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16 février 2012

CPI/ Tractations avec Hollande pour la défaite de Sarkozy Gbagbo a reçu un cadre du Parti Socialiste français, hier à La Haye

 

Guy labertit et Laurent Gbagbo.gif

L’ANCIEN CHEF DE L’ETAT ivoirien a reçu hier, à La Haye son ami de trente ans, Guy Labertit, militant de base du Parti Socialiste français, avec qui il est en rupture de ban, pour divergences de vue au sujet de la Côte d’Ivoire en particulier et des relations avec l’Afrique en général. Ce qui avait valu à Guy Labertit, de quitter son poste de délégué Afrique du Parti Socialiste français. C’est Maître Altit, l’avocat de Laurent Gbagbo, qui a joué les facilitateurs pour cette rencontre de retrouvailles entre deux hommes, qui se sont connus alors que Laurent Gbagbo était en exil, en France. Les deux hommes étaient heureux de se rencontrer hier. Ils ont parlé des bombardements du 11 avril 2011, du moral de l’ex-chef de l’Etat, des perspectives d’avenir, et de la vie politique française. Durant sa présidence, Laurent Gbagbo ne manquait pas l’occasion d’honorer Guy Labertit, qui était présent à Abidjan, en 2000 lors de l’élection calamiteuse, ayant porté le chef du FPI au pouvoir. Malgré les distances prises par l’ami français de trente ans d’avec la direction du Parti Socialiste français, les enjeux de la présidentielle à venir, marquée par l’annonce de la candidature du président Nicolas Sarkozy, n’ont pas été absents des retrouvailles entre les deux hommes. Rendant compte des échanges qu’il a eus, avec l’ex-chef de l’Etat ivoirien, Miaka Oureto avait indiqué récemment que Laurent Gbagbo, lui avait suggéré de prendre langue avec François Hollande, Martine Aubry, ou d’autres cadres du PS. Guy Labertit devrait pouvoir apporter son appui aux contacts officiels qui seront entrepris par le président du FPI. Laurent Gbagbo, le FPI et l’ensemble de leurs sympathisants et militants fondent de nombreux espoirs sur la défaite de Nicolas Sarkozy, et la victoire de François Hollande à la présidentielle française à venir. Question : les Ivoiriens vont-ils cesser d’être les supplétifs et valets de la droite, pour devenir les supplétifs de la gauche et de François Hollande ? Le FPI, dans sa dénonciation de l’Occident et de Nicolas Sarkozy, est allé si loin, qu’il apparaît difficile, aux yeux de certains observateurs, d’arriver à faire croire qu’il y a de bons Français au sommet de l’Etat français qui peuvent ne pas penser aux intérêts de la France, mais plutôt chercher à aider les Ivoiriens et les panafricanistes à changer le continent, au détriment des intérêts de la France. Pour sa part, l’avocat Altit Emmanuel a rencontré Miaka Oureto le 7 Février dernier à Paris, conformément aux indications données au président du FPI, par Laurent Gbagbo. Avec cet activisme et ce regain d’animation autour de Laurent Gbagbo, qui ne pouvait pas bénéficier d’une telle liberté d’initiatives à Korhogo, quelques partisans de Ouattara un peu provocateurs et ironiques se demandent, si pour une fois, le FPI ne doit pas officiellement dire merci au Président de la République, Alassane Ouattara, pour avoir collaboré avec la CPI, et exécuté le mandat d’arrêt pour le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye. En attendant, après la famille et d’autres très proches (les enfants et parents), après le judiciaire (avec Me Altit) ; et le politique, c’est au tour des amis (avec Guy Labertit), de faire le pèlerinage de La Haye, pour entretenir et maintenir la flamme militante, à travers l’onction obtenue de la part du « chef ». Laurent Gbagbo est, malgré sa chute, toujours l’instance de validation et de certification du bon militant au FPI, le « chef » toujours incontesté et infaillible. A ce titre, il déroule son agenda. Chaque pro-Gbagbo ou militant du FPI, de son lieu d’exil ou de résidence, attend un petit mot, une note manuscrite, un coup de fil, un rendez- vous, un petit signe de vie, de la part du leader et du « chef ». Pro-Gbagbo un jour, pro-Gbagbo toujours ! Ils iront jusqu’au bout, promettent-ils, pour reprendre un bout de phrase prononcé par Laurent Gbagbo, le 5 Décembre 2011 lors de sa première comparution. Sylvain Miaka Oureto, après un détour à Orléans, pour des examens médicaux, devrait revoir, sauf changement, Laurent Gbagbo, avant de regagner Abidjan, pour faire le point au parti, et engager l’action de remobilisation des militants, sans oublier le dialogue républicain avec le pouvoir Ouattara.

Charles Kouassi

L’Intelligent d’Abidjan-15/2/2012

IVORIAN

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