topblog Ivoire blogs

06 janvier 2012

Syrie : La Ligue arabe déchirée entre réalité de terrain et fiction de propagande


La presse atlantique et du Golfe regarde la Ligue arabe se déchirer à propos de ses observateurs. Pour les uns, ils ont failli à leur mission car le sang continue de couler ; mais ils étaient chargés de rapporter les faits, pas de restaurer la paix. Pour les autres, ils ont au contraire réussi car on ne voit aucune trace de répression dans les lieux visités, y compris Homs.

Cette seconde manière de présenter les choses est surtout développée par la presse émiratie. Elle permettrait de clore ce psychodrame sans avoir à répondre à la question : si les observateurs n’ont pas vu de trace de répression, celle-ci a-t-elle jamais existé ? En effet, s’il est possible que l’administration Assad ait retiré des troupes et des chars de Homs la veille de l’arrivée des observateurs, il est impossible qu’elle ait rebouché les tranchées qui –prétendait-on– encerclaient la ville, ni qu’elle ait reconstruit en une nuit les maisons qui –affirmait-on– avaient été bombardées des jours durant et détruites.

Cachez cette vérité que je ne saurais voir !

La presse atlantiste et du Golfe se focalise sur la motion du Parlement arabe demandant le retrait des observateurs déployés en Syrie car leur présence cautionne la version des événements promue par Bachar el-Assad.

On notera que :

Le Parlement arabe est un organe consultatif de la Ligue arabe. Le titre de “Parlement” fait référence au fait qu’il est composé de 4 parlementaires de chacun des 22 Etats membres, bien que cet organe n’ait aucun des pouvoirs législatif ou de contrôle propre à un parlement ; A l’occasion de la nouvelle année, de nombreux médias établissent un bilan du “printemps” arabe. Alors qu’en août les journaux occidentaux se réjouissaient de la démocratie naissante en Tunisie et en Égypte, ils sont nombreux aujourd’hui à déplorer que la chute des dictateurs profite en réalité au totalitarisme des Frères musulmans et des salafistes.

Environ un quart de ses membres sont des parlementaires qui n’ont pas été élus au suffrage universel par leur peuple, mais nommés par leur souverain ;

C’est le Parlement arabe qui avait le premier appelé au déploiement des observateurs dont il réclame aujourd’hui le retrait ;

C’est également le Parlement arabe qui avait le premier exigé des sanctions économiques contre la Syrie. Ces sanctions ont été adoptées pour préparer la guerre, puis abrogées pour permettre le déploiement des observateurs.

Il y a deux mois, les anti-Assad militaient pour le déploiement d’observateurs afin qu’ils témoignent de la cruauté de la répression. Mais aujourd’hui, les observateurs ont constaté la mort de plus de 2000 soldats et, même s’il y a un complet désaccord sur le nombre des victimes civiles et les circonstances de leur mort, il n’est plus possible de parler de répression d’un mouvement pacifique. Les anti-Assad exigent donc le retrait des observateurs qui démentent leurs version des faits.

Renverser Bachar el-Assad, mais au profit de qui ?

Plusieurs manifestations ont eu lieu au passage des observateurs de la Ligue arabe. Selon les journalistes présents sur place, ils étaient 3 500 à Homs à défiler contre le régime et plus de 100 000 à manifester en sa faveur. Mais selon l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, ils étaient 250 000 contre le régime et aucun en sa faveur.

A l’occasion de la nouvelle année, de nombreux médias établissent un bilan du “printemps” arabe. Alors qu’en août les journaux occidentaux se réjouissaient de la démocratie naissante en Tunisie et en Égypte, ils sont nombreux aujourd’hui à déplorer que la chute des dictateurs profite en réalité au totalitarisme des Frères musulmans et des salafistes.

Une lecture attentive, laisse apparaître que ce thème est particulièrement développé par des journalistes plus proches d’Israël que des États-Unis. Implicitement, il suggère qu’une intervention internationale pour renverser le président Bachar el-Assad –mis sur le même pied que MM. Ben Ali, Moubarak et Kadkafi– serait une erreur. On retrouve là, la position traditionnelle de Tel-Aviv vis-à-vis de la Syrie, résumée par la formule d’Ariel Sharon : « Je préfère le diable que nous connaissons à l’ange que nous ne connaissons pas ».

 

Source : COMITE VALMY

Les commentaires sont fermés.