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14 janvier 2012

Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (Cpi): L’Histoire va s’accélérer en Côte d’Ivoire !

 

 

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Le Président Gbagbo parlera haut et fort, et ira «jusqu’au bout». La comparution du Président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi) est un mal pour un bien. Elle sera un grand moment d’accélération de l’histoire de la Côte d’Ivoire et sonnera le glas des vendeurs d’illusions, consolidant ainsi le pacte de confiance tissé avec le peuple de Côte d’Ivoire.

 

I. Un mal pour un bien

Ce mardi 29 novembre 2011 qui ébranla la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde, offrira au Président Laurent Gbagbo, la providentielle opportunité de tirer profit de la grande tribune internationale qu’est la Cour pénale internationale.

A-Ce mardi 29 novembre 2011 qui ébranla la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde

Tout ça pour ça ! C’est le cri de révolte que l’on pousse après le transfèrement indigne et lâche du Président Gbagbo à la Cpi, à La Haye. Oui, tout ce parcours fait de privations, de renonciations et de souffrances au service de la démocratie pour être victime de ce qui relève à l’évidence d’un déni de démocratie. En effet, le Président Gbagbo est l’un des rares hommes politiques africains à avoir expérimenté les cinq phases qui jalonnent la carrière de tout leader politique qui se respecte : l’indifférence, la raillerie, les injures et les ragots mensongers, la répression et l’estime qui inspirent la confiance. Le président Gbagbo a connu l’indifférence puisqu’il a été superbement ignoré par le président Houphouët-Boigny et le Pdci dans les premiers balbutiements de son engagement politique. Puis le Pdci et son chef l’ont aimablement moqué, allant jusqu’à insinuer qu’il ne pouvait gagner aucune élection s’il faisait même acte de candidature dans son village. On vit ensuite à l’ordre du jour se succéder injures et ragots mensongers. On l’a fait passer, au gré des circonstances, pour un excentrique, un maniaque, un fou, un illuminé, un original qui, partout où il va, attire à lui des déséquilibrés, des originaux et des fous.
Le Pdci a cherché à porter atteinte à son intégrité morale, ce qu’il a de plus cher, en faisant croire à l’opinion que M. Gbagbo continuait de percevoir son traitement d’enseignant-chercheur alors qu’il vivait en exil, qu’il avait accepté des plantations clés en main des pontes du régime du Pdci. Sur son intégrité physique, on l’a présenté comme épileptique et ce gros mensonge continue d’être encore servi par certains journalistes et leaders d’opinion. Les dirigeants et la presse du Pdci, l’ont abreuvé d’injures pour avoir surtout créé le Front populaire ivoirien (FPI), sonnant ainsi, le retour au multipartisme et créant en même temps les conditions d’une alternance et d’élections justes et transparentes. Le Président Gbagbo a souffert du système du parti unique dans sa forme et ses manifestations les plus hideuses.

 


Toute personne qui survit à la répression commande invariablement l’estime et le respect, synonymes de succès. Et dans la fidélité, cette répression peut être considérée comme le signe précurseur de la victoire. Il n’a pas craint l’orage, même lorsque les éclairs du parti unique redoublaient. Il est ce qu’il est convenu d’appeler un pionnier –ou si l’on préfère, un dinosaure – qui a nourri la Côte d’Ivoire et l’Afrique de sa passion pour la démocratie, notamment par sa célèbre formule «Asseyons-nous et discutons». Comme on le voit, la vie et le parcours du Président Gbagbo plaident pour lui. Il n’a même pas besoin qu’on certifie son combat ! 
L’on comprend donc aisément pourquoi les démocrates ont vécu le mardi 29 novembre 2011, jour du transfèrement, à la fois comme une brûlure, une plaie vive dans la jeune histoire de la Côte d’Ivoire, un jour sombre de l’histoire de l’injustice ivoirienne, un chapitre de l’histoire de l’incapacité de la Côte d’Ivoire à rendre justice à ses propres ressortissants. Mais c’est connu : les mystères de la vie font que d’un mal il sort souvent un bien. Et avec la première comparution du Président Gbagbo à la Cpi, le lundi 5 décembre 2011, immortalisée par une nuée de journalistes, de caméras et d’appareils photo, le cri de révolte et d’indignation de tous ceux qui croyaient voir la fin du film est devenu un hymne à la joie et à l’espérance. Lorsqu’ils ont retrouvé le Président Gbagbo, grand tribun, la tête haute, le regard fier, déterminé à «aller jusqu’au bout », ils ont alors compris que son rêve d’une Afrique libre, digne et souveraine ne s’était pas envolé. Ils ont surtout réalisé que le film était bien loin d’être fini et que le conte d’horreur que l’on essaie de vendre au monde peut se transformer en conte de fées. Tous sont surtout rassurés de constater qu’avec ce transfèrement, le Président Gbagbo baigne désormais dans une ambiance sécuritaire et sanitaire apaisée, au contraire de Korhogo, où le pire pouvait se produire à tout instant. Ils ont retrouvé le combattant et le résistant déterminé à utiliser la grande tribune internationale qui lui est offerte pour parler haut et fort, pour «aller jusqu’au bout».

