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31 janvier 2012

LES IVOIRIENS REFUSENT D’OUBLIER LAURENT GBAGBO

 

Le 28 novembre 2010 dernier les Ivoiriens sont sortis massivement, à plus de 80%, selon les chiffres de la commission électorale indépendante, pour voter pour la victoire de Laurent Gbagbo. Plus le temps passe et nous éloigne de cette date, plus les Ivoiriens d’ici et d’ailleurs tiennent à montrer que le choix du cœur a été détourné. Tout a été fait pour que les Ivoiriens tournent la page, mais rien n’y fait.

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Alors, de deux choses l’une. Soit les nouveaux dirigeants de la Côte d’ivoire n’ont pas assez de ressources pour faire oublier un adversaire politique qu’ils croient avoir largement battu dans les urnes, soit, Laurent Gbagbo est vraiment l’homme politique qui a réellement gagné la dernière élection présidentielle et que les Ivoiriens attendent. Dans les deux cas les vérités se croisent et s’entremêlent quand il s’agit du Woody de Mama. Plus de huit mois après son arrestation, le moindre mot d’ordre de mobilisation autour de son nom fait trembler le régime. Le succès du grand meeting programmé par Amani Nguessan à la place Ficgayo le samedi dernier remet la question au goût du jour. Les Ivoiriens vouent à Laurent Gbagbo un attachement indéfectible. Pour amenuiser l’impact de la mobilisation le pouvoir a jeté ses chiens de guerre sur la foule. On parle de source policière de trois personnes tuées dont une femme. Passant sur le fait que Dramane Ouattara, le démocrate qui ne supporte pas la contradiction, nous a déjà habitués aux frasques du despote divinisé, nous retenons que la Côte d’Ivoire n’est plus la même depuis que Laurent Gbagbo a été renversé. Nous vivons une sorte de paradoxe dans l’interprétation des événements en Côte d’ivoire. Laurent Gbagbo a été dépeint comme le plus grand tyran de notre jeune histoire. Un "tueur" de femmes marcheuses, un massacreur de civils colonisés par un commando invisible d’Abobo, un génocidaire de ses propres partisans dans la localité de Duékoué, en somme un "monstre" qui faisait vivre un calvaire quotidien à tout un peuple. La chute d’un tel dictateur devrait être célébrée par ses victimes. Surtout quand celui qui le remplace est présenté comme un messie, gouverneur de la pluie de milliards qui devraient soulager toutes les tribulations subies. Que non ! Voici un peuple masochiste qui n’est pas content d’être libéré de la méchanceté d’un "tyran" et qui fait toujours montre d’une ingratitude sans borne en montrant sa totale indifférence à toutes les actions de leur sauveur. Il y a eu deux proclamations de résultats présidentiels entre le 2 et le 4 décembre 2010. La torpeur a été consécutive à celle donnant Dramane Ouattara vainqueur. La liesse populaire a suivi celle donnant Gbagbo vainqueur. Et les signes ne se sont pas arrêtés là. Le jour de son arrestation et le jour de sa déportation à la Haye n’ont pas été des jours de délivrance pour le peuple ivoirien. Au contraire l’atmosphère qui caractérise les moments de grand malheur était palpable en Côte d’Ivoire. Les dernières législatives ont été encore une occasion pour les Ivoiriens de montrer leur attachement à la personne de Laurent Gbagbo. Plus de 80 % d’Ivoiriens sont restés chez eux malgré l’appel de Ouattara. La prison de Scheveningen à la Haye ne désemplit pas de manifestants Ivoiriens et Africains depuis que Laurent Gbagbo y est…

 

 


Une contribution de Joseph Marat

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