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29 janvier 2012

Youssou N’dour, candidat invalidé à la présidentielle au Sénégal: "Je suis candidat et je le reste"

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La star du Sénégal Youssou N’dour, l’enfant de la Médina parti de rien pour arriver au sommet, n’entend pas se laisser intimider par le rejet de sa candidature, hier, par le Conseil constitutionnel, qui a dans la foulée, validée celle du Président-sortant Abdoulaye Wade.
Fort du soutien de toute l’opposition, il entend continuer à se battre pour obtenir la validation de sa candidature.
Dès l’annonce de cette mauvaise, la rue dakaroise s’est embrasée. Toute la nuit d’hier, on a noté des échauffourées entre la police et des jeunes sénégalais, au cours d’une manifestation pourtant non autorisée.
Bilan : Un policier tué par les manifestants et plusieurs blessés.
Le rejet de sa candidature annoncée vendredi en même temps que la validation de celle, fortement controversée, du chef de l'Etat âgé 85 ans candidat à un troisième mandat, est "un coup de force", a affirmé Youssou Ndour, ajoutant: "Abdoulaye Wade n'aurait même pas dû déposer sa candidature, car la loi fondamentale dit qu'il n'en a pas le droit".
L'opposition, à laquelle il appartient, juge illégale la nouvelle et troisième candidate de Wade, en soulignant que la Constitution ne prévoit que deux mandats présidentiels. Mais le camp Wade rétorque qu'à la suite de diverses réformes, c'est bien à un second mandat qu'il se présente.
Le Conseil constitutionnel a motivé son refus de valider la candidature de Youssou Ndour en constatant qu'il "a produit une liste de 12.936 électeurs appuyant sa candidature, dont seulement 8.911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées", alors qu'il en faut 10.000 au minimum.
"You", comme on l'appelle au Sénégal où il est très populaire, avait participé juste avant à un rassemblement de l'opposition sur une place de Dakar qui s'est enflammée à l'annonce de la décision du Conseil, provoquant des violences qui se sont propagées à plusieurs quartiers et à d'autres villes du Sénégal.
"Je m'adresse à nos partenaires et à nos amis occidentaux, mettez vous derrière ce peuple qui va se libérer ce soir", avait-il dit, très applaudi.
Agir "étape par étape"
Le rejet de sa candidature est "une injustice", a déclaré samedi à l'AFP Doudou Sarr, un de ses porte-paroles. "Il compte se battre jusqu'au bout contre Wade", a-t-il ajouté. D'abord par la voie légale. "Ce matin, avec ses avocats, il a fait appel de son invalidation" auprès du Conseil", selon Doudou Sarra.
"Il va déterminer un plan d'action" en cas de confirmation du rejet de sa candidature, a ajouté le porte-parole, agir "étape par étape".
Agé de 52 ans, Yousso Ndour, très impliqué dans la vie économique et sociale de son pays, a, comme tous les opposants, des mots très durs à l'encontre du chef de l'Etat qui, après une élection triomphale en 2000, a profondément déçu nombre de Sénégalais dont une majorité continue à vivre dans la pauvreté.
Il avait prédit les violences qui ont éclaté vendredi soir: "Moi je suis non violent, mais on ne maîtrise pas les Sénégalais. A partir du moment où il n'y a pas de justice, la paix n'est pas possible. Justice rime avec paix, paix avec justice".
Il avait également appelé les dirigeants du monde à dire "clairement" au président Wade qu'il devait renoncer à se représenter.

Catherine Balineau (Source Afp).

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