La CPI, la grande tribune internationale

Oui, à La Haye, le Président Gbagbo parlera car parler permet de vivre, permet de se libérer. Il parlera parce qu’il convient d’être précis sur les moments délicats de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il parlera pour expliquer et faire comprendre que la version la plus communément admise de l’histoire de la tragédie ivoirienne, fabriquée par des experts instrumentalisés à souhait, ne permet pas d’avoir une version conforme à la réalité. Il parlera pour expliquer qu’une erreur ne devient pas vérité parce que tout le monde y croit, pas plus qu’une vérité ne peut devenir erreur lorsque personne n’y adhère. Le Président Gbagbo est persuadé en cela que les principes de la vérité doivent nous aller comme des vêtements sur mesure et qu’un mensonge ne saurait conduire à la vérité. Seule une conduite véridique peut aboutir à la vérité. Il sait que la paix individuelle ou nationale est impossible si on ne met pas tout en œuvre pour vivre dans la vérité. Et il n’est plus temps de se demander s’il faut dire enfin cette vérité au malade : elle hurle à son chevet. 
Le Président Gbagbo qui sait que la répétition est l’art du pédagogue, continuera d’asséner que la vérité de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire se trouve au fond des urnes et que cette vérité, si elle est controversée, ne peut s’acquérir que par le recomptage des voix. Les Nations Unies et leurs représentants de par le monde le savent d’expérience. Le Président Gbagbo expliquera pourquoi et comment l’Union africaine a entériné paisiblement le postulat de la Communauté internationale caporalisée par la France : M. Alassane Ouattara est le candidat de la France donc de la Communauté internationale et, en cette qualité, il devait être proclamé vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo révèlera alors que M. Ouattara était déclaré vainqueur avant que d’être candidat. Il montrera que c’est au nom de la logique de protection des intérêts stratégiques de la France en Côte d’Ivoire que les autorités françaises ont déployé une formidable énergie pour organiser l’impunité des rebelles et recourir à la force extrême pour donner le pouvoir à M. Ouattara. Ainsi, le président Sarkozy, non seulement faisait revenir les assassins sur le lieu de leur crime, mais il leur donnait les clés pour entrer dans la maison. Le Président Gbagbo reviendra sur l’étrange et troublante attitude des autorités françaises lors de l’opération «Dignité» déclenchée le 6 novembre 2004 et qui a été l’alibi trop commode trouvé par le président Jacques Chirac pour détruire toute la flotte aérienne de la Côte d’Ivoire, et réprimer dans le sang les manifestations de la jeunesse patriotique. Il indiquera pourquoi la France qui a participé au déclenchement de la mécanique infernale et qui est tenue pour comptable des morts en Côte d’Ivoire, a néanmoins refusé une mission d’information parlementaire sur ses éventuelles responsabilités, au contraire du Rwanda où la France a dépêché, en 1998, une mission parlementaire, présidée par M. Paul Quilès. La France ratait ainsi, certainement à dessein, l’occasion de dénouer l’écheveau de ses agissements en Côte d’Ivoire, pour dégager les tenants et aboutissants de sa politique dans ce pays et éclairer par là-même l’opinion. 
