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05 décembre 2011

"J'ai été arrêté par les forces françaises qui m'ont remis aux forces qui n'étaient pas encore régulières de Ouattara" - Gbagbo devant la CPI

 

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Le Président Gbagbo a rappelé que les bombes françaises ont plu du 31 mars au 11 avril 2011 sur sa résidence. Que les tanks français ont roulé sur cette même résidence. Que son ministre de l'Intérieur Désiré Tagro a été assassiné le 11 avril. Que son docteur a été battu. Puis qu'ils ont été arrêtés par les forces françaises et remis aux Forces "qui n'étaient pas encore régulières de M.Ouattara, puisque les forces régulières étaient avec moi."

 

Il a évoqué ses conditions de détention à Korhôgo. Pas de lumière dans la pièce où il vivait... "Je n'étais au courant de ce qui se passait dehors que lorsqu'il pleuvait. À cause du bruit des gouttes sur le toit. Ce n'était pas correct. Mais je m'arrête là, Madame (la JugeSilvia Fernandez de Gurmandi, ndlr)Ce n'est pas une séance pour apitoyer les gens. Mais je décris. L'enfermement sans pouvoir marcher, sans voir le ciel, m'a fait développer de nouvelles pathologies... et je ne suis plus un jeune homme. J'ai 66 ans. J'ai mal à l'épaule, aux poignets. Ici même, depuis mon arrivée, on m'a fait des radios, on s'est occupé de moi."

Il s'est dit choqué par les conditions de son transfert, qu'il a longuement décrites... "Je suis toujours surpris par certains comportements. Si on me dit "Gbagbo, tu vas à la Haye, je vais." On m'appelle, on me dit que je vais rencontrer un magistrat à Korhogo, dans le cadre de ne je ne sais plus quelle affaire. On attire mes avocats. On discute. Pendant ce temps arrive un juge avec un papier que je n'ai d'ailleurs pas lu. "Voilà un mandat d'arrêt". Il faut maintenant faire une séance. Alors que ni moi ni mes avocats n'y étions préparés. Il s'est improvisé là une séance de jugment. Pour que la cour demande mon enfermement. Je ne dis rien, Madame, je ne demande rien... mais... On pouvait faire les choses autrement. J'ai dirigé ce pays pendant dix ans, je n'ai pas fait ça.

Alors que mon geolier me ramenait à mon lieu de détention, j'ai vu qu'on dépassait ce lieu. Je lui ai dit. Il a dit "Non, on va vers l'aéroport, car l'aéroport n'est plus éclairé après 18H30." J'ai demandé, je vais prendre l'avion vers où ? Il n'a pas eu le courage de me dire "à La Haye" Il a répondu "À Abidjan." J'ai ri. Car je savais.

Le président Gbagbo a également évoqué le fait qu'il ne lui a pas été permis de passer et d'emmener avec lui le moindre vêtement à la mesure de son rang et des circonstances. Toujours insolent, il a dit, s'adressant à la Cour, qu'il ne dénonçait cela que pour l'avenir... "Il n'est pas utile de traiter ainsi les gens. Ça ne sert à rien. Je suis venu sans rien. Sans rien du tout. Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions, Madame, pour que, prochainement, dans d'autres pays et d'autres cas, ça ne se reproduise plus. Ça ne sert à rien. Ça fait croire qu'il y a des gens de mauvaise volonté... Si on m'accuse c'est qu'on des élements. Je veux les voir et les confronter à ma vérité à moi et vous jugerez... Mais ce n'est pas bien de jouer ces tours de passe passe."

La Juge argentine Silvia Ferndez de Gurmandi a ensuite été désignée Juge unique. La date du 18 juin 2012 est fixée pour la première séance de confirmation des charges. Une première consultation se tiendra, dans les prochains jours, afin d'évaluer les pièces dans les dossiers. Chafouin, le procureur Ocampo accepte la date proposée.

 


Photo - cap écran    Texte - J.O.

 

Source : LEGRIGRINTERNATIONAL

 

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