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15 janvier 2012

MARCHES SYNCHRONISEES A PARIS: IVOIRIENS ET CONGOLAIS UNIS POUR LA LIBERATION DE GBAGBO

 

 

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Ils n’étaient plus visibles depuis plus d’un mois dans les rues de Paris. Certains les croyaient essoufflés, découragés ou résignés. D’autres pensaient à une trêve hivernale. Il n’en est rien. Il y a eu le 5 décembre dernier et son «on va aller jusqu’au bout» du président Gbagbo. Ces mots, devenus le slogan de la détermination des patriotes ivoiriens, à travers la formulation «on ira jusqu’au bout», ont fait leurs effets. La résistance patriotique ivoirienne a mis un trait d’union entre ce slogan et ses actions. Par deux fois les patriotes ont été à la CPI dans le mois de décembre. Pour dire non à l’injustice et exiger la libération sans condition de Gbagbo. Les 28 janvier, 18 février et 18 juin prochains, ils y seront encore pour la même cause.
Entre temps, les manifestations ont bien repris à Paris ce week-end, à l’initiative du Cri panafricain.(Conseil pour la Résistance Ivoirienne et Panafricaine). Cette initiative a eu la collaboration du COPACI, du CRD, des 3000 Femmes pour la Côte d’Ivoire, des Femmes Patriotes, etc… Le cri lancé par le CRI Panafricain a été bien entendu. Les ivoiriens sont une fois de plus sortis pour manifester. Ils ont été rejoints dès le début de leur marche par des patriotes congolais. Ces derniers marchaient également. Il revendiquaient principalement la victoire d’Etienne Tshisékédi lors de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier en République Démocratique du Congo. Un vent de panafricanisme a soufflé lors du passage des congolais à proximité de la place Igor Stavisky, lieu du rassemblement des ivoiriens. Ce vent les a transportés dans la marche des ivoiriens, qui venait de débuter. Ce fut donc la synchronisation des deux marches. La fusion était parfaite.
Ensemble, jusqu’à la place de la République, ivoiriens et congolais ont crié et scandé :«Libérez Gbagbo! Tshisékédi président! Ouattara dégage! Kabila dégage!». Pour ces deux peuples qui aiment bien la joie, la musique et la danse, le «show» était «chaud». Il était à son paroxysme. Et le froid a été «contraint» de «libérer» leur passage également marqué par des sonorités musicales ivoiriennes et congolaises.

 

 

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A la place de la République Willy Bla du Cri panafricain a fait une intervention virulente contre l’impérialisme et le néocolonialisme de la France en Afrique. Il a appelé à l’union des forces africaines pour le combat de la libération de l’Afrique. «Peuple ivoirien, peuple congolais, vous avez à Paris un destin uni. Nous allons nous unir pour manifester ensemble, pour parler ensemble, pour unir nos forces. Car c’est ensemble que nous sommes forts. Chers amis, vous avez été victimes de l’impérialisme, vous avez été victimes du néocolonialisme, vous avez été victimes de la barbarie de ces colons impérialistes, qui non pas de cœur, qui n’ont pas de loi, qui n’ont pas de foi. Il faut que désormais nous leur montrions que nous africains, nous pouvons être unis, nous camerounais, nous congolais, nous ivoiriens, nous centrafricains, nous togolais, tous les peuples qui ont la même communauté de destin, qui ont la même communauté d’intérêts, que nous pouvons nous unir pour dénoncer ce qui se passe. Vous avez rendez-vous avec l’histoire en 2012, nous avons rendez-vous en 2012 avec l’histoire, il faut, cher amis que nous puissions influencer l’élection présidentielle en France en 2012. Oui, nous n’avons pas d’armes mais nous pouvons influencer, à notre façon, avec les mains nues (3 fois), le destin de quelques politiciens sans foi ni loi, qui font piller, qui font tuer dans nos pays.», a-t-il soutenu.
L’intervenant congolais n’a pas manqué d’abonder dans le même sens. Il a souligné que les français d’origine africaine peuvent influencer les présidentielles françaises. Il a aussi exigé la libération de Gbagbo et de Jean-Pierre Bemba: «D’Abidjan à Kinshasa, nous scellons l’amitié panafricaniste. Peuple congolais, peuple ivoirien, la CPI n’a pas été créée pour l’homme noir. Nous exigeons la libération de Monsieur Gbagbo, Nous exigeons la libération de Monsieur Bemba.», s’est-il exprimé. Bemba, faut-il le rappeler, est le leader du MLC (Mouvement de Libération du Congo), arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 suite à un mandat d’arrêt de la CPI. Il est incarcéré à Scheveningen (La Haye) depuis le 03 juillet 2008 pour «crimes contre l’humanité et crimes de guerre».
Il y a cependant eu une divergence de vues entre Willy Bla et l’intervenant congolais . Une divergence relative au vote des français d’origine africaine aux prochaines élections présidentielles en France. Du côté congolais, le mot d’ordre lancé était «On ne vote ni à droite ni à gauche». Un mot d’ordre qui appelait indirectement à voter pour l’extrême droite (Front National) de Marine Le Pen, la fille du père. Willy Bla n’a pas manqué de les appeler à la prudence en leur rappelant les élections présidentielles de 2002. L’arrivée de l’extrême droite au second tour avait favorisé l’élection de Jacques Chirac. Il a donc, quant à lui, appelé à voter la gauche, qu’il a jugé être le moindre mal.
Ivoiriens et Congolais ont exprimé, à l’occasion de cette marche, leur volonté de se mettre désormais ensemble. Une union pour défendre les causes de leurs pays respectifs,et par-dessus tout la cause panafricaine.

 

 

Zeka Togui

 

Source : IVORIAN

 

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