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10 janvier 2012

Les grands chantiers de Yamoussoukro : Ce que le pouvoir refuse de dire aux ivoiriens

 

 

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S’il ya un constat que l’on pouvait faire à Yamoussoukro ces dernières années, ce sont les grands chantiers en cours dans le cadre du transfert de la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. Pour être plus précis, le Transfert de la capitale ivoirienne qui est une volonté d'Houphouët-Boigny, a été votée par l'Assemblée nationale et formalisée par la loi n°83-242 du 21 mars 1983, rendue applicable par le décret n°97-177 du 19 mars 1997. Le projet est confié à Pierre Fakhoury, bien connu sous le pseudonyme «l’architecte du vieux», à travers son entreprise Pierre Fakoury Operator ( Pfo), et Bnted. Le projet est financé par l'Etat ivoirien et divers investisseurs. Véritablement, c’est sous le Pouvoir Laurent Gbagbo que le projet a connu un coup d’accélérateur après 2001. En peu de temps, on a vu sortir de terre, l’Hémicycle ou le palais de l’Assemblée nationale, le palais présidentiel. Sans oublier les travaux de terrassement des sites du sénat et du conseil économique et social. Les nouveaux tenants du pouvoir, dans l’opposition, faisaient du transfert de la capitale politique à Yamoussoukro, une priorité une fois au pouvoir. Et de promettre faire mieux que Gbagbo. Entre le discours et la réalité, il y a un fossé. L’on va allègrement vers un abandon pour l’instant des grands chantiers du transfert de la capitale politique à Yamoussoukro. Car, depuis le 11 avril 2011, tous les grands chantiers de Yamoussoukro financés sur fonds propres par l’Etat de Côte d’Ivoire et confiés à l’entreprise Pierre Fackoury Operator (Pfo) sont bloqués. La broussaille a envahi les différents sites pendant que les ouvriers sont au chômage. Dans le projet de loi de finance pour la gestion 2012, nulle part il est question du financement des chantiers de la capitale économique. Par ailleurs, en ce qui concerne le volet militaire, au titre de «l’évolution des dépenses prioritaires», dans l’annexe 8, dans la nomenclature budgétaire, il est écrit : «Appui aux forces de Défenses et de Sécurité 279 milliards de Fcfa». Des observateurs de la haute finance internationale, se demandant si les 279 milliards de Fcfa «d’appui aux Forces de Défenses et de Sécurité» ne représentent pas la contribution de l’Etat de Côte d’Ivoire à l’effort déployé depuis la crise post électorale aux forces onusiennes et de la Licorne dont le traitement coûte cher aussi bien aux contribuables français qu’aux systèmes des Nations Unies. En effet, en 2003, «l’entretien et la prise en charge de la Force Licorne coûtaient aux contribuables français, 20 milliards de francs cfa par mois.Un petit calcule arithmétique indique bien que cela fait au bas mot la faramineuse somme de 240 milliards de francs cfa par an. Au niveau du Système des Nation Unies, dans une proportion moindre, le traitement de l’Onuci, revient à plus de 15 milliards de francs Cfa par mois dans la même période. Ce qui donne 180 milliards de Fcfa par an». Nous indique une source diplomatique basée à Abidjan qui s’empresse de dire qu’il faudrait réduire ces chiffres de moitié à ce jour. «Très élevé les 279 milliards de Fcfa. Il faut que des commissaires du gouvernement, c'est-à-dire les ministres concernés viennent éclairer notre lanterne. Car, il y a beaucoup d’affectation de ressources que nous voudrions bien comprendre. Mieux, si on s’est précipité pour aller aux législatives, c’est que la loi de finance devrait passer devant l’Assemblée nationale. Mais depuis, le Conseil constitutionnel n’a pas encore vidé sa saisine en ce qui concerne le contentieux électoral. S’il y a un parlement élu, le gouvernement devrait lui soumettre le projet de loi de finances. Il y va du respect de la charte d’éthique dont s’est dotée le gouvernement ivoirien. Faire passer le budget par ordonnance pourrait nous retomber dessus lors des futures négociations avec les institutions de Breton Woods pour l’atteinte du Point d’Achèvement qui est annoncé pour la fin du premier semestre 2012 Ces institutions comprendront difficilement qu’il ya un parlement élu alors le chef de l’Etat a pris une ordonnance pour approuver la loi de finances pour la gestion 2012» s’inquiète un député nouvellement élu. 

Bamba Mafoumgbé in Le Temps
Mardi 10 Janvier 2012

 

 

 

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