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02 février 2012

Péril imminent : Afrique, la Côte d’Ivoire te parle !

 

 

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“Mes enfants s’appelaient Coulibaly, Koné, Soro, Mamadou et Ibrahim. Un jour, des hommes sont venus leur dire qu’ils veulent aller à Abidjan, chasser Laurent GBAGBO et installer les fils du Nord pour gérer la Côte d’Ivoire. Ils ont dit que ADO et les blancs allaient leur donner des fusils et qu’en quelques heures, ils attraperaient GBAGBO et que ce sera notre tour de gérer la Côte d’Ivoire et développer le Nord plus que les autres régions.

 

On a pensé que c’était pour notre bien. On a donc donné notre bénédiction à nos enfants. Et ils sont partis. Ibrahim est le seul rescapé. Mais il est devenu fou. C’est lui qui est assis là-bas sous l’arbre. Ses quatre grands frères ont tous été tués au combat, sous ses yeux. Les militaires de GBAGBO étaient les plus forts ; les enfants ne le savaient pas. Ibrahim est devenu fou. Je n’ai plus d’enfant. Je suis vieux et seul. Ma femme est morte de tristesse quand elle a appris ce qui est advenu de ses enfants. Notre région est détruite. Tous les bras valides sont devenus des tueurs d’hommes.

Aujourd’hui, on ne peut plus sortir ou voyager la nuit. Dans le seul mois de novembre, 8 cars en partance pour le Burkina Faso on été attaqués à 50 mètres du village. Plusieurs Burkinabés revenants de la basse côte ont été tués. Ce sont nos enfants qui les ont tués. Ils sont revenus d’Abidjan avec tous leurs fusils de guerre. Ils sont fâchés. Ils disent que Ouattara, un Mossi comme ça les a blagués, leurs frères sont morts et il dit qu’il ne les connaît plus. Donc ils attaquent les cars, tirent sur les passagers et prennent tout. Mais le gouvernement ne parle pas de ces tueries…
On est perdu mon fils. A cause de Ouattara les autres Ivoiriens nous regardent comme des tueurs. Il nous a mis dans problème, mon enfant… (Traduction du Sénoufo par le Combattant Berthé).”

Pour des raisons évidentes de sécurité, nous taisons l’identité et le nom du village du vieil homme qui nous donne ce témoignage poignant.

Afrique, la Côte d’Ivoire qui te parle est la Côte d’Ivoire du Nord. Les combattants de l’armée régulière ivoirienne n’y ont jamais mis les pieds depuis 2002. Cette zone est gérée jusqu’à ce jour par la rébellion armée de Ouattara rebaptisée FRCI. Toute la région est ravagée. Les jeunes qui sont rentrés de la guerre blessés, traumatisés ou socialement incontrôlables constituent l’essentiel du décor.

Cette partie de la Côte d’Ivoire, région historiquement agricole, est devenue une région de bandits de grand chemin armés de lance-missiles, de roquettes, de fusils mitrailleurs et ils volent d’une façon très violente.

C’est pourquoi Ouattara évite de vagabonder vers cette région. Il n’en est pas originaire. Personne ne t’y indiquera le village de Ouattara. Toutes les personnes âgées qui conservent leur bon sens le maudissent aujourd’hui. Il n’y a que quelques cadres et familles de cadres qui ont tiré leur épingle du jeu à l’issue des nominations ethniques qui trouvent que suivre Ouattara est un bon business.

C’est donc ce triste décor, ce cri de désespoir que la Côte d’Ivoire voudrait te présenter, Afrique mon Afrique.

Comme en Côte d’Ivoire, des vendeurs d’illusion sont à tes portes Afrique ! Ils ont la bouche mielleuse, la parole facile, le mensonge comme métier ; mais leur cœur est en pierre. Ce sont des aventuriers, des voleurs, des bandits se faisant passer pour des bonnes personnes.

Cette espèce d’Africains, cette bande de menteurs, de vauriens, prêts à tout pour amasser des gains faciles et s’approprier ce qui n’est pas à eux, sont les perles rares que l’Occident recherche pour accomplir sa basse besogne en Afrique.

Et ils sont nombreux, ces fils indignes, qui s’offrent à vil prix aux pilleurs de l’Afrique en piétinant nos valeurs anciennes et en divisant nos frères, nos tribus, nos régions en les montant les uns contre les autres.

La Côte d’Ivoire est un cas d’école Afrique ! Regarde et suis de très près le réveil révolutionnaire qui est en cours en Côte d’Ivoire. Car bientôt, ton tour viendra, de faire face à l’ennemi commun au Cameroun, en Guinée Equatoriale, en RD Congo, etc.

Si la Côte d’Ivoire te parle, c’est pour que tu sois avertie, que tu comprennes tous les enjeux et que tu engages l’action de résistance avec discernement.

Les premières victimes de la manipulation et des divisions ethniques sont ceux qui servent d’instrument, de souris de laboratoire aux manipulateurs ! N’oublie jamais cette vérité ontologique, Afrique !

Que les enfants d’aucune de tes régions ne jouent le jeu de l’ennemi comme l’ont fait et continuent de le faire, certains fils du Nord de la Côte d’Ivoire.

Parce qu’au-delà des biens mal acquis, du fruit du vol collectif, de la dépravation et de la destruction de l’avenir des jeunes, l’instrumentalisation politique conduit toujours à la déchéance sociale. C’est pourquoi je te préviens, Afrique !


A Très bientôt.


source : Hassane Magued

ABIDJANDIRECT

 

 

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