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25 janvier 2012

La Côte d’Ivoire sous Ouattara : Un pays qui marche sur la tête !

 

unedu25.1.2012f.gifSamedi dernier, dans la très brève allocution qu’il a pu tenir au cours du meeting de rentrée politique du Front populaire ivoirien (Fpi), le président par intérim du parti à la rose, le député Sylvain Miaka Ouréto, a eu ces mots lourds de sens. «Voilà ce qu’est devenue la la Côte d’Ivoire. Un pays qui marche sur la tête ». Et il ne croyait pas si bien dire. Il n’y avait qu’à voir le spectacle désolant des jeunes miliciens du Rdr armés pourchassant les militants du Fpi, jusque dans les maisons. Quel pays Ouattara et ses soutiens extérieurs, français et américains notamment, veulent laisser à la postérité ? Aux générations futures ? La question mérite d’être posée d’autant plus que ce qu’il est donné aux Ivoiriens de voir depuis bientôt un an est aux antipodes de tout ce qui nous avait été miroité pendant les dix ans d’opposition du mentor du Rdr.
Il y a d’abord l’insécurité endémique qui permet à des milices ethno-tribales de mettre le pays en coupes réglées. En effet, la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui est pitoyable à voir. Même à Abidjan, les quartiers sont régentés dès la tombée de la nuit par les chasseurs traditionnels dozos, supplétifs des Frci. Harcelés dans des commissariats qu’ils sont contraints de squater avec les Frci, les policiers se tournent les pouces. Sans armes, sans aucun matériel de travail, ils restent impuissants face aux nombreux actes délictueux qui sont commis à longueur de journée par les malfrats de tout poil. La gendarmerie, autrefois vomie par Ouattara du temps où il était dans l’opposition, semble avoir eu quelques grâces aux yeux du nouveau régime. Mais, cette estime semble si faible que les gendarmes ne peuvent vraiment pas grand-chose face à des criminels rompus à leur métier.
A cette insécurité qui rend la vie déjà exécrable, s’ajoute l’incurie des tenants du pouvoir. Eux qui de tout temps ont accusé, à tort, le Président Gbagbo de faire la promotion de personnes incompétentes, se complaisent dans des nominations tribales et farfelues. Partout, dans l’administration, comme dans le privé, seuls les cadres du nord ou supposés comme tels ont les faveurs du régime Ouattara. Malheureusement, le pouvoir n’a pas très souvent la main heureuse. De sorte que ce sont des cadres aux compétences contestables qui atterrissent généralement à la tête des entreprises publiques. Au grand dam des travailleurs.
Quand on ajoute à tout cela, l’intolérance politique et le manque d’humanité qui pousse le pouvoir à jeter tous ses opposants en prison et à priver ceux qui sont dehors de leurs avoirs, on ne peut conclure que le pays marche sur la tête.
Or, il n’est jamais bon pour un pays comme pour un homme, de marcher sur la tête. Prions !

Guillaume T. Gbato gtgbato@yahoo.fr

IVORIAN

 

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