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24 novembre 2011

BCEAO/BEAC : Les africains seront-ils de nouveau dévalués ?

 

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La rue des banques à Abidjan.

 


Le 24 novembre 2011 par IVOIREBUSINESS – Les billets de banque d’Afrique vont-ils, comme il se murmure, déteindre de nouveau et perdre comme en 1994, une nouvelle fois de la valeur ?

 

Rien n’est moins sûr. Mais l’information se répand en ce moment comme une trainée de poudre parmi les populations et les élites africaines.
La rumeur était si persistante avant-hier à Abidjan que le président de l’Association des Banques et Etablissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI), M. Souleymane Diarrassouba, a dû se fendre d’un démenti.
«Je n’ai pas d’informations sur ce sujet où une révision concernant une éventuelle parité de l’Euro et du CFA », a-t-il dit.

La frénésie des rencontres au sommet entre les gouverneurs de la Bceao et de la Beac n’est pas de nature à apporter la sérénité.
En effet,la Banque Centrale des Etats de l`Afrique de l`Ouest (BCEAO) et la Banque des Etats d`Afrique Centrale (BEAC), ont organisé une rencontre le mercredi 23 novembre 2011 en République de Côte d`Ivoire.
Officiellement, il s’agissait de leur rencontre de concertation annuelle. Avec au menu :
✔ l`échange d`informations et le partage d`expériences réciproques dans les domaines d`activité et les projets spécifiques conduits par chacune des deux Banques Centrales ;
✔ la conduite de chantiers de modernisation ainsi que toutes autres questions d`intérêt commun.

✔ Le renforcement du contrôle interne;
✔ Le renforcement des relations entre la Commission Bancaire de l`UMOA et la Commission Bancaire d`Afrique Centrale;
✔ Le renforcement de l`intégration financière entre les deux zones.
✔ La consolidation de l`efficacité de la gestion des deux Banques Centrales;
✔ Une plus grande synergie entre les organes de supervision bancaire de l`UMOA et de la
CEMAC;
✔ L`intégration plus poussée des marchés monétaires et financiers des deux zones.

Le néophyte n’y verra que du feu. Normal, il s’agit là d’un grand écran de fumée utilisé pour faire de la diversion.
Le véritable point à l’ordre du jour, selon une source présente, serait la dévaluation du Fcfa.

Mais pour couper court aux rumeurs, Lucas Abaga, gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique centrale, sortant d’une audience avec son homologue ivoirien, Tiémoko Meyliet, a donné toutes les garanties. Selon lui, la dévaluation du CFA n’est pas d’actualité.
Mais ce dernier ne peut pas s’appuyer sur les indicateurs économiques, qui sont actuellement dans le rouge, du fait de la crise de la dette couplée à celle de l’euro, qui ont touché la Grêce et l’Italie dans leurs fondamentaux économiques.
La France elle-même est menacée de perdre sa note souveraine Triple A, selon les agences de notation « Fitch » et « Standard and Poor ».

Les chefs d’Etat ne seraient pas en reste. Ils se concerteraient activement en ce moment pour mieux faire passer la pilule à leurs peuples.

Ce serait l’une des raisons secrètes du récent périple Ouest-africain d’Alassane Ouattara dans la sous région, car la Côte d’Ivoire véritable locomotive sous-régionale représente 40% de l’union monétaire ouest africaine (Uemoa). Et c’est un euphémisme de dire qu’elle va très mal, avec une croissance négative de l’ordre de -9 à -8% en 2011.
Ce serait encore pour cette même raison qu’Alassane Ouattara s’est rendu depuis hier à Bruxelles, siège de l’Union européenne, pour dit-on discuter les modalités de cette future dévaluation du Fcfa, qui selon une source pourrait intervenir le 1er janvier 2012. Si cette dévaluation a lieu, 1€ équivaudrait alors à 1000Fcfa au lieu des 655Fcfa actuels.
Mais pour l’instant, ce ne sont encore que de rumeurs malveillantes pour l’instant démenties au plus haut niveau. Les différentes banques ivoiriennes n’ont pour l’instant pas été l’objet de retraits massifs de la part de leurs épargnants.
Le quotidien pro-Gbagbo Notre voie (24/11) a encore jeté un pavé dans la mare en affirmant que le Fcfa, malgré les démentis officiels, sera bel et bien dévalué.
Info ou Intox? Tiémoko Meyliet, gouverneur de la Bceao, ne doit pas s’emmêler les pédales. Comme son collègue de la Beac, il doit faire une déclaration claire et sans ambigüité pour rassurer les africains et les milieux financiers.

Mais nous y reviendrons.

Christian Vabé

 

 

Source : IVOIREBUSINESS

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