Le Président Gbagbo profitera de la providentielle tribune qui lui est offerte pour dénoncer les jeux de l’ombre des agences spécialisées, publiques ou privées, qui produisent à jet continue la désinformation, la guerre étant désormais relayée par des batailles de la communication, pour stigmatiser le jeu de ces journalistes occidentaux qui, parce que prisonniers d’un militantisme trop contraignant ou d’une ligne éditoriale orientée, coincés par des exigences de productivité et donc par le manque de temps, ont de plus en plus de mal à approcher la vérité. Ils n’osent pas aller contre la doctrine dominante pour éviter de prendre des coups, et perdre ainsi des positions acquises de haute lutte ou à force d’intrigues. Si bien que dans leurs images, écrits et commentaires, le drame ivoirien apparaît comme la conséquence directe et exclusive des agissements d’un régime foncièrement et intrinsèquement mauvais, puisqu’il n’a jamais été dit que le régime du Président Gbagbo était confronté aux agissements guerriers des rébellions soutenues de l’extérieur et qui cherchaient à le chasser du pouvoir. Aujourd’hui, ne sont visibles par le grand public que les réfugiés et les morts censés être victimes exclusivement des soldats et des milices armées par le Président Gbagbo. L’occasion lui sera donnée d’exposer la tactique du talk and fight expérimentée avec le Président Habyarimana et poursuivie avec les accords de Marcoussis : négocier un accord de paix n’empêche pas de continuer à faire parler les armes.
Le président Gbagbo parlera, enfin, pour rassurer et ragaillardir les Ivoiriens aujourd’hui tétanisés par la terreur qui s’abat sur la Côte d’Ivoire. «La terreur est un état général. Quand elle est bien menée, bien implacable, sans répit et sans faiblesse, alors les résistances s’effondrent. Il faut faire savoir que n’importe quoi peut arriver à n’importe qui, et alors plus personne ne fera plus rien» (Alexi Jenni, L’art français de la guerre, Gallimard, septembre 2011, p.414, Prix Goncourt 2011).
Oui, un mal pour un bien. Le pouvoir Ouattara a eu peur d’affronter le Président Laurent Gbagbo dans un procès public, en Côte d’Ivoire, fortement médiatisé, sous le regard et l’arbitrage critiques des Ivoiriens. Il a alors préféré l’éloigner de la Côte d’Ivoire pour le couper de sa sève nourricière, le peuple, et le faire ainsi tomber dans l’oubli et laisser ensuite la Cpi exécuter le «sale boulot» à sa place. Ne voilà-t-il pas que la main de Dieu vient d’offrir au Président Gbagbo la plus grande tribune internationale pour se faire entendre, pour expliquer et faire comprendre la tragédie ivoirienne, pour aller au-delà des idées reçues et dissiper l’écran de fumée, pour convaincre les uns et les autres que l’histoire de la crise ivoirienne est plus compliquée que ce que les canaux officiels d’information et de communication fortement inféodés nous racontent et que l’on a voulu faire passer les victimes pour les bourreaux !
L’histoire de la Côte d’Ivoire est en train de s’écrire. Le procès de la Cpi sera un grand moment d’accélération de cette histoire. Et ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Paris, à Bruxelles, à Washington, à l’Union européenne où aux Nations Unies mais l’histoire de gloire et de dignité qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. Parti en mission de courte durée à La Haye, le Président Gbagbo nous reviendra pour continuer à honorer le pacte de confiance qu’il a tissé avec le peuple de Côte d’Ivoire.

II – Le pacte de confiance

Pour le peuple de Côte d’Ivoire, le Président Gbagbo, par l’exemplarité de sa vie, reste le phare dans la tempête. L’on comprend alors aisément la disgrâce du pouvoir actuel.

