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05 janvier 2012

Retrait de la Licorne, démantèlement définitif du 43e Bima : Le pouvoir totalement déboussolé. Le Sénat français s’interroge sur le maintien de la Licorne. Le pouvoir paye pour s’accrocher à l’Armée française

ADO_soucieux.jpgLes nouvelles qui, selon ses sources, parviennent au pouvoir en place quant à «un réexamen de la présence militaire de la France en Afrique» dans le cadre du plan d’austérité destiné à réduire le déficit public de la France, pour faire face à la crise économique qui frappe de plein fouet les pays d’Europe, ne rassureraient pas Ouattara. A en croire des milieux français un peu indiscrets, le Sénat français ne tient pas à faire droit à la demande de Sarkozy qui souhaite qu’en vertu du «nouveau pacte colonial» qui lie la «métropole» à sa «colonie» sous Ouattara, le 43e Bataillon de marine et d’infanterie (Bima) à Abidjan Port-Bouët soit ressuscité sous une forme discrète, par une reconversion par exemple de la force Licorne. Pour mémoire, rappelons que le 43ème Bima était, en tant que base  militaire française en Côte d’Ivoire, une entité permanente différente de la Licorne qui n’est en principe qu’une force d’intervention ponctuelle, avec un mandat onusien, dont la mission est censée s’arrêter à la fin de la crise qui a justifié son déploiement. Beaucoup l’ignorent encore, mais le 43e Bima a été démantelé dès 2009. Démantèlement confirmé au cours d’une cérémonie officielle qui a eu lieu en présence en présence du maire de Port-Bouët, Hortense Aka Anghui, seule autorité ivoirienne à y avoir assisté et qui peut en témoigner. Seulement, il y a que le site laissé par le 43ème Bima, qui doit revenir à l’Armée ivoirienne, est toujours occupé par les éléments de la Force Licorne. Une situation à l’origine de la confusion entretenue par Paris à ce sujet. Ainsi donc, le pouvoir souhaiterait que les militaires français présents actuellement dans le cadre de la force «franco onusienne» Licorne soient durablement établis sur les cendres du 43e Bima, le temps que durera la présence de Ouattara au pouvoir dans le cadre d’un «nouvel accord de coopération militaire». La demande en a été faite, souvenons-nous, de façon très officielle, sur le parvis de la présidence la république au Plateau, en juillet 2011, lors du «point de presse conjoint» que le Premier ministre français François Fillon, en visite à Abidjan, et Ouattara ont animé devant les journalistes du monde entier.


Le Sénat français s’interroge sur le maintien de la Licorne


Le nouvel occupant du palais, tremblant ce jour-là à l’idée des «risques de déstabilisation…» de son régime, a supplié en substance l’Elysée de «maintenir la base militaire française en Côte d’Ivoire». Ce à quoi Fillon avait répondu que : «La France n’a pas vocation à assurer la sécurité de la Côte d’Ivoire face aux menaces». Déjà, en ce mois de juillet 2011, Fillon exprimait-il sans doute là, non seulement l’impossibilité pour la France de reconstituer le 43e Bima comme le souhaite le mentor du Rdr, mais aussi les difficultés de Sarkozy à convaincre le Sénat et le Parlement français de l’opportunité du maintien de la Licorne en Côte d’Ivoire, dans des proportions injustifiées, après l’arrestation de Laurent Gbagbo et l’arrivée de Ouattara.  On sait que le Sénat français n’a pas manqué de demander à Sarkozy de s’expliquer sur l’implication des forces française dans les évènements de la crise postélectorale et que beaucoup de ses membres ont souhaité le retrait pur et simple de la force Licorne. Mais Sarkozy a dû user de toute son influence pour obtenir un «sursis». Car il était clair que la France ne pouvait pas abandonner le nouvel occupant du palais seul face à ses angoisses et ses craintes d’être victime d’un coup d’Etat. Aussi Paris a-t-il décidé de maintenir la force Licorne sur place, «pour quelque temps encore». Pour le faire, l’astuce de Sarkozy a été simple. S’arranger pour modifier le mandat de l’Opération de la Nation unies qui lui sert de parapluie en Côte d’Ivoire pour s’abriter derrière une «mission de consolidation de la paix». Et il ne lui fallut pas longtemps pour obtenir du «machin» de l’Onu une résolution taillée sur mesure. Cependant, les contours de cette nouvelle mission restent flous car les objectifs sont devenus vagues. Le bon sens aurait voulu que les forces dites «impartiales» se retirent après la prise du fauteuil par Ouattara, pour laisser les Forces ivoiriennes de Défense et de Sécurité  prendre le relais. Puisqu’en fait, leur véritable objectif était, non pas d’œuvrer à la paix en Côte d’Ivoire, mais de faire chuter Laurent Gbagbo pour placer un  pion de la France. Après cet appui perfide apporté à la rébellion, une question s’est posé quant au maintien de la Licorne. Qui va payer la note de la Licorne ? En effet, si cette force agit sous le manteau de l’Onu, c’est bien Paris qui règle les factures. Et l’Elysée ne pouvant plus, après l’arrestation de Laurent Gbagbo, justifier les sommes colossales dépensées pour entretenir une telle force en Afrique, le Sénat français a sérieusement envisagé son retrait.


