls sur le terrain. En dehors bien sûr des camions des ‘forces spéciales’ de la Gendarmerie, tout autour du Palais.

A l’intérieur, c’est la même ambiance. Seuls les gendarmes préposés à la sécurité du Palais vous offrent un sourire. Les autres militants et employés du ‘roi’ affichent une mine de cimetière. Dans la salle des Banquets où doit se tenir la déclaration - en lieu et place d’une conférence de presse - l’ambiance n’est pas gaie. Il n’y a que les journalistes qui causent. Pape Samba Mboup, lunettes de soleil au visage, taciturne, est assis tranquillement les bras croisés. A côté de lui, Djibo Kâ, Mamadou Bamba Ndiaye et Cheikh Tidiane Sy discutent à voix basse pour vaincre le stress. Le sourire masqué qu’ils affichent est révélateur de leur état d’esprit. ‘Personne ne sait encore ce que va dire le vieux. Lui seul sait ce qu’il dira tout à l’heure. Tout peut arriver’, souffle un responsable libéral.

Et quand Wade arrive enfin, ils retiennent leur souffle. Ils n’expirent que quand Wade lâche la phrase suivante : ‘A tous mes militants, alliés et sympathisants, je demande de rester mobilisés parce que les tendances lourdes dégagées par le recensement qui, à l’heure actuelle porte sur 282 collectivités locales sur 551, soit la moitié, me classent en tête avec 32,17 % et 25, 24 % pour mon suivant. Tout est donc encore possible : victoire ou second tour’.

A la fin de la rencontre entre Wade et la presse, les responsables libéraux rasent presque les murs. Certains, les plus téméraires comme Doudou Wade, Iba Der Thiam, se prêtent aux questions des journalistes sur la nouvelle donne : Le second tour. Ce n’est plus le temps où ces libéraux faisaient des ronds de jambes. On s’empresse de vider les lieux pour aller méditer sur ce qui risque d’arriver dans trois semaines : Un face-à-face Wade-Macky au second tour synonyme de Wade contre tous.

Dehors, seule une dizaine de femmes, sauvent les apparences devant le building administratif face au Palais. Elles semblent vouloir faire un baroud d’honneur en chantant à tue-tête : ‘Ohé ohé bour yala nou ngui lay Gnan ablaye jel dam li, Dieu, nous te prions, que Wade remporte la victoire, Ndlr’. C’est trop tard, ironise un chauffeur d’un organe de presse, ‘votre lutteur est à la position 4 appuis, il ira chez Ardo’.

ource :  Wal Fadjri : Dernière Mise à jour : 29/02/2012

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