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27 décembre 2011

Personne ne fera plus que Houphouët ni mieux que Gbagbo

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Félix Houphouët-Boigny : 1960-1993 et Laurent Koudou Gbagbo : 2000-2011 se sont chacun retrouvés à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, en situation de pouvoir, en choisissant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, comme point d’orgue de la vie politique et économique. De 1960 à 1980, la Côte d’Ivoire économiquement forte, avait refusé d’accepter la voie étroite du développement. Félix Houphouët-Boigny ne veut pas de bons discours et de promesses sans lendemain.

 

Premier producteur mondial du cacao, la Côte d’Ivoire arrive à maturité économique et sociale avec plusieurs sociétés d’Etat : la Sotra, l’AVB, la Sotu, l’Arso, la BNDA, Air Ivoire, l’EECI ; la Sicogi, la Sogefiha, les Frar. Félix Houphouët-Boigny contrôle mieux les choix économiques de la Côte d’Ivoire. Le développement vertigineux de la Côte d’Ivoire commence avec six pôles de repères administratifs : Abidjan, Bouaké, Daloa, Man, Korhogo, Abengourou. Des administrateurs civils de bonne moralité : Jules Koffi, Hyacinthe Abouatié, Loukou Koffi, Mamadou Coulibaly, Fily Cissoko. Félix Houphouët-Boigny avait des hommes qu’il faut, qui croyaient à l’avenir de la Côte d’Ivoire : Philippe Yacé, Ekra Mathieu, M’Bahia Blé Kouadio, Georges Anoma, Abdoulaye Sawadogo, Mamadou Coulibaly, Konan Kanga, Lamine Fadiga, Doumbia Vamé, Loua Diomandé, Mohamed Diawara, Henri Konan Bédié. Tous, travaillent et achèvent le choix économique et politique de la Côte d’Ivoire avec la consolidation, la création du Port de San-Pédro, et l’installation des premiers satellites de télécommunication. Quelle vision ! Félix Houphouët-Boigny organise les fêtes tournantes de l’indépendance à l’intérieur de la Côte d’Ivoire : Bouaké, Man, Séguéla, Abengourou, Katiola, Korhogo, Odienné avec l’idée de partage d’une enveloppe budgétaire de 4 milliards pour chaque région. Félix Houphouët-Boigny ne s’est jamais inscrit dans le mensonge d’Etat. Et pourtant, il était le seul aux commandes de l’Etat, entouré de soldats et de généraux respectueux des Ivoiriens. Les généraux Ouattara Thomas d’Acquin, Ibrahim Coulibaly, Omar N’daw ont fait la fierté du treillis et des hommes en armes. Qu’on ne se trompe pas : aucun ivoirien, aucun chef d’Etat de la Côte d’Ivoire, ne pourra encore ressusciter le respect, le bonheur économique, social, culturel des Ivoiriens. En ce qui concerne Laurent Koudou Gbagbo, nous traiterons le parcours de l’homme avec des phrases bien choisies pour dire que personne ne peut effacer le nom de ce fils du pays de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Dans la mémoire républicaine collective des Ivoiriens, Laurent Koudou Gbagbo est l’opposant politique historique à Félix Houphouët-Boigny. A l’époque, personne ne pouvait parler de vive voix, à Félix Houphouët-Boigny, surtout de multipartisme que Laurent Koudou Gbagbo obtient en 1990. Cela va influencer le paysage politique de la Côte d’Ivoire. En 1990, Laurent Koudou Gbagbo est face à Félix Houphouët-Boigny pour l’élection présidentielle. Félix Houphouët-Boigny gagne, mais Laurent Koudou Gbagbo ne perd pas et évidemment aide à asseoir la démocratie en Côte d’Ivoire : vote à 18 ans, bulletin unique, urne transparente, commission électorale indépendante. Qu’on ne se trompe pas : Laurent Koudou Gbagbo n’a été ni dauphin constitutionnel, ni héritier politique de Félix Houphouët-Boigny. Laurent Gbagbo ne s’est jamais inscrit dans la ligne droite pour la souveraineté totale de la Côte d’Ivoire. Mais dans cette lutte difficile, l’homme a de la compassion sincère pour les autres, pour ses adversaires politiques. C’est là, qu’il faut écrire avec précision, que Laurent Koudou Gbagbo a appris le métier politique, où son émotion ne fait jamais appel à un calibrage médiatique. Laurent Koudou Gbagbo est la seule personnalité politique ivoirienne très expérimentée, objet de toutes les répressions carcérales, sous le règne de Félix Houphouët-Boigny. Et, Laurent Koudou Gbagbo arrive au pouvoir, de 2000 à 2011. Même confronté à une rébellion armée, la Côte d’Ivoire divisée, une classe politique d’opposition hostile à son pouvoir, Laurent Koudou Gbagbo n’a rêvé de mettre aucun de ses adversaires politiques en prison. C’est pourquoi, l’homme reste dans la mémoire des Ivoiriens. Le cas le plus sensible, le retour d’exil de Ouattara Alassane, actuel chef de l’Etat et de Henri Konan Bédié. Laurent Koudou Gbagbo a toujours brandi la constitution pour rendre ses gestes et paroles crédibles. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Laurent Koudou Gbagbo a enseigné que la politique est un métier. En clair, personne ne fera plus que Félix Houphouët-Boigny, ni mieux que Laurent Koudou Gbagbo. Et, aucune promesse, aucun discours ne peut effacer les deux hommes dans la mémoire collective des Ivoiriens.


Par Ben Ismaël

L’Intelligent d’Abidjan-27/2011

Publié par IVORIAN

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