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22 novembre 2011

Égypte | Place Tahrir Des milliers d'Egyptiens conspuent le pouvoir militaire

 

20111122-101336-g.jpgLE CAIRE, Égypte - Des dizaines de milliers d'Égyptiens manifestaient mardi après-midi sur la place Tahrir au Caire aux cris de «Dégage!» lancés à l'adresse du chef du pouvoir militaire, le maréchal Hussein Tantaoui, dix mois après le soulèvement qui a renversé Hosni Moubarak.

«Le peuple veut la chute du maréchal», longtemps ministre de la Défense du président déchu Hosni Moubarak, scandait la foule dans cette emblématique place, épicentre de la «révolution du 25 janvier».

Un homme a accroché l'effigie d'un homme en uniforme militaire sur un lampadaire avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire «l'exécution du maréchal».

Le maréchal Tantaoui, chef du désormais contesté Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis la chute de Hosni Moubarak le 11 février, s'apprête à prononcer un discours à la nation, au moment où la foule revendique la remise au plus vite du pouvoir à une autorité civile.

La manifestation répond à des appels de plusieurs mouvements et partis politiques qui avaient appelé en janvier dernier à la révolte contre le régime Moubarak. L'influent mouvement des Frères musulmans a toutefois décidé de ne pas s'y associer.

Après quatre jours d'affrontements meurtriers et la présentation par le gouvernement de sa démission, le pouvoir militaire a tenté de calmer la situation en organisant une réunion de dialogue avec plusieurs mouvements politiques, dont l'influente confrérie des Frères musulmans.

Le CSFA a évoqué durant cette réunion la possibilité de nommer l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, comme premier ministre pour remplacer Essam Charaf, démissionnaire depuis lundi soir, a affirmé à l'AFP une source militaire.

Lundi, le CSFA avait reconnu pour la première fois depuis le début des violences qui ont fait 28 morts en trois jours, que le pays était en «crise», huit mois après avoir nommé le gouvernement de M. Charaf pour gérer les affaires courantes.

Le conseil militaire n'a pas encore dit s'il acceptait cette démission ou non, mais l'Égypte est déjà entrée dans sa plus grave crise depuis la chute de l'ex-président, à moins d'une semaine des premières élections législatives de l'ère post-Moubarak.

Ce contexte de crise fait craindre que ces élections, qui doivent débuter lundi et se dérouler sur plusieurs mois, ne soient émaillées de violences.

Le Caire: des milliers de manifestants place Tahrir

 

Les Frères musulmans, qui représentent la force politique la mieux organisée du pays, ont boycotté la manifestation de Tahrir et appelé au calme, soucieux de voir le scrutin, pour lequel ils s'estiment en position de force, débuter comme prévu le 28 novembre.

«Plus le nombre (de manifestants) grandit, plus il y aura des tensions», a affirmé à l'AFP Saad al-Katatny, secrétaire général du Parti de la liberté et la justice issu de la confrérie.

Selon le ministère de la Santé, 28 personnes -- 26 au Caire, une à Alexandrie (nord) et une à Ismaïliya (sur le canal de Suez) -- ont été tuées depuis samedi, notamment sur la place Tahrir au Caire, épicentre du soulèvement du début de l'année.

«Personne ne peut nier que l'Égypte se trouve aujourd'hui face à un grand danger et devant un tournant», écrit mardi le quotidien gouvernementalAl-Goumhouriya.

«Qui éteindra le feu?», s'inquiète en une Al Wafd(libéral), qui relève: «les troubles sont dus au fait qu'il n'y a pas eu de gouvernement de révolutionnaires (...) la foule est donc descendue dans la rue pour faire valoir ses revendications».

Signe de la gravité de la crise, la Bourse du Caire a clôturé mardi en recul de 4,77%, après une suspension d'une heure.

Les militants semblent déterminés à manifester jusqu'au bout pour pousser le CSFA à remettre rapidement le pouvoir à une autorité civile.

L'armée s'était engagée à rendre le pouvoir aux civils après une élection présidentielle qui doit suivre les législatives mais dont la date n'est toujours pas connue.

Depuis trois jours, les dizaines de milliers de manifestants scandent toujours «Le peuple veut la chute du maréchal» Hussein Tantaoui.

Le conseil militaire est accusé de vouloir se maintenir au pouvoir, de ne pas tenir ses promesses de réformes et de poursuivre la politique de répression de l'ère Moubarak.

Selon Amnesty international, le CSFA «a étouffé la révolution» et certaines violations des droits de l'Homme commises depuis qu'il est au pouvoir sont pires que sous le régime Moubarak.

Dans la nuit de lundi à mardi, de violents affrontements se sont poursuivis dans des rues adjacentes à Tahrir menant au ministère de l'Intérieur, cible privilégiée des manifestants et sous forte garde des forces anti-émeutes.

 

Source : Canoe

 

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