A – Le phare dans la tempête

Ne jamais abandonner, résister. Les puissants appellent cela de la folie. Ceux qui ont emprisonné le Président Gbagbo ne comprennent donc pas que, même en prison, il puisse continuer à être libre. Ils comprennent davantage qu’un seul homme puisse résister à ce point et finalement compter autant pour beaucoup d’entre nous. Le Président Gbagbo a été tombé par la France, mais il n’est pas tombé dans l’oubli. Investi de la confiance des Ivoiriens, il ne lâchera pas. Plus jeune, il a échappé à la mort. Cela lui a donné la force des miraculés. Il sait avancer malgré les vents contraires. Même dans l’adversité, il fonce. C’est un enseignement qu’il a appris très tôt dans la vie de ses parents et dans sa précoce pratique du terrain politique. Il sait que la politique est un métier qui, parfois, fait marcher sur un fil de fer, à la manière d’un funambule. Mais il sait aussi que la politique est un métier qui ouvre des sillons d’espérance. Aussi, même dans l’adversité la plus cruelle, sa prophétie doit-elle nous guider. Oui, souvenons-nous en 1992, avec les mêmes protagonistes que sont MM. Bédié et Ouattara, la formule désormais célèbre : “On peut aller de la prison à la Présidence et vice-versa». Le cycle est loin d’être bouclé.
Pour de nombreux Ivoiriens et Africains, Laurent Gbagbo est une idée, pas seulement une chair. Tous ceux qui s’y reconnaissent en sont les gardiens. Les incessantes divagations de ses ennemis sont une nette illustration du proverbe selon lequel «C’est l’hôpital qui se moque de la charité». Elles auront au moins le mérite de révéler que le Président Gbagbo est resté digne dans l’adversité, qu’il n’a jamais reconnu la victoire de M. Ouattara et qu’il n’a jamais imploré une quelconque clémence. L’Almamy Samory Touré, le résistant ouest-africain, avait coutume de dire que lorsqu’un homme refuse, il dit NON. C’est ce non qu’il a opposé à l’invasion coloniale française. C’est ce même NON que le Président Gbagbo oppose à l’invasion néocoloniale française.
M. Ouattara, lui, a un problème avec le peuple de Côte d’Ivoire. Le débat récurrent autour de ses origines, son cursus scolaire et universitaire et son parcours professionnel qui l’ont tenu loin de la Côte d’Ivoire, sa grande responsabilité dans les actes de déstabilisation de la Côte d’Ivoire perpétrés sur fond de violences sur les personnes et de pillages systématiques des biens, sa méconnaissance totale des us, traditions et coutumes de la Côte d’Ivoire, sa trop grande propension à vouloir brader la souveraineté du pays par le maintien de l’ordre occidental qui est aux antipodes des intérêts de la Côte d’Ivoire et de son peuple, sont un début d’explication du désamour de M. Ouattara avec le peuple de Côte d’Ivoire. Faute d’un enracinement profond dans le peuple, l’on ne peut gérer le pouvoir dans la tranquillité. L’indécente orgie de lumière qui a inondé la ville d’Abidjan à l’occasion des fêtes de fin d’année, les joutes sportives suscitées par le pouvoir Ouattara ne pourront créer l’osmose entre le peuple et celui-ci.
Pour sa part, le Président Gbagbo estime que la Côte d’Ivoire doit d’abord compter sur elle-même avant de recourir aux stéréotypes extérieurs pour déterminer ses stratégies de développement. Il garde la profonde conviction que le développement des pays d’Afrique subsaharienne ne pourra se faire par délégation de pouvoirs. Pour consolider le pacte de confiance, en plus de son enracinement profond dans le peuple qui fait que le peuple sent Gbagbo comme Gbagbo sent le peuple, la grande réussite de ce leader politique est d’avoir mis une étincelle de pardon, d’ouverture, d’humilité, d’humanité et de générosité dans l’art de la politique. Même s’il existait des vaccins contre ses qualités, ils n’auraient pu l’immuniser.
Au total, le Président Gbagbo est la preuve vivante que le décret du peuple pèse plus lourd que le verdict des puissants de ce monde. Pour nous avoir inculqué sa force d’énergie sous sa forme la plus authentique et la plus élevée, l’exemple de sa vie nous éclaire comme un phare dans la tempête et inspire notre conduite. L’hyper mobilisation des démocrates de tous bords depuis le transfèrement du Président Gbagbo à La Haye, sa cote d’audience et de popularité sur le net, le foisonnement des livres et témoignages sur la crise ivoirienne sont de vibrants témoignages qui permettent d’affirmer que l’arroseur est bel et bien arrosé.

