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08 février 2012

Primature : partira, partira pas ? La bataille pour le maintien de Soro engagée

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L'idée d'un départ de Guillaume Soro de la Primature ne semble pas du tout faire l'affaire des proches du Premier ministre. Qui donnent déjà de la voix pour remettre en cause la promesse de campagne électorale faite par le candidat du Rassemblement des républicains (Rdr), Alassane Ouattara, actuel président de la République, à son aîné et allié Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci). « Que le PDCI et ses alliés de circonstance qui revendiquent la Primature sachent qu'une promesse électorale n'est pas une dette et qu'elle est variable à tout moment », a lâché Kacou Mathias, président du Parti pour le progrès et le socialisme (PPS), et proche du Premier ministre Soro, au cours d'une conférence de presse animée le vendredi 03 février dernier. M. Kacou argue « qu'au moment de la libération de la Côte d'Ivoire des griffes de l'ancien régime, aucun cadre du PDCI n'était sur le champ de bataille ; vouloir à tout prix et maintenant la Primature, c'est vouloir la barbe du bon Dieu, c'est oublier complètement les circonstances dans lesquelles Ouattara est arrivé au pouvoir. Où étaient-ils quand Guillaume Soro risquait sa vie pour obtenir le départ de Gbagbo ? Beaucoup d'entre eux avaient déjà fui le pays ». Le président du PPS conclut pour dire que « le PDCI gagnerait à écouter les sages conseils du président Henri Konan Bédié, homme sage qui saura trouver avec ADO des solutions pour l'intérêt de la Côte d'Ivoire ». Donc pas question pour ce proche de Soro que le poste de Premier ministre soit arraché au leader des Forces nouvelles, qui était au devant de ses troupes dans la conquête du pouvoir face à l'ancien régime. Kacou Mathias, on l'aura compris, dit haut et fort ce que bon nombre de collaborateurs de Guillaume Soro pensent bas. Il traduit là l'aspiration des cadres et autres personnes « qui mangent » et continueront « à manger » tant que Soro occupera ce poste de Premier ministre. Mais le leader du PPS ouvre surtout par cette sortie, la bataille pour le maintien du patron de l'ex-rébellion à la tête du gouvernement ivoirien. De façon ouverte, ou en sourdine, les pro-Soro élaborent les stratégies pour faire admettre l'idée de son maintien à la maison blanche du Plateau. Certains observateurs de la situation socio-politique en Côte d'Ivoire pensent que les folles rumeurs qui ont circulé à Abidjan le week-end dernier, et qui faisaient état d'une arrestation de Guillaume Soro, participent de cette stratégie. Une façon de sonder l'opinion pour voir l'impact d'une éventuelle mise à l'écart du Premier ministre du paysage politique. D'autres pensent que ces rumeurs ont plutôt renforcé le chef de l'ex-rébellion dans sa posture de patron du gouvernement. Il a fait une réapparition triomphale en tant que vainqueur des folles rumeurs. Comme pour dire, je suis là, quoique l'on raconte. « Je suis là et si j'étais à la CPI, je serait le seul et premier prisonnier de la CPI à revenir en Côte d'Ivoire, c'est une bonne chose. Je pense qu'il faut laisser mourir les rumeurs de leur propre poison », a lâché hier face à la presse, un Guillaume Soro revigoré par les rumeurs sur son compte. Dans des confidences faites à des proches, dont L'intelligent d'Abidjan s'est fait l'écho récemment, le chef du gouvernement s'est dit prêt à se plier à toutes les décisions que le président de la République voudrait bien prendre le concernant. Faut-il le rappeler, le président Alassane Ouattara, au cours d'une interview accordée à un journal français pendant son séjour parisien, avait indiqué qu'il parlerait du cas de Guillaume Soro avec son aîné Henri Konan Bédié, et qu'ils prendraient une décision « dans l'intérêt supérieur de la nation ». Le maintien de Soro à la Primature dépendra donc de ce tête-à-tête Ouattara-Bédié. Il faut noter que dans l'entre deux tours de l'élection présidentielle, précisément avant l'entame de la campagne du second tour, la grande famille du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) s'était retrouvée à la maison du Pdci à Cocody, pour conclure un accord. Lequel accord faisait d'Alassane Ouattara le candidat du Rhdp face à Laurent Gbagbo, de La Majorité Présidentielle (LMP). Cela impliquait le report des voix du PDCI sur celles du Rdr. A cette occasion, Ouattara avait promis le poste de Premier ministre au PDCI- RDA, une fois parvenu au pouvoir. Il avait également indiqué qu'il gouvernerait « sous l'autorité de l'aîné Henri Konan Bédié ». Cette promesse sera-t-elle mise à exécution ? Attendons de voir.


Hamadou ZIAO

Source : L'Inter : Dernière Mise à jour : 08/02/2012

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