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04 décembre 2011

Pour que meure le franc Cfa !

 

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Il y a bien le proverbe Ouolof qui dit kuy nanngou gnou dila diri, doo taamou fouça ndong didal autrement dit ‘si on accepte de se faire trainer par le collet, on ne choisit pas l'endroit où on cogne sa nuque’.Autrement dit, qu'est ce qu'il y aura de surprenant à ce que l’Europe, la France procède à une dévaluation du Cfa d’une monnaie dont elle assure la garantie.Si cette même France est présentement étranglée pour ne pas dire asphyxié par la morosité économique faite de dettes et de déficits difficiles à maitriser, elle ne va pas continuer à supporter indéfiniment le poids que représentent des économies aux performances hypothétiques et aléatoires comme les nôtres pour les beaux yeux d’on ne sait qui.Quand, de surcroit, on sait que les pays n’ont pas d’amis mais uniquement des intérêts, les questions qui devaient être posées et les seules sont celles-ci :

 

1) -Comment peut on comprendre avoir réclamé l’indépendance et ensuite aller quémander un quelconque parapluie (militaire et financier notamment) à l’ancienne puissance coloniale ?

2) -A quoi sert donc d’avoir réclamé l’indépendance et de la commémorer chaque fois pendant que les liens structurels de dépendance et de soumission par rapport à l’ancienne métropole demeurent intacts ?

Et le plus cocasse c’est que ce n’est pas seulement en Afrique que la France a compté des colonies. Comment se fait-il que les anciennes possessions françaises d’Asie aient choisi de donner un contenu entier à leur indépendance alors que celles d’Afrique courent encore derrière la France ? Ce qui conforte l’assertion de certains analystes pour qui la France - forte de cette sollicitude - se croit être une puissance africaine, ce qui l’autorise à se comporter comme en pays conquis donc à faire du n’importe quoi en Afrique. Les exemples de l’ile de Mayotte, de la Côte d’ivoire et de la Libye sont assez parlant à cet égard.Et cette outrecuidance française résulte du seul fait de l’allégeance que lui vouent des élites lui étant totalement dévouées et prêtes à toutes les compromissions pour s’éterniser au pouvoir.Ces individus ne peuvent, dès lors, pas reconnaitre que battre une monnaie (nationale ou régionale non dépendante du Trésor français) aurait une double signification : politique et économique.En effet, battre une monnaie nationale, régionale, charrie une signification politiqué car il est l’affirmation d’une souveraineté, d’une volonté de prise en main de son propre destin.Battre une monnaie nationale, régionale charrie une signification économique car la monnaie est aussi un facteur de stimulation économique donc de soutien à la créativité et à la productivité.
Un exemple : rappelez-vous lors de la campagne agricole qui a suivi la Goana. Les bonnes performances dans la production arachidière devraient permettre aux paysans d’engranger des revenus exceptionnels mais la plus grande part de la récolte leur est restée sous les bras. Car l’Etat, limité par le corset du Cfa, n’a pas pu réunir des ressources pour leur acheter la production. Alors que, dans le cadre d’une monnaie nationale, l’Etat aurait recours - sil le faut - à la planche à billets pour acquérir les excédents de production.
Depuis cinquante ans, le Cfa n’a servi qu’à hypothéquer notre souveraineté (de même d’ailleurs que les bases militaires) qu’à nous nous enfoncer dans l’économie mondiale, qu’à financer nos besoins d’une consommation extravertie mais jamais à bâtir de vraies économies de création et de production, des économies de performances et de compétitivité.

Que meure donc le Cfa !

Que vive la monnaie régionale !

Mamadou NDIAYE Serigne Bada
mnsb1951@gmail.com

 

source : Mamadou NDIAYE Serigne Bada

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