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22 décembre 2011

Scandale dans la défense du Président Gbagbo: Me Emmanuel Altit, Avocat de Laurent Gbagbo à la CPI, est un proche de Nicolas Sarkozy

 

 

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Géraldine Odéhouri, Conseillère juridique de Laurent Gbagbo, a-t-elle fait le bon choix en nommant Me Emmunuel ALTIT comme avocat unique et exclusif de Laurent Gbagbo à la CPI. Et cela à la surprise générale. Ecartant du coup des dinosaures du barreau comme Me Vergès, Me Dumas, Me Ceccaldi, Me Bourthoumieux, Me Clédor LY, pour ne citer que ceux-là.

 

Il serait intéressant de savoir sur quelles bases cette jeune avocate ivoirienne qu’est Géraldine Odéhouri, ancienne présidente du comité de reforme du Café-Cacao du Président Gbagbo, s’est appuyée pour nommer Me Emmanuel Altit, proche de l’Elysée et de Nicolas Sarkozy, avocat unique et exclusif de Laurent Gbagbo à la CPI.
Ce dernier, qui n’avait jamais mis les pieds à Korhogo, est véritablement apparu aux yeux du monde entier lors de la première audience de comparution de Laurent Gbagbo devant la CPI. Il était entouré d’une équipe d’avocats que l’on ne connaissait pas jusqu’à présent, dans laquelle aucun ivoirien ne figurait.
Me Emmanuel Altit, chef de cette équipe d’avocats taillée sur mesure, s’est alors présenté au monde comme étant celui qui assurera la défense du Président Laurent Gbagbo.
Ce qu’il a omis de dire, c’est qu’il est un proche de Nicolas Sarkozy et de son ex-épouse Cecilia. Ce qui lui a permis de devenir le Conseil du soldat franco-israélien Guilat Shalit, ou encore celui des infirmières bulgares libérées par la France en Libye. Il avait alors éffectué le voyage de Tripoli dans le même avion que Cécilia Sarkozy.
La question qu’on est en droit de se poser est est-ce qu’un avocat proche de l’Elysée et de Nicolas Sarkozy peut assurer la défense de Laurent Gbagbo ? La réponse coule de bon sens quant on sait que Nicolas Sarkozy est le tombeur du Président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara dit aussi de lui qu’il fait partie des 5 hommes au monde qui lui sont très chers.

Mais comment Me Altit a-t-il fait son entrée dans le dossier Gbagbo ?

Me Altit se bat depuis plusieurs mois pour entrer dans le dossier Gbagbo, par l’intermédiaire de la conseillère juridique du Président Gbagbo, Me Géraldine Odéhouri, actuellement au Ghana.
Cette dernière est à la base de l’éviction de Me Ciré Clédor LY qui a assuré la défense de Président Laurent Gbagbo devant le juge d’instruction ivoirien et qui a saisi le Cour de Justice de la CEDEAO pour dénoncer la détention illégale de Laurent Gbagbo et exiger sa libération. Libération, qui selon nos sources, était en passe d’être obtenue, d’où la précipitation d’Alassane Ouattara pour transferer Laurent Gbagbo à la CPI.

Me Ciré Clédor LY aurait refusé de se soumettre au diktat de Madame Odéhouri, qui exigeait que la défense de la Première dame ne soit pas du tout assurée.
Le refus opposé par Me Ciré Clédor LY à Me Odehouri relatif à l’abandon de la défense de la Première dame lui aura donc couté sa place d’avocat principal du Président Laurent Gbagbo à la CPI.
Me Ciré Clédor LY aurait appris son éviction par la CPI qui l’aurait informé du dépôt par Me Altit d’un mandat exclusif qui annule et remplace tous les précédents.

Bernard Houdin, conseiller de Gbagbo et représentant du porte-parole de ce dernier, Koné Katinan, en Europe, a joué un rôle décisif dans la nomination de Me Altit. Bernard Houdin, dont la réputation est fumante dans le milieu ivoirien en France, aurait convaincu sans peine Me Géraldine Odéhouri, de nommer Me Altit comme Conseil unique et exclusif de Laurent Gbagbo.