Le pouvoir  paye pour s’accrocher à l’Armée française


Surtout qu’en plus de cela, le Trésor Français devait s’impliquer, chaque fin de mois, dans le payement des salaires des fonctionnaires ivoiriens, devant l’incapacité de Ouattara à mobiliser les ressources pour le faire. A cette préoccupation, le nouveau pouvoir aurait proposé sa «solution». Il s’est dit  prêt, dès juillet 2011, à se décarcasser et même à sacrifier le peu de ressources qu’il reste à la Côte d’Ivoire pour avoir la protection de l’armée française, «indispensable» à Ouattara. L’Etat de Côte d’Ivoire, selon nos sources, allait donc être mis à contribution. Ainsi, le contribuable ivoirien serait en train de payer pour permettre aux troupes françaises de rester dans le but de secourir le représentant-délégué de Paris à Abidjan en cas de coup dur, le temps qu’il asseye son pouvoir. Des milliards de Fcfa, nous a-t-on confié, seraient engloutis chaque mois dans cette aventure. Du moment que les services de celle-ci sont payés par celui qui se les offre. Mais le hic, c’est que l’entretien de cette «garde rapprochée» coûte particulièrement cher et, dans la situation de désastre éconimique que le pays traverse, les nouveaux tenants du pouvoir «ne tiennent pas toujours leur engagement à temps», s’irriterait l’Elysée qui serait toujours obligé de mettre la main à la poche pour couvrir de nombreux frais, en attendant d’être remboursé sur les ressources du pays. Malheureusement pour la France et son poulain, les choses ne se sont pas arrangées comme souhaité, 8 mois après l’arrivée de l’homme. Pis, la crise économique qui secoue l’Europe affecte particulièrement la France. Pour Paris, il est donc urgent de mettre en place des «mesures d’austérité» destinées à sortir des difficultés économiques liées à la crise de l’Euro. Ce qui implique une  réduction drastique des dépenses militaires. Aussi le retrait des troupes françaises engagées sur les fronts «non indispensables» est-il plus que jamais à l’ordre du jour. En plus opinion française ne comprend pas pourquoi Sarkozy, qui a retiré l’armée française de la Lybie peu de temps après la mort de Mouammar Kadhafi, continue de garder des troupes en Côte d’Ivoire où la paix est censée être revenue. Car, face à la crise, les Français conçoivent de moins en moins que leur classe politique investisse autant d’argent et d’énergie dans des campagnes militaires dont les résultats ne sont jamais garantis et pour des objectifs douteux. Qui plus est, l’heure est actuellement à la démobilisation des troupes occidentales, dont celles des Etats-Unis, même sur les théâtres les plus chauds, comme l’Irak et l’Afghanistan. Que continue donc de chercher l’Armée française en Côte d’Ivoire ? Le pays n’est-il pas enfin aux mains de gens qui servent les intérêts de l’Hexagone ? Le problème pour les comploteurs est que Ouattara, qui s’est confiné dans une dictature violente, est plus que jamais coupé du peuple. Impopulaire, empêtré dans des difficultés insurmontables pour son régime. Son angoisse grandit tous les jours. Déboussolé, le pouvoir en place supplie donc Nicolas Sarkozy de faire en sorte que la Licorne ne bouge pas d’Abidjan, tant qu’il sera au pouvoir. Mais le président sortant de la République française, inquiet de son sort  à deux mois de l’élection présidentielle en France, n’a plus toutes les cartes en main quant à l’avenir du pouvoir Ouattara. Or, le régime en place ne peut plus compter sur ses ex-rebelles rebaptisés Frci. L’équation des responsabilités de Ouattara, de Soro et  des chefs dans les crimes de guerre pour lesquels ils doivent répondre devant la Cpi a divisé cette «galaxie du crime». Après une période tumultueuse faite d’exactions impunies, le clash est intervenu entre les Frci et leur mentor à la suite des récents massacres de Vavoua.

 


K. Kouassi Maurice

Source :  Le Temps : Dernière Mise à jour : 05/01/2012 (Auteur : K. Kouassi Maurice)

Publié sur TELEDIASPORA

Commentaires

pourkoi tt ce gachis. La ôte d'Ivoire navait ps besoin de cela. La réconciliation est impossible avc cet ''Ivoirien'' venu du Burkina

Écrit par : lagodo | 12 janvier 2012

pourkoi tt ce gachis. La ôte d'Ivoire navait ps besoin de cela. La réconciliation est impossible avc cet ''Ivoirien'' venu du Burkina

Écrit par : lagodo | 12 janvier 2012

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