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15 décembre 2011

Emplois fictifs : Jacques Chirac condamné à deux ans de prison avec sursis

 

 

L'ancien président de la République est reconnu coupable de "détournement de fonds publics" et "abus de confiance".

 

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"Il avait connaissance de tous les rouages." Le verdict du tribunal, qui met fin à plus de vingt ans de démêlés judiciaires, est tombé comme un couperet jeudi dans la première chambre civile de Paris. Jacques Chirac, premier ancien président de la République française jugé en correctionnelle, a été condamné à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris, qui remonte au début des années 1990, quand il était maire de la capitale. Âgé de 79 ans, l'ex-chef de l'État, qui était absent de la salle d'audience, a été déclaré coupable dans les deux volets de l'affaire . Pour "détournement de fonds publics" et "abus de confiance" dans le volet parisien, et pour "prise illégale d'intérêt" dans l'affaire instruite à Nanterre, sur une vingtaine des 28 emplois qui étaient litigieux. À l'audience, le parquet avait requis la relaxe de l'ancien président et de ses neuf coprévenus.

L'ex-chef de l'État était absent à la lecture du jugement par le président Dominique Pauthe, comme il l'avait été durant tout le procès, qui s'est tenu du 5 au 23 septembre, excusé par un rapport médical faisant état de troubles neurologiques "sévères" et "irréversibles". Seuls deux des neuf autres prévenus ont été relaxés : l'ancien directeur de cabinet Michel Roussin, et Pierre Boué, un proche des milieux sportifs. Les autres prévenus ont été reconnus coupables. Mais une dispense de peine à été accordée à l'ex-secrétaire général de FO Marc Blondel, et les autres écopent de peines bien plus légères, comprises entre deux et quatre mois de prison avec sursis.

"Dernière image donnée de Chirac"

Jacques Chirac encourait dix ans de prison et 150 000 euros d'amende. Sa fille adoptive Anh Dao Traxel assistait à l'audience, et n'a pas dissimulé sa surprise : "La peine est vraiment trop sévère et n'est pas adaptée à un homme malade, et fatigué", a-t-elle confié à la presse à la sortie de l'audience.

Le tribunal correctionnel de Paris a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de l'association anticorruption Anticor, qui avait seule porté la contradiction face à la défense. "Votre responsabilité morale et politique est immense", avait déclaré au tribunal l'un de ses avocats, Me Georges Kiejman. "Votre jugement sera la dernière image donnée de Jacques Chirac", avait-il souligné, plaidant la relaxe. L'affaire avait deux volets : l'un, instruit à Paris, portait sur 21 emplois et l'autre, instruit à Nanterre, sur sept postes. Les emplois en cause ont été rémunérés par la mairie de Paris de 1990 à 1995.

Jacques Chirac était soupçonné d'avoir mis les deniers municipaux au service de ses ambitions électorales et des intérêts de son parti, les emplois litigieux devant servir à élargir sa sphère d'influence. Il était à l'époque maire de Paris, président du RPR et préparait la présidentielle de 1995, qu'il a remportée après deux échecs successifs. Jacques Chirac a toujours récusé les faits qui lui étaient reprochés. Il avait affirmé "n'avoir commis aucune faute pénale ou morale", dans une déclaration lue au procès par son avocat Jean Veil.

Procès déserté

Le procès, sans son principal prévenu, avait aussi été déserté par de nombreux témoins, dont le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

L'ex-Premier ministre avait été condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans le volet nanterrien de l'affaire, en tant qu'ancien adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris. Récusant le soupçon d'un"système" organisé, les avocats de l'ex-président avaient tenté de démontrer que les emplois en cause étaient utiles aux Parisiens. Ils avaient affirmé que Jacques Chirac ne pouvait pas être au courant des rares cas contraires, les imputant à la "pétaudière" administrative.

 

Source : LEPOINT

 

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