Exit donc Me Ceccaldi et Me Bourthoumieux de la défense du Président Laurent Gbagbo.
En effet, Me Altit refuserait catégoriquement de travailler avec ces derniers.
De sources concordantes, il serait un proche du Président français Nicolas Sarkozy.
C’est cette relation qui lui aurait permis de devenir, comme on l’a dit plus haut, le Conseil de Guilat Shalit, le soldat israélien, ou encore des infirmières bulgares libérées par la France en Libye, en présence de Cécilia Sarkozy.
Dans ces deux affaires, le rôle de la France est non discutable, tant Nicolas SARKOZY s’est personnellement impliqué dans les négociations pour la libération de ces personnes.
Me Altit ne serait-il pas en fait l’instrument de SARKOZY pour neutraliser la défense de Laurent Gbagbo. Le loup ne serait-il pas dans la bergerie ?
Les premiers pas de Me ALTIT dans le dossier GBAGBO, lors de la première audience de comparution à la CPI le 05 décembre dernier, permettent d’émettre de sérieux doutes quant à sa réelle volonté de défendre les intérêts du Président Gbagbo.
En effet, si le Président Gbagbo a rassuré ses partisans par son talent d’orateur, Me Altit s’est distingué par son silence néfaste, là où on s’attendait à ce qu’il dénonce avec force, des vices de procédures dans les conditions de transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye.
Il n’a fait aucune observation sur les irrégularités qui entachaient le mandat, ni sur la fixation au 18 juin 2012, de la prochaine audience, soit plus de 7 mois après la date de la première comparution.
Si on considère que le Président Gbagbo a été transféré à la Haye dans la plus grande précipitation, pourquoi faudrait-il attendre bizarrement jusqu’au 18 juin 2012 pour voir toutes les preuves à son encontre présentées par le procureur de la CPI ?
Ne sommes-nous pas dans le schéma de l’Elysée qui est de remettre à après les élections présidentielles françaises, tous propos gênants pour le candidat Nicolas Sarkozy qu’aurait pu balancer Laurent Gbagbo pendant le procès.
Me ALTIT n’aurait en outre, effectué aucune diligence pour permettre aux enfants du Président Gbagbo de voir leur père encore moins de l’avoir au téléphone, alors qu’il lui suffit d’un mail pour cela.
Non content de tout cela, Me ALTIT chercherait à rencontrer tous les leaders politiques pro-Gbagbo afin de leur demander de financer la défense de Gbagbo.
Ne s’agirait-il pas là d’un moyen caché de savoir qui est qui, et qui dispose des fonds dans le camp présidentiel ?
Quand on sait que Ouattara a toujours cherché à asphyxier financièrement le camp GBAGBO pour les amener à se soumettre à son pouvoir, la demande de Me Altit prend tout son sens.
En effet, ne s’agirait-il pas là d’un traquenard permettant d’établir une liste de personnes susceptibles de disposer de fonds que pourraient faire bloquer le duo SARKOZY-OUATTARA ?

En effet, cette demande paraît suspecte quand on sait que Me ALTIT perçoit une rémunération mensuelle par la CPI de 10.832€, outre une allocation de 4000€ par mois pour les frais de transport, et 73000€ de budget annuel pour les enquêtes à mener.
Par ailleurs, toute son équipe est également rémunérée par la CPI.
La CPI prend ainsi en charge tous les frais et honoraires d’avocats aussi longtemps que dure la procédure.
Ainsi, plus longtemps dure la procédure, et plus longtemps les avocats de la CPI perçoivent des honoraires.
Notez par ailleurs que dans l’équipe de Me Altit, il n’y a aucun ivoirien, alors que ladite équipe ne connait nullement la situation de la crise ivoirienne et les lois de ce pays dont la violation a engendré ladite crise.
Enfin, qui pourrait sérieusement penser que Me ALTIT, proche du pouvoir français et de Nicolas Sarkozy, pourrait mettre à mal les intérêts de son pays pour la cause de ces pauvres africains qui selon SARKOZY « ne sont pas encore rentrés dans l’histoire »…
Me Géraldine Odehouri, conseillère juridique de Laurent Gbagbo, a peut-être été de bonne foi dans le choix de Me Emmanuel Altit, mais à la lumière de tout ce qui précède, elle doit le récuser le plus rapidement possible. Si elle ne le fait pas, elle jouerait contre les intérêts de celui à qui elle doit tout, et qu’elle appelle affectueusement PAPA.
Laurent Gbagbo lui-même a aussi le pouvoir de récuser Me ALTIT comme Conseil et cela de plein droit. Il devra prendre les choses en mains car il court un très grave danger avec Me Altit comme Conseil unique et exclusif à la CPI, et proche de Nicolas Sarkozy. Mieux vaut tard que jamais.

Christian Vabé

 

Le 22 décembre 2011 par IVOIREBUSINESS

 

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