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12 février 2012

Attaque contre les autochtones à l’Ouest – Des Dozos incendient un village wê

 

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Les populations autochtones guéré de Zibabo-Yeblo et de Béoué Zagna (Bangolo) qui ont eu le nez creux se sont déportées à Bangolo ville, chef lieu de département, depuis jeudi dernier, pour se mettre à l’abri de représailles d’allogène Dozos vivant dans leur localité. Dans la nuit du jeudi au vendredi, des allogènes Mossi, résidents à Zibabo-Yéblo, dans la nouvelle commune de Dah (sous-préfecture de Bangolo), qui avaient promis livrer une guerre à leurs hôtes Guéré sont passés à l’acte, incendiant tout ce qu’ils ont rencontré sur leur passage et faisant, selon le bilan provisoire, deux morts et plusieurs blessés graves dont le nombre reste encore à déterminer. D’autant plus qu’ils sont nombreux, ceux qui ont fui le village et les campements environnants pour se réfugier dans la forêt. Joint dans la soirée d’hier pour en savoir davantage, un témoin oculaire des événements confirme les informations reçues dans la matinée par Le Nouveau Courrier. «Des maisons sont incendiées avec de nombreuses personnes disparues dont nous n'avons pas encore de nouvelles car les Mossi et les Dozos en armes sont restés dans le village qu'ils continuent toujours d'occuper et donc personne n'ose s’y s'aventurer», révèle D. Edmond, avant de poursuivre en ces termes : «Lorsque les villageois qui se sont réfugiés à Bangolo sont allés à la gendarmerie pour donner l’alerte, ceux-ci ont répondu que c'est parce que nos enfants attaquent leurs parents et donc c'est normal qu'ils nous attaquent aussi», poursuit-il. Comme pour renforcer cette thèse, révèle D. Edmond, les gendarmes ne s'y sont pas rendus pour faire le constat et établir le bilan de cet événement. Les villageois ont dû se rendre à l'Onuci locale pour solliciter son intervention. C’est cette dernière qui s’est déportée sur les lieux.

 

L’événement qui a valu la chasse aux autochtones Guéré tire sa source dans un braquage perpétré par des «coupeurs de route» sur l’axe Béoué Zagna-Zibabo Yéblo, le mercredi 8 février dernier. Cette attaque fait un mort dans le rang des allogènes. Les villageois ayant entendu les tirs du braquage ont alerté la gendarmerie le lendemain. Elle s'est déportée sur le lieu du drame dans un premier temps et ensuite au village avec les parents des victimes dont un chef Dozo, un certain Gaoussou. C’est ce dernier qui a lancé la phrase suivante à la population autochtone en présence de la gendarmerie : «Les Guéré auront bientôt la guerre qu’ils veulent». Faisant porter la responsabilité du crime à leurs tuteurs Guéré. A cette phrase, aucun gendarme n'a réagi. C’est à partir de cet instant que certains villageois moins courageux ont commencé à quitter le village quand d'autres ont pris le courage d'y rester. Ce sont ceux-là qui ont subi le courroux des allogènes et les Dozos qui cohabitent avec eux depuis la fin de la crise postélectorale.


Des témoignages de personnes déplacées soupçonnent les allogènes, pour des questions de leadership dans la confrérie Dozo, d’entreprendre des règlements de compte en leur propre sein. Au moment où nous mettions sous presse, une certaine terreur s’était emparée des villages environnants vu le nombre de déplacés qui convergeaient vers Bangolo.

 

Gilles Naismon

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