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26 novembre 2011

Un seul ouvrage, deux cérémonies de lancement

 

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premier coup de pioche du pont Henri Konan Bedié
Le premier ministre a présidé hier la cérémonie de lancement des travaux de l’échangeur du rond-point de la riviera 2. Cet ouvrage qui est un pan du 3è pont a pourtant déjà fait l’objet d’une communication lors d’une cérémonie présidée par M. Ouattara lui-même.

 


On reprend les mêmes choses et on tente de faire du neuf. Alors que la cérémonie de lancement du 3è pont a fait l’objet d’une cérémonie présidée en grandes pompes par tout le gotha de la ouattarandie, le Premier ministre Guillaume Soro s’est offert hier une cérémonie cinq étoiles avant la construction de l’échangeur qui complètera techniquement le futur pont Henri Konan Bédié. Le gouvernement n’a plus que les chantiers préparés par les différents gouvernements Gbagbo pour séduire une population qui l’attend soit sur les annonces de milliards faites sans discernement pendant la campagne électorale, soit sur la réconciliation nationale plombée par une chasse aux sorcières sans précédent initiée par le régime. Trois journalistes du Quotidien « Notre Voie » sont d’ailleurs retenus depuis jeudi à la police criminelle pour offense au chef de l’Etat et atteinte à l’économie nationale. Alors que seuls Sivori Boga, chef du service politique et César Etou étaient initialement convoqués, le premier, pour avoir repris un article de «  La lettre du continent » imputant au gouvernement de Ouattara l’achat de 40 nouvelles Mercédès à prix d’or, et le second en tant que son patron, un troisième journaliste, en l’occurrence Didier Dépry a agrandi le lot pour son article confirmant l’imminence d’une dévaluation du Franc cfa. Leur libération faisait encore l’objet de diverses tractations au moment où nous bouclions notre édition du jour. Les spots, les panneaux publicitaires et tout ce qui permet d’ordinaire de faire bling-bling font partie de la panoplie de moyens visuels dont le gouvernement se sert pour exister, alors que les premières révoltes contre le régime ont été signées par les balayeurs de rues, le fleuron de la mystification ouattaradienne. Or pour l’instant, le régime n’a pas de solution à cette galère. Seule une assurance du ministre de la salubrité urbaine est venue pour ainsi dire calmer le désespoir des balayeurs. Elle a affirmé hier dans une interview parue dans « Le Patriote » que tous les balayeurs seront payés. Cela fait pourtant six mois qu’est tenu ce type de promesses. Les kits scolaires promis en grands renforts de publicité sur des panneaux publicitaires annonçant que « Le gouvernement travaille pour vous » se font toujours attendre. D’ailleurs, après plusieurs semaines d’attente, un cartable contenant cinq cahiers, un ensemble géométrique, un paquet de crayons de couleurs et deux protège-cahiers ont été remis aux seuls élèves des cours moyens première et deuxième année. Ceux des cours préparatoires et élémentaires n’ont pas reçu le moindre kit et aucun livre scolaire en dehors de ceux distribués par le régime Gbagbo et en stock dans certaines écoles n’a été distribué. Le gouvernement sûr de lui, avait pourtant interdit aux responsables d’écoles de fournir des listes de fournitures aux élèves pour bien montrer que l’école était bien gratuite sous la gouvernance Ouattara. Le régime a usé d’une méthode semblable dans les hôpitaux où la réalité de la non gratuité des soins a été considérée par les populations comme la preuve matérielle que les médicaments avaient été dilapidés par les médecins. D’ailleurs, les directeurs des écoles primaires publiques sont accusés par la rumeur publique comme les responsables de la fausse volatilisation desdits kits promis par un régime qui dit avoir des solutions. Or en dehors de ces coups médiatiques bien préparés, le pouvoir n’arrive pas à honorer ses engagements et fait du surplace. Une caricature proposée par le journal « Le Patriote » présentait hier Ouattara à sa sortie d’une audience avec le président de l’Union Européenne, un sac d’argent sur les épaules avec comme légende : « tu peux revenir quand tu veux si ça finit ». Toute une légende !  Le gouvernement fait donc du bruit et fait peu là où le régime de Gbagbo a construit dans un contexte économique difficile Yamoussoukro, a prolongé l’autoroute du nord, construit le Palais des Députés   et un ensemble d’ouvrages et d’édifices publics dont le Mémorial Houphouët-Boigny, a rétabli le salaire des enseignants raccrochés par Alassane Ouattara, augmenté le salaire des policiers, relevé le statut du corps préfectoral et celui des Magistrats avec des hausses des salaires à la clé… en toute discrétion.


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