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23 février 2012

Affaire « Trafic d’armes aux Etats-Unis » / Amani N’Guessan répond à Ange Kessi : « Nous irons jusqu’au bout »

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Réponse du berger à la bergère. Amani N’Guessan Michel, une fois encore, n’a pas eu la langue de bois. Joint au téléphone, l’ex-ministre de la Défense de Laurent Gbagbo ne s’est pas embarrassé de fioritures pour répliquer aux propos du Procureur militaire tels que publiés dans notre édition du mercredi 22 février 2012. « Ecoutez, moi je ne fait pas un procès dans un journal. Il (Ange Kessi, Ndlr) a violé le secret de l’instruction. Je suis au-dessus de ça. Ma formation politique et mon éducation font que je suis au-dessus de tout ça. Si par ignorance, certains pensent qu’un procès est un outil politique d’intimidation, moi je ne suis pas de cette éducation. Dans cette affaire, nous irons jusqu’au bout », a martelé, au téléphone, hier mercredi, Amani N’Guessan Michel, Secrétaire général-adjoint du Front populaire ivoirien (Fpi) chargé des questions de sécurité et de défense.

C’est qu’après l’audition du baron de la refondation par ses services, lundi 20 février 2012, le commissaire du gouvernement, Ange Kessi Kouamé Bernard est revenu sur l’affaire quand nous l`avons contacté. « J`ai transmis son dossier à un juge d`instruction militaire. Son sort est donc scellé. C`est ce juge d`instruction militaire qui décidera très bientôt de la suite à donner à l`enquête. C`est ce juge qui va décider de son sort », a précisé le lieutenant-colonel Ange Kessi dans les colonnes de Soir Info, hier mercredi. Cette sortie, visiblement, n’a pas plu à l’ancien ministre de l’Education nationale (1999-2007) qui lui a rendu la pareille.

En prélude aux présidentielles prévues en 2010, faut-il le rappeler, il avait écrit, en sa qualité de ministre de Défense, au président du Comité des sanctions du Conseil de Sécurité de l’Onu, pour demander « un allègement de la mesure d’embargo » infligée à la Côte d’Ivoire par les résolutions 1572/2004 et 1580/2005. Il voulait, avec ces armes, « permettre aux forces de police et de gendarmerie de remplir leurs missions de sécurisation ». Amani N’Guessan a donc envoyé son collaborateur, le colonel Yao N’Guessan à New-York pour acheter 4000 pistolets automatiques, 200 000 munitions 9 mm et 50 000 grenades lacrymogènes. Mais, celui-ci a été arrêté, mercredi 8 septembre 2010, dans un aéroport de New York, par la police fédérale des États-Unis alors qu`il était dans le rang d`embarquement pour Abidjan via Paris. « Je déplore et condamne cette façon de faire de certains pays amis dans les relations avec la Côte d’Ivoire. Je n’ai jamais commandé d’armes de guerre. J’ai commandé, régulièrement et en toute légalité, du matériel de maintien d’ordre aux Etats-Unis. Et c’est dans ce cadre-là que j’y ai envoyé une mission régulière conduite par le colonel Yao N`Guessan », avait réagi Amani N’Guessan Michel, en octobre 2010, au cours d`une conférence de presse à Abidjan. Il n’a pas été entendu. Et le 22 novembre 2011, au Fédéral building du 280 South first dans la capitale de Silicone Valley, le Colonel N`Guessan Yao a été condamné à douze mois et un jour, par le tribunal fédéral de San-Jose en Californie. Cette condamnation a été assortie d`un sursis de trois ans après épuisement de sa peine. Selon la greffière Kathy, le juge républicain Ronald M. Whyte a été indulgent à son égard grâce à son casier judiciaire irréprochable. Après plusieurs annonces, Ange Kessi a mis à exécution, lundi 20 février 2011, sa menace d’entendre Amani N’Guessan. Qui est poursuivi pour complicité de violation « d`embargo sur les armes de guerre, de trafic d`armes de guerre, complot criminel...». 

SYLLA A.

 

ABIDJANDIRECT

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