B – Le pouvoir en disgrâce

Pendant que le Président Gbagbo parle haut et fort à la Cpi, le pouvoir, lui, continue de vendre de l’illusion, incapable qu’il est de semer l’espoir dans le cœur des Ivoiriens. Et ce numéro d’illusionnisme précipite tout un pays dans un grand bon en arrière.
Oui, à l’heure du bilan, c’est le constat d’échec qui s’impose. L’expérience prouve qu’une entreprise durable ne peut jamais venir du mensonge ou de la violence. La grande erreur est de croire qu’il n’y a aucun rapport entre la fin et les moyens. Les moyens sont comme la graine et la fin comme l’arbre. Le rapport est aussi inéluctable entre la fin et les moyens qu’entre l’arbre et la semence. On récolte exactement ce que l’on sème. Des moyens impurs ne peuvent conduire qu’à une fin impure. Le pouvoir a chargé davantage la barque qui, ces temps-ci, paraît déjà dans un sale état alors que se multiplient les avis de tempête. L’exaltation initiale a vite fait place à l’amertume, voire au désespoir. On commence à se rendre compte qu’il ne suffit pas de bombarder une résidence pour programmer un président. 
Neuf mois après la chute du Président Gbagbo, victime de la haine du président Sarkozy, le coût de la vie en Côte d’Ivoire n’a pas encore baissé, les problèmes d’emplois, de santé, d’éducation et d’agriculture demeurent vivaces. Sur tout le territoire, on a une constellation de groupes armés qui exercent la violence sur les populations et parmi lesquels il n’est pas facile de trancher entre vrais et faux éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), coupeurs de routes, bandits et groupes claniques agissant pour leur propre compte. Ce qui entraîne une situation d’insécurité et de violence généralisées. De réunions en séminaires, d’injonctions en ultimata, rien n’y fit. Le problème de l’insécurité demeure le talon d’Achille de ceux qui ont choisi de régner par les armes et par la terreur. On a beau être le Mozart de la communication, l’on ne peut indéfiniment cacher cette cruelle réalité du vécu quotidien. Et ce ne sont pas les mirobolantes promesses de grands chantiers annoncés à grands renforts médiatiques qui viendront par un coup de baguette magique améliorer les difficiles conditions de vie et d’existence des Ivoiriens.
Le constat est là qui saute aux yeux : la lune de miel qui débute toujours par une phase de séduction se termine avec le «Gbagbo Kafissa!» (Gbagbo est mieux) des femmes malinké d’Adjamé. L’état de grâce fait progressivement place à la disgrâce. L’incrédulité gagne du terrain. Les Ivoiriens sont aussi dubitatifs que ces femmes victimes d’un conjoint manipulateur et qui se disent : «Je n’ai pu me tromper sur lui à ce point!». Les éléments à charge s’accumulent et l’incrédulité fait place à la colère, un sentiment puissant qui, dans un couple, provoque la rupture, salutaire pour la victime. 
De manière indélébile, les pouvoirs publics sont frappés du «syndrome de Rantanplan». Pour les férus de Lucky Luke, Rantaplan, c’est le chien qui prend toujours la mauvaise direction. Alors que la tragédie ivoirienne a détruit le plaisir de «vivre ensemble» pour reprendre ce slogan cher au Rassemblement des Républicains (Rdr) dont M. Ouattara est toujours le Président, le pouvoir, au lieu de réconcilier, tient jalousement à la mémoire de sa haine. Il est sans état d’âmes, à l’image du Président Nicolas Sarkozy, son mentor en politique. M. Ouattara oublie volontairement qu’il est redevable du Président Gbagbo qui a accepté de lui faire la passe, ce qui, pour certains, est une erreur en politique. Mais l’opinion publique en a conscience avec l’accélération de l’actualité politique : Le Président Gbagbo, pour la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire, reste l’homme des grands sacrifices. Il démontre par là-même qu’il n’est pas en costume d’emprunt de la démocratie.


Une contribution de Aline S. Bakayoko

Source : Notre voie : Dernière Mise à jour : 14/01/2012 (Auteur : autres)

Commentaires

Moi je suis membre de la galaxie patriotique .je dis ces accusations sont fausses

Écrit par : Mekui | 31 mai 2012

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