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31 décembre 2011

Bilan d’une année apocalyptique : Quand le camp Ouattara se moque de la souffrance des Ivoiriens

 

 

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Le Quotidien Le Patriote, pro-Ouattara, s’est essayé, hier, à un exercice bien périlleux. Justifier l’injustifiable, condamner la victime sur fond de mensonges et de récits tronqués.
Chaque Ivoirien devrait avoir lu «Le Patriote » dans sa parution d’hier jeudi 29 décembre. Et particulièrement, chacun devrait avoir contemplé la UNE de ce canard qui semble avoir choisi de se moquer des Ivoiriens qui soufrent depuis 2002. Un journal amnésique, truffé de mensonges, de contre-vérités et de demi-vérités.
«2011, Gbagbo créa la guerre…», a-t-il cru bon de faire avaler aux Ivoiriens. Et effectivement, la surprise était grande devant les kiosques bondés. «Mais ces journalistes-là n’ont-ils pas vécu en Côte d’Ivoire depuis 2002 ?» ou encore «mais, pour qui nous prennent-ils ? On sait qui a créé la guerre en Côte d’Ivoire». L’indignation était grande hier, tant la couleuvre que Le Patriote a tenté de faire avaler aux Ivoiriens est grosse. Et le journal est allé jusqu’à avancer des chiffres voulus lacrymogènes : 3000 morts, 2 millions de déplacés ; terreur et misère à Abidjan ; 11 avril : la capture salvatrice d’un tyran. Les personnes qui ont osé jeter un coup d’œil sur la UNE du Patriote, hier, ont vu des vertes et des pas mûres.

 


Le plus beau était cependant à l’intérieur du journal. Un article intitulé «De la terreur à l’espoir» est illustré par une photo où on aperçoit clairement des personnes entourant des corps d’étudiants massacrés par les hommes de Ouattara. Avec une légende révoltante : La machine à tuer du FPI s’est mise en branle. La qualifiant d’inoubliable, le journaliste affirme que c’est l’année 2011 qui aura marqué la mémoire des Ivoiriens au cours de cette décennie. Il évoque la peur de voir la nation ivoirienne se disloquer, ses fils et filles s’entretuer. Et dans un raccourci aussi stupide qu’insultant, il avance que « le contentieux électoral de l’élection présidentielle de novembre 2010 s’est déporté sur l’année qui a suivi. Au point de dégénérer dans la pire violence que la Côte d’Ivoire ait jamais connue.
Et c’est le journal qui a divisé le pays en deux parties à sa UNE en janvier 2001 pour faire accepter cette idée macabre, qui s’en plaint aujourd’hui ? Il devrait pourtant se réjouir d’avoir obtenu ce qu’il voulait depuis des années. Mais là où il se montre cynique, c’est quand il ignore totalement que la violence, la pire que la Côte d’Ivoire ait jamais connue, a été déclenchée en septembre 2002. Avec des tueries massives de populations civiles dans le nord, le centre et l’ouest du pays. Le Patriote s’est-il demandé combien de morts il y a eu à Abidjan dans la seule nuit de 18 au 19 septembre 2002 ? Combien de gendarmes ont été froidement assassinés à Korhogo et à Bouaké ? Combien de civils innocents ont été brûlés vifs, jetés dans des puits, égorgés, morts étouffés dans les conteneurs, amputés des membres, etc. ? Sait-il combien de femmes ont été violées par les rebelles depuis 2002 ? Qui rendra justice pour tout cela ?
Si les journalistes du Patriote et leurs amis ne le savent pas, les Ivoiriens, eux, savent bien que la guerre a été créée en 2002 par ceux qui exercent le pouvoir aujourd’hui. Alors que le président Gbagbo se trouvait en visite officielle en Italie. Une attaque lâche, sauvage, barbare qui a endeuillé de milliers de familles et placé la quasi-totalité des Ivoiriens dans une détresse sans nom.
La guerre créée donc en 2002, il s’en est suivi une crise grave qui a plombé le pays pendant une décennie. Et au moment où le pays organisait l’élection présidentielle en novembre 2010, aucune garantie de sécurité n’existait car les rebelles n’avaient pas été désarmés et continuaient de menacer le pays. Et chacun savait bien que la présence massive de ces armes allait peser sur le déroulement du scrutin. Cela n’a pas manqué. Et les armes des rebelles aidés par la France et l’ONUCI, ont piétiné la volonté du peuple pour imposer un homme-lige à la tête du pays. Le Patriote sait très bien que la France y tenait plus que tout. Le monde entier sait que le seul moyen que ce pays connaît pour sortir de la grave crise financière est le retour à la pratique coloniale. Cela aussi, le Patriote le sait très bien. Mais les appétits et les ambitions aussi démesurées que malhonnêtes des uns et des autres aidant, la France a trouvé aisément le terreau qu’il lui fallait pour faire prospérer son action. Sans la politique coloniale, la France n’est rien. C’est pour cela qu’elle fait mourir les Ivoiriens depuis 2002. C’est pour cela qu’elle piétine les règles élémentaires de la démocratie et du droit international en venant bombarder, sans déclaration de guerre, le palais du président d’un pays souverain.


Tout cela, Le Patriote qui écrit sans honte que la guerre a été créée en 2011, le sait très bien. Lui qui dit «bravo pour le travail bien fait » quand des policiers sont brûlés vifs à Abobo, quand les pauvres vigiles et agents de la RTI sont brûlés vifs à Abobo, quand des gendarmes sont assassiné partout à Abidjan par un commando invisible, quand près d’un million de personnes sont obligées de quitter la commune d’Abobo pour ne pas périr, quand des villages sans défense sont attaqués en pleine nuit, etc. Bravo pour le travail bien fait également à tous ces traitres de l’armée qui ont trahi la confiance du peuple pour se mettre au service de puissances maléfiques. « Time will tell », dit une chanson célèbre. L’histoire jugera. Et le temps est l’autre nom de Dieu.

Une contribution de Moussa Sié Koffi

 

IVORIAN

 

Commentaires

il n'y a pas plus aveugle que celui qui refuse de voir

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Écrit par : kone allassane | 31 décembre